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8 Métiers à tisser la dentelle de type bobin-jacquard de la société Platel tulle - dentelle puis de la société Commarmond et Cie

Dossier IM69001031 réalisé en 2004

Fiche

Dénominationsmachine à tisser
Aire d'étude et cantonLyon patrimoine industriel - Villeurbanne
AdresseCommune : Villeurbanne
Adresse : 77 rue, Anatole-France , impasse, Dubois , 3 rue Garet
Emplacement dans l'édificeau rez-de-chaussée de l'atelier de tissage

L'atelier du maître tulliste Henri-Alexandre Platel s'installe impasse Dubois à Villeurbanne en 1910, il est spécialisé dans la fabrication de la dentelle. Les métiers de cet atelier ont été présentés à l'exposition internationale de Lyon de 1914 (?). C'est le fils Pierre-Henri Platel qui prendra la suite de son père dans les années 1930. Le fils de ce dernier Edmond-Alexandre Platel, sera formé à l'école de tissage de Lyon avant de rejoindre l'atelier de Villeurbanne dans les années 1950. La société Commarmond est la société commerciale qui travaille avec l'atelier Platel, jusqu'aux années 1990, la société vendra à monsieur Delcultieux qui remplacera monsieur Platel parti pour des raisons de santé. La société Platel-Commarmond est spécialisée dans la dentelle à façon, dans la fabrique de nappes, de napperons de mantilles, tulles et spécialités. Cette société est propriétaire de huit métiers à tisser la dentelle, pièces uniques fabriquées sur une base de mécanique Vicenzi de 1860. Madame Pat Earnshaw spécialiste des «Pusher machine» (métiers dentelle), explique que c´est dans la région lyonnaise et seulement là, que ce type de dentelle est fabriquée. Il s'agit de dentelle à nappes rondes de 5 mètres de diamètre, de dentelle à rideaux, le tulle-illusion (un article de 3 grammes au mètre carré contre 15 à 20 grammes au tulle de coton) ainsi que tout modèle grande largeur. En accord avec le propriétaire des métiers, et sur proposition de l´inspection des Monuments historiques, ces huit métiers, (uniques au monde pour certain d'entre eux), sont classés au titre des objets par un arrêté ministériel du 5 janvier 1996. La société loue les locaux (non protégés au titre des Monuments historiques) qui abritent ces métiers, ainsi que l´ensemble de la chaîne de fabrication, à un propriétaire privé. Ces ateliers, en rez-de-chaussée ont été construits autour des métiers, très volumineux et lourds, tout en fonte, pesant (pour les plus lourds) 17 tonnes et de sept mètres de long (pour les plus longs). Depuis le mois de décembre 2002, la société Commarmond est en grandes difficultés économiques. En effet, cette entreprise est en perte de vitesse et doit faire face à de graves problèmes économiques. Les métiers étant arrêtés, la société désire quitter les lieux et reprend donc contact avec les services patrimoniaux pour demander aides et conseils quant au devenir des machines. En 2006, la recherche d'un lieu d'accueil pour les métiers n'a abouti que pour deux d'entres eux. La cité internationale de la dentelle a été Rappelons qu'à Lyon et Villeurbanne, il existe une grande tradition de fabrique de dentelle depuis le début du XIXe siècle. L'exemple des sociétés Dognin et Baboin montre cette importance, ainsi que toute la fabrication du tulle (base de la dentelle) basée dans la région de Tarare et dans le nord Dauphiné. Exemple de la société Dognin. Installée place Louis XVI (place Morand) jusqu'en 1838, La société Dognin créée en 1805, fabrique du tulle sur métiers à chaîne dérivés des métiers à bras. Les premiers métiers anglais sont fabriqués par Heathcoat en 1808 et sont importés à Calais en 1816, malgré l'interdiction d'exportation. Jean-Claude Dognin, envoie son fils Michel-Camille acheter des métiers bobin (anglais) à Calais, pour Lyon. La société fabrique du tulle grenadine en blanc et noir créé en 1825, puis le tulle zéphir et le tulle illusion. A Calais, Dognin s'associe à Augustin Isaac, inventeur breveté du procédé appliquant le jacquard au métier à bobines, ce qui entraîne une parfaite imitation des parties épaisses ou mat de la dentelle avec ajout d'un fil de contour en soie passé à la main par des brodeuses à domicile. L'usine Dognin & Cie de Calais (en collaboration avec A. Isaac) fonctionne jusqu'en 1859. Puis les métiers sont transformés et rapatriés dans une nouvelle usine (moteur à vapeur) construite à la Croix-Rousse (rue Pelletier) qui fonctionnera jusqu'en 1909. Une partie mécanique, (fabrique les métiers à tisser la dentelle), est également installée à Villeurbanne. Dans le même temps, des bureaux administratifs et commerciaux sont ouverts rue Puits Gaillot. En 1871, la société Johnson ouvre une usine de construction de métiers à tisser la dentelle, également à Villeurbanne au 17, rue de l´Egalité. La société Dognin diversifie sa production en fabriquant des nappes, napperons, rideaux, etc..., avec les textiles artificiels, synthétiques puis élastiques. En 1913, les associés de la société Dognin décident de faire une publication sur Dognin et Cie. Un dessinateur fait des croquis des usines et Marcel Dognin s'occupe des texte. Ce livret imprimé par Draeger est distribué aux salariés pour le Noël 1914.

Période(s)Principale : 1ère moitié 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Les machines à tisser la dentelle sont en fonte et bois de type Bobin-Jacquard, à mécanique Vincenzi de 1860. Description : Un métier anglais S. HUSBANDS, le plus ancien de la série, il a des cames en bois. Dimensions : l = 5 ; h = 3,5. Jauge : 12 points Un métier de marque PUTIGNY frère à Lyon, date de 1860 : il s'agit d'un ancien métier de tulle modifié dans les ateliers de Villeubanne par les soins de monsieur Edmond Platel en 1920. Dimensions : h = 5 ; l = 5 ; la = 3,5. Jauge 11 points. Deux métiers de marque BIOL fabriqués à Lyon, une jauge 8 points, une jauge 10 points, mécanique Verdol, largeur du tissu 5 m, (on peut ajouter un cerceau à dessin 2 m), hauteur 5 m. (conception mécanique plus ancienne que les métiers Johnson). A signaler que le second métier BIOL est démonté au fond de l'atelier pour récupérer les pièces détachées. Quatre métiers JOHNSON, avec une mécanique jacquard Verdol : 1er métier dimensions : la = 5,15 ; l = 8,50 ; h = 5 ; pds = 17t, jauge 10 points. Un de ces métiers a été présenté à l'exposition internationale de Lyon en 1914. 2e, 3e, 4e métiers JOHNSON : de dimensions identiques, avec un métier le plus ancien des JOHNSON, et un de jauge 12 points.

Catégoriesindustrie textile
Matériauxfonte de fer
Précision dimensions

h = 5 ; l = 7 ; la = 5 ; l = 5

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé au titre objet, 1996/01/05

Annexes

  • Etat des lieux 2002-2010

    Métiers à tisser la dentelle de la société Platel-Commarmond localisée à Villeurbanne, Impasse Dubois au 77 rue Anatole France.

    Historique et chronologie

    En 1910, la société Platel, spécialisée dans la dentelle à façon, s´installe dans un atelier à Villeurbanne. Cette société est propriétaire de huit métiers à tisser la dentelle, pièces uniques fabriquées sur une base de mécanique Vicenzi de 1860. Cette société s´associé avec une société commerciale la société Commarmond. En 1996, en accord avec le nouveau propriétaire des métiers, et sur proposition de l´inspection des Monuments historiques, ces huit métiers sont classés au titre des objets par un arrêté ministériel du 05 janvier 1996. La société loue les locaux non protégés au titre des Monuments historiques, qui abritent ces métiers, ainsi que l´ensemble de la chaîne de fabrication, à un monsieur Platel propriétaire. Ces ateliers, en rez-de-chaussée ont été construits autour des métiers, très volumineux et lourds, tout en fonte, pesant 17 tonnes et de sept mètres de long chacun pour les plus volumineux. Depuis le mois de décembre 2002, la société Commarmond est en grandes difficultés économiques. En effet, cette entreprise est en perte de vitesse et doit faire face à de graves problèmes économiques. Les métiers étant arrêtés, la société désire quitter les lieux et reprend donc contact avec les services patrimoniaux pour demander aides et conseils quant au devenir des machines.

    Historique de la dentelle à Villeurbanne

    La maison Dognin, fondée à Lyon en 1805, est spécialisée dans le tulle de soie. Après 1815, le fils Dognin part à Calais chercher des métiers à broder anglais. A partir de 1859, est construite une grande usine à la Croix-Rousse (rue Pelletier), mais la partie mécanique est installée à Villeurbanne. Dans le même temps, en 1871, la société Johnson ouvre une usine de construction de métiers à tisser la dentelle, également à Villeurbanne au 17, rue de l´Egalité.

    Etat des lieux

    Les services patrimoniaux de la DRAC monuments historiques (Lionel Bergatto et Olivia Bourrat) et de la région Rhône-Alpes Inventaire du patrimoine (Nadine Halitim-Dubois) ont démarché plusieurs musées de sites en France, ainsi que diverses communes (Lyon-Villeurbanne). Tous plaident le manque de locaux disponibles et le manque de budget pour le déplacement des machines. Une société étrangère est candidate à la reprise d´une partie des métiers. Mais la protection monument historique interdit leur vente à l´étranger. Ils ne peuvent non plus être ferraillés. Soutient de l´association villeurbannaise Cadre de vie et patrimoine.

    La solution idéale serait que ces métiers demeurent en place, in situ, ou sur le territoire régional. L´atelier aurait dû être également protégé. Métiers à tisser la dentelle de Lyon, ils sont en effet les témoignages matériels de l´histoire industrielle du département. Au moment où la ville de Villeurbanne travaille, elle, à un projet de centre de la mémoire (centre mémoire et société du Rize) et de mise en valeur des édifices et lieux qui font l´identité de cette ville, une réflexion intégrant un devenir possible de ces machines, qui confondent en elles patrimoine et mémoire serait intéressante.

    Le 18 juillet 2006, Patrick Paul Dubois nous informe qu´il a été désigné liquidateur judiciaire des actifs de l´entreprise Commarmond par décision du tribunal de commerce et nous interroge sur la marche à suivre quant à la cession des métiers (rappel du régime de protection des objets mobiliers classés au titre des monuments historiques).

    32 rue Molière 69006 Lyon (affaire suivi par Mathieu DORIMINI).

    Le bailleur est monsieur Platel : (ancien maître tulliste).

    Une première rencontre a lieu avec nos collègues spécialistes du musée des beaux-arts et de la dentelle de Calais qui seraient intéressé par des machines pour la future cité internationale de la dentelle de Calais : Martine Fosse conservateur en chef et Arnaud Hamy visitent les lieux ; une seconde rencontre plus technique, en prévision du déménagement, a lieu avec l´équipe de Calais : Arnaud Hamy, Michel Bouin, André Bédélé, et Didier Stemput.

    En novembre 2006, Patrick Dubois nous transmet la demande du cabinet d´avocats Leriche faite au nom de M. Breuiller, propriétaire d´un des deux ateliers, de la restitution pure et simple des lieux vidés des métiers.

    Le 18 janvier 2007, réception du rapport de visite de l´équipe de Martine Fosse directrice du musée de la dentelle de Calais ; Son rapport propose le rapatriement à Calais du métier Putigny et du métier Husband, ces métiers rejoindraient l´atelier de conservation afin de mettre en place une collection de référence pour la future cité de la dentelle de Calais.

    A noter, dans le même temps, que les industriels calaisiens militent auprès du ministère pour une protection d´une partie de leurs outils de production (ce qui aurait pour effet de diminuer leur taxe professionnelle).

    Demande de devis à la société LELIEUR LEVAGE (spécialisé dans ce type de déménagement) 62340 Guines

    Le déménagement des deux métiers à tisser la dentelle a un coût de 42 000 euros TTC, la Drac RA s´engage à donner 17 000 euros, la ville de Calais le reste.

    Commission supérieure des monuments historiques 4ème section : décision

    Le 29 janvier 2008, l´arrêté n° 045 portant déclassement au titre des monuments historiques de six métiers à tisser (ceux qui ne partent pas à Calais) : considérant que la société propriétaire des quatre métiers de marque « Johnson » et deux métiers de marque Biol, désignés ci-après est en liquidation judiciaire et que le bâtiment où ils sont entreposés doit impérativement être libéré ; que ces métiers n´ont pu être intégrés dans aucun projet de conservation et de mise en valeur à caractère muséal ou patrimoniale, que par ailleurs, l´un des métiers de marque Biol se trouve hors service et ne présente plus un état de conservation physique autorisant sa présentation ou sa mise en valeur ultérieures.

    Fin 2008 début 2009, la ville de Calais retire sa participation financière à ce projet inter-régional. Le projet de déménagement reste alors caduc.

    Pour pallier la non participation de la ville de Calais, une demande est faite auprès du conseiller pour les fonds européens, drac Rhône-Alpes, qui propose de transférer cette demande auprès de son collègue de la drac Nord-pas-de-Calais. Sans résultats.

    Rebondissement, la ville de Calais décide de verser de nouveau la subvention, la date du déménagement est fixée à la fin du mois de juin début juillet 2010. Dans la foulée les associations et la ville de Villeurbanne décident de sauvegarder avec l´aide des personnes de Calais déjà sur place, un métier Johnson fabriqué à Villeurbanne. Ce métier sera transféré dans un entrepôt à Vaulx-en Velin (carré de la soie). Les métiers rejoignent l´atelier-réserve Aubert de Calais dans de très bonnes conditions. La boucle est bouclée et les métiers sauvés et visibles.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône : 52 Q 27 n° 431, Succession de Jean-Claude Dognin 1860, 1879, 1891

Bibliographie
  • Indicateur Fournier. 1897. AM Lyon (accès libre)

    p. 2257
  • Plaquette Dognin et Cie, Les associés de la société Dognin décident de faire une publication sur Dognin et Cie. Un dessinateur fait des croquis des usines et Marcel Dognin s'occupe des texte. imprimerie Draeger, 1913

  • COLON, Agnès. Une société familiale de tulle et dentelle : Dognin et Cie de 1805 à 1914. Mémoire de maîtrise d'histoire, ss la dir. De madame Brelot, Université François Rabelais, Tours, 1993-1994.

  • EARNSHAW, Pat. The identification of lace, Shire publications LTD, 1980

  • Indicateur Henry. 1970. AM Lyon (accès libre)

    p. 1359
  • Indicateur Fournier. 1935. AM Lyon (accès libre sans cote) p. 570

    p. 2265
  • Indicateur Henry. 1908. AM Lyon (accès libre)

    p. 2224
  • ISAAC, Auguste, journal d´un notable lyonnais, 1906-1933, textes choisis et annoté par Hervé Joly, Ed. BGA Permezel, 2002

  • Indicateur Henry. 1911. AM Lyon (accès libre)

    p. 2266, 2500
  • VINCENT, Sylvie. Le métier Leavers : une technique, des dentelles mécaniques, in l'oeuvre en multiple, ss la dir. De J. Cuisenier, Ecole du Louvre, Ecole du patriomoine, Collection Etudes et travaux n° 4, 1992

    p. 51 à 70
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