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Moulin Chambaz dit Battoir de la Combaz

Dossier IA74001083 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2011

Fiche

Parties constituantes non étudiéeslogement
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Faverges
Hydrographiesle), Lac d'Annecy Torrent de l'Ire
AdresseCommune : Doussard
Lieu-dit : Chevaline Nord
Adresse : Chevaline Nord
Cadastre : 0A 9 2, 993, 232

Dès 1835, les membres de la famille Chambaz, cultivateurs habitant la paroisse de Chevaline souhaitent valoriser les terrains qu´ils possèdent aux abords du torrent de l´Ire. Ainsi, M. Joseph Chambaz se propose de construire une scie à marbre au lieu de la Combaz sur un champ bordant l´Ire en rive gauche. Il souhaite ajouter au bâtiment de la scie à marbre une dérivation de vingt toises pour mettre en mouvement les rouages nécessaires. Le bâtiment prévu devait être construit en rive droite du ruisseau de la Chamossière à quelques mètres du torrent de l´Ire, à l´emplacement du petit pont qui va permettre à partir de 1863 d´accéder au battoir à blé que cette famille construira par la suite. Mme Chambaz Clémentine, propriétaire de ces terrains, effectue une nouvelle demande pour obtenir l´autorisation d´établir un battoir à blé, juste en face du hameau d´Armand situé en rive droite de l´Ire sur la commune de Doussard. Très vite, elle se heurte au refus de M. Jacques Marin Domange-Chenal. Ce dernier a acheté le 1er août 1862 un terrain au nord du hameau d´Armand avec la possibilité d´y établir un artifice et de dériver les eaux de l´Ire. Par une pétition du 20 mars 1863, il demande l´autorisation de construire un artifice au nord du hameau d´Armand. L´ingénieur qui instruit la demande explique dans plusieurs rapports que le projet de Mme Chambaz est prioritaire. Cette dernière refuse la construction de cette dérivation car le barrage se trouverait dans l´axe du battoir. Les risques de crues ne sont pas à négliger, de plus la force hydraulique déjà captée par le futur battoir Chambaz diminuera en conséquence le débit du torrent de l´Ire, la construction d´un artifice n´est donc pas justifiée. Mme Chambaz Marie Clémentine demande une prorogation des trois mois de l´arrêté préfectoral du 9 juillet 1863, qui l´a autorisée à établir une usine à battre le blé sur la rivière de l´Ire dans la commune de Chevaline. Elle souhaite construire cette dérivation dans un champ qu´elle possède en bordure de la rivière au lieu de la Combaz (la Combe). Le projet prévoit en 1862, la construction d´un battoir à blé alimenté par un bief de 120 mètres situé en rive gauche du torrent de l´Ire. Le barrage doit s´appuyer sur la propriété des taillandiers Bertholio qui possèdent en aval une forge, à la sortie du canal de fuite de cet artifice. En 2012, il reste quelques rondins de bois de l´ancien barrage fixe qui alimentait la dérivation du battoir. Ce seuil se trouve aux pieds de la remise de l´ancienne taillanderie Bertholio située en aval. Le bâtiment du battoir semble désaffecté alors que la maison du meunier est toujours habitée.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1863

Historiquement, il existe deux dérivations en aval du battoir à blé Chambaz. Le torrent de l´Ire au droit de cette propriété sépare la commune de Chevaline (rive gauche) et de Doussard (rive droite). En amont, les anciennes usines de la famille Bertholio frères sont situées sur la commune de Doussard. L´usine en aval est l´ancienne scierie de M. Durrand Jean-Claude, (détruite dans la seconde moitié du XXème siècle). Le seuil du barrage qui alimentait cet artifice se trouve au pied de la remise de la forge Bertholio, soit à 183 mètres en amont du bâtiment du battoir. L´ancien bief a été progressivement comblé et n´est plus visible. Située à la confluence du torrent de l´Ire et du ruisseau de la Chamossière, la propriété complète les champs descendant en direction du torrent à l´ouest. En fait, les bâtiments prolongent le hameau d´Armand à l´ouest. Le chemin de Chevaline à Armand permet d´accéder à la propriété, il suffit de passer le petit pont qui en enjambe le ruisseau de la Chamossière. Un petit chemin intérieur longeant des potagers ouvre sur une cour. Cette cour est encadrée au nord par l´ancienne maison du meunier et au sud par le bâtiment du battoir. De plan carré la maison du meunier dispose d´un rez-de-chaussée, d´un étage et d´un étage sous combles. Les travées aménagées sur les façades antérieures et postérieures apportent une lumière constante aux pièces intérieures de la maison. Un soin particulier a été apporté aux encadrements de fenêtre, réalisés en brique. On retrouve la même harmonie sur le bâtiment du battoir. De plan carré, ce bâtiment se compose d´un rez-de-chaussée, d´un étage et d´un étage sous combles. Le rez-de-chaussée dispose d´une hauteur sous charpente conséquente, si bien qu´une partie du bâtiment est aménagée en garage. Les ouvertures n´y sont pas fréquentes. A l´étage, les travées qui agrémentent les façades sont plus conséquentes. Là aussi le souci du détail, a poussé les architectes de cet édifice à utiliser la brique pour l´encadrement de fenêtres et à laisse la pierre apparente pour marquer les chaînages d´angle. Protégé par un toit à deux pans, chaque mur pignon laisse entrevoir les cloisons en bois du grenier. Ces cloisons, aménagées de façon ingénieuse forment de chaque côté, un abat vent permettant la conservation du blé.

Murspierre
bois
brique
enduit
Toittuile plate mécanique
Plansplan régulier
Étages3 étages carrés
Couverturestoit à deux pans
Énergiesénergie hydraulique

Les bâtiments sont relativement bien préservés et offrent une lecture intéressante en périphérie du hameau Armand se trouvant sur l'autre rive de l'Ire, dans la commune voisine de Doussard. Si la dérivation d'eau a disparu, ce site n'en demeure pas moins appréciable car il constitue un témoignage important de l'activité artisanale aux abords de cette rivière. Ce site est intégré dans une chaîne d'artifices qui jalonnent les communes de Chevaline et Doussard.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 6 S 44, Prise d'eau sur le ruisseau du Grand Pré pour servir au fonctionnement d'une scierie à bois de M. Chambaz Jospeh. 1861

  • AD Haute-Savoie : 6 S 44, Barrage et prise d'eau sur le torrent de l'Ire pour servir au fonctionnement d'une usine à battre le blé au lieu dit la Combaz de Mme Chambaz Clémentine. 1863

  • AD Haute-Savoie : 6 S 44, Prise d'eau dans le ruisseau du Pré-Grenet sur la commune de Chevaline pour l'alimentation d'un basssin à usage domestique près de la maison de M. Gens Jean-François située sur la commune de Doussard. 1886

Documents figurés
  • Cadastre 2011, Conseil général de la Haute-Savoie/ Direction des Affaires Culturelles/ SIG/ BDORTHO® - BDCARTO® - © IGN - copie et reproduction interditesPlan

    CAH Haute-Savoie
Bibliographie
  • TISSOT R. La houille blanche à Faverges. In Bulletin d'Histoire et d'Archéologie, Les Amis de Viuz Faverges. Lyon : CCF, 1973, n°14, 4ème trimestre, 37 p.

    p. 27
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Assemblée des Pays de Savoie © Assemblée des Pays de Savoie - Mahfoudi Samir