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Centre aéré (ancien moulin de Lavray)

Dossier IA74001642 réalisé en 2011

Fiche

AppellationsMoulin de Lavray
DestinationsCentre aéré
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Faverges et du Laudon - Seynod
HydrographiesRuisseau de Lavray
AdresseCommune : Saint-Eustache
Lieu-dit : Lavray
Adresse : ancien chemin de Saint-Jorioz à
Saint-Eustache
Cadastre : 1866 C1 43 ; 2008 C1 10

L´importance de ce lieu est renforcée par sa situation géographique. On note en effet que le moulin de Lavray est implanté sur le tracé de l´ancienne route qui reliait Saint-Jorioz à Leschaux en passant par Saint-Eustache. Cette route était la principale employée et desservait également la tour fortifiée de Saint-Eustache. On a également des archives qui font références à la construction du pont sur le ruisseau de Lavray dans l´optique de facilité le passage sur cette voie. Ce moulin à farine est un élément indispensable pour la vie de la commune et celui-ci acquiert un surplus d´importance car c'est ici que le conseil municipal décide en 1925 de placer le seul appareil téléphonique de la commune. Le moulin est également connu pour avoir été la place où s'est déclenché le martyr de Saint-Eustache le 22 décembre 1943.

Période(s)Principale : 19e siècle
États conservationsremanié

ATTENTION FICHE NON FINALISEE Il ne reste plus rien de l'ancien moulin à farine à part la présence d'une conduite forcée derrière le nouveau bâtiment et l'ancienne maison de Jean Armataffet, ancien maire et minotier de la commune rachetée par la ville d'Annecy pour en faire un centre aéré.

Statut de la propriétépropriété d'une association

Annexes

  • Le martyre de Saint-Eustache, 31 décembre 1943

    Le contexte : à partir de l´armistice du 24 juin 1940, une partie de la Haute-Savoie est occupée par l´armée italienne. En représailles du débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, l´armée italienne occupe la zone libre sur la rive gauche du Rhône. Mais les évènements qui s´ensuivent, avec le débarquement allié en Sicile et la déroute de l´armée italienne, conduisent à l´arrestation de Mussolini le 24 juillet 1943. Le 3 septembre 1943 l´armistice entre les Italiens et les Alliés est signé en secret et n´est dévoilé que le 8 septembre. L´armée allemande reprend le contrôle des territoires qu´occupaient les Italiens avant l´arrivée des Alliés. La Savoie et la Haute-Savoie passent donc de l´occupation italienne à l´occupation allemande à partir de septembre 1943.

    Les évènements du 22 décembre 1943 : en Haute-Savoie se met en place un réseau de résistance et les maquisards se mettent en relation pour faire des transits d´armes et de munitions. C´est dans cette optique qu´un groupe de résistants décide de convoyer un lot d´armes à Thorens stockées à Saint-Jorioz où se trouve le quartier général de l´Armée Secrète. Le transfert doit se faire au Moulin de Lavray, commune de Saint-Eustache. Les hommes se réunissent pour le chargement de la cargaison qui se termine aux alentours de midi le 22 décembre 1943. L´arrivée au moulin d´un soldat allemand accompagné d´un civil les prend au dépourvu et une fusillade éclate au cour de laquelle les deux individus sont tués. Ce soldat n´étant pas venu seul une recherche est effectuée et les conduit devant un véhicule qui stationne sur le bord du chemin principal avec un autre soldat au volant. Les résistants font feu et l´homme dans la voiture est tué. Se retrouvant avec trois cadavres et un véhicule qui porte les marques d´une fusillade, les résistants décident de précipiter l´ensemble dans le lac d´Annecy. Mais sur la route ils rencontrent un obstacle, pris au dépourvu et cherchant à se débarrasser au plus vite des corps, ils abandonnent la voiture et les trois cadavres dans un ravin le long de la route de Saint-Jorioz.

    Les faits du 22 décembre se terminent là. Après l´altercation au moulin de Jean Armataffet les résistants se dépêchent de partir.

    Mais le véhicule dans le ravin ne passe pas inaperçu et le soir même sa présence est signalée à la gendarmerie qui commence une enquête. Les autorités allemandes sont prévenues et viennent retirer les corps. L´enquête continue et le lien est fait avec les habitants de Saint-Eustache. Jean Armataffet qui est allé faire une déclaration à la gendarmerie, est arrêté et incarcéré à la prison d´Annecy

    Sentant venir les représailles l´organisation décide de retirer les armes cachées afin d´incriminer le moins possibles ceux qui les ont camouflé.

    Le 31 décembre 1943 : les troupes allemandes se déploient dans la commune de Saint-Eustache à la levée du jour et se postent en grande majorité à la fruitière du Cruet afin d´appréhender tous les paysans venus déposer leur lait. La fruitière est un lieu stratégique étant donné que chaque paysan de la commune vient déposer son lait quotidiennement, c´est le lieu idéal pour une capture de grande envergure. D´autres contingents de soldats se rendent directement dans des fermes pour arrêter les hommes et piller. Bientôt la quasi-totalité des hommes de la commune sont en joue. L´armée allemande rapatrie tous les prisonniers au Chef-lieu et les rassemble devant la mairie. Ce sont en tout une trentaine d´hommes réunis devant la mairie sous la menace d´une mitrailleuse disposée sur le parvis de l´église et une autre sur les ruines de la Bâtie. En milieu de journée des camions de l´armée emmènent 28 des hommes de Saint-Eustache à Annecy où ils vont être interrogés. A la suite de cet interrogatoire quatre hommes sont libérés et tous les autres sont incarcérés en vue d´être déportés.

    3 janvier 1944, note de service de la police d´Annecy : « D´après les renseignements recueillis, les personnes mises en état d´arrestation le 1er janvier 1944 à Saint-Eustache et qui étaient détenues à Annecy, font partie d´un convoi à destination de Compiègne ».

    Le témoignage d´un déporté : « le 2 janvier 1944, nous avons été embarqués à plus de 50 hommes dans un wagon à bestiaux et diriger sur Compiègne. Les survivants sont embarqués le 20 janvier pour l´Allemagne dans un convoi de 2000 hommes. Nous sommes arrivés à Buchenwald. »

    Parmi les 28 hommes arrêtés, 21 sont déportés, 8 survivent et 4 reviennent à Saint-Eustache et témoignent des évènements endurés.

  • Le moulin de Lavray a été la scène où le martyr de Saint-Eustache s'est déclenché en 1943. Un groupe de maquisards s´est fait surprendre par des Allemands au moulin alors qu´ils se restauraient chez le meunier. La fusillade qui a suivi a fait un blessé dans les rangs des résistants et la mort des trois soldats Allemands. Pris au dépourvu par cette arrivée soudaine et les coups de feu échangés, les résistants ont cherché à se débarrasser des corps en les jetant dans le lac d´Annecy. Mais en chemin ils rencontrent un barrage sur la route et pris de panique ils se débarrassent des cadavres et de la voiture dans un fossé au bord de la voie. La découverte des corps ne tarde pas à venir et l´identification de soldats Allemands entraîne les représailles de l´armée. Et c´est la rafle du 31 décembre 1943 à la fruitière du Cruet où 24 hommes sont arrêtés et déportés.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie. 3 P 3/7339-7349 Commune de Saint-Eustache. Premier Cadastre Français. Premier cadastre français de la commune de Saint-Eustache réalisé entre 1865 et 1866.

  • AD Haute-Savoie. Série 2 O 1647 pr Commune de Saint-Eustache. Délibération du 11 octobre 1925. Délibération relative à l'installation d'un téléphone dans la commune de Saint-Eustache au moulin de Lavray pour le service des habitants de la commune.

  • AD Haute-Savoie. Série 2 O 1645 Commune de Saint-Eustache. Délibération du 5 décembre 1926. Délibération relative à la reconstruction de la meunerie et de la boulangerie qui ont brûlé dans un incendie le 21 novembre 1926 à Lavray.

  • AD Haute-Savoie. Sous-série 2 D 1 Commune de Saint-Eustache. Délibération du 28 novembre 1817. Délibération relative au payement du pont à Lavray.

  • AD Haute-Savoie. Sous-série 2 D 1 Commune de Saint-Eustache. Délibération du 23 novembre 1816. Délibération relative à la construction d'un pont à Lavray.

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