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Quartier de Mémard

Dossier IA73001415 inclus dans Secteur urbain de la baie de Mémard réalisé en 2006

Fiche

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AppellationsMémard
Dénominationsquartier
Aire d'étude et cantonBaie de Mémard
AdresseCommune : Aix-les-Bains
Lieu-dit : Baie de Mémard

Les premières découvertes dans le lac du Bourget, eurent lieu en 1856. Au cours des travaux réalisés pour la construction de la ligne de chemin de fer reliant Chambéry à Culoz, des pieux et divers objets antiques furent repérés. L'exploration systématique des rives du lac entreprise alors, révéla l'existence de sept sites, dont celui de Mémard sur la commune d´Aix-les-Bains. A partir des années 1950, des fouilles approfondies confrontées aux études géologiques, confirmèrent la présence de stations du littoral, construites au bord du lac à une époque où le niveau des eaux était beaucoup plus bas que de nos jours. Dans la baie de Mémard, située au nord-ouest d´Aix-les-Bains, plusieurs sites archéologiques ont été repérés successivement : Mémard I et Mémard I bis, au sud de la beine, sont des stations importantes (environ 358 m de long pour près de 99 m de large) datées de la période du Néolithique récent / final (- 2595 ; - 2529). Dans le secteur, une pirogue monoxyle, découverte en 1980, a été datée au carbone 14 d'environ 2 000 avant J.-C. Mémard II, plus au nord, placé non loin de la rupture de pente de la beine vers les profondeurs du lac, est daté de la fin de l'âge de Bronze, (environ 750 av. J.-C). Dans le site du Grand Port, plus au sud de la baie, des recherches entreprises en 1992 ont permis de repérer deux concentrations de pieux, l'une datée au carbone 14 de l'époque du Bronze final, entre 1050 et 850 avant J.-C., et l'autre entre 430 et 943 de notre ère. Sur le site de la Culaz, une reconnaissance de la beine effectuée en 1993, au large de l'usine de pompage de Mémard, à l'occasion de son projet d'extension, a mis au jour une zone de pieux ; l'un d'eux, analysé au carbone 14, situe le gisement à l'époque du Bronze final, vers 690 av. J.-C.

Période(s)Principale : Néolithique récent
Principale : Chalcolithique
Principale : Age du bronze

La baie de Mémard située au nord-ouest d´Aix-les-Bains, est abritée des vents du nord par la Pointe de l´Ardre, sur la commune de Brison Saint Innocent, et reçoit un bon ensoleillement face au couchant. De plus, elle est abritée par la colline de Corsuet, au nord-est, et sa rive a été enrichie par les abondantes alluvions du Sierroz, torrent prenant sa source au Revard qui domine Aix-les-Bains et terminant autrefois sa course dans le lac, avant d'être endigué, par un large delta marécageux. La beine, nom scientifique qui désigne la plage qui borde les lacs, est ici assez importante et plusieurs sites archéologiques y ont été repérés successivement : Mémard I et Mémard I bis, au sud de la beine, sont des stations importantes d'environ 358 m de long sur près de 99 m de large. Le gisement, actuellement immergé sous 2,30 à 3,50 m d'eau, occupe une surface d'environ 35 000 m² et comporte deux ensembles de pieux formant palissade : la première est constituée de 82 éléments relativement alignés sur 43 m ; la seconde, composée de 352 éléments, semble un enclos semi-circulaire, d'une longueur de 130 m. . Mémard II, plus au nord, placé non loin de la rupture de pente de la beine vers les profondeurs du lac, est une station moins développée que la précédente ; immergée sous 4,50 à 6,50 m d'eau, elle occupe une surface d'environ 4 400 m² . Un ensemble de pieux évoque des structures d'habitat, une autre palissade, longue de 140 m et composée de plus de 850 pieux, forme une sorte de protection entourant les cabanes côté rives, et empêchant l´approche éventuelle de prédateurs. Le site du Grand Port, plus au sud de la baie de Mémard, présente deux concentrations de pieux de petite taille, dispersés sous 4 à 6 m d'eau sans organisation précise. II est difficile de préciser leur destination. Le site de la Culaz, au large de l'usine de pompage de Mémard comporte une zone de pieux à 250 m du rivage ; 90 éléments ont été comptabilisés.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • ANNEXE 1

    Histoire des découvertes sur le site de Mémard, par Elisabeth André

    Durant l'hiver 1853-54, le niveau des lacs suisses avait beaucoup baissé en raison d'un temps particulièrement froid et sec. On découvrit alors de nombreux vestiges antiques (pieux, céramiques, objets divers), à une certaine distance du bord habituel et le mythe des «cités lacustres», construites sur pilotis et éloignées de la rive, prit rapidement naissance.

    Dans le lac du Bourget, les premières découvertes eurent lieu en 1856, à l'occasion de la mise en place de la ligne de chemin de fer reliant Chambéry à Culoz : au niveau de la baie de Grésine, au nord d'Aix-les-Bains, le chemin de fer utilise une digue construite spécialement, à distance du bord du lac. Au cours de ces travaux, des pieux et divers objets antiques furent repérés par l'ingénieur responsable, M. Buvelot. Sous la direction de Laurent Rabut, de la Société Savoisienne d'Histoire et d´Archéologie de Chambéry, les rives du lac furent alors explorées, depuis les barques, en utilisant différents outils spécialement conçus pour «racler» le fond. Sept sites, dont celui de Mémard sur la commune d´Aix-les-Bains, furent ainsi révélés au grand public et quelque peu saccagés par des manoeuvres qui ne s'apparentaient pas vraiment aux méthodes minutieuses actuelles (mais les outils n'étaient pas les mêmes).

    A partir des années 1950, les techniques de plongée autonome se développant, il fut plus facile d'aller se rendre compte de ce qu'il y avait sous l'eau. C'est Raymond Laurent, un ingénieur lyonnais, qui entreprit le premier des fouilles approfondies, d'abord des sites repérés par L. Rabut, puis des rives du lac susceptibles d'avoir servi de lieu d'habitat. En confrontant ses propres remarques aux études géologiques, il confirma alors la présence de «stations du littoral», construites au bord du lac à une époque où, le climat étant plus sec, le niveau des eaux était beaucoup plus bas que de nos jours.

    Depuis, les recherches se sont développées. Le matériel s'est encore perfectionné et l'aide des laboratoires spécialisés a permis d'affiner les résultats des analyses des vestiges mais aussi des couches de sédiments. La plus ancienne installation humaine sur les bords du lac, à Hautecombe, découverte en 1987 par Raymond Castel (élève de Raymond Laurent et créateur du Centre d'Archéologie Lacustre d´Aix en Savoie, ou C.A.L.A.S, en 1980), est datée du Néolithique moyen (- 3 842).

Références documentaires

Bibliographie
  • BOCQUET, Aîmé. Néolithique et Age des métaux dans les Alpes françaises. 9e congrès de l'Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Prothohistoriques : livret-guide de l'excursion A 9. In CONGRES INTERNATIONAL DE L'U.I.S.P.P. (9 ; 1976 ; Nice). Dir. Bocquet, Aimé ; Dir. Lagrand, Charles. Nice : Université de Nice, 1976. 215 p.

    p. 139-145
  • BOCQUET, Aîmé. Aix-les-Bains, le Grand-Port. Bilan scientifique régional Rhône-Alpes, Paris : DAPA ; Lyon : DRAC, 1992

    p. 128
  • BOCQUET, Aîmé. La Préhistoire. In : LEGUAY J.-P. dir. Histoire de la Savoie des origines à l'an mil. Rennes : Ouest-France, 1993, chap. I, IV

    p. 53-122
  • BOCQUET, Aîmé, LAURENT, R. Les stations des lacs alpins. In CONGRES INTERNATIONAL DE L'U.I.S.P.P. (9 ; 1976 ; Nice). Dir. Bocquet, Aimé ; Dir. Lagrand, Charles. Nice : Université de Nice, 1976

    p. 140, 143
  • CASTEL, R. dir. Le lac du Bourget. 50 ans de recherches archéologiques 5000 ans d'histoire. Montmélian : C.A.L.A.S. ; La fontaine de Siloé, 2004. 255 p. : ill. ; 30 cm.

  • MARGUET, A. Aix-les-Bains, la Culaz. Bilan scientifique régional Rhône-Alpes, Paris : DAPA, Lyon : DRAC, 1993

    p. 163-164
  • Note sur l'étude d'impact sur le patrimoine archéologique lacustre du lac du Bourget dans le cadre du P.O.S. du groupement d'urbanisme. CNRAS, 4 mai 1982, 4 p., 1 carte (Réf. 82-258)

  • RABUT, L. Habitations lacustres de la Savoie. Mémoires et documents, Chambéry : Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, t. VIII

    p. 96
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