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Centrale hydroélectrique de Châtelard Vallorcine

Dossier IA74001071 inclus dans Paysage du bassin-versant du Lac Léman réalisé en 2011

Fiche

Parties constituantes non étudiéesusine, barrage, remise, barrage, canal, conduite forcée
Dénominationscentrale électrique
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Chamonix-Mont-Blanc
Hydrographiesle), Glacier de l'Argentière Glacier de Logan
AdresseCommune : Vallorcine
Lieu-dit : Forêt Verte
Adresse : Centrale de Vallorcine
Cadastre : 0A 1 51, 4517

L´aménagement d´Emoson est le fruit d´un accord international relatif à des transferts d´eau entre la France et la Suisse. Au début des années 1950, des études menées sur les potentiels hydroélectriques encore inexploités en Suisse ont attiré l´attention sur la région de Barberine-Emosson dans l´arrière pays de Partigny. Ce projet se heurtait à deux problèmes : garantir l´alimentation du lac et négocier avec les Chemins de fer fédéraux qui exploitaient depuis 1920, le barrage de Barberine. Cet ouvrage devait être englouti par le nouveau projet. Il apparut indispensable de s´associer avec la France, EDF entra dans le capital d´Emosson Société Anonyme et un accord fut également signé avec les CFF. Cet accord prévoyait de détourner 75 millions de mètres cube d'eau du bassin versant naturel français pour les injecter dans l´installation savoyarde - valaisanne. La Société des Usines hydro-électriques d´Emosson S.A., dont le siège social est à Martigny (Suisse), a été fondée le 9 juillet 1954. Cette société de partenaires est détenue à 50% par Électricité de France, à 25% par Motor-Columbus S.A. d´Entreprises électrique Baden et à 25% par Aar et Tessin S.A. d´électricité (ATEL) Olten en 1956. La Société d´Emosson a confié l´établissement du projet de l´aménagement d´Emosson et la direction des travaux à Motor-Columbus S.A. d´Entreprises électrique à Baden (Suisse) pour les ouvrages se trouvant sur le territoire suisse et à Électricité de France, R.E.H. Alpes Nord à Chambéry (France) pour les ouvrages se trouvant sur le territoire français. Cette société se constitue pour aménager et exploiter les forces hydrauliques, en particulier de celles qui proviennent de la mise en valeur de la retenue d´Emosson par l´adduction des eaux de plusieurs vallées des Alpes valaisannes et françaises. Dans le cadre de cette collaboration, l´Etat français et la Confédération suisse ont conclu le 23 août 1963 deux conventions relatives à l´utilisation rationnelle de l´aménagement d´Emosson des forces hydrauliques des cours d´eau français et suisses et à une rectification de la frontière franco suisse, ainsi que la centrale du palier supérieur sur le sol français. Les instruments de ratification de ces conventions ont été échangés le 15 décembre 1964 et les concessions suisse et française mises en vigueur le 1er février 1967. Un deuxième accord, territorial, est signé le 11 juillet 1967, fixant les échanges réciproques de territoire : pour des raisons de sécurité, et afin que l´ouvrage une fois en service soit inspecté intégralement selon les règles du droit suisse, la France cède à la Suisse une part de son territoire national. En échange, et non sans négociations ardues, une partie du territoire helvétique est cédé à la France. L´aménagement d´Emosson est construit entre 1969 et 1973 et le barrage d´Emosson entre en service en juillet 1975. Côté français, la dérivation d´une partie des eaux de l´Arve et du Giffre a une incidence limitée sur la quantité d´eau turbinée par les chutes d´eau de Passy, Pressy - Pont du Giffre, une restitution d´énergie à ces sites est alors programmée depuis la centrale de Vallorcine. Suite à des accords conclus en 2009, EDF est entrée à hauteur de 25% dans le capital de l´énergéticien Alpiq Holding S.A. qui gère le groupement d´Emosson. Pour financer l´augmentation de sa participation dans le capital de l´entreprise suisse, Électricité de France a apporté à Alpiq Holding S.A. ses droits à l´énergie issue de sa participation de 50% dans le barrage d´Emosson, valorisé à 480 millions d´euros en 2009. EDF, qui était déjà actionnaire d´Atel Holding S.A., est devenue le partenaire international de référence dans ALPIQ Holding S.A. aux côtés des deux grands actionnaires suisses EOS Holding, l´électricien romand, et CSM, un consortium d´actionnaires historiques d´Atel, alémaniques et tessinois. Les statuts d´Électricité d´Emosson S.A. sont modifiés le 24 mars 2011. Un nouveau complexe de pompage et de turbinage est programmé dès 2008. Grâce à une galerie reliant le Vieux-Emosson au lac d´Emosson, une nouvelle chute d´eau de 300 mètres va être créée et valorisée par une nouvelle centrale hydroélectrique souterraine développant une puissance de 900 MW. Dans les heures creuses, un système de pompage permettra de remonter l´eau du lac d´Emosson au barrage du Vieux-Emosson. La mise en service de cette installation devrait intervenir en 2016. La prise d'eau a donc été construite sur une plateforme située sur la rive sud-ouest du lac. Elle a été ensuite remplie d'air et tirée au-dessus du lac d'Emosson sur un ponton long d'environ 930 mètres. De là, cette énorme construction a été immergée, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'elle atteigne l'emplacement prévu au fond du lac, à une profondeur de 120 mètres.

Période(s)Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates1960, porte la date
1966
1975
2016
Auteur(s)Auteur : Électricité de France, R.E.H Alpes Nord à Chambéry
Électricité de France, R.E.H Alpes Nord à Chambéry
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ingénieur

Situé à la frontière franco-suisse dans la massif du Faucigny, le barrage d´Emosson est un ouvrage remarquable par son esthétisme et ses dimensions. Cet ouvrage ferme la gorge creusé par la Barberine à 1930 m d´altitude. Il forme la deuxième grande retenue de Suisse alimentée par les eaux du massif du Mont Blanc et du Giffre côté français. Ce complexe comprend deux barrages : le barrage du Vieux-Emosson et le barrage d´Emosson distants de 3 km. Sa retenue de près de 13 millions de mètres cube contribue au remplissage d´Emosson. Un vaste réseau d´adduction, comprenant près de 40 km de galeries et deux usines de pompages, collecte les eaux sur un zone de 176 km² pour remplir les 225 millions de mètres cubes du lac d´Emosson. La force de l´eau du Lac d´Emosson est mise en valeur dans quatre centrales hydroélectriques dont deux appartiennent à la Société Emosson S.A., les deux autres étant la propriété de la Compagnie des Chemins de fer fédérale. La centrale hydroélectrique du Châtelard-Vallorcine constitue le premier palier ouvrant sur la vallée du Trient à 1100 mètres d´altitude. Cette première centrale hydroélectrique abrite également deux pompes de 40 MW pour remonter l´eau du collecteur est dans le lac d´Emosson contrairement à l´eau du collecteur sud qui dévale les pentes du massifs du Mont-Blanc, lui assurant une remontée naturelle dans le lac d´Emosson. L´eau est ensuite turbinée par la centrale hydroélectrique du Châtelard dans la commune de Finhaut en Suisse et par la centrale hydroélectrique de la Bâtiaz dans la commune de Martigny en Suisse. Fermant la boucle, la centrale de Vernayaz, située à la sortie nord de Martigny est alimentée directement par une conduite souterraine provenant de la retenue d´Emosson. L´aménagement franco-suisse d´Emosson draine les eaux des hautes vallées françaises de l´Arve, de l´Eau-Noire, du Giffre supérieur et les eaux suisses du Val Ferret, des vallées de Trient, d´Arpette et de Jure grâce à l´aménagement de quatre collecteurs à écoulement libre désignés, suivant leur situation géographique par rapport à la retenue d´Emosson, par les collecteurs nord, est, sud et ouest. Les collecteurs français ont une hauteur suffisante pour que les eaux s´écoulent dans la retenu par gravité, les apports du collecteur est en Suisse destinés au remplissage du lac sont refoulés par pompage. Les eaux françaises et suisses sont accumulées dans la retenue d´Emosson voisines de la frontière. Ce barrage-voûte d´une hauteur de 177 m sur fondations crée une accumulation de 225 moi m cube de capacité dont 170 moi m cube appartiennent à la Société d´Emosson. Les 55 mio m cube restant appartenant aux Chemins de fer fédéraux (CFF) étant donné que le barrage et le lac de Barberine propriété des CFF ont été submergés par la nouvelle retenue et que les CFF participent financièrement à la construction du barrage. L´utilisation des eaux accumulées à Emosson sur une chute moyenne de 1400 m disponible jusqu´à la vallée du Rhône est prévue en deux paliers avec la centrales au Châtelard-Vallorcine et à la Bâthiaz. Les eaux utilisées sont restituées au Rhône près de la ville de Martigny. Une troisième chute, celle des Esserts-Le Châtelard turbine une partie des eaux du collecteur est. L´aménagement d´Emosson est organisé autour de cinq bassins versants. Le bassin résiduel à laval des anciens barrages de Barberine et du Vieux Emosson ne sont que de 2,7 km², toutes les eaux nécessaires au remplissage de la retenue d´eau ont été captées à l´extérieur. L´aménagement d´Emosson comprend quatre autres collecteurs. a. Le collecteur sud 42,20 km², situé en France : cette galerie équipée pour un débit de 12m cube/s accuse une longueur totale de 8, 67 km et collecte à la cote 2000 m les eaux des glaciers de Logan, d´Argentière et du Tour qui alimentent l´Arve. Les apports du glacier d´Argentière sont captés par une prise sous-glaciaire. Le collecteur sud débouche à Belle Place à la cote 1933,5 m. Un puits incliné à 50% avec une fenêtre intermédiaire conduit les eaux à la centrale de Châtelard-Vallorcine, où elles peuvent être turbinées directement ou siphonnées dans la retenue d´Emosson. Pour cela, en tête de puis, un siphon à dépression maximum empêche l´entraînement d´air. b. Le collecteur est, 115, 25 km², situé en Suisse : ce collecteur calé à la cote 1550 m est équipé pour un débit maximum de 22,8 m cube/s. D´une longueur totale de 18,29 km, il capte à la Fouly à la cote 1574 m les apports du Val Ferret supérieur et draine sur son parcours les eaux des torrents de Treuste-Bo, Planereuse, Saleine, Trient et Nant-Noir. Un collecteur secondaire de 7,3 km débouchant près de la prise de Trient amène dans le collecteur principal les eaux des torrents de Jure et d´Arpette. La galerie aboutit aux Esserts où un bassin de compensation crée entre les cotes 1504 m et 1516 m, une retenue de 220 000 m cube de capacité utile. Un puits blindé incliné relie le bassin et la centrale de Châtelard-Vallorcine. Les eaux du collecteur est peuvent être turbinées directement sur la chute les Esserts-Le Châtelard ou refoulées dans la retenue d´Emosson par pompage. c. Le collecteur nord, 3 km², situé en France: il amène directement dans la retenue d´Emosson les apports des glaciers du Prazon et du Ruan qui alimentent le haut Giffre, par une galerie de 2,6 km de longueur. d. Le collecteur ouest, 12,7 km², situé en France : ce collecteur draine les eaux des Vallons de Bérard et de Tré-les-Hauts et les conduits au moyen d´une galerie de 7,9 km directement dans la retenue. Toutes les prises d´eau principales sont munies de dégradeurs ou de dessaleurs, équipés de systèmes de détection des apports solides avec commande automatique de la vanne de purge. La production totale des chutes Emosson-Vallorcine et Le Châtelard-La Bâtiaz est de 870 GWh, soit 250 GWh en été, et 620 GWh en hiver. Située sur une parcelle frontalière à la Suisse en rive droite du torrent de l´Eau - Noire, la centrale hydroélectrique de Vallorcine ouvre sur le poste de douane et la route cantonale de Martigny, elle fait face à l´ancienne gare du Châtelard. Il faut emprunter la RB n°506 côté français pour accéder à la cour intérieure du domaine comprenant le bâtiment de la centrale, le canal de fuite, une ancienne prise d´eau des Chemins de fer fédéraux. Le poste extérieur d´une puissance de 220 kw prolonge le bâtiment de la centrale à l´est. Il précède le bassin de compensation d´une capacité de 90 000 m cube sur lequel vient se greffer le prise d´eau qui va alimenter la centrale hydroélectrique de la Bâthiaz à Martigny. Le bâtiment de la centrale dessine un L orienté suivant un axe nord-sud. D´une longueur de 79,50 m, cet édifice est ouvert sur sa partie nord par de vastes portes situées de part et d´autre des murs gouttereaux. La luminosité de l´espace intérieur est assurée par des baies encadrées chacune par des piliers de béton qui donne du rythme aux façades extérieurs, assurant une légèreté à cet ensemble massif. Le tout est couronné par un toit terrasse débordant, recouvert de tôle ondulée. De par son inclinaison, il dessine une vague montant en direction de la façade antérieure sud-est. A l´intérieur, l´organisation du bâtiment se fait autour de la salle des machines, ce vaisseau accueille sur deux niveaux les trois groupes hydroélectrique, d´une longueur de 79,5 m pour une hauteur de 36 m, cette halle est parcourue sur toute sa longueur par un système de rails posés sur les corbeaux des piliers en béton. L´ensemble supporte le pont roulant de 60 tonnes destiné aux actions de manutention. Contiguë à cet espace, à l´ouest, la chambre des robinets est équipée des répartiteurs à haute pression raccordés aux trois turbines hydroélectriques. Les espaces annexes comme les bureaux, l´atelier ou le magasin sont repoussées aux extrémité du bâtiment. Cette centrale dispose du répartiteur haute pression pour les eaux de la retenue d´Emosson et du collecteur sud ainsi qu´un autre répartiteur à haute pression pour les eaux du collecteur est. Trois groupes hydroélectriques ternaires équipent cette installation. Le groupe 1 se compose : d´un alternateur triphasé couplé à une turbine Pelton d´une puissance de 64 000 kW et d´un turbine Francis d´une puissance de 50 000 kW. Les groupes 2 et 3 disposent chacun d´un alternateur triphasé avec une turbine Pelton à laquelle s´ajoute une pompe d´accumulation de trois étages d´une puissance de 38 200 kW. La centrale de Châtelard-Vallorcine est commandée depuis la centrale de la Bâtiaz à Martigny.

Mursbéton
acier
Toittôle ondulée, béton en couverture
Plansplan symétrique en L
Étages3 étages carrés
Énergiesénergie hydraulique

Le complexe d´Emosson constitue un ensemble monumental et singulier qui n´a pas d´équivalent en Europe. Profitant de la proximité du massif du Mont-Blanc, cet ensemble témoigne de la gestion concertée des eaux internationales entre deux pays : la France et la Suisse et démontre surtout l´ingéniosité de ces concepteurs. Offrant autant de belvédères donnant sur le glacier de l´Argentière, les courbes légères des barrages d´Emosson contrastent avec la monumentalité de ces installations. Toutes aussi impressionnantes, les centrale hydroélectriques de Vallorcine-le Châtelard, du Châtelard, de la Bathiaz et de la Vernayaz offrent un défilé de l´histoire humaine et technique de l´hydroélectricité. Tantôt épurés, tantôt pittoresques, ces bâtiments abritent des trésors technologiques encore méconnus du grand public en France. Les ingénieurs ont su tirer partie des contraintes climatiques et du relief pour créer un ensemble fonctionnel qui allie à la fois la simplicité des formes et la complexité des mécanismes hydrauliques. A travers cette installation, l´Arve et le Giffre s´offrent un voyage en Suisse.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • Cadastre 2011, Conseil général de la Haute-Savoie/ Direction des Affaires Culturelles/ SIG/ BDORTHO® - BDCARTO® - © IGN - copie et reproduction interditesPlan

    CAH Haute-Savoie
Bibliographie
  • André-Louis Sanguin, La Suisse, essai géographie politique. Genève : Édition Ophrys, 1983, 363 p.

    p 274 - 275
  • Association pour la diffusion de la documentation hydraulique, Société hydrotechnique de France, La Houille blanche, volume 31. Paris : Association pour la diffusion de la documentation hydraulique, 1976, n.p.

    p 448, p 464, p 603
  • Gonthier, Martine, Barrages des Alpes : histoires, découvertes, itinéraires. Grenoble : Didier Richard, 1996, 119 p.

  • Électricité d´Emosson S.A., Aménagement d'Emosson: règles applicables aux contrôles des pièces et produits métallurgiques et aux contrôles des soudures en atelier et sur les chantiers (R.C.M) pour les contrats de matériels. Martigny : Électricité d´Emosson S.A., 1970, 61 p.

  • Électricité d´Emosson S.A., Emosson, le Rhône et l´Arve réunis. Martigny : Électricité d´Emosson S.A., 1976, 115 p.

  • Géraldine Pflieger, L´eau des villes : aux sources des empires municipaux. Genève : Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 2009, 117 p.

    p 54 - 56
  • Niklaus Jean Schnitter, Le barrage voûte d´Emosson. Baden : Motor Columbus, 1975, 10 p.

  • Pierre Gérard, L'épopée hydroélectrique de l'électricité de France: l'équipement des centrales hydrauliques : évocation et analyse d'une réussite à la française. Paris : Association pour l´histoire de l´électricité en France, 1996, 680 p.

    p 194 - 199
  • Pierre Henry, Turbomachines hydrauliques : choix illustré des réalisations marquantes. Genève : Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 1992, 407 p.

    p 29 - 34
  • Robert Vivian, Emmanuelle Le Roy Ladurie, Les glaciers du Mont-Blanc. Montmélian : La Fontaine de Siloe, 2005, 315 p.

    p 23 - 24
  • Société française des électriciens, Union technique des syndicats de l'électricité, Union des syndicats de l'électricité, Paris, Comité électrotechnique français, Revue générale de l´électricité : organe de l´union des syndicats de l´électricité, volume 84. Paris : Revue Générale de l´Électricité, 1975, n.p

    p iv
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Assemblée des Pays de Savoie © Assemblée des Pays de Savoie - Mahfoudi Samir