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Fontaine de la source de Coise ou source de la Sausse

Dossier IA73003619 inclus dans Paysage du bassin-versant de l'Isère inférieure et du Val Gelon réalisé en 2014

Fiche

Dénominationsensemble non identifié
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Montmélian
HydrographiesSource de la Sausse ; bassin-versant Isère inférieure-Val Gelon
AdresseCommune : Villard-d'Héry
Lieu-dit : Pré Dru
Adresse : Cadastre : 2014 B 890

La source est connue sous plusieurs dénominations : source de Coise, source de la Sausse, de la Sauce ou de la Saulsaz.

L'ouvrage Statistique générale de la France, département du Mont Blanc, publié en 1807, mentionne l'existence d'une fontaine d'eau "minérale froide et gazeuse" à Coise. Il s'agit d'une source qui abreuvait depuis toujours les habitants du hameau de Longemale.

Par acte passé chez Me Thomas à Chamoux, Jean Baptiste Dubouloz, médecin à Montmélian (fils de Claude Antoine), acquiert le terrain où se trouve la source (FR.AD073, 6E11748). Il est autorisé à rassembler et canaliser les différentes résurgences d'eau. Le docteur Dubouloz fait analyser l'eau de la source par son associé M. Saluce (pharmacien à Chambéry). Les deux hommes font construire un puits en maçonnerie autour de la source. Cela suscite de nombreuses contestations des habitants qui avaient l'habitude d'utiliser l'eau de la source. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1851, le puits en maçonnerie est détruit. M.Dubouloz porte plainte mais l'affaire est classée sans suite faute de preuves. Une petite maison destiné à héberger un gardien est construite à proximité de la source. Elle comporte un espace réservé à l'embouteillage et une partie habitation. Le 27 juillet 1855, Jean Baptiste Dubouloz porte à nouveau plainte concernant des dégâts commis sur la maison de gardien. Une fois encore, l'affaire est classée sans suite. En 1858, le docteur Dubouloz présente la source de Coise à l'Exposition de Turin (voir annexe).

Le bâtiment est visible sur le premier cadastre français de 1876 (section B, feuille 5, parcelle 890) mais il est en ruine.

En 1889 la source est cédée à une société des eaux qui intensifie l'exploitation, organise la mise en bouteilles et la vente. En 1893, la source est à nouveau en vente.

En 1998, l'association des Amis de la source de la Sausse est créée. Le site est nettoyé et réaménagé. Actuellement, il fait l'objet d'une promenade piétonne.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source
Dates1807, daté par source

La source de Coise se compose de trois émergences, éloignées de 100 mètres environ les unes des autres. Elles sont situées au pied de la colline de Villard-d'Héry, près le hameau de Coise. Elles étaient réunies dans un puits en maçonnerie d'un mètre de profondeur. La température des eaux est de 12 degrés et la source a un débit total de 5,760 litres par jour.

Actuellement, le site fait l'objet d'une promenade piétonne. Sur place, un puits surmonté d'une pyramide de verre et une fontaine ont été réaménagés. Un panneau d'explications rappelle l'histoire de la source et le travail de valorisation mené par l'association. L'ancienne maison du gardien n'est plus visible.

Murs
Couvrements
Couvertures
Énergies
États conservationsremanié

La source se trouve au milieu des prés, entre le moulin Fournier (IA73003421) et le moulin Berard (IA73003420).

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Le courrier des Alpes, 4 décembre 1850.

    II existe à six kilomètres de Montmélian, près du hameau de Coise, une source qui sourd au-dessous de la colline de Villard-d'Héry, et qui est désignée par les habitants sous le nom d'eau de la Sauce. Notre compatriote Grillet parle de cette source et lui donne le nom d'eau acidulée de Coise. Elle est en grande vénération auprès des cultivateurs, qui l'emploient dans une foule de maladies et principalement contre le goitre. Il paraît que, dans les dernières années du gouvernement français, sous l'administration de M. Finol, préfet du département du Mont-Blanc, on avait commencé des études sur l'eau de Coise et formé le projet d'un établissement ; le changement de gouvernement qui survint à cette époque, mit fin à toutes recherches scientifiques. Quoi qu'il en soit, si les propriétés de cette eau minérale furent, pour ainsi dire, aussi vite oubliées qu'entrevues par les hommes de l'art, elles ne survécurent pas moins dans l'esprit des populations environnantes, qui les regardent comme merveilleuses. Désireux de connaître par moi-même ce qu'il pouvait y avoir de fondé dans une pareille croyance, j'ai recueilli sur les lieux des renseignements qui m'ont été fournis par des agriculteurs et que je livre ici dans toute leur simplicité : L'eau de Coise cuit rapidement les légumes secs et vieux, et, chose qui surprend beaucoup les habitants de la campagne, c'est qu'elle ne vaut rien pour cuire les gruaux, qui deviennent violets ; elle dégraisse les vases qui ont servi à contenir de l'huile ; les bestiaux en sont très avides, mais elle diminue considérablement le lait des vaches ; les poissons que l'on met dans la fontaine y périssent en peu de minutes. Les habitants de cette localité emploient celle eau en boisson contre le goitre, dans les maladies de la vessie, dans les irritations du canal intestinal, dans la convalescence des fièvres intermittentes, dans l'aménorrhée, la chlorose ; ils ont remarqué que l'on ne rencontre nicrélins ni goitreux dans le village de Longemale, qui use de l'eau de cette source, tandis que les autres villages de la commune de Coise en sont infestés. Cette observation, qui est d'une haute importance, a été consignée, par mon honorable ami, M. le docteur Duclos, médecin de l'hospice des aliénés, dans les renseignements qu'il a fournis à la commission fondée à Turin, pour l'étude du goitre et du crétinisme. Ce fait est d'ailleurs de notoriété publique.

    Comme on doit le croire, quelques-unes de ces simples données furent pour moi un véritable trait de lumière ; ainsi la propriété qu'a cette eau de cuire rapidement les légumes secs et de dégraisser les bouteilles, ne pouvait être attribuée qu'à la présence d'un principe alcalin ; celle de colorer les soupes amidonnées en violet,qu'à la présence de l'iode. Successivement mon attention fut vivement excitée par les succès que j'ai obtenus dans différentes maladies, par l'administration en boisson des eaux de Coise ; et par simple induction, il me fut permis de conclure que cette eau était éminemment alcaline, et qu'elle jouissait à un haut degré de toutes les propriétés attribuées aux eaux de Vichy, si renommées à juste titre ; qu'elle devait contenir une notable proportion d'iode, puisqu'elle fait disparaître le goitre. Des essais répétés m'ont prouvé qu'elle était vraiment héroïque contre les affections scrofuleuses, et j'espère dans quelque temps en fournir des témoignages irrécusables. En face de pareils faits, il me restait le devoir impérieux de livrer une observation au public, et de faire constater par la science quels étaient les principes minéralisateurs de cette eau. N'ayant ni le temps, ni les connaissances chimiques nécessaires pour entreprendre ces recherches, je me suis adressé à M. Saluce, pharmacien à Chambéry et chimiste distingué, qui a bien voulu en entreprendre l'analyse. Je suis heureux de pouvoir annoncer que ses premiers essais ont dépassé mes espérances et confirmé toutes mes prévisions. Selon ce chimiste, un litre d'eau de Coise contiendrait un volume et demi d'acide carbonique libre, un gramme de bi-carbonate de soude, cinq centigrammes d'un sel iodique, des traces de fer, de magnésie et de carbonate de chaux. L'Académie de médecine de Paris sera bientôt appelée à prononcer en dernier ressort sur la valeur de l'eau de Coise et nous attendrons son jugement. Ce simple aperçu doit laisser entrevoir que cette eau destinée à devenir d'une application très fréquente en médecine, car rien de plus heureux que l'association de l'iode à une eau surchargée d'acide carbonique, et qui a pour base minéralisatrice une si grande quantité de bi-carbonale de soude. Je prie donc tous mes confrères et principalement ceux des États Sardes de vouloir essayer ce nouveau moyen de guérison, dans tous les cas qui exigent les eaux de Vichy, dans toutes les affections atoniques en général, dans les maladies scrofuleuses les plus désespérées ; quant aux goitres peu avancés, ils disparaissent en peu de jours. Cette eau n'ayant ni goût, ni odeur désagréables, on peut l'administrer sous toutes formes aux enfants et aux personnes les plus délicates, sans même qu'ils s'en doutent ; c'est une excellente eau de table que l'on peut boire pure ou coupée avec du vin, elle stimule puissamment les forces digestives, augmente l'appétit ; on peut en prendre des doses énormes sans en être incommodé, et elle a une action diurétique très marquée.

    Je termine cette notice, déjà trop longue pour un article destiné aux journaux et à appeler l'attention de mes confrères ; heureux si par leur concours je puis espérer d'avoir rencontré pour l'humanité un moyen actif de guérison, et pour le pays un élément de prospérité de plus. Les médecins qui désireront essayer les eaux de Coise, pourront s'adresser à M. Saluce, pharmacien à Chambéry. Sous peu, des dépôts seront établis dans les principales villes du royaume. DUBOULOZ, doct.-méd.

  • Le courrier des Alpes, 17 janvier 1851.

    Par acte du vingt-deux septembre mil huit cent cinquante, Thomas, notaire à Chamoux, transcrit au bureau des hypothèques de Chambéry le vingt-sept décembre suivant, vol. 46, art. 128, spectable Jean-Baptiste Dubouloz, docteur-médecin, domicilié à Montmélian, a acquis de Nicolas, fils de Guillaume Fournier, propriétaire domicilié à Coise, pour le prix de cent livres, la source qui existe dans une pièce de champ que Fournier possède à Villard d'Héry, sous n°1024 de la mappe ; ensemble le droit de faire dans ledit champ toutes les fouilles nécessaires pour réunir les surgeons d'eau et le droit de placer des tubes pour conduire les mêmes eaux à travers sa pièce. Chamoux, le 15 janvier 1851. THOMAS Ph., not.

  • Le courrier des Alpes, 27 juillet 1858.

    La Savoie à l'exposition nationale de Turin de 1858

    (Suite. — Voir lus N°5 84, 85 et 88.) II. — Collection des eaux minérales de la Savoie. L'analyse du travail de la collection des eaux minérales de la Savoie serait trop longue à faire dans les limites de notre journal ; elle serait, en outre, très difficultueuse, si nous n'avions pour nous aider un long et remarquable mémoire dont M. Ch. Calloud a fait accompagner la collection, et dans lequel M. le baron Jacquemoud a lui-même largement puisé pour dresser son Catalogue. Nous nous bornerons donc à mentionner les localités hydro-minérales qui possèdent des établissements balnéaires, La Caille, Brides, St-Gervais, Evian, et celles dont les sources ont une importance exceptionnelle, Coise, Challes, Salins, Aix.

    [...]

    EAUX MINÉRALES DE COISE.

    « Les eaux alcalines de Coise, dit M. Charles Calloud dans son mémoire, sont les plus alcalines de la collection. Elles sont surtout remarquables par la présence de l'élément alcalin ammoniacal qui vient s'adjoindre aux alcalins minéraux, bi-carbonate de soude et de potasse. Elles sont, de plus, très riches en matières organiques azotées et non azotées, qu'elles prennent en filtrant à travers des amas de tourbes et de lignites enfouis dans le sol qu'elles parcourent. Elles contiennent une notable proportion d'iodure de magnésium, et l'instabilité de cette combinaison fait que les eaux prennent, à la longue, l'odeur safranée de l'iode. Ce fait les rend très actives dans les cas de diathèses strommeuses, scrofuleuses et rachitiques.

    Par les soins de M. le docteur Dubouloz, les eaux minérales de Coise ont acquis une juste renommée, elles sont déjà devenues l'objet d'une exportation considérable. Leur minéralisation spéciale, qu'est venue faire connaître la savante analyse de M. P. Morin chimiste distingué, les rend en effet très recommandables. Coise est admirablement situé pour former une station hydro-minérale d'un grand avenir ; les qualités thérapeutiques des eaux, les beaux sites que celte localité possède, la proximité du chemin de fer Victor-Emmanuel, ne peuvent manquer d'y attirer un concours nombreux de visiteurs.

    [...]

  • Le patriote savoisien, 23 septembre 1893.

    Étude de Me Marcelin CANET, avoué à Chambéry, rue des Portiques, numéro 8.

    VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES

    1° De la Source ferrugineuse de la BOISSE Située à CHAMBÉRY

    2° Des Sources d'Eaux alcalines, silicatées, iodo-bromurées DE COISE

    Situées sur VILLARD-D'HÉRY (canton de Montmélian). Le tout dépendant de la faillite du sieur Armand MERCIER, qui était syndic de faillite à Paris.

    ADJUDICATION fixée au Samedi 21 Octobre 1893, à midi précis, à l'audience des criées du Tribunal civil de première instance de Chambéry, à Chambéry, au Palais de Justice,

    1° lot. Source de la BOISSE, constructions et objets mobiliers y attachés. Mise à prix 100 francs.

    2° lot. Sources de COISE, constructions et objets mobiliers y attachés. Mise à prix 200 francs.

    Ces sources, intarissables, sont susceptibles d'une exploitation facile, assurée et avantageuse. La richesse incomparable des eaux de Coise, découvertes et mises en renom par le docteur Dubouloz, de Montmélian, qui en était le premier propriétaire, les placent sur le même rang que les eaux de Challes pour leurs propriétés résolutives et fondantes. Affaire recommandée au monde médical. Pour plus amples renseignements, s'adresser à Me CANET, avoué poursuivant, et voir le cahier des charges déposé au greffe du Tribunal.

Références documentaires

Documents d'archives
  • FR.AD073, 6E5708, Minutes notariales, Versement de maître FLAVENS (Léon), notaire à Chamoux-sur-Gelon, 1994, Archives notariales de maître THOMAS Philibert-Simon, notaire à Chamoux-sur-Gelon, acte du 22 septembre 1850.

    AD Savoie : 6E11748
  • FR.AD073 7FS7 522, Fonds Sarde : judicature mage de la province de Savoie. Non-lieux du Sénat de Savoie (1815-1860), Villard-d'Héry, 1851.

    AD Savoie : 7FS7 522
  • FR.AD073 7FS7 544, Fonds Sarde : judicature mage de la province de Savoie. Non-lieux du Sénat de Savoie (1815-1860), Villard-d'Héry, 1855.

    AD Savoie : 7FS7 544
  • FR.AD073, 3P 7310, Premier cadastre français, Villard-d'Héry, Section B, feuille 5, 1876.

    AD Savoie : 3P 7310
  • FR.AD073, 3P 7311, Cadastre rénové, Villard-d'Héry, Section B, feuille 5, 1938.

    AD Savoie : 3P 7311
  • Le courrier des Alpes, 28 septembre 1893.

Bibliographie
  • Verneilh (de), Statistique générale de la France, département du Mont Blanc, Testu, 1807.

    p.23.
  • Le courrier des Alpes, 4 décembre 1850.

  • Le courrier des Alpes, 17 janvier 1851.

  • M.Dubouloz, Notice lue à l'Académie de médecine, à Paris, dans la séance du 4 mai 1852, sur les eaux naturelles, alcalines, ammoniacales, iodurée et bromurées, de Coise (Savoie), Paris, 1852.

  • Le courrier des Alpes, 27 juillet 1858.

  • F.Bertier, Des eaux minérales de la Savoie, contribution à l'étude de leurs propriétés physiologiques et thérapeutiques, Imprimerie A.Parent, Paris, 1873.

  • Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Première série, Tome 18, Paris, 1876.

  • Mémoire de l’Académie de Savoie, Troisième série, Tome 3, Imprimerie d'Albert Bottero, Chambéry, 1875.

  • Le patriote savoisien, 23 septembre 1893.

  • Le patriote savoisien, 2 octobre 1893.

  • Le courrier des Alpes, 7 octobre 1893.

  • Le courrier des Alpes, 3 octobre 1893.

  • Le Courrier des Alpes, 30 septembre 1893.

  • P. Paillard (sous la direction), Histoire des communes savoyardes : La Maurienne - Chamoux- La Rochette, Horvath, 1983.

    p.478-479.
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Assemblée des Pays de Savoie © Assemblée des Pays de Savoie - Bérelle Clara