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Église du collège de la Trinité, dite Chapelle de la Trinité

Autel, tabernacle, gradins d'autel, exposition, statues : maître-autel

Dossier IM69001731 réalisé en 2013

Fiche

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Dénominationsautel, tabernacle, dais d'autel, statue, gradin d'autel
Aire d'étude et cantonLyon Urgences
AdresseCommune : Lyon 2e
Adresse : 29-31 rue de la
Bourse
Cadastre : 2013 AC 62

L'autel, exécuté par Domenico Magnani, peut-être sculpteur et maître de carrière à Carrare, d'après un dessin de Ferdinand Delamonce, est monté dans le chœur de la chapelle de la Trinité en 1734 par des ouvriers originaires de Carrare (CLAPASSON, 1741, éd. 1982, p. 97). Il vient remplacer l'autel édifié dans le chœur entre 1622 et 1627 (AD Rhône, 1 D 9/62). Déplacé en 1933 (ou 1934 ?) dans l'église Saint-Antoine de Gerland (MARQUIS, 1970, p. 116, note 58), il a été remis en place par J.-Gabriel Mortamet (A.C.M.H) lors de la dernière restauration de la chapelle, après 1995.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle , daté par source
Dates1734, porte la date
Lieu d'exécutionÉdifice ou site : Italie, Carrare
Auteur(s)Auteur : Magnani Domenico
Domenico Magnani

Sculpteur ? et maître de carrière à Carrare dans le 2e quart du 18e siècle


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sculpteur attribution par source
Auteur : Delamonce Ferdinand
Ferdinand Delamonce (30 juin 1678 - 30 septembre 1753

architecte, peintre, dessinateur et graveur. Né en Bavière, a voyagé en Italie et fait une partie de sa carrière à Lyon.


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auteur du modèle attribution par travaux historiques

Autel-tombeau isolé et galbé, de plan rectangulaire et d'élévation droite, au revers plat, en marbre polychrome et à 3 gradins, sur emmarchement de trois degrés de marbre de Suisse alternativement blanc et noir. La structure du bâti est en marbre blanc veiné gris, les panneaux latéraux en portor, vert antique, brèche rouge et violacée (similaire à celle utilisée pour les niches de l'abside). Le devant d'autel est plaqué de brèche verte et blanche, cipolin rose et vert, marbre jaune et rouge, marbre noir et blanc.

Le tabernacle repose sur le premier gradin ; il est en forme d'édicule à petits pilastres ioniques portant corniche et fronton curviligne, et coiffé d'une exposition à lambrequins en marbre veiné blanc et brèche verte sur le couronnement, surmontée de trois têtes d'angelots portant une boule de marbre blanc. La porte est en bronze doré ornée d'un bas-relief, l'intérieur est doublé de satin crème.

De part et d'autre du tabernacle, deux anges en ronde-bosse en marbre de Carrare, agenouillés sur un nuage, sont montés sur deux acrotères à volutes rentrantes.

Catégoriessculpture, marbrerie
Structuresde milieu, galbé plan, rectangulaire élévation, droit
Matériauxmarbre veiné, gris, vert placage, poli
marbre uni, blanc taillé
marbre uni, noir taillé
brèche, rouge, violette placage, poli
plâtre, moulé, doré
bronze, doré
Mesuresh : 98.0 cm (tombeau)
l : cm (tombeau)
pr : 66.0 cm (tombeau)
h : cm (médaillon du devant d'autel)
l : 41.0 cm (médaillon du devant d'autel)
pr : 6.0 cm (médaillon du devant d'autel)
Iconographiesornement à forme architecturale
guirlande
ange
Agneau mystique
acanthe
lys
rose
piastre
Pélican mystique
Précision représentations

Devant d'autel : au centre, cartouche de marbre blanc couronné de deux têtes d'angelots en moyen relief, dans lequel est inséré un médaillon en plâtre doré en bas-relief avec agneau pascal. Aux angles, consoles cannelées à volutes ornées de feuilles d'acanthe à la base, coquille et file de piastres, guirlande de lys et de roses et feuilles d'acanthe sur le devant, volutes dans la partie supérieure encadrant deux têtes d'angelots en haut-relief.

Sur le 2e gradin de l'autel : anges agenouillés de part et d'autre du tabernacle ; sur la porte de ce dernier, pélican symbolique.

Têtes d'angelots au-dessus de la porte du tabernacle et au couronnement de l'exposition.

Inscriptions & marquessignature, sur l'oeuvre, latin, gravé
date, sur l'oeuvre, latin, gravé
Précision inscriptions

Signé et daté sur la face postérieure : DOMINICUS MAGNANI CARARIENSIS FECIT / ANNO MDCCXXXIV

États conservationsbon état
bonnes conditions de conservation
oeuvre restaurée
Précision état de conservation
Statut de la propriétépropriété publique, Propriété du Grand Lyon
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé MH, 1959

Annexes

  • La question de la signature

    Si l'attribution à Magnani ne fait pas de doute (l'autel porte sa signature), la question de la nature exacte de son intervention demeure, tout comme celle de Ferdinand Delamonce, réputé être l'auteur du modèle. Clapasson, qui ne manque jamais de signaler le nom des peintres et architectes ayant participé au décor, ne mentionne pas celui de Delamonce pour le maître-autel, se contentant d'indiquer que les mesures en ont été envoyés à Carrare. Le doute quant à cette attribution persiste donc, d'autant que B. Gaudin de Villaine souligne, à juste titre, que les archives sont muettes sur une quelconque intervention de l'architecte, même si elle lui en attribue la paternité en s'appuyant sur des similitudes d'ordre stylistique avec certaines de ses réalisations (1982, vol. 2, p. 86).

    Pour en revenir à Magnani, notons en premier lieu que la présence d'une signature sur un autel est relativement rare au 18e siècle. De plus, celle-ci intrigue, tant par son emplacement que par son format : gravée en lettres majuscules de grand format et dorées, occupant un large espace au milieu du revers de l'autel, elle est la première chose que voit l'officiant quittant la sacristie pour entrer dans le chœur.

    Le terme FECIT indique en principe que le signataire a pris une part active à la réalisation matérielle de l’œuvre. Or jusqu'à ce jour aucune source ne mentionne un Domenico Magnani -- dont le nom est sans raison apparente francisé en Dominique Magnan tant par Marquis (1970, p. 95 note 29 et p. 97) que par Chomer (Clapasson, éd. de 1981, p. 95 note 18) -- parmi les sculpteurs génois du 18e siècle. Toutes les documents consultés dans le cadre de cette étude le présentent comme maître de carrière et négociant en marbres, fournisseur officiel de la Couronne de France (voir notamment la Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome, t. 9, 1894, p. 446-448). Sans nul doute Magnani était-il à la tête d'un important atelier et vendait non seulement des blocs, mais aussi tous types de produits manufacturés, taillés sur place avant d'être expédiés dans toute l'Europe. De ce fait il employait des carriers, des tailleurs de pierre, et des sculpteurs pour pour l'exécution des figures les plus complexes.

    Ce type d'organisation, qui est de règle chez tous les marbriers de la région de Gênes, vient éclairer le commentaire que fait Clapasson en 1741 sur le décor du chœur, achevé depuis peu : " Tout l'ouvrage du sanctuaire et de l'autel a été travaillé à Carrare, sur des mesures qu'on y avait envoyées, et l'on a fait venir des ouvriers du même endroit pour les mettre en place ; aussi, du côté de la propreté de l'appareil et de l'assemblage des marbres on ne peut rien de mieux ; il n'en est pas de même quant à l'union des couleurs, qui est une chose fort essentielle dans ces ouvrages ; il paraît qu'elle a été fort négligée, et c'est principalement ce qui est cause que celui-ci ne produit pas tout l'effet qu'il devrait : les sculptures paraissent de différentes mains [non souligné dans le texte] ; il en est d'excellentes, comme celles qu'on voit aux ornements du coffre d'autel, et les autres des plus médiocres ; les grandes figures posées dans les niches [du chœur] ont été taillées sur de bons modèles, mais l'exécution en a été tout à fait négligée " (éd. 1982, p. 93).

    Aussi faut-il peut-être voir dans l'inscription portée au revers du maître-autel : DOMINICUS MAGNANI CARARRIENSIS FECIT, qui indique non seulement le nom du fabricant mais la provenance de l’œuvre, davantage qu'une signature stricto senso, une marque d'identification qui atteste sa qualité et en certifie l'origine. Comme le poinçon de l’orfèvre ou l’estampille de l'ébéniste, elle est non seulement une marque distinctive, mais constitue une forme de promotion de celui qui a rendu possible la réalisation de l’œuvre.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône. 1 D 9. Église du collège : plans, devis, quittances (1617-1738)

    liasse 8 AD Rhône : 1 D 9
  • AC Lyon. DD 379. Biens communaux, Collège de la Trinité, 1638-1762 (microfilm : 2 Mi 99)

    pièce 32 AC Lyon : DD 379
  • CRMH Rhône-Alpes, MHTMI-06-0016. Rapport de sondages des décors de la chapelle de la Trinité à Lyon, par Emmanuel Desroches, restaurateur, Lyon, rue des Remparts d'Ainay. Lyon : 1991 (sondages réalisés en 1988)

    p. 9 CRMH Rhône-Alpes : MHTMI-06-0016
Bibliographie
  • CLAPASSON, André. Description de la ville de Lyon avec des recherches sur les hommes célèbres qu'elle a produits. Lyon : impr. A. Delaroche, 1741. XVI-283 p. ; 17 cm. [Réimpr. Lyon, 1761 ; rééd. annotée et ill. par G. Chomer et M.-F. Perez. Seyssel : Champ Vallon, 1982]

    p. 93
  • COTTIN, Fr.-R. La Société académique d'architecture de Lyon et le patrimoine architectural lyonnais, in Bulletin de la Société académique d'architecture de Lyon, n°11-12, février 2006, p. 3-5 ; ill. pl. 15 et 16

    pl.15 et 16
  • GAUDIN DE VILLAINE, B., Jean et Ferdinand Delamonce, architectes lyonnais. Thèse d'histoire de l'art : Université Lyon II Lumière, 1982. 2 vol.

    vol. 2, p. 76-86 B Université Lyon II
  • MARQUIS, J.-M. Le collège de la Trinité à Lyon : architecture et décoration. Mémoire dactylographié, DES, Université Lyon-II, 1970, 2 vol.

    p. 97-98
  • MONTAIGLON, Anatole de. Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome avec les Surintendants des Bâtiments, publiée d'après les manuscrits des Archives nationales, 1873-1899

    t. 9, p. 446-448
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville de Lyon © Ville de Lyon - Guégan Catherine