Dossier IA69007761 | Réalisé par
Guégan Catherine
Guégan Catherine

Chercheuse au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel (2006-...)

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Lycée Ampère, annexe Perrache, actuellement Collège Jean-Monnet, annexe Catelin
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
  • © Ville de Lyon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lyon Urgences
  • Commune Lyon 2e
  • Adresse 1 rue de l' Abbaye-d'Ainay , 5 impasse Catelin
  • Cadastre 2015 AS 2
  • Dénominations
    lycée, collège
  • Genre
    de garçons
  • Parties constituantes non étudiées
    cour

L'Annexe du lycée Ampère, 1879-1946

Le projet : d'un collège d'enseignement spécial à un lycée annexe

Le 20 juillet 1876, le conseil du 2e arrondissement émet le vœu qu'un nouveau collège soit créé à Lyon. Le rapport présenté au conseil municipal en séance du 12 juillet 1879 explicite le projet et en rappelle les principales étapes : le 21 février, ce dernier a en effet approuvé la création à Lyon d'un collège général affecté à un enseignement spécial analogue à celui donné à Paris dans les collèges Chaptal, Turgot, Colbert et Lavoisier (les programmes et la liste des enseignements dispensés au collège Chaptal sont joints à titre d'exemple). Saisis le 12 mars suivant, les services académiques ont convenu que la Ville manquait d'un établissement " pour l'enseignement des jeunes qui se destinent au commerce et à l'industrie ou à l'agriculture, où ils puissent recevoir un enseignement spécial répondant aux exigences croissantes de ces différentes carrières " (AC Lyon, 176 WP 050/20). L'idée directrice préconisée est de reprendre le modèle parisien en l'adaptant aux besoins économiques locaux.

A la même période, le lycée Ampère est confronté à un problème récurrent d'espace pour permettre son développement, et d'insalubrité des locaux qui contrevient aux exigences minimales d'hygiène. En 1881, l'administration envisage de déplacer tout l'internat du lycée en construisant en banlieue un nouveau lycée "sur un terrain assez étendu pour qu'ils aient [les élèves] à profusion l'air, la lumière et l'espace qui leur manque dans l'établissement actuel ", ce qui permettrait de faire du lycée Ampère " un vaste externat ouvert à toutes les classes d'âge, depuis les primaires jusqu'aux mathématiques spéciales ". Le rectorat se dit prêt à prendre en charge les frais d'acquisition et de construction de ce nouvel établissement (Ibid., Lettre du recteur de l'Académie de Lyon, 18 mars 1881). Aussi le conseil municipal approuve-t-il, par une délibération en date du 14 avril 1881, la création d'un nouveau lycée avec internat pour les classes supérieures. Le projet ne se concrétisera qu'une trentaine d'années plus tard par la construction aux Brotteaux du lycée du Parc, en 1914. Entretemps, les questions de place et de salubrité restant au premier plan, d'autres solutions sont élaborées soit par le directeur du lycée, soit par le rectorat ou le Ministère de l'Instruction publique, soit par la Ville (voir SUTEAU, P.-Y., 2010). Elles aboutissent d'une part à la création de l'annexe de Saxe, dans le quartier de la Guillotière, en 1904, d'autre part à celle de Perrache, dans le quartier d'Ainay, en 1909. Cette dernière va accueillir les classes de la 11e à la 4e, répondant ainsi partiellement au vœu de création d'un collège émis par le conseil du 2e arrondissement.

La réalisation

En 1864, la communauté des jésuites de la rue Sala acquiert de MM. Gaillard et Ferrand (AC Lyon, 4 S 198) des terrains rue Sainte-Hélène pour édifier une résidence avec chapelle et y accueillir des œuvres sociales. En 1871, ils obtiennent le droit d'y créer un collège qui prend le nom d'Externat Saint-Joseph (FOUILLOUX, HOURS, 2005, p. 116), dont le plan est visible sur le plan général de la ville de Lyon en 1890 (AC Lyon, 4 S 198 et 4 S 214) : au nord, bordant la rue Sainte-Hélène, la chapelle (actuelle chapelle du lycée Saint-Marc), au sud, une grande maison de plan en U ouverte sur une cour arborée, à l'ouest un ensemble de bâtiments de moindre importance. Le plan parcellaire de 1890 indique qu'ils ont sans doute acquis, entre 1865 et 1880 au plus tard une troisième propriété sise au 9 rue Jarente, sur laquelle ils font édifier un immeuble ; on peut formuler l'hypothèse que ce dernier a été construit au moment même où ils obtenaient l'autorisation d'enseigner (le grand bâtiment à ailes en retour était en effet à usage d'habitation). Le terrain appartenait jusqu'alors à M. Plasson, co-fondateur de la Compagnie des bateaux Mouche dont les locaux occupaient les 3, 5 et 7 rue Jarente. Les décrets du 29 mai 1880 sur la laïcisation de l'enseignement ayant entraîné l’expulsion des jésuites et la confiscation de leurs biens, ces derniers sont rachetés par la Société anonyme des pères de famille de l'enseignement libre, plus tard dénommée Société foncière de Lyon et du Rhône (AC Lyon, 4 S 214). De nouveaux saisis en application des lois du 1er juillet 1901 (art. 3) et surtout du 7 juillet 1904, qui supprime les congrégations enseignantes, la totalité de leurs immeubles deviennent propriété du Crédit foncier de France lors de la vente par adjudication au Tribunal civil de première instance de Lyon le 22 février 1908.

Le 13 avril 1908, la Ville de Lyon, qui envisage depuis le début des années 1880 la construction d'une annexe pour le lycée Ampère (AC Lyon, 176 wP 50/29) et a déjà créé celle de l'Avenue de Saxe, décide d'acquérir conjointement avec l’État une partie de ces immeubles au Crédit foncier de France (extrait du registre des délibérations du conseil municipal et acte de vente, AC Lyon, 923 WP 335/2). La consistance des lots, vendus au prix de 300 000 francs, est la suivante : une maison 9 rue Jarente - 1 rue de l'Abbaye d'Ainay comportant trois étages carrés et sous-sol en pierre de taille et maçonnerie ordinaire, escalier intérieur en pierre ; un bâtiment rez-de-chaussée et cave voûtée ; un bâtiment 5 impasse Catelin en rez-de-chaussée et deux étages carrés en maçonnerie ordinaire attenant au précédent, une cour à l'est des bâtiments plantée d'arbres et comportant divers abris et WC. Deux plans de 1908 signalent ces nouveaux bâtiments affectés au lycée annexe (ill. IVR84_20166901785 et 1786NUCA), dont la Ville entre en jouissance le 1er juillet 1908 (AC Lyon, 923 WP 335/2). La maison à l'angle de la rue Jarente correspond à l'ancien Externat des jésuites, celles donnant sur l'impasse Catelin au Petit Externat.

L'architecte de la Ville Charles Meysson est chargé de la maîtrise d’œuvre des travaux de réparations et d'aménagements par délibération du 25 octobre 1909, après avoir présenté ses plans, dressés le 20 mais 1908, le 12 décembre 1908 (AC Lyon, 946 WP 43). Les travaux comprennent la démolition d'une terrasse en surplomb au nu du mur clôturant la cour, le ravalement des façades avec badigeon, l’installation d'un chauffage central, la réfection des toitures, le remplacement des sols par des dallages en carreaux de ciment dans les classes, en parquet dans les logements de fonction. Toutes les boiseries et menuiseries sont peintes en faux bois ou à un ton avec filet ; les murs du parloir et des appartements sont couverts de papier-peint. Un mur de séparation est édifié entre le nouvel établissement et la Société immobilière de la rue Sainte-Hélène, en maçonnerie ordinaire puis pisé de mâchefer sur fondations en béton de graviers et chaux hydraulique. L'architecte fournit également les dessins du mobilier, qui est réalisé par Chrétien, entrepreneur de menuiserie à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or : tables de classe à deux places, chaises thermoplastiques en bois couché avec dossier droit et contreforts ; le reste du mobilier est acquis auprès de M. Philippi, directeur des magasins Au Nouveau Lyon. Le montant total des travaux s'élève à 74592 frs. La réception des travaux a lieu le 23 juin 1909 afin d'assurer la première rentrée à l'automne de la même année.

La distribution du bâtiment principal doit s'adapter à son étroitesse, qui ne permet de placer qu'une salle de classe dans sa profondeur. Aussi la totalité des espaces disponibles est-elle utilisée, y compris le sous-sol dans lequel sont aménagées la cuisine et la laverie, et les combles qui accueillent deux appartements pour le personnel, deux classes de dessin sous verrière et une salle de dépôt des modèles. Le rez-de-chaussée accueille trois salles de classe, la salle des professeurs et le réfectoire, dont les fenêtres ouvrent sur la rue Jarente, le 1er étage cinq salles de classe, le 2e deux salles d'étude et une salle de physique-histoire naturelle et une de chimie avec un laboratoire. Le deuxième bâtiment au nord permet de compléter le dispositif en installant les bureaux du directeur et de l'économe, la loge du gardien et le parloir au rez-de-chaussée, deux à trois salles de classe et un vestiaire au 1er étage, et de créer un appartement pour le directeur au 2e étage.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
    • Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1909, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Meysson Charles
      Meysson Charles

      Né à Montbrison, études à l'Ecole des Mines de Saint-Etienne puis Ecole des beaux-Arts de Paris, section architecture. Remporte le concours de 1900 pour la création des grilles du Parc de la Tête d'Or à Lyon, à la suite duquel il est nommé architecte de la ville de Lyon.

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      maître d'oeuvre attribution par source
  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    tuile
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour suspendu, en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit
  • Autres organes de circulation
    ascenseur
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété du département (incertitude),
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • AC Lyon. 176 WP 050/20. Instruction publique. Projet de création d'un collège communal. Lycée, 1879-1881

    AC Lyon : 176 WP 050/20
  • AC Lyon. 923 WP 355/2-3. Édifices à usage d'établissements d'enseignement. Création d'un lycée annexe dans le 2e arrondissement : acquisition d'immeubles rue Jarente, de l'Abbaye d'Ainay, impasse Catelin ; correspondance, rapports, délibérations, plans, actes de vente, arrêtés, exposé des motifs, 1908-1909

    AC Lyon : 923 WP 355/2-3
  • AC Lyon. 946 WP 43. Établissements d'enseignement. Lycée Ampère : entretien, réparation et aménagement des locaux et annexe Perrache, 1904-1924

    AC Lyon : 946 WP 43

Bibliographie

  • Lycée général Saint-Marc. Histoire du lycée, in site internet du lycée Saint-Marc. URL : <http://www.lyceesaintmarc.org/informations/histoire-du-lycee>

  • FOUILLOUX, Etienne, HOURS, Bernard (dir.). Les jésuites à Lyon, XVIe-XXe siècle. Lyon : ENS Editions, 2005

    p. 116
  • SUTEAU, Pierre-Yves. Du Lycée Ampère au Lycée du Parc : la Longue Marche des Maires de Lyon. Gouvernement municipal et leadership urbain dans le projet de dédoublement du Lycée de Lyon (1873 – 1914). Mémoire de séminaire de 4ème année, Université Lyon 2, Institut d’Etudes Politiques de Lyon. Lyon : 2010

Documents figurés

  • Plan général de la ville de Lyon. Ech. 1 : 500 (AC Lyon. 4 S 198)

    AC Lyon : 4 S 198
  • Plan général de la ville de Lyon. Ech. 1 : 500 (AC Lyon. 4 S 214)

    AC Lyon : 4 S 214
  • Prolongement de la rue de l'Abbaye d'Ainay ; en rose, les bâtiments affectés au lycée annexe, en jaune, une partie de ces immeubles nécessaire au prolongement de l'Abbaye d'Ainay / 1 Plan. 1908 (AC Lyon, 923 WP 355/3)

    AC Lyon : 923 WP 355/3

Annexes

  • Vente par adjudication des immeubles des jésuites, 22 février 1908 (extrait ; AC Lyon, 923 WP 355/2) : Description des biens
  • Entreprises attributaires des marchés de travaux de réfection du bâtiment en 1909 (AC Lyon, 946 WP 43)
Date d'enquête 2016 ; Dernière mise à jour en 2016
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
© Ville de Lyon
Guégan Catherine
Guégan Catherine

Chercheuse au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel (2006-...)

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