Logo ={0} - Retour à l'accueil

Maison forte, puis demeure, dite château de Curraize

Dossier IA42001504 réalisé en 2007

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Appellationschâteau
Parties constituantes non étudiéeschapelle, allée, portail
Dénominationsmaison forte, demeure
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Précieux
Lieu-dit : Curraize
Cadastre : 1809 A 372 à 376, 379 ; 1986 A3 543, 269, 270, 280, 279, 278, 282, 353 à 356, 506, 507, 543 à 546

L'origine du domaine est le mas de Curraize donné en 1173 par le comte Guy II à Etienne de la Coste, et où ce dernier fait construire peu après un moulin (voir dossier Moulin, puis féculerie... IA42001515). Le domaine passe aux Du Cros, marchands anoblis, qui s´intitulent seigneurs de Curraize au milieu du 14e siècle. La maison forte de Curraize est citée en 1392 ; elle appartient alors à Jean du Cros, damoiseau. Elle est vendue vers 1440 à Jacques de Lavieu, grand seigneur forézien ; la lignée des Lavieu-Feugerolles s´éteignant dans le dernier quart du 15e siècle, leurs biens passent aux Lévis-Couzan qui possèdent Curraize jusqu´à la fin du 17e siècle. La seigneurie appartient en 1697 à François Goulard des Landes et reste dans cette famille jusqu´à sa vente en 1864 à Pierre-Céphas Rimaud, puis en 1872 à Emile Alamagny, fondateur de l´usine de lacets Oriol et Alamagny à Saint-Chamond. C´est à cette famille que l´on doit la transformation du château, qui aurait conservé jusque là une architecture datant essentiellement de la maison forte de la fin du 14e et du 15e siècles : un édifice de petite taille, cantonné de quatre tours ou échauguettes reliées par des murs percés de très peu d´ouvertures, avec pour seul accès une porte fortifiée, et situé sur une plateforme défendue par des douves. La présence d'une chapelle, située au-dessus du passage d'entrée, est attestée au 19e siècle, mais on peut supposer que cette disposition était déjà en place à l'époque médiévale. Les dates portées encore lisibles témoignent de quelques modifications dans la 2e moitié du 18e siècle, certainement liées à l´aménagement d´un jardin d´agrément au pied de cet austère logis. La maison forte est largement reconstruite et agrandie dans le dernier quart du 19e siècle, prenant l´allure d´un château de la fin de l´époque gothique à hautes toitures d´ardoise et lucarnes passantes ; une partie de la structure de la maison forte semble cependant conservée. Les communs sont également agrandis et régularisés, en réutilisant pour partie des bâtiments du 18e siècle ; la ferme attenante est reconstruite. De nouvelles dépendances sont ajoutées dans les années suivantes (château d´eau, chenil, et plus tard vivier et lavoir). L´ensemble est vendu une dernière fois en 1950 mais n´a plus connu de modifications architecturales importantes.

Période(s)Principale : 14e siècle , (?)
Principale : 15e siècle , (?)
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1761, porte la date
1786
Auteur(s)Auteur : Palley serrurier signature
Personnalité : Alamagny Emile propriétaire

Voir description en annexe. Dates portées : 1761 sur le linteau d'une porte de l'aile de commun ouest ; 1786 sur le linteau d'une porte du mur de clôture du jardin, côté est (voir plans).

Murspierre
grès
granite
calcaire
enduit d'imitation
moellon
Toitardoise
Étages1 étage carré, sous-sol, comble à surcroît
Couvrementsvoûte en berceau
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
appentis
croupe
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
Techniquessculpture
Précision représentations

Décor de rosettes sculptées sur l'encadrement de la fenêtre de la cuisine donnant dans la cour intérieure. Décor d'écussons armoriés sculptés sur les frontons des lucarnes de la façade sud, au-dessus de la porte donnant accès dans l'escalier en vis depuis la cour et au-dessus de la porte dans l'escalier en vis depuis la cuisine (dans un motif formé de deux losanges entrecroisés à face concaves et extrémités tréflées) : armoiries de Louise de Bressoles (écartelé, au 1, de Lévis-Couzan (en a, de Lévis-Florensac : à 3 chevrons, au lambel de gueules en chef de 3 pièces ; en b, de Couzan : à la croix ancrée) ; au 2, de Bressoles (à trois bandes). Louise (ou Jeanne) de Bressoles (ou Brésoles) est la seconde épouse de Jean de Lévis-Florensac, baron de Couzan, propriétaire de la seigneurie de Curraize depuis le décès de son beau-frère Charles de Lavieu-Feugerolles, dernier du nom. Ces armoiries ont sans doute été sculptées lors des travaux de réfection et agrandissement des années 1870 ; elles s'inspirent peut-être de celles publiées en 1847, en couleurs, par le chanoine Renon dans sa Chronique de Notre-Dame d'Espérance de Montbrison, ouvrage qu'Emile Alamagny pouvait posséder ou connaître. Décor en bas-relief sur la façade nord : écussons armoriés surmontés d´un phylactère portant une date par écusson : armes de Forez, date 1291 ; armes de Curraize, 1339 ; armes du Cros, 1393 ; armes de Lavieu, 1465 ; armes de Lévis, 1535 ; armes de Damas-Couzan-Lévis-Bressoles, 1663 ; armes de Goulard des Landes, 1721. Un autre phylactère court au-dessous des écussons, avec une date à chaque extrémité : 1886 et 1903.

Edifice remarquable pour la diversité de ses parties constituantes, bien conservées et présentant pour certaines, comme le chenil ou le château d'eau, une architecture recherchée. PART : communs (écurie ; sellerie ; logement ; pont bascule ; remise ; resserre ; vivier ; lavoir) ; chenil ; ferme (étable à vaches ; porcherie ; fenil ; hangar agricole) ; pigeonnier ; château d´eau ; jardin (jardin potager ; pavillon de jardin ; fossé de clôture de jardin) ; croix de chemin PARN : chapelle ; allée ; portail

Statut de la propriétépropriété privée
Éléments remarquableschâteau d'eau

Annexes

  • Commentaire historique

    L'origine du domaine est le mas de Curraize donné en 1173 par le comte Guy II à Etienne de la Coste, et où ce dernier fait construire peu après un moulin (Perroy ; voir dossier Moulin, puis féculerie... IA42001515). En 1182, à la suite de son mariage avec une suivante de la comtesse, Etienne de la Coste obtient d´être affranchi de tailles, charrois, vingtain, manoeuvre et exaction. À la fin du 13e siècle, le moulin de Curraize appartient à Girin, marchand drapier, bourgeois de Montbrison familier de la cour comtale. Sa petite-fille apporte le domaine aux Du Cros, marchands anoblis, qui s´intitulent seigneurs de Curraize au milieu du 14e siècle. La maison forte de Curraize est citée en 1392 (Dufour) ; elle appartient alors à Jean du Cros, damoiseau. Elle est vendue vers 1440 (Verrier, Villermet) à Jacques de Lavieu, grand seigneur forézien ; la lignée des Lavieu-Feugerolles s´éteignant dans le dernier quart du 15e siècle, leurs biens passent aux Lévis-Couzan qui possèdent Curraize jusqu´à la fin du 17e siècle. La seigneurie appartient en 1697 (enquête de l´intendant Lambert d´Herbigny) à François Goulard des Landes et reste dans cette famille jusqu´à sa vente en 1864 à Pierre-Céphas Rimaud. Le château aurait conservé jusque là une architecture datant essentiellement de la maison forte de la fin du 14e et du 15e siècles (observation de T. Rochigneux dans Le Forez pittoresque... : 'un édifice qui paraît dater du XIVe et surtout du XVe siècle').

    Deux auteurs ont décrit le bâtiment avant sa transformation : Antoine Granjon, en 1808 (dans le manuscrit de la Statistique du département de la Loire) : 'le château est bizarrement construit, les murs du dehors n´ont point de fenêtres, ils supportent aux quatre angles que forment leur réunion quatre tours égales et surmontées d´une flèche', et T. Rochigneux, en 1922 (Notes et matériaux...), mais d´après ses souvenirs d´avant 1867 : 'L´ensemble était assez simple et assez exigü. Les bâtiments d´habitation très parcimonieusement éclairés sur la campagne étaient à l´aspect du midi, de l´ouest et du nord en forme d´équerre : ils se complétaient dans le quadrilatère des murailles, d´une cour latérale en nord-est à laquelle on accédait du dehors par une unique porte en ogive [dans Le Forez pittoresque... : 'une porte surbaissée'] défendue par un haut moucharabi. Nous avons connu le château ainsi et la construction n´avait alors subi que des aménagements intérieurs strictement limités aux lambris et aux plafonds'. Le tableau daté de 1879, qui représente une vue de la façade d´entrée du château, côté nord, avant les travaux de réfection, mais qui a sans doute été peint rétrospectivement, se conforme à cette description. Le 18e siècle laisse cependant quelques traces sur l´aménagement des abords (tracé des allées), des communs et des jardins (étudiés), l´emprise et le tracé général de ces derniers remontant sans doute à cette époque.

    En 1872 la propriété est cédée à Emile Alamagny, fondateur de l´usine de lacets Oriol et Alamagny à Saint-Chamond (Gacon, Brunet, Flachat). C´est à cette famille que l´on doit la transformation du château, certainement commencée du vivant d´Emile Alamagny, mort en 1876. T. Rochigneux porte un oeil assez critique sur ces travaux : 'Depuis la restauration et les embellissements exécutés par son dernier propriétaire, tout en le consolidant à jamais, en ont fait sans doute une demeure somptueuse aux dehors prétentieux'. On peut penser que la structure générale de la maison forte a été conservée, avec ses corps de bâtiments entourant une cour.

    Le corps d´habitation oriental semble être la partie la plus ancienne et pourrait remonter au 14e siècle, voire au 13e siècle (le dessin de la porte de la cave, à linteau droit sur coussinets échancrés en quart-de-rond, la fenêtre à coussiège au niveau supérieur, l´emploi du calcaire de Ruffieu sont des indices pour cette datation). L´angle nord-est du corps de bâtiment était peut-être l´ancienne tour maîtresse de la maison forte. Au-dessus du passage d´entrée se trouve une pièce voûtée, utilisée comme chapelle au 19e siècle, mais qui pouvait déjà l´être auparavant ; un Ecce Homo du peintre montbrisonnais Jean-Baptiste Smits, daté de 1677, y est signalé en 1919 (Audin, Vial ; il ne s'y trouve plus). La façade nord comporte un clocheton avec une cloche à l´aplomb de cette chapelle, déjà représenté sur le tableau figurant le château avant les travaux ; la cloche n´a pas pu être approchée de près, mais son inscription et décor sont dans le style de la fin du 15e siècle ou du 16e siècle. La partie nord de l´aile ouest présente aussi des vestiges d´encadrements de fenêtre qui peuvent remonter au 14e siècle (voir description). Certains éléments de la cuisine (cheminée, fenêtre) remontent peut-être au 15e siècle.

    L´ensemble de l´édifice a été très remanié lors des travaux du dernier quart du 19e siècle. Il semble que l´escalier en vis qui se trouve actuellement dans l´angle sud-ouest de la cour occupe l´emplacement de l´escalier d´origine (mais qui aurait été largement remanié pour les marches, le noyau central sauf peut-être la base, et les ouvertures). Les portes qui distribuent la cuisine et le salon sud-ouest semblent cependant datables de la fin du 15e siècle ou du 16e siècle ; celle de la cuisine porte les armoiries de Louise de Bressoles, dont l´authenticité, sous leur polychromie, est difficile à déterminer, mais qui ont certainement été réalisées au 19e siècle, comme tous les autres exemplaires de ce blason répété de très nombreuses fois dans l´édifice, et peut-être inspiré au commanditaire de la fin du 19e siècle par les recherches héraldiques menées à la Diana à la même époque (voir champ INSC). Un grand soin est apporté au décor et à l'ameublement des pièces, pourvues de mobilier néo-médiéval ou néo-Renaissance. Les dates inscrites dans le phylactère sous les écussons du bas-relief qui orne la façade nord, 1886 et 1903, peuvent être celles de cette campagne de construction.

    Les travaux sur le corps de logis sont complétés par ceux menés sur les dépendances domestiques (château d´eau, chenil, et plus tard vivier et lavoir ; étudiés).

    L'architecture du château et le décor de certaines pièces peuvent être rapprochés, bien que beaucoup plus modestes, de ceux du château du Vivier (69, commune d'Ecully), édifié entre 1882 et 1884 par l'architecte lyonnais Laurent Cahuzac.

    L´ensemble est vendu une dernière fois en 1950, époque à laquelle auraient été ajoutés les balcons sur les façades sud et ouest, mais n´a plus connu de modifications architecturales importantes.

    Description

    Situation

    Le château occupe la partie sud-ouest d´un vaste enclos rectangulaire bordé de murs de pisé (remplacé par un muret surmonté d´une grille sur la moitié nord du côté ouest). On peut supposer qu´à l´origine la maison forte se trouvait sur une plateforme qui représenterait un peu moins du quart sud-ouest de cet enclos. Il est probable que des ramifications du bief du moulin situé à proximité (étudié) formaient des douves entourant cette plateforme, ancêtre du fossé qui longe actuellement le mur sud de l´enclos.

    Deux allées bordée d'arbres se croisent à angles droit au niveau du passage entre les deux corps de communs : une allée de platanes conduisant de la route départementale (et se prolongeant au-delà) au château, avec un portail au niveau de chemin passant devant la ferme et le moulin, et une allée de chênes conduisant du château aux deux étangs situés à l'ouest. Le portail a des jambages est en pierre calcaire, encadrés de murs en appareil réticulé percés de portes piétones en arc en anse de panier ; le portail et les portes sont fermés par des grilles en fer forgé ; inscription : PALLEY SERRURIER / GRANDE RUE 28 / MONTBRISON (LOIRE).

    Le logis est de plan quadrangulaire, avec un pavillon hors-oeuvre greffé sur l´angle nord-ouest. Ce pavillon comprend une cave en sous-sol, accessible par un escalier extérieur du côté ouest, et un rez-de-chaussée (légèrement surélevé, avec un escalier extérieur), qui n´a pas de communication directe avec le logis. Ce pavillon est déjà représenté sur le tableau sensé figurer le château avant les travaux. La pièce unique de ce rez-de-chaussée a été décorée à la fin du 19e siècle ou au début du 20e. Elle est tapissée d´un papier peint à fleurs de lys est est ornée de peintures sur toile (sans signature ni date) représentant des chevaliers en armure, sur fond de paysage ou de château fort, et tenant diverses armes (épée, masse, hache). Cet espace, pourvu d'une cheminée, semble avoir eu un usage lié à la chasse, peut-être un vestiaire.

    Matériaux

    Le matériaux de construction du gros-oeuvre est difficile à déterminer, l´édifice étant entièrement enduit (enduit d´imitation en ciment à faux appareil incisé sur les élévations tournées vers l´extérieur) ; on peut supposer qu´il s´agit de moellon de pierre (calcaire, ganite ?) et peut-être de pisé. Les encadrements correspondant aux parties les plus anciennes semblent en calcaire de Ruffieu, pierre locale extraite d´une carrière des environs, essentiellement exploitée aux 13e et 14e siècle (Rochigneux, 1889-1890, p. 167-170) ; il s´agit de la porte de la cave située à l´angle nord-est, à profonde voussure en plein-cintre et linteau droit à coussinets à décor lobé (celui du côté est manque), et peut-être de la fenêtre à coussièges qui éclaire la pièce attenante à l´étage supérieur, ainsi que certains encadrements de baies donnant dans la cour intérieure, en particulier les deux vestiges de fenêtres murées laissés visibles dans l´enduit de la façade ouest. Ensuite, au 15e siècle, c´est un granite fin ou un grès qui sont utilisés : pour les autres encadrements de baies donnant dans la cour intérieure (en particulier la fenêtre de la cuisine, à décor de rosettes) et pour les portes distribuant les pièces du rez-de-chaussée à partir de l´escalier en vis. Enfin, les travaux de la fin du 19e siècle, on a employé un calcaire blanc ou du ciment moulé : chaînages en harpe aux angles et aux articulations entre les corps de bâtiments sur les élévations tournées vers l´extérieur, crénelage au faîte des murs, encadrements des principales portes et fenêtres (en forme de croisées ou de demi-croisées) de ces élévations, pourvues de larmiers à crossettes. Les percements sont de forme et de distribution irrégulière, sauf sur l´élévation sud, qui comporte trois travées bien alignées dont la verticalité est mises en valeur par la réunion des encadrements des croisées des deux niveaux supérieurs, et par le fronton semi-circulaire, surmonté d´un gâble, d´un décor de mouchettes ajourées et de pinacles, et orné d´un écusson sculpté aux armoiries de Damas-Couzan-Lévis-Bressoles, qui couronne les croisées passantes du dernier niveau.

    L´aile nord, y compris sur ses côtés est et ouest, a une corniche portée par des consoles à trois ressauts en quart de rond, surmontée d´un parapet crénelé. Les autres façades ont une corniche plus simple, à consoles plus espacées et à deux ressauts. Les ailes ouest et sud ont une toiture à longs pans et croupes. L´angle nord-est a un comble individualisé, contre lequel vient buter le toit en appentis de l´aile nord, avec une toiture particulièrement aigüe à longs pans et croupes couronnée d'une crête de toit ajourée à décor de quadrilobes et d'épis de faîtage. Enfin la partie centrale de l´aile est a un toit à long pans. Les couvertures sont en ardoise.

    Distribution

    Le logis est formé de quatre corps de bâtiment encadrant une cour intérieure.

    L´aile orientale est divisé longitudinalement en deux enfilades de pièces dont les planchers ne sont pas au même niveau : à l´ouest, le passage d´entrée, correspondant au portail en arc brisé sur la façade nord, défendu par une bretèche, qui donne dans une salle autrefois ouverte sur la cour intérieure par des arcades en plein cintre (remplacées par des portes-fenêtres), aménagée en vestibule au 19e siècle ; à l´est, en contrebas, une cave voûtée précédée au sud par une pièce (transformée en chaufferie). Le passage d´entrée est surmonté d´une pièce voûtée d´ogives, à usage de chapelle, dont le volume monte jusqu´au comble, et qui comporte une fenêtre à coussièges dans son mur nord, accessible par un degré en bois ; la pièce située au-dessus du vestibule est une chambre. La partie est est divisée en deux pièces, toujours en contrebas par rapport aux planchers de la partie ouest, communiquant par une porte à encadrement chanfreiné, et avec une fenêtre à encadrement trilobé et coussièges dans la pièce située au sud (actuellement à usage de buanderie).

    L´aile occidentale comprend actuellement une entrée de service, pourvue de deux portes vers l´extérieur (l´une vers la cour, l´autre vers la terrasse) et d´une porte vers la cuisine, au sud, qui traverse une cheminée à linteau en granite, en arc segmentaire à délardement en cavet. La cuisine possède une large fenêtre triple ouverte à l´ouest, vers la terrasse (percée au 19e siècle), une demi croisée ouvrant vers la cour intérieure, à encadrement en granite orné de rosettes, et située au-dessus d´un évier, enfin deux portes dans son angle sud-est, l´une vers l´escalier en vis, l´autre vers l´aile sud. La porte donnant vers l´escalier a un encadrement en granite dont les piédroits à angles adoucis en ont des bases moulurées ; le linteau droit, à cavet, est orné d´un écusson sculpté et peint (polychromie du 19e siècle) et surmonté d´un larmier à crossettes.

    La partie de l´aile nord située entre ces ceux ailes se compose d´une pièce voûtée (accessible depuis l´entrée de service et depuis la cour) et d´un escalier.

    L´aile sud se compose de trois pièces en enfilade, chacune ouverte au sud par une porte-fenêtre vers la terrasse : d´est en ouest, un salon, une salle à manger et un autre salon. Le salon et la salle à manger ont reçu un décor et un mobilier très soigné de style respectivement néogothique et néo-Renaissance, dont le point d´orgue est une grande cheminée en pierre blanche, avec plafond à caissons peints (motifs décoratifs) et tissu tendu sur les murs (motifs d´arcatures polylobées et d´écussons chargés d´une salamandre dans le salon, ferronneries et bouquets de fleurs et de fruits dans la salle à manger) ; le sol est en parquet à bâtons rompus dans le salon, en carreaux de ciment blancs et noirs dans la salle à manger. La cheminée du salon a des piédroits à colonnettes et un linteau droit, portant l´inscription peinte sur un phylactère : AUTANT VAUT L´HOMME COMME ON LE PRINSE. La hotte droite est orné de cinq écussons posés sur des cordelières nouées, peints aux armoiries des familles qui ont possédé le château : de gauche à droite, de Curraize, du Cros, de Lavieu-Feugerolles, de Lévis et de Damas-Couzan-Lévis-Bressoles. La cheminée de la salle à manger a des piédroits à colonnettes qui se fondent dans les moulures à tore et cavets du linteau droit ; la hotte est ornée de remplages dessinant des trilobes, des quadrilobes et des mouchettes, sous une frise de fruits et de feuilles sculptée en bas-relief. Le décor de cette pièce est complété par une grande verrière ornant la fenêtre ouverte sur la cour intérieure, divisée en trois fenêtres : le centre des panneaux est en verre blanc à décor géométrique, la bordure est en verre coloré à frise de fruits et de feuilles. La porte de communication avec l'escalier en vis a un dessus-de-porte avec l'inscription : JAMAIS HOMME NOBLE NE HAYST LE BON VIN.

    L´étage carré des ailes ouest et sud se compose de chambres et de cabinets de toilette, essentiellement desservies par l´escalier en vis. La plupart des chambres sont dotées de cheminées en pierre à décor sculpté (cordelière) ou peint (motifs végétaux) et d´un ameublement néogothique. À l´étage du comble en surcroît, les ailes est et sud sont encore divisées en chambres et cabinets de toilette, sauf la pièce centrale de l´aile sud, directement desservie par l´escalier en vis, à usage de salle de billard. Dans les ailes ouest et nord, ce niveau est un comble non aménagé.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Précieux. Etat de sections des propriétés bâties et non bâties. 1827.

  • Bibl. Diana, Montbrison. GRANJON, Antoine. Statistique du département de la Loire. Manuscrit, vers 1806.

    B Diana Montbrison
  • A. Privées (Curraize). Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882]. 10 feuillets de plans : dessins à la plume, aquarellés, sur papier ; échelle 1:1000, 1:2000 ou 1:5000. Légende des plans avec nature et superficie des terrains.

Documents figurés
  • 1ère feuille. Plan d'ensemble. Sainte-Agathe, le Poulailler et Curraize.. / Rivat (géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:5000. [1878 ?]. 'Fait et dressé par le géomètre soussigné, Saint-Chamond en décembre 187[8], Rivat. Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • 3e feuille. Ruffieux. / Rivat (?, géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:2000. [1878 ?]. Plan de situation des propriétés de Garanbot, Sainte-Agathe et le Poulalier [sic]. Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • 4e feuille. Les environs de Curraize. / Rivat (géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:2000. [vers 1879]. Signé : Rivat. Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • 4e feuille. Les environs de Curraize. [Détail du château de Curraize et du domaine de Grange Piney]. / Rivat (géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:2000. [vers 1879]. Signé : Rivat. Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • 6e feuille. Avenues du château. / Rivat (géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:1000. 1879. « Dressé par le géomètre soussigné, St Chamond en janvier 1879. Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • 7e feuille. Domaine de Fonbarit, Etang le Comte, Pré Mouton. Plan d'ensemble. / Rivat (géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:2000. 'Fait et dressé par le géomètre soussigné, Saint-Chamond en décembre 1878, Rivat. Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • Plan du domaine des Tourettes. 2e partie. / J. Péricard (?, agent voyer, géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:1000. Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • Plan de l'étang du Comte. / J. Péricard (agent voyer, géomètre). 1 dess. : encre et lavis coloré sur papier. 68,5x48,5 cm. Échelle 1:1000. Tampon : J. PÉRICARD / RUE DE LYON / MONTBRISON (LOIRE). Extrait de Atlas des propriétés de Curraize (...) propriétés en nature de prés, terres, pâtures et bois haute futaie appelés de Curraize, Poulailler, Sainte-Agathe, Fontbarit et de l´Etang le Comte situés sur les communes de Prétieux et Moingt, appartenant à M. Alamagny. [1872-1882] (A. privées).

  • [Vue restituée du château de Curraize avant sa transformation] / J. Girard Condamin (peintre). 1 peinture : huile sur toile, encadrée. 88x129 cm. Signature : J. GIRARD . CONDAMIN / 1879. Etat : quelques tâches et soulèvements, trou réparé au verso. (Coll. Part.)

  • CURAISE par Montbrison (Loire). Phototypie Sylvestre. 1 impr. photoméc (carte postale) : N&B. [1ère moitié 20e siècle].

  • CURAISE par Montbrison (Loire). [Au verso] Coll. Sylvestre, Lyon. 1 impr. photoméc (carte postale) : N&B. [1ère moitié 20e siècle].

  • CURAISE par Montbrison (Loire). Coll. Sylvestre, Lyon. 1 impr. photoméc (carte postale) : N&B. [1ère moitié 20e siècle].

  • CURAISE par Montbrison (Loire). Coll. Sylvestre, Lyon. 1 impr. photoméc (carte postale) : N&B. [1ère moitié 20e siècle].

Bibliographie
  • AUDIN, Marius. VIAL, Eugène. Dictionnaire des artistes et ouvriers d'art du Lyonnais. Paris : Bibliothèque d'art et d'archéologie, 1919

    p. 222
  • DUFOUR, J.-E. Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire. Mâcon : imprimerie Protat frères, 1946.

    col. 277-278
  • GACON, Marie-Claude. BRUNET, Frédéric. FLACHAT, Jean. FLACHAT, Marcelle. Le château de Curraize. Découverte et patrimoine de Précieux. [Les châteaux de la commune]. Bulletin de l'association Découverte et patrimoine de Précieux, n°4, 2005

    p. 13-28
  • RENON, François (Dom). Chronique de Notre-Dame d'Espérance de Montbrison, ou étude historique et archéologique sur cette église, depuis son origine (1212) jusqu'à nos jours. Roanne : imprimerie de A. Farine, rue Royale, 1847

    p. 184, pl. X
  • ROCHIGNEUX, Th. Notes et matériaux pour servir à la monographie de Précieu (Loire). Nice : imprimerie du patronage Saint-Pierre, 1922

    p. 21, 22, 30-32
  • THIOLLIER, Félix. Le Forez pittoresque et monumental, histoire et description du département de la Loire et de ses confins, ouvrage illustré de 980 gravures ou eaux-fortes, publié sous les auspices de la Diana... Lyon : Imprimerie A. Waltener, 1889 (2 vol.)

    p. 285
  • VERRIER, Jacques. VILLERMET, Daniel. Bilan des prospections sur la commune de Précieux. Bulletin du GRAL, n°15, 2005

    p. 37, 52-55
Périodiques
  • PERROY, Edouard. Notes sur une charte inédite de Guy IV, comte de Forez (1221). Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 1967, tome 125, p. 190-200. Accès Internet :

  • ROCHIGNEUX. Des matériaux employés, aux diverses époques du moyen-âge, dans la construction des édifices publics de la région Montbrisonnaise. Bulletin de la Diana, t. V, octobre 1889-janvier 1890

    p. 165-172
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Conseil général de la Loire © Conseil général de la Loire - Guibaud Caroline - Monnet Thierry