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Présentation du Parc naturel régional du Massif des Bauges

Dossier IA00141277 réalisé en 2009

Par une convention de partenariat, la région Rhône-Alpes (Service régional de l'inventaire) et le Parc Naturel régional du Massif des Bauges ont décidé de lancer un inventaire topographique de l'ensemble du patrimoine bâti du parc. L'enjeu de cet inventaire est d'acquérir une connaissance précise du patrimoine architectural du massif, tant en termes de situation que de nature ou de mode de construction. Cette connaissance permettra au parc de répondre de façon pertinente et efficace aux sollicitations extérieures et de mieux définir sa stratégie en matière de préservation et de valorisation du patrimoine.

Après un récolement documentaire, un recensement des édifices, édicules et ensembles bâtis est effectué. Chaque fiche d'identité est accompagnée de photographies et du plan de localisation sur le cadastre numérisé. L'étude ne prend pas en compte les objets mobiliers. Le territoire a été découpé en six territoires (Coeur des Bauges, Pays de Faverges et du Laudon, Hauts de l'Albanais, Plateau de la Leysse, Combe de Savoie et Haute-Combe) présentant chacun une cohérence géographique, historique et paysagère.

Le massif des Bauges est un massif de moyenne montagne situé dans les préalpes du nord. Il est clairement délimité par la Combe de Savoie à l'est, le lac du Bourget à l'ouest, le lac d'Annecy au nord et la cluse de Chambéry au sud. A l'mage de ses voisins tels que les Bornes ou la Chartreuse c'est un massif où dominent les prairies, les forêts et les falaises calcaires. Toutefois, du fait de l'étagement important du territoire (entre 250 et 2217 mètres d'altitude) et des nombreuses expositions, cette unité apparente cache une grande diversité biologique qui se traduit également dans les mises en cultures et les structurations de l'habitat.

Ainsi, le cœur du massif, domaine de prédilection de production de l'A.O.C. Tome des Bauges, se caractérise par les alpages et les paysages de prairies propres à l'élevage bovin laitier. Les vignes de Fréterive à Chignin au sud de la Combe de Savoie constituent une des principales aire de production de l'A.O.C. vins de Savoie avec les crus Arbin, Montmélian, Chignin, Chignin-Bergeron, Saint-Jean-de-la-Porte et Cruet tandis que de Cléry à Pallud, les paysages de la Haute-Combe sont marqués par les vergers de l'I.G.P. pommes et poires de Savoie. Au nord, à l'ouest et au sud du massif, les paysages sont plus complexes et témoignent de structurations économiques différentes. Sur les rives du lac d'Annecy, l'agriculture aujourd'hui essentiellement laitière (AOC Reblochon), entretient encore un paysage pastoral imbriqué dans une aire fortement urbanisée et tournée vers le tourisme d'été; par endroits sont conservés quelques vergers, châtaigneraies et pieds de vigne, témoins de la polyculture autrefois dominante. Dans l'Albanais, les prés-vergers qui recouvrent des collines de mollasse parsemées de villages et entaillées de cours d'eau, forment un paysage riant et vert, tandis que le Plateau de Leysse, en balcon sur l'agglomération chambérienne, profite de son exposition au sud pour parsemer de vergers et de vignes ses pâturages à l'ambiance montagnarde.

Aires d'étudesParc naturel régional du Massif des Bauges

Annexes

  • Cadre méthodologique et phases de l'opération

    Cadre méthodologique

    Le cadre méthodologique général de ce programme est défini par les textes de la circulaire ministérielle 2001/016 du 20 juin 2001, relative aux modalités de conduite de l'Inventaire général.

    L'approche scientifique majeure de l'Inventaire est territoriale et sa finanlité documentaire est l'alimentation des bases nationales (Mérimée, Palissy et mémoire) ou régionales. Les outils et les normes majeurs de ce travail sont définis par les thésaurus, les systèmes descriptifs fixant la structure des bases de données et les règles de rédaction du contenu des champs qui font in fine l'objet de contrôles formels automatisés, les formats de données, textes, cartographie et images numériques, la structuration d'ensemble de la documentation élaborée dans des dossiers numériques.

    Chaque édifice recensé ou étudié, en vertu de l'intérêt de son architecture ou de son histoire, fait l'objet d'une fiche comprenant au minimum une identification de l'édifice, une description, une datation, un état de conservation, le type de propriété, une illustration et une localisation par géoréférencement.

    L'inventaire ne prend en compte le patrimoine ethnologique et naturel que dans la mesure où il informe le bâti.

    Description des phases de l'opération d'inventaire

    1. Bilan des connaissances déjà acquises par le parc et numérisation éventuelle de ces données.

    2. Recherches documentaires: bibliographie, archives publiques et privées, iconographie etc.

    3. Superposition des fonds cartographiques.

    4. Enquête de terrain : enquête orale, description et analyse des bâtiments, prises de vues photographiques...

    5. Traitement des données.

    6. Restitution, diffusion et valorisation des données.

    7. Conservation des données.

  • Cadre historique

    Cadre historique du Massif des Bauges

    Quelques sites comme la grotte de Banges à Allèves, le trou de la Féclaz à Saint-Jean-d'Arvey, ou des vestiges retrouvés à Sévrier, Saint-Jorioz ou Francin témoignent de foyers de peuplement à partir du Paléolithique supérieur et tout au long du Néolithique. Les peintures rupestres du mont Peney à Saint-Jean-d'Arvey sont toutefois les seuls éléments significatifs pour le grand public témoignant de ces périodes.

    De nombreux villages palafittes ont été étudiées par le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (D.R.A.S.S.M.) à Sévrier, Saint-Jorioz, Duingt et Doussard. Le nombre et la taille de sites retrouvés comparés à ceux des périodes précédentes, attestent une plus grande occupation du territoire à partir de l'âge du Bronze, tandis que des vestiges, retrouvés à Allèves et Thénésol, témoignent d'une colonisation allant au-delà des rives lacustres.

    Si quelques découvertes fortuites au Châtelard et à Sainte-Reine démontrent la présence de populations à l'âge du Fer dans le massif, les nombreuses découvertes sur son pourtour (Faverges, Doussard, Cruet) et surtout les fameux tumuli de Gruffy laissent supposer que les populations des civilisations de Hallstatt et de La Tène (Gaulois) occupaient surtout les piedmonts.

    Les agglomérations romaines, généralement situées sur les grands axes routiers, se trouvent logiquement autour du massif, comme en témoignent les vestiges mis au jour à Annecy, Albens, Aix-les-Bains, Chambéry, Châteauneuf et Gilly-sur-Isère. Seul le site de Viuz à Faverges, sur la route reliant Genève à Milan, se trouve sur le territoire du parc. Comme pour la période précedente, les villae du Thovey à Faverges et de Mérande à Arbin, ou les inscriptions retrouvées à Sévrier, Duingt, Saint-Jean-de-la-Porte, Grésy-sur-Isère, Allondaz ou Gruffy plaident pour une occupation plus importante sur les piedmonts. L'occupation du cœur du massif est cependant attestée par des vestiges de constructions à La Motte-en-Bauges et Saint-François-de-Sales, ou des découvertes fortuites de monnaies et d'une statuette à Arith, Bellecombe-en-Bauges, Jarsy et Le Châtelard.

    Seules quelques nécropoles retrouvées à Lathuille, Lescheraines, Viuz-la-Chiesaz, Saint-Offenge-Dessous ou Thoiry permettent de comprendre l'histoire du massif au cours du haut moyen âge. Quelques églises comme celles de Viuz-Faverges et de Grésy-sur-Isère succèdent à des temples gallo-romains et perdurent à travers les siècles témoignant ainsi de la pérennité de certains sites depuis l'époque gallo-romaine. Beaucoup de villages comme Doussard ou Sévrier sités pour la première fois aux IXe-Xe s semblent apparaître au cours du haut moyen âge.

    A la mort de Rodolphe III en 1032, le royaume de Bourgogne, dont fait partie l'ensemble des Pays de Savoie, intègre le Saint-Empire-Romain-Germanique. Devant la faiblesse du pouvoir central, encore plus patente que sous le règne des Rodolphiens, les seigneurs locaux affirment leur puissance.

    Lorsque se développent les grandes principautés alpines autour de l'an mil, le Massif des Bauges est divisé en deux par les comtés de Genève et de Savoie. Le Châtelard, Montmélian, Cusy, Faverges, Duingt et Miolans deviennent des chefs-lieux de châtellenie, tandis que prospèrent une foule de petits seigneurs locaux. Les quatre premiers bourgs reçoivent par ailleurs des chartes de franchises.

    L'installation des bénédictins à Bellevaux (1091), des cisterciens à Tamié (1132) et des chartreux à Aillon (1170) marque durablement le territoire. Majoritairement contrôlés par les moines, les alpages constituent durant tout le moyen âge la principale richesse des Bauges, et les conflits qui opposent les villageois aux moines, ou les monastères entre eux à propos de ces prairies d'altitudes, rythment le passé bauju. Le mur de pierres dressé au milieu des alpages de l'Arclusaz serait ainsi la séparation entre les alpages du prieuré de Bellevaux et ceux de l'abbaye du Betton. Les moines donnent également une première cohérence au massif en exploitant les terres des versants externes comme les vignobles de la Combe de Savoie.

    Ce sont encore les moines qui développent la métallurgie dans les Bauges à partir du XVIIIe s, en favorisant l'exploitation des mines de fer de la Sambuy et plus généralement en important du minerai de Maurienne par les col du Frêne et de La Sciaz. Si la Révolution française met un terme à la prédominance monastique, l'activité métallurgique continue jusqu'au milieu du XIXe s. par le biais des nombreuses clouteries artisanales qui fournissent un revenu complémentaire aux paysans, tout comme la production de bois tourné à Saint-François-de-Sales ou l'activité de hongreur à Arith.

    Au XIXe s., le développement des soieries fondées à Faverges par Jean-Pierre Duport fait de la ville le deuxième pôle manufacturier du duché de Savoie et amorce une longue histoire industrielle dont les entreprises Staübli et S.T. Dupont sont aujourd'hui les héritières.

    Le rattachement de la Savoie à la France, en 1860, engendre l'effondrement de l'activité métallurgique qui ne peut faire face à la concurrence lorraine, mais les grands travaux d'aménagement qui commencent sous le "Buon Governo" sarde, tels que l'endiguement de l'Isère, la construction de la route du col du Frêne, des voies ferrées ou de la place forte d'Albertville, permettent à la main d'œuvre locale de trouver un emploi.

    A la fin du XIXe et au début du XXe s. le massif s'ouvre au tourisme d'été avec la création d'hôtels de luxe sur les bords du lac, comme l'hôtel Beau-Rivage à Sévrier, et au tourisme d'hiver avec la création, pour la clientèle d'Aix-les-Bains, d'une des premières stations de ski sur le mont Revard.

Références documentaires

Bibliographie
  • Les Bauges. Entre lacs et Isère. Actes des premières Rencontres sur l’histoire et le patrimoine du massif des Bauges. 24 et 25 avril 2004, organisées par la Société savoisienne d’histoire et d’archéologie et le Parc naturel régional du Massif des Bauges. GUERIN, Jean-Paul (dir.). Chambéry : Société savoisienne d’histoire et d’archéologie ; Clamecy : Nouvelle Imprimerie Laballery (Mémoires et documents, t. CVII).

  • MORAND, Laurent. Les Bauges : histoire et documents. Vol. I. Seigneurs et nobles laïques. Chambéry : Imprimerie savoisienne, 1889.

  • MORAND, Laurent. Les Bauges : histoire et documents. Vol. II : Seigneurs ecclésiastiques. Chambéry : Imprimerie savoisienne, 1890.

  • MORAND, Laurent. Les Bauges : histoire et documents. Vol. III : Peuple et clergé. Chambéry : Imprimerie savoisienne, 1891.

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