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Moulin Chez Gorrez dit moulin Gorrez

Dossier IA74000974 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

L´établissement de ces artifices en 1846 suivant leur position topographique présente de grands avantages pour une partie des habitants de la paroisse et des communes voisines. Les eaux du torrent la Fillière dans le lieu de leur dérivation parviennent dans leurs crues extraordinaires pour alimenter la prise d´eau. A cette époque le barrage se compose d´un simple épi en fascinage chargé de cailloux, un système rudimentaire qui alimente le bief.

En visite sur les lieux, l´inspecteur explique que le système rudimentaire de la prise d´eau n´est pas adapté aux mécanismes des roues bien trop puissantes. Ordinairement la saison de la fonte des neiges détruit complètement le barrage, ce qui pousse régulièrement les propriétaires des artifices à reconstruire ce dernier indéfiniment. Au milieu du XIXème siècle, le moulin peut moudre annuellement, plus de 1000 coupes de grains pour assurer l´approvisionnement local. Suivant l´usage du pays, la rétribution annuelle du meunier est de l´ordre de 1/20ème des matières à moudre. Les meules du moulin broient essentiellement du blé, du froment, du seigle, de l´orge, des vesces, de l´avoine et du blé Sarrazin.

Si la scierie le bief ont disparu, le site présente la particularité de comporter un ancien moulin désaffecté, resté intact depuis la fermeture de l´établissement. Située aux marges des zones pavillonnaires qui se développe le long de l´axe Est-Ouest de la route des Glières, le bourg composé des parties constituantes du Moulin reste relativement préservé. Situé dans un écrin de verdure qui a gardé son caractère agricole, la plate-forme du moulin offre des cônes de vue intéressants et à préserver côté Fillière. Véritable belvédère, les terrasses de l´ancienne exploitation assure la transition entre une zone agricole et un territoire naturel. Le pont constitue un point d´appui important entre les deux rives. Le bâtiment du moulin reste relativement bien préservé car n´ayant subi aucunes modifications depuis la fermeture de l´établissement. Il est à noter qu´une partie des équipements du moulin sont toujours à l´intérieur de la propriété. La maison du meunier a subi quelques modifications afin d´adapter le logement aux normes de conforts actuelles.

Parties constituantes non étudiéesbief de dérivation, maison, barrage, remise
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Thorens-Glières
Hydrographiesla), Fier Supérieur Fillière
AdresseCommune : Thorens-Glières
Lieu-dit : chez Gorrez
Adresse : 172 chemin de
Chez Gorrez
Cadastre : 0I 8 2, 799, 798, 797, 1175, 801, 796, 795, 794, 793, 1176

En annexant les provinces de Savoie à l´empire français, Napoléon Bonaparte souhaite encourager l´industrie, le commerce et l´agriculture afin de soutenir l´effort de guerre. Profitant des nouveaux dispositifs mis en place par la République française qui souhaite stimuler le ravitaillement en blé pour ses armées, M. Jean Gorrez décide de construire deux moulins et une scierie sur la rive droite de la Fillière. Par un titre royal de 1841, M. Rey Gorrez est autorisé par le pouvoir provincial de conserver l´activité de son moulin situé rive gauche de la Fillière à 1 500 m an aval du barrage des moulins Bévillard. Le domaine se compose de plusieurs terres, d´un bief, d´une prise d´eau dont les droits concédés sont anciens, ainsi que d´une scierie et d´un moulin. M. Gorrez soumet une nouvelle demande en 1846 afin d´avoir une nouvelle dérivation d´eau sur le torrent de la Fillière. L´artifice du moulin se compose de quatre roues hydrauliques, mises en mouvement par les eaux du bief. Trois roues ont un diamètre de 2m80 et font tourner chacune une meule. Une des roues actionne aussi le système du tamis alors que les deux autres actionnent aussi un tamis en toile pour la séparation du son avec la farine. La quatrième roue d´un diamètre de 1m40 fait agir une scie à bois. En 1866, M. Rey Gorrez Jean Marie s´oppose à plusieurs reprises à la famille Bévillard qui souhaite reconstruire sa prise d´eau en amont de ces artifices, ces querelles entre les deux familles remonte au début du XIXème siècle.En 1906, la puissance disponible des moteurs hydrauliques du moulin de l´établissement Rey Gorrez, Amicet Parfait est estimée à 4CV. La hauteur de 3m20 assure un débit de 120 litres par seconde.

Remploi
Période(s)Principale : 1er quart 17e siècle
Dates1730, daté par source

Le torrent de la Fillière descend des versants qui dominent la vallée de Thorens pour traverser les communes de Groisy, Charvonnex et Saint-Martin et se jeter dans la rivière du Fier au lieu d´Onnex dans la commune de Villaz. Depuis sa source jusqu´au hameau de Chez Gorrez, la dérivation des Moulins Bevillard et le barrage du martinet constituent les deux seules prises d´eau longeant la rivière dans la commune de Thorens-les-Glières. La dérivation des moulins Chez Gorrez serpentait un talus qui domine la rive droite du torrent de la Fillière. Située à environ 400 mètres en amont des édifices, l´ancienne chute d´eau qui alimentait le bief se trouvait alors à 10 mètres en aval du pont Chez Milliard. Plusieurs travaux d´endiguement réalisés dans la seconde moitié du XXème siècle ont consolidé des berges mais n´ont pas assuré le maintien de cette prise d´eau qui a disparu. Situé en contrebas de la départementale : route de la Fillière, véritable épine dorsale des hameaux du secteur, l´ancien moulin Gorrez se trouve à proximité de la Minoterie Courageoud. Fondée en 1926 par un des frères Courageoud qui occupait alors du moulin Dolay dans la commune de Groisy, ce nouvel établissement est à l´origine du déclin du moulin beaucoup moins performant. Le chemin vicinal Chez Gorrez et la route de la Fillière assurent un lien avec la route départementale. Les différents édifices du moulin forment alors un petit hameau autour d´une cour interne desservie au Nord par les deux chemins vicinaux et connecté à l´autre rive de la Fillière par un pont en bois avec des massifs en maçonnerie. Situé sur une terrasse en contrebas de la route départementale, la propriété ouvre directement sur un édifice de plans carré. Composé de lattes de bois, cette dépendance s´appuie sur le dénivelé du chemin communal qui dessine alors une courbe qui donne sur la cour. Convergeant en direction du pont, la grange et l´ancienne maison du meunier ferme cet espace en direction du torrent. Cet étranglement conduit sur un seconde cour située sur un belvédère qui surplombe la rivière. Si la grange est de conception récente, la maison du meunier a subi quelques transformations. Une extension prolonge le bâtiment. Un des moulins a été détruit mais il reste un second édifice qui s´appuie sur l´aqueduc de l´ancien bief. De plan carré, ce bâtiment se compose d´un rez de chaussé, d´un étage et d´un étage sous comble. L´un des murs goutes est desservi par une rampe d´escalier en bois qui conduit à l´étage. Le mur pignon qui soutenait la roue ne comporte aucune baie contrairement au pignon sud-est qui comporte deux travées.

Mursmeulière
pierre
bois
enduit
Toittuile plate, tuile mécanique, ardoise
Plansplan régulier
Étages2 étages carrés, sous-sol
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsbois de jardin
États conservationsdésaffecté, remanié

L'ensemble se trouve dans une zone NC. Un des deux moulins et la scierie ne sont plus en activité en 2010 et le bief ainsi que le barrage ont disparu. Il reste une partie du canal de fuite adossé au bâtiment du moulin et l´ancien pont du moulin.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 3P3/8690, Tableau d´assemblage du cadastre de la commune de Thorens-les-Glières. 1913

  • AD Haute-Savoie : 3P3/8790, Section I, secteur Laffin : Feuille n°9 du cadastre de Thorens-les-Gières. 1913

  • AD Haute-Savoie : 8 FS 150 , Demande en autorisation pour l´établissement d´un moulin. 1806

Bibliographie
  • MARREZ, Bernard. Région Rhône-Aples, Les guides du XXème siècle, Edition l´Equerre. 1982

    440 p.
  • MARRIOTTE, J.Y., BAUD, Henri, CHALLAMEL, J.B., GUERRIER, Alain. L´Histoire des communes savoyardes, TOME III : Le Genevois et Lac d´Annecy. Montélian: Fontaine de Siloé, 1976

  • ROUSSY DE SALES, Jean François. Historique du château de Thorens. Annecy : J.F. de Roussy de Sales, 1979.

  • TOMASINI Philippe, Thorens, sans rien perdre de son charme et de sa tranquillité a su sortir de son engouement. 1974

  • Thorens-Les Itinéraires touristiques, Grenoble : Autum Imprimerie régionale, 1933

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