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Maison

Dossier IA42001975 inclus dans Ville de Montbrison réalisé en 2007

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

AppellationsMaison de l'entreprise Dubost
Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesjardin, puits
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Montbrison
Adresse : 3 rue
Pasteur
Cadastre : 1809 E 361 (partie) ; 1986 BK 93

L´édifice se situe sur une partie de la propriété de M. de Montrouge ; le plan de la Traversée de Montbrison en 1780 indique le long de la Grande Rue, au n°46, une maison à "3 étages, moilons et pisé, généralement mauvaise". Cette propriété, plus vaste que la maison indiquée sur le plan de 1780, est constituée de deux maisons avec cours, cadastrée sous les n° E 361 et 363, qui va être vendue en plusieurs lots en 1887. En 1908, la Municipalité achète ces bâtiments, occupés par les demoiselles Kopp et Gros dont leur école privée - l´Institution Jeanne d´Arc -, pour réaliser la percée d´une rue destinée à aérer et redynamiser le quartier. Désormais frappé d´alignement, la destruction de l´ancien hôtel Chirat de Montrouge, qui conservait des vestiges architecturaux du 15e siècle, crée une véritable polémique relatée dans la délibération du conseil municipal du 19 janvier 1912 (cf. Annexe 1). Pour palier à ces controverses la Municipalité fait appel à l´entreprise de maçonnerie Dubost, habilitée à travailler avec les Monuments historiques. Un contrat, mentionné dans cette même délibération, permettait l´intégration des vestiges architecturaux les plus significatifs dans une nouvelle construction, installée le long de l´alignement projeté. Dès lors l´entreprise Dubost père et fils - à savoir François et ses deux fils Julien et Marcel- achète le terrain délaissé (cf. Annexe 2 et plans). La nouvelle demeure achevée par Julien Dubost en 1914, à la veille de la Grande guerre, ne correspond pas à la maison "archéologique" évoquée ; le "mauvais" état du bâti ou l´approche des conflits armés pourraient en être une cause. La maison de type pavillonnaire se démarque résolument de l´architecture de la ville intra-muros par son style et le choix des matériaux : de briques et de pierres. Une carte postale (carte de visite de l´entreprise) montre la demeure légendée : Montbrison (Loire) - Entreprise J. DUBOST.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1912, daté par source
Auteur(s)Auteur : Dubost Julien auteur commanditaire, entrepreneur attribution par source
Personnalité : Dubost promoteur

Maison avec solin en pierre de taille, murs en appareil mixte de moellons de pierres assisés et de bandeaux de briques. Chaînes d´angles harpées et encadrements de fenêtres harpés en brique à effet de refends crées par des joints de pierre de taille. Mur pignon arrière en mâchefer. Porche à trois voussures et fronton triangulaire abritant l´entrée principale décentrée. Décor élaboré en brique dans les deux fenêtres hautes passantes en lucarne sur le pavillon d´angle et dans les fenêtres de lucarne des élévations latérales. Corniche à modillons en brique. Sous-sol à demi enterré et rez-de-chaussée surélevé d´un degré de deux marches. Toiture à longs pans et croupe avec égouts retroussés et épis de faîtage, toit en pavillon avec égouts retroussés et épis de faîtage sur le pavillon d´angle, appentis contre l´élévation latérale gauche. Elévations à travées : trois travées dans l´élévation principale et latérale droite, deux travées dans l´élévation latérale gauche. Maison à deux niveaux ou trois niveaux avec les fenêtres de lucarne.

Murspierre
brique
résidu industriel en gros oeuvre
moellon
pierre de taille
appareil mixte
Toittuile plate
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
appentis
toit en pavillon
croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en charpente
Typologiesmaison de type 4: maison pavillonnaire
États conservationsbon état
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Délibération du 19 janvier 1912.

    "(...) Il reste à ouvrir la rue d´après le plan d´alignement.

    Le conseil municipal a été consulté, il y a quelques semaines, sur les conditions dans lesquelles serait effectuée la démolition des bâtiments dont l´emplacement est nécessaire à la nouvelle voie.

    Mais à la séance où s´ouvrait la discussion, un membre du conseil demanda s´il ne serait pas possible, soit de conserver dans les parties des immeubles acquis, non comprises dans le tracé, dans le plan d´alignement approuvé de la rue nouvelle, un petit bâtiment dont le cachet archéologique méritait quelque attention, soit de sauver de la destruction, dans les parties d´immeubles fatalement destinées à la démolition, les tourelles, les pierres ouvragées, les croisées à meneaux qui ornaient les vieilles maisons du XVe siècle dont les matériaux allaient être brisés et enfouis dans les fondations ou dans des terrassements.

    Le conseil voulut bien ajourner sa décision et chargea la commission de l´Instruction publique et des Beaux-Arts de visiter ces bâtiments et de rechercher s´il y avait un moyen de concilier les exigences du plan d´alignement avec le désir de conservation des vieux souvenirs de l´art et de l´histoire locale.

    Une autre préoccupation se faisait jour.

    La rue projetée ne suivait pas dans son alignement, ni d´un côté ni de l´autre, la limite des bâtiments à démolir. Elle les coupait en diagonale, laissant à l´angle sud de la voie nouvelle et de la rue Martin-Bernard un triangle d´une soixantaine de mètres de surface, et de l´autre côté, au fond de la cour Kopp et Gros, un autre triangle de deux cents et quelques mètres.

    Le vaste bâtiment de l´Ecole allait être terminé en 1912 ; la rue serait ouverte, mais ouverte seulement. N´allait-elle pas pendant de longues années être défigurée, par les amorces des pans de murs démolis, par les clôtures ou les baraques provisoires, jusqu´à ce que la ville ait trouvé acquéreur des terrains inutiles, jusqu´à ce que des constructions aient été élevées. L´entrée de la rue allait donc laisser, après son ouverture, l´impression d´un travail suspendu, inachevé. La ville ne pouvait pas s´engager dans des dépenses de construction. La réfection, un moment projeté, d´une petite maison Renaissance restant en dehors de l´alignement eut entraîné beaucoup de frais. La ville n´avait pas pour cela des ressources suffisantes.

    Les difficultés semblaient s´accumuler, quand une proposition se produisit, qui conciliait tous les intérêts, respectueuse des susceptibilités artistiques et avantageuse pour les finances de la ville. Elle se présente dans des conditions exceptionnelles. Aussi la municipalité et votre commission vous demandent-elles de lui faire, comme elles l´ont fait elles-mêmes, l´accueil le plus empressé.

    M.M. Dubost père et fils, entrepreneurs, amenés, il y a quelques années déjà, dans la région, par les architectes des Monuments historiques, qui leur confient leur délicats travaux de reconstruction et de réparation, installés aux environs de Montbrison et qui doivent venir s´y fixer, car c´est un centre pour leurs travaux spéciaux, M.M. Dubost proposent au conseil :

    1° De démolir, en prenant à leur charge, tous les frais de démolition et de transport des matériaux qui deviennent leur propriété, les bâtiments qui doivent disparaître pour l´ouverture de la voie nouvelle ;

    2° De réserver dans les démolitions qu´ils feront avec le plus grand soin, tous les matériaux, intérieurs ou extérieurs, ayant un cachet artistique ou un intérêt archéologique ;

    3° D´acquérir, moyennant une somme de 5000 francs les deux triangles de 300 et quelques mètres de surface totale, délaissés par la rue, sur l´alignement qui leur sera donné, dès l´acceptation des présentes offres par Monsieur l´architecte-voyer.

    4° De construire sur un plan établi à leurs frais par M. Moreau, architecte des Monuments historiques, qui leur a promis son concours pour leur oeuvre de conservation artistique, de construire à l´angle sud de la nouvelle rue et de la rue Martin-Bernard, une maison, à pan coupé pour dégager l´accès des deux voies, dans laquelle seront utilisés, non seulement la belle tour du n° 28 de la rue Martin-Bernard, mais tous les matériaux ayant une valeur archéologique ;

    5° De construire sur l´autre délaissé, dans la cour de la maison Kopp un autre immeuble en pierres de taille ;

    6° De livrer la rue, avec ses constructions en bordure terminées, avant la fin 1912.

    Ainsi, en même temps que l´école serait occupée par les enfants de Montbrison, la rue qui y accèdera serait terminée et présenterait l´aspect d´une oeuvre complète et finie.

    La situation et la réputation de l´architecte, l´expérience des entrepreneurs, dont tous les membres du conseil connaissent l´habileté dans leur genre spécial et délicat de travail, sont les meilleurs garants d´une excellente direction et d´une exécution parfaite.

    Nous échapperons à l´accusation de vandalisme, qu´avec quelque raison auraient lancés contre nous les amateurs, de plus en plus nombreux et éclairés, de l´art ancien et des vieux logis. Et pour les passants, pour les enfants se rendant à l´école, la maison reconstituée du XVe siècle présentera la même leçon d´histoire, le même enseignement utile que la ville d´un musée.

    (...) Et pour sauver de la destruction et réunir tous ces spécimens de l´architecture du Moyen-Âge et de la Renaissance, il est incontestable que M.M. Dubost sont seuls à même d´exécuter le travail dans des conditions exigées. Il y a donc un très grand intérêt à traiter à l´amiable et le plus rapidement possible avec eux. (...) Messieurs Dubost François et ses deux fils majeurs Dubost Julien et Dubost Marcel, entrepreneurs, demeurant à Magneux Haute-Rive, Loire. (AD Loire. Série O 1069 : délibération du 19 janvier 1912).

  • Modification des alignements de la rue Martin Bernard du 13 juillet 1912.

    "Par pétition en date du 8 juin dernier MM Dubost, père et fils, propriétaires des délaissés provenant des immeubles que la ville a acquis pour l´ouverture de la nouvelle rue qui doit relier la place des Pénitents à la rue Martin Bernard, ont demandé l´alignement qu´ils doivent suivre pour construire la maison qu´ils se sont engagés a édifier, à l´intersection de la rue Martin Bernard et de la rue nouvelle sur l´un des délaissés que la ville leur a vendus (...)." (AD Loire. Série O 1069 : années 1907-1925, non classées).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série O 1069 : années 1907-1925, non classées. Délibération du 19 janvier 1912

  • AD Loire. Série O 1069 : années 1907-1925, non classées. Modification des alignements de la rue Martin Bernard du 13 juillet 1912

Documents figurés
  • Généralité de Lyon - Département de la Loire. Traversée de Montbrison pour la route de Lyon en Auvergne n° 8 en celle de Roanne en Languedoc n° 11. Encre, lavis. Approuvé à l'assemblée des Ponts et Chaussées conformément à la lettre de M de Cotte 1780. D'après l'état envoyé le 28 pluviôse an 6 [16 février 1798] par le Ministre de l'Intérieur pour l'établissement des barrières ; la classification de routes de ce département a été changée presque en entier. La route de Roanne en Languedoc n° 11 de l'itinéraire de la ci-devant Généralité de Lyon est partagée en deux routes dans le nouveau ; la 1ère de St Etienne à Montbrison 2e classe n° 2 et la 2me de Roanne à Montbrison 3e classe n°1. Et la route de Lyon en Auvergne n°8 de l'ancien itinéraire se trouve actuellement sous le n° 5 de la 2me classe et sous le nom de route de Clermont à Lyon par Ambert et Montbrison. À Montbrison le 23 nivôse an 7 [12 janvier 1799]. L'ingénieur en chef du département de la Loire. [signature illisible]. Nota. La route a été ouverte dans cette partie [.] de l'axe prolongée de la rue St Jean. C'est sans doute [.] d'après des projets approuvés depuis l'année 1780 V.S. [vieux style]. [.] ils ne sont pas à la disposition de l'ingénieur en chef [.] département de la Loire. (A. Diana, Montbrison : série C géo 143, feuilles A à O, photocopies)

  • Département de la Loire. Arrondissement de Montbrison. Canton de Montbrison. Commune de Montbrison. Parcellaire de 1809. Section E dite de la ville. Reboul, géomètre, Montbrison, 1809. Papier, encre brune, lavis bleu. Ech. 1/1250e. (AC Montbrison)

  • Plan des lieux. Extrait du plan des alignements et des nivellements approuvé par arrêté de M. Le Préfet de la Loire, en date du 27 juillet 1910. Terrain à Dubost père et fils. Papier, encre, lavis. "L'immeuble à aquérir est désigné par des hachures rouges." (AD Loire. Série O 1069 : années 1907-1925, non classées)

  • Extrait du plan des alignements approuvés par M. Le Préfet le 27 juillet 1910 indiquant par une teinte rose les délaissés à aliéner au droit de la rue à ouvrir entre la rue Martin-Bernard et le passage du Grand couvent. Dressé par l'architecte-voyer Larbret, Montbrison, le 16 janvier 1912. Papier, encre, lavis, éch 1/500e. (AD Loire. Série O 1069 : années 1907-1925, non classées)

  • [Ecole Pasteur, plan des lieux, vers 1910]. Dessin, papier, plume et lavis. "Nivellement-Les chiffres mis entre parenthèses indiquent les cotes des nivellements. Les chiffres noirs indiquent le relief du sol et les chiffres rouges les cotes des nivellements projetés. Le repère des nivellements est le seuil du portail de la remise du collège, mis à la cote (100,00)." (AD Loire. Série O 1069 : années 1907-1925, non classées)

  • MONTBRISON (Loire) - Entreprise J. Dubost. Carte postale. Cliché David, [1er quart 20e siècle] ; (Coll. Part., Montbrison)

Périodiques
  • FERRET, Francisque. Urbanisme et instruction à Montbrison au début du siècle. In Bulletin de la Diana, 1993, t. LIII, n° 6

    p. 323-357
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