Logo ={0} - Retour à l'accueil

Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand : les raisons de l'étude

Dossier IA63002450 réalisé en 2014

Fiche

Avis aux lecteurs

Pour consulter l’ensemble de l’étude d’inventaire sur l’hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand, nous recommandons de lire les dossiers et sous-dossiers dans l’ordre suivant :

1 - Les raisons de l'étude

2 - Le site de 1764 à 2014

3 - Le Refuge

4 - La chapelle de l’hôtel-Dieu (originellement chapelle du Refuge)

5 - L’édifice de l’hôtel-Dieu

6 - Le tableau historique des anciens hôpitaux de Clermont et les tableaux des bienfaiteurs des hospices

7 - Les galeries souterraines

8 - La maternité

9 - L’école de sages-femmes

10 - Le pavillon des militaires et l’hôpital pour enfants

11 - La polyclinique

12 - Le pavillon des maladies sociales

13 - La faculté mixte de médecine et de pharmacie

Les raisons de l'étude

(cahier des clauses scientifiques et techniques, 2014-2016)

1 - Contexte institutionnel et objectifs

En mars et avril 2010, les services de l’hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand, composante du Centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, ont emménagé dans le nouvel hôpital d’Estaing (à l’est de la ville). Inscrit au coeur du centre ancien de Clermont, l’hôtel-Dieu – son site et ses nombreux édifices – constitue par son ampleur et ses qualités un ensemble majeur. Quatre ans après sa fermeture, il est en attente de transformations importantes dans le cadre d’une mutation radicale de ses affectations.

Certains bâtiments de l’hôtel-Dieu bénéficient depuis 2004 d’une inscription sur l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques1. La direction du CHU de Clermont-Ferrand, très consciente de la valeur patrimoniale protéiforme de cet ensemble, a réalisé et autorisé diverses opérations de valorisation (en particulier la parution d’ouvrages). Au regard de l’importance du patrimoine architectural de l’hôtel-Dieu et de la position remarquable de son site dans l’urbanisme de la capitale auvergnate, au regard également du devenir annoncé de cet ensemble, une opération d’inventaire patrimonial paraissait indispensable. À la suite d’un accord conclu avec la direction du CHU, l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes a donc décidé de conduire une telle opération, puis de mettre à la disposition du public le fruit de ce travail.

2 - Descriptif de l’opération

2. 1 - Délimitation de l’aire d’étude

Le site de l’hôtel-Dieu est délimité au nord par la rue de Lagarlaye et le boulevard Léon-Malfreyt, à l’est par la rue Meyrand-des-Pradeaux, la rue Saint-Guillaume et l’avenue Vercingétorix, au sud par les immeubles de la Résidence du Parc (avenue François-Mitterrand), enfin à l’ouest par le boulevard Charles-de-Gaulle.

Dans son état actuel, le bien-fonds de l’hôtel-Dieu couvre une superficie de 51 095 m2. La forme générale de la propriété est celle de deux rectangles accolés et orientés nord-sud. Dans ses plus grandes dimensions, l’enclos mesure 225 mètres du nord au sud et 282 mètres d’est en ouest. Pas moins de dix-neuf bâtiments s’élèvent sur le site. Ils ont été construits et modifiés de 1765 à 2000. Plusieurs d’entre eux ne sont que des annexes, parfois préfabriquées. Les édifices les plus importants – qui sont étudiés dans le cadre de l’inventaire – sont les suivants (liste par ordre chronologique, avec indication des architectes principaux) :

1 - Le Refuge, 1765-1770 : Antoine Deval (1741-1808, attribution hypothétique).

2 - L’hôtel-Dieu, 1765-1860 : François-Charles Dijon (1705-1785, attribution hypothétique), Gilbert Fournier (actif dans la région clermontoise de 1750 à 1780 environ), Pierre Rousseau (1751-1829), Louis-Charles-François Ledru (1778-1861), Hugues Imbert (1807-1876) ; surélévations partielles en 1952-1963 (Roger Gonin) puis en 1998-2000 (Laurent Espinasse et Jean-Marc Massot).

3 - La maternité, 1889-1892 : Jean Teillard (1854-1915) ; surélévation en 1932-1934 (Albéric Aubert), extension en 1958-1959 (Antoine Espinasse et Paul Lanquette).

4 - L’école des sages-femmes, 1894-1896, Jean Teillard.

5 - L’hôpital pour enfants, 1913-1925, Jean Amadon (1886-1954).

6 - La polyclinique, 1928-1930, Jean Amadon.

7 - Le pavillon des maladies sociales, 1931-1934, Albéric Aubert (1895-1971).

8 - La faculté mixte de médecine et de pharmacie, 1948-1954, Albéric Aubert, avec les contributions de René Delayre et Marcel Depailler.

2. 2 - Les enjeux scientifiques

L’hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand constitue un objet d’étude complexe modelé par presque deux siècles et demi d’histoire sociale, politique, institutionnelle, urbaine, fonctionnelle et architecturale.

Il s’agit en premier lieu d’un ensemble foncier dont les abords, les limites et le contenu ont considérablement évolué au fil des années. Placé à l’origine en bordure de la ville et largement ouvert sur une campagne cultivée, le bien-fonds a été progressivement cerné par l’urbanisation. Il est devenu un enclos à la suite de l’alignement et du percement de plusieurs voies. La réunion, en 1793, du Refuge à l’hôtel-Dieu, a été un apport non négligeable. Inversement, la construction en 1970 d’immeubles privés sur sa partie sud fut une amputation majeure.

À l’intérieur de son enclos, l’hôtel-Dieu se présente encore aujourd’hui comme un ensemble naturel, fonctionnel et architectural de type groupé et concerté, créé par des décisions successives. Les relations de complémentarité entre les composantes de cet ensemble relèvent à la fois de l’histoire, des affectations, de la composition urbaine et bâtie, enfin des formes architecturales.

Le site de hôtel-Dieu a donc d’abord été étudié en tant que tel, selon les multiples interactions entre son contexte spatial, ses accès, ses fonctions, ses partitions et ses édifices. Les interactions avec le tissu urbain environnant n’ont pas été oubliées, ni les galeries souterraines situées sous l’hôtel-Dieu, galeries dont l’existence s’explique par la construction et le fonctionnement de l’établissement hospitalier.

En second lieu, l’étude monographique des huit édifices principaux énumérés ci-dessus a révélé leurs caractéristiques très diversifiées. Les raisons historiques et fonctionnelles de ces caractéristiques ont été exposées et analysées. L’ensemble de ces monographies livre des connaissances approfondies sur les évolutions architecturales d’un équipement hospitalier au cours de ses 240 années de fonctionnement.

Les apports de l’opération d’inventaire permettent finalement d’inscrire l’hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand dans le cadre plus large de l’histoire de l’architecture hospitalière française, sujet qui vient d’être renouvelé par l’ouvrage L’hôpital en France, histoire et architecture (Pierre-Louis Laget, Claude Laroche, Isabelle Duhau et alii, Lyon, éditions Lieux dits, 2012,592 p.).

2. 3 - Les différentes phases de l’opération et la publication des résultats

Le protocole d’enquête et d’étude mis en oeuvre au cours de l’opération a suivi la méthodologie définie par l’Inventaire général (J.-M. Pérouse de Montclos et alii, La monographie d’architecture, Documents et méthodes, n° 10).

Après une systématisation de l’état des connaissances, de nouvelles sources archivistiques ont été recherchées et exploitées (documents écrits et figurés, en particulier ceux du fonds des hôpitaux de Clermont conservé aux Archives départementales du Puy-de-Dôme).

Le site et les édifices ont fait l’objet de visites et d’observations méthodiques. À cette occasion, une campagne de prises de vue a été réalisée par les photographes de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, en suivant les indications du chercheur, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du site et des édifices.

L’ensemble de l’hôtel-Dieu et les bâtiments les plus importants ont ensuite été décrits et analysés par le texte et par l’image. Les textes se fondent sur les principes et le vocabulaire d’analyse scientifique de l’architecture employés par l’Inventaire général. Les photographies prises lors de l’opération ont été légendées, commentées et mises en relation avec les textes. Des plans et des photographies anciennes, des restitutions, des plans schématiques (par exemple pour la datation des campagne de travaux), ont été également joints aux dossiers.

L’opération d’inventaire (recherches, campagne photographique, analyse, rédaction, création du dossier) a été menée pour l’essentiel de juillet 2014 à décembre 2016. Afin d’être accessible au public sur le site internet de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, les résultats de l’opération ont été mis en forme selon les normes de l’Inventaire général et en employant le logiciel GERTRUDE (logiciel développé par le Groupe d’étude et de recherche technique de réalisation et d’utilisation du dossier électronique).

3 - Moyens scientifiques et techniques

L’opération d’inventaire a été exécutée par :

- Christophe Laurent, historien de l’architecture extérieur à l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, spécialiste choisi en raison de ses connaissances sur l’hôtel-Dieu acquises lors de recherches antérieures ; la durée de sa mission a été fixée à 540 heures de travail ;

- Jean-Michel Perrin (110 H de travail), ainsi que Christian Parisey (15 H de travail), photographes de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ;

- Guylaine Beauparland-Dupuy, dessinatrice-cartographe de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (40 H de travail).

L’opération a bénéficié également de l’assistance méthodologique et technique de plusieurs chercheurs : Brigitte Céroni, Maryse Durin-Tercelin et Bénédicte Renaud-Morand (Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes), ainsi que de la relecture des textes par Pierre-Louis Laget (Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Hauts-de-France).

1Inscription par arrêté du 29 décembre 2004 de « L’hôtel-Dieu comprenant les bâtiments du XVIIIe siècle de Dijon et Rousseau avec leur porche d’entrée, l’escalier de la cour d’honneur, la colonnade sud, la grande galerie des donateurs et la salle Duprat, l’école de sages-femmes de Teillard, les pavillons Hacquart et Tixier d’Amadon, la polyclinique d’Amadon avec sa clôture et ses grilles et les pavillons en brique d’Aubert (cad. HR 287) ».
Aires d'étudesClermont-Ferrand
AdresseCommune : Clermont-Ferrand
Adresse : boulevard Malfreyt

Références documentaires

Bibliographie
  • Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2014, 239 p. Ouvrage collectif, sous la direction de Bernard Dompnier.

  • Lyon, éditions Lieux-Dits, 2012, 592 p., sous la direction de Pierre-Louis Laget, Claude Laroche et Isabelle Duhau.

© Région Auvergne - Inventaire général du Patrimoine culturel - Laurent Christophe
Laurent Christophe

Historien de l'architecture.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.