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Secteur urbain concerté dit Distribution de la presqu'île Perrache

Dossier IA69000815 inclus dans Secteur urbain dit Presqu'île Perrache, puis Derrière les voûtes réalisé en 2001

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

I. HISTORIQUE

Les textes de la 1ère moitié du XIXe siècle distinguent le quartier neuf, au nord de l´actuel cours de Verdun, et la presqu´île Perrache au sud.

A partir de 1824, les consultations se multiplient entre la Ville et le gouvernement au sujet de l´utilisation des terrains de la presqu´île. Le maire dresse la liste des établissements à y établir devant le conseil municipal : une école royale d´artillerie, avec arsenal, atelier de charronnage et fonderie de canons ; une caserne de cavalerie et un champ de manœuvres ; une prison civile ; les abattoirs publics (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 6, séance du 4 juin 1824, p. 155). Le ministère de la guerre souhaite installer l´arsenal dans le quartier neuf de Perrache ; le conseil municipal s´y oppose car les îlots choisis sont déjà construits. En revanche, il reste favorable aux installations dans la presqu´île (casernes de cavalerie, d´artillerie à cheval et à pied, magasin à fourrages, champ de manœuvre de 600 m de long sur 300 de large, magasin à poudre isolé au centre), sous réserve que cela ne gêne pas les constructions civiles projetées (prison, abattoir, entrepôt des vins et autres liquides, manège, moulins à vapeur) (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 6, séance du 27 août 1824, p. 232). Un plan non daté présente ce projet d´aménagement de la presqu´île en deux parties : la partie nord offre un plan quadrillé autour d´une place centrale rectangulaire (îlots destinés à l´habitat ?), et la partie sud est consacrée aux activités militaires : champ de mars, arsenal, casernes (fig. 27). Dans sa séance du 13 juillet 1825, le conseil municipal arrête les premières prescriptions de voirie, en vue du plan de distribution de la presqu´île (annexe 1).

Cependant le maire Lacroix-Laval a d´autres ambitions pour ce secteur dont il souhaite faire le pôle industriel de la ville. Dans la séance du conseil municipal du 16 décembre 1825, il présente la soumission qu´il a reçue de MM. Perrier, de Paris, et Bodin frères et Gonon, de Lyon, qui demandent deux masses de terrain le long de la Saône pour "l´établissement de moulins à moudre le blé, mis en mouvement par des pompes à feu, d´après le système perfectionné des moutures anglaises" (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 6, p. 424 ; cf. DOSSIER Minoterie, puis usine de produits alimentaires). Le conseil arrête alors qu´une commission, présidée par Basset de la Pape, proposera un plan total de distribution des terrains de la presqu´île, qu´aussitôt après l´adoption de ce plan, le maire sera invité à faire ouvrir sur-le-champ les rues, percées, places, quais et promenades, qu´il fera planter "en fortes pièces de bois de chêne" des poteaux indicatifs de la direction et des dimensions des rues ; enfin la commission devra également rapporter sur les établissements publics à implanter dans ce nouveau quartier (annexe 2).

Deux plans sont présentés au conseil municipal le 20 janvier 1826 (annexe 3 ; CLERC, p. 41 ; fig. 28 et 29). Le nouveau plan de distribution est figuré en surimpression sur les réalisations antérieures. La municipalité opte d´abord pour un projet sans gare d´eau, puis à la demande du ministre de l´Intérieur adopte le second projet : la moitié nord est divisée en lots réguliers ("masses") de 130 m x 92 m ; une gare d´eau ovale est dessinée au sud (cf. DOSSIER Gare d´eau). Ce projet est organisé autour de la jonction entre les voies de transport traditionnelles, Rhône et Saône, et le nouveau chemin de fer mis en place par les frères Seguin à partir de Saint-Étienne, jonction qui devrait se faire à hauteur de la gare d´eau.

Dès le mois de février, l´architecte de la ville Flacheron dresse un devis pour dresser le plan du quartier et implanter des haies délimitant les espaces et des piquets marquant les rues (AM Lyon : 1040 WP 007) ; le voyer Jean-François Terra et le géomètre Claude Cathenod sont nommés pour faire le tracé du nouveau quartier, et les premières adjudications sont passées entre mars et mai (AM Lyon : 1040 WP 007).

Une convention est signée entre la Ville et la Compagnie Seguin le 31 mai 1826, suivie d´un traité présenté au conseil municipal le 2 juin 1826 (annexe 4 ; fig. 31 ; CLERC, p. 16.), et approuvé le 16 juin 1826 (annexe 5) : la Ville cède 283 000 m² de terrains à la Compagnie qui se charge de construire la gare d´eau, de remblayer à ses frais l´ensemble des voies comprises dans son lot, d´établir dans cette gare quatre ponts pour assurer les communications, d´y faire venir le futur chemin de fer (cf. DOSSIER Gare du Bourbonnais) par le pont de la Mulatière (cf. DOSSIER Pont de la Mulatière) et d´y implanter quatorze usines dans les quinze ans.

A cette date, trois masses, le long de la Saône, ont déjà été concédées par la Ville à des industriels, MM. Perrier, Bodin frères et Gonon, marchands de fer (cf. DOSSIER Minoterie, puis usine de produits alimentaires) ; Claude Perret a édifié son usine le long du Rhône (cf. DOSSIER Usine chimique dite vitriolerie). Dans le même temps, le ministère de la guerre abandonne l´idée d´une forte implantation logistique dans la presqu´île, car Lyon est dépourvu de fortifications ; les implantations se réduisent à un quartier de cavalerie et un magasin à fourrages (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 6, séance du 14 juillet 1826, p. 531).

Le 15 juillet 1826, le programme de distribution de la presqu´île Perrache est édité par la mairie, en plusieurs langues, afin d´être largement diffusé en France et dans les pays voisins (annexe 6).

Dès l´été 1826, plusieurs industriels soumissionnent pour s´installer au sud du cours du Midi. Leur contrat d´acquisition précise la hauteur de façade sur rue (26 m), l´obligation de respecter les alignements de niveaux (cordons de soubassement, fenêtres, corniches), mais les laisse "libres quant à l´ordre architectural" ; les soumissionnaires seront tenus de remblayer la moitié des rues alentour des masses concédées, la Ville étant chargée du remblais des artères principales (chaussée Perrache, cours Charlemagne) (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 6, séance du 4 août 1826, p. 302). Dans le même mois, le conseil municipal décide de l´emplacement de la prison Saint-Joseph (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 6, séance du 29 août 1826, p. 567 ; cf. DOSSIER Prison Saint-Joseph).

Le plan de la 1ère masse, levé par J.-F. Terrat le 17 septembre 1826, montre la superposition des édifices déjà construits le long du Rhône avec le nouveau plan de distribution (fig. 32).

En décembre 1826, J.-F. Terrat présente un premier plan de nivellement et de distribution de la presqu´île, au nord de la concession Seguin, avec un projet de grande place rectangulaire au centre du quartier (annexe 7 ; fig. 33) ; ce plan approuvé par le maire le 23 avril 1827 (annexe 8 ; fig. 34) ne porte pas encore les modifications apportées par l´ordonnance royale du 7 mars 1827, élargissant de 26 à 33 mètres l´axe principal nord-sud (actuel cours Charlemagne), et ouvrant une voie est-ouest aussi large (actuel cours Suchet) pour délimiter la partie nord consacrée à l´habitat, du sud réservé à l´industrie (annexes 9 et 10). L´ordonnance prévoit en outre un emplacement pour une église et pour le marché. Le 30 avril 1827, Terrat annonce le placement définitif des bornes aux angles des rues projetées, placement dont rend compte le plan du 18 juin 1827 (annexe 11 ; fig. 35) ; enfin le plan officiel de la distribution de la presqu´île Perrache est approuvé par le maire le 7 septembre 1827 (fig. 36, 37).

Ces modifications touchent non seulement des constructions antérieures à 1825 et qui doivent être déplacées (cf. DOSSIER Hôtel de voyageurs, 3 rue Dugas-Montbel), mais aussi des constructions neuves qui doivent être reconstruites pour se conformer au nouvel alignement : c´est le cas par exemple des constructions réalisées par le brasseur Groskopp en bordure du cours Charlemagne (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 7, séance du 15 juin 1827, p. 107).

Le 8 janvier 1829, David Baize, propriétaire d´une maison à l´angle sud de la rue du Bélier et du quai Perrache, et Etienne Macon, propriétaire de la maison voisine, protestent auprès du maire Lacroix-Laval, contre les dommages que les remblais réalisés dans la presqu´île font subir à leurs propriétés : les remblais ferment les issues de leurs caves et y font s´écouler les eaux ; les difficultés d´accès poussent leurs locataires à partir ; les requérants demandent un dédommagement qui ne leur sera pas accordé (AM Lyon : 0331 WP 001). Au contraire, la situation ne cesse d´empirer, et en 1836 les demandes renouvelées des riverains de la rue du Bélier conduisent à un rapport contradictoire du voyer de la ville (cf. annexes 12, 13).

A partir de la fin de 1828, l´aménagement de la presqu´île est déterminé dans ses grandes lignes : le tracé des voies est arrêté (cf. DOSSIER Voirie) ; les masses de terrain ainsi délimitées vont être peu à peu vendues par la Ville : ce sont 242 878 m² que la ville va ainsi vendre par voies d´enchères selon l´ordonnance royale du 14 mai 1828 qui interdit le procédé de vente par soumissions que la Ville avait d´abord adopté (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 7, séance du 21 mars 1828, p. 264 ; AM Lyon : 321 WP 119).

Le remblai se poursuit : en 1827-1828, plusieurs traité sont passés avec des entrepreneurs (AM Lyon : O1 112 bis ) : avec Aguettant, le 11 juin 1827, pour la construction d´un pont de bois, au niveau du cours du Midi (cours de Verdun actuel), pour remplacer le transport par bateau de Gastaldi ; avec Forobert, installé au niveau du cours Suchet ; avec de Chazourne, installé au niveau du chemin des Etroits.

Cependant les Lyonnais se plaignent toujours des pestilences du quartier : en dépit des remblais effectués, de nombreuses mares subsistent à l´intérieur des îlots et les contemporains craignent également les effets polluants des industries chimiques (DUPASQUIER, A. Rapport..., p. 5-11). Les soldats casernés dans l´ancien hôpital près du pont de la Mulatière, ainsi que Claude Perret récemment installé quai Perrache, se plaignent des fièvres occasionnées par l´eau non potable et l´humidité (des plaques indiquant la présence de fontaines d´eau non potables subsistent encore dans quelques cours d´immeubles, fig. 58). A cela s´ajoute la pollution des usines : les peupliers plantés le long de la chaussée Perrache ne résistent pas aux émanations de la vitriolerie Perret (cf. DOSSIER Quai Perrache).

Le 12 mai 1828, le conseil municipal arrête le tracé de la voie de chemin de fer arrivant dans la presqu´île (cf. DOSSIER Gare du Bourbonnais ; annexe 14), et décide l´élargissement d´un certain nombre de voies (annexe 16). La première locomotive à vapeur est lancée dans la presqu´île le 7 novembre 1829 ; mais les autres travaux s´enlisent ; la masse des terrains à vendre reste importante ; la Compagnie Seguin ne peut réaliser toutes les constructions prévues par le traité (A.D. Rhône : VII S) ; la digue n´est pas achevée en 1830 (AM Lyon : séance du conseil municipal du 29 mars 1830).

Le nouveau traité passé entre la Ville et la Compagnie réduisant le nombre des constructions à réaliser ne peut éviter la faillite des frères Seguin qui doivent vendre leurs terrains à la Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, le 1er décembre 1831.

L´aménagement de la presqu´île va se poursuivre dans la première moitié du XIXe siècle selon le plan de 1826 plus ou moins adapté aux circonstances. En 1858, l´implantation de la nouvelle gare de chemin de fer modifiant le tracé des rues conduit à un nouveau plan d´aménagement (cf. DOSSIER Secteur urbain dit Presqu´île Perrache).

II. DESCRIPTION

Les préoccupations urbanistiques de la Ville concernant le nouveau quartier sont multiples. Dès l´origine, l´accent a été mis sur la volonté de l´administration municipale et de son maire Lacroix-Laval de faire de ce secteur un quartier industriel sur le modèle anglais, "Birmingham" pour Chambet aîné en 1855 ou "Manchester lyonnais" pour F. Rivet. Cette préoccupation est certes fort présente, aussi bien dans le traité passé avec les frères Seguin, qu´avec les premiers industriels qui ont acquis des terrains et dont les soumissions prévoyaient qu´ils devaient construire des usines dans des délais comptés (cf. annexe 16). En effet, le nouveau quartier accueille en priorité les équipements que la ville rejette ou qui nécessite de vastes surfaces : la prison Saint-Joseph en 1831 (cf. DOSSIER), l´usine à gaz (cf. DOSSIER), le marché aux bestiaux (cf. DOSSIER) et les abattoirs en 1840 (cf. DOSSIER), l´entrepôt des liquides en 1839 (cf. DOSSIER), l´arsenal en 1843 (cf. DOSSIER), divers entrepôts et usines (vitriolerie, usine de plâtre, fabrique de couvertures..., cf. DOSSIERS).

Mais la Ville a aussi pour ambition de faire de ce quartier une zone de promenade et de détente pour les habitants : à l´instar de la chaussée Perrache bordée d´arbres dès la fin du XVIIIe siècle, les rues principales doivent être plantées ; des mesures incitatives sont prises en faveur d´Arban qui doit implanter une salle de bal, avec des bois d´agrément, des "montagnes françaises", des salles de tir, le 6 octobre 1826 (son établissement fonctionne jusqu´à l´explosion survenue vers 1840 , fig. 45 ; il est alors déplacé dans le quartier de la Guillotière). Plusieurs brasseurs de bière y installent leur usines qu´accompagnent restaurants et débits de boissons. La municipalité souhaite faire de l'hippodrome (cf. DOSSIER Place de l´Hippodrome) un lieu de promenade fréquenté et encourage l'établissement de guinguettes, cabarets, jeux de boules ; cependant la lenteur des remblais freine cette évolution : en 1847 encore, COMBE et CHARAVAY, dans leur Guide de l'étranger à Lyon, écrivent à propos du cours du Midi (cours de Verdun actuel) : "Planté de six magnifiques allées d'arbres..., le cours Napoléon est la plus belle promenade de la ville, et en serait la plus fréquentée, si elle était plus au centre, et si les eaux pluviales n'y séjournaient pas, faute d'écoulement".

La municipalité se préoccupe également des bâtiments qui doivent être construits le long des nouvelles rues. Dès 1825, elle refuse que la façade de la prison règne sur le cours du Midi "qui est devenu l´une des plus belles promenades de la ville" (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 6, séance du 13 juillet 1825, p. 323). Le parti des élévations doit être approuvé par une commission et un plan-type de gabarit pour les immeubles bâtis au sud du cours du Midi est donné le 2 décembre 1826 (AM Lyon : 1040 WP 007, fig. 39). La Ville prévoit que le long des places (place Charles X), le rez-de-chaussée soit aménagé en arcades formant galeries publiques (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 7, séance du 6 avril 1827, p. 53) ; enfin dans la même séance, elle vend un terrain au sculpteur Legendre-Hérald pour qu´il établisse "une maison élégante et ornée de sculptures". Le 3 août, elle accepte la soumission de Brunéel pour établir un tir à l´arquebuse sur un terrain précédemment loué à Arban sous condition qu´il construise le long du cours Charlemagne une "belle maison d´habitation" (cf. DOSSIER Immeuble, 1 cours Charlemagne ; fig. 54) ; la délibération du conseil municipal précise "l´avantage que trouve M. le maire à cette vente, c´est d´avoir sur-le-champ, tant du côté d´orient que d´occident de la rue Charlemagne, un commencement de beaux édifices" (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances publiés par la municipalité, t. 7, séance du 3 août 1827, p. 136 ; annexe 17). L´intérêt de la Ville se porte également sur les bâtiments industriels : en 1826, dans la soumission de la Compagnie Mure-Latour, il est prévu : "Les murs extérieurs de la façade du principal établissement sur une longueur de 26 m et sur une profondeur de 13 m seront en fer fondu ; des colonnes en fer entreront nécessairement dans la construction." (Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, t. 6, séance du 4 août 1826, p. 541 ; non réalisé).

Le Nouvel indicateur des habitants de 1832 (p. 7) donne une image positive de la presqu´île : "...La presqu´île Perrache peut être considérée comme un nouveau quartier, destiné à devenir une ville industrielle... On y a tracé de grandes et larges rues. Plusieurs utiles établissements, tels que moulins à vapeur, fonderies, etc., s´y élèvent sur plusieurs points. On doit y construire un abattoir. Dans le centre de la presqu´île on creuse une gare circulaire qui offrira un port sûr et commode pour l´embarquement et le débarquement des marchandises..."

Le cadastre napoléonien levé en 1831, complété par ses matrices achevées en 1837, fournit une connaissance précise de la presqu´île à cette date, et un témoignage sur la rapidité des mutations du sol (AD Rhône 3P 123 ; AM Lyon : 0310 WP 1261 ; doc. 1-3). Il permet de dresser une carte des parcelles bâtis et non bâties en 1834 précisant la nature ou la fonction des terrains (93 jardins et pépinières et 2 vignes sont encore exploités) et des édifices (des. 4-9) ; il met en évidence l´importance des propriétés communales et de la concession de la Compagnie Seguin (des. 10-11). Le dépouillement des matrices indique 70 maisons de pierre de 2 à 4 étages, 32 maisons en pisé de 2 étages, 17 maisons de brique et de bois de 1 ou 2 étages, 9 maisons de bois de 1 étage (AM Lyon : 0310 WP 1261 ; des. 18-23). 44 cabarets accueillent la population (des. 12-14). 22 usines et ateliers sont répertoriés : outre la vitriolerie, l´usine à gaz et les grands moulins de Perrache, une fabrique de couvertures (cf. DOSSIER), une plâtrière (cf. DOSSIER), une tannerie et une corderie se sont implantées dans ce secteur, ainsi que des ateliers de menuiserie ou de charpenterie (des. 15-17) ; des moulins bateaux sont amarrés sur le Rhône et la Saône : moulins à blé, laminoir, ou plate de blanchissage ; des cartes postales du début du siècle permettent de se représenter le type de ces bateaux (fig. 46-49)

Les investisseurs se répartissent de la façon suivante :

- Activités liées à l´origine du quartier : six pépiniéristes et jardiniers, un marinier, un teneur de plate ;

- Activités industrielles (- polluantes : vitriolerie ; - liées à l´eau : tannerie, fabricant de couvertures ; - nécessitant de la place : corderie...) ;

- Chantiers permettant de déposer des produits pondéreux (27 marchands de charbon) ;

- Activités liées aux transports par route, par voie d´eau ou par rail (voituriers, carrioleurs, charrons, maréchal-ferrant...) ;

- Activités plus particulières : trois brasseurs Groskopf, Kuhné et Hoffher (=fabrique de bières et restaurant), dont le seul représentant subsistant est la brasserie Georges, cours de Verdun (cf DOSSIER) ;

- Cabaretiers, restaurateurs, gargotiers, cafetiers (55 cabarets, cafés, restaurants, débits de boisson ou vide-bouteille sont recensés dans les matrices de 1830 (des. 12-14).

Un artificier Simon Arban tenant salle de bal et montagnes françaises s´installe à Perrache, au nord du cours Charlemagne (Après un accident survenu vers 1840, fig. 45, il déménage à la Guillotière)

Depuis 1841, il y a une paroisse à Perrache, et le culte est célébré dans une chapelle provisoire au sud de la place de l´Hippodrome (AM Lyon : 0003 S 0125). La gare du Bourbonnais est construite à partir de 1843, en remplacement de l´embarcadère de 1827 (cf. DOSSIER).

III CONCLUSION

En dépit des modifications apportées au quartier depuis le milieu du XIXe siècle, l´esprit du plan d´aménagement de 1826, héritier de celui d´Antoine-Michel Perrache, est encore bien présent. Une grande partie de la trame urbaine, entre la gare de Perrache et la rue Casimir-Perier, reste en place, avec les axes forts nord-sud (quai Rambaud, cours Charlemagne et quai Perrache) et les deux grands cours est-ouest (cours Suchet et cours Bayard) ; dans cette partie de la presqu´île, si l´ouest a été plus perturbé par l´implantation de la gare Perrache II, l´est du cours Charlemagne a conservé la disposition des masses d´origine, recoupées pour une série d´entre elles par la rue Quivogne (cf. DOSSIER Voirie).

Une grande partie des édifices publics ou industriels prévus par le plan de distribution ont été créés (marché, église, casernes, moulins...) ; peu d´entre eux sont dans leur situation ou leur état d´origine : la prison Saint-Joseph et la maison directoriale de l´entrepôt des liquides conservent leur parti d´architecture ; des vestiges plus ou moins conséquents des moulins à blé et de l´arsenal étaient encore en place au moment de l'enquête, mais seule une friche industrielle marque l´emplacement de l´usine à gaz ; la place de l´Hippodrome maintient le souvenir de l´ancien champ de courses / champ de manœuvres, tout comme la brasserie Georges perpétue la tradition des anciens établissements de brasseurs (cf. DOSSIER).

En ce qui concerne l´habitat, les traces sont encore plus ténues. L´urbanisme s´étant effectué du nord vers le sud, l´implantation de la gare de Perrache a supprimé la plupart des constructions qui avaient pu être édifiées selon les prescriptions de la municipalité. L´immeuble construit par l´armurier Brunéel, 1 cours Charlemagne (fig. 55) va disparaître dans la création de la place des Archives. On ignore si les galeries publiques encore demandées en 1838 place Louis Philippe (emplacement de l´actuelle place de l´Hippodrome) n´ont jamais été construites. Les grandes arcades subsistant au rez-de-chaussée de certains immeubles du cours de Verdun en sont-elles un vestige ? (fig. 53). L´immeuble à l´angle de la rue Delandine et du cours de Verdun est précisément daté de 1826, mais sur le plan qu´en présente son commanditaire Tabory en 1826, les rez-de-chaussée sont déjà fermés (cf. DOSSIER immeuble, 26 cours de Verdun ; fig. 51, 56).

A côté de ces immeubles prestigieux, l´administration municipale préconisait la construction de maisons d´habitation en maçonnerie composées d´un rez-de-chaussée et d´un étage. Un ensemble de ce type subsistait encore, au moment de l´enquête, à l´angle du quai Perrache et de la rue Marc-Antoine-Petit ; frappé de démolition, il a été détruit après inventaire (cf DOSSIER immeuble, 19 quai Perrache, fig. 57).

Enfin, la partie sud de la presqu´île, à l´entour ou à l´intérieur de la gare d´eau, renfermait, à côté des entrepôts et des usines, de petites maisons de marchands de charbon : l'une d´entre elles a pu être repérée (cf DOSSIER maison, 124 cours Charlemagne ; fig. 58).

Précision dénominationaménagement urbain
AppellationsDistribution de la presqu'île Perrache
Parties constituantes non étudiéesimmeuble
Dénominationssecteur urbain concerté
Aire d'étude et cantonLyon Confluent
AdresseCommune : Lyon 2e
Lieu-dit : Confluent
Cadastre : 1831 Y ; 1998 AY, AZ, BC, BD, BE, BH, BO, BP

Après 1816 et l'abandon des projets impériaux, la Ville reprend la propriété des terrains de la Compagnie Perrache, soit le quartier neuf au nord de l´actuel cours de Verdun, et la presqu´île Perrache au sud. En 1825, elle adopte les premiers principes de la distribution des terrains de la presqu´île dont le plan est arrêté le 20 janvier 1826, sur propositions du maire Jean de Lacroix-Laval. Les voyers Jean-François Terrat et Claude Cathenod sont chargés de faire le tracé des rues selon le devis dressé par l´architecte Louis-Cécile Flacheron. Le 31 mai 1826, le maire passe un traité avec les frères Seguin qui doivent construire une gare d´eau, une gare pour le chemin de fer de Saint-Etienne, et implanter dans le terrain qui leur est concédé 14 établissements industriels. Le programme de distribution de la presqu´île est publié le 15 juillet 1826 et les premières soumissions d´entrepreneurs (industriels et commerçants) sont reçues par la Ville. Le plan de distribution est publié le 7 septembre 1827. A partir de 1828, conformément à l´ordonnance royale, les terrains de la ville sont vendus aux enchères publiques. Le plan de distribution reste en vigueur jusqu´en 1858, date à laquelle l´implantation de la nouvelle gare de chemin de fer modifie le tracé des rues et transforme l´aménagement du quartier.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle
Dates1826, daté par source
Auteur(s)Auteur : Terrat Jean-François agent voyer attribution par source
Auteur : Cathenod Claude géomètre attribution par source
Personnalité : Lacroix-Laval Jean de commanditaire
Personnalité : Seguin frères commanditaire
Auteur : Flachéron Louis Cécile
Louis Cécile Flachéron

Flachéron s'écrit parfois Flacheron. L'architecte lui-même signait avec ou sans accent


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Le programme de distribution de la presqu´île adopte un plan orthogonal délimité par un réseau hiérarchisé de voies dont la largeur s´échelonne de 33 à 13 m., avec une vaste place au centre. Les rues délimitent des masses à lotir de taille sensiblement égales. Le plan de distribution prévoit la distinction de deux zones : au nord de la place, une partie consacrée à l´habitat, au sud un secteur destiné aux industries ; c´est dans cette partie que se trouve la concession Seguin. Les soumissionnaires ou adjudicataires doivent remblayer leur lot ainsi que la moitié des voies longeant leur façade. Ils doivent également construire les façades sur rue selon un règlement de voirie imposant une même hauteur de bandeau d´étages et de toitures, mais laissant libre le choix du parti architectural. Outre les gares, la Ville réserve plusieurs lots pour la construction d´édifices publiques : prison, caserne, église, marché, abattoir.

Annexes

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 6, séance du 13 juillet 1825

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 6, séance du 13 juillet 1825, p. 323.

    "... Le conseil municipal arrête :

    Article premier - le conseil persiste à croire que l´emplacement où il propose de placer la maison de détention à construire à Lyon, en remplacement de la prison de St-Joseph n´est point insalubre.

    Art. 2 - La délibération du conseil municipal du 27 août 1824 reste et demeure maintenue, sauf les modifications suivantes :

    1e - l´emplacement où sera construit la prison sera rapproché du quai ;

    2e - il sera établi en avant de la prison une place publique ;

    3e - L´espace de terrain offert par la ville sera en raison de la formation de la susdite place réduit à 20 000 mètres carrés ;

    Art. 3 - Le conseil municipal arrête dès cet instant, comme devant nécessairement entrer dans le plan de distribution de la presqu´île Perrache, les dispositions ci-après :

    La promenade du cours du Midi sera rectifiée ; on y ajoutera du côté du Rhône un nombre de rangs d´arbres suffisant pour rendre le côté sud de cette promenade d´équerre avec la chaussée Perrache ;

    Il sera laissé entre le cours et les nouvelles constructions une rue qui aura 20 mètres de largeur ;

    La chaussée Perrache sera portée à 32 mètres de largeur à partir de la sommité du glacis ou perré jusqu´à la ligne des nouvelles constructions ;

    Il en sera de même du quai le long de la rivière de la Saône ; ce quai aura comme la chaussée Perrache 32 m de largeur à partir de la sommité du nouveau glacis jusqu´à la ligne des nouvelles constructions ;

    Du centre de la place de Louis XVIII partira une grande rue de 26 mètres de largeur (80 pieds) parallèle à la chaussée Perrache ;

    Entre cette rue et la chaussée élargie ainsi qu´on vient de le dire, seront ouvertes deux rues, à distances égales et parallèles soit à la chaussée soit à la grande rue ; chacune de ces deux rues aura 13 mètres de largeur (40 pieds) ;

    Enfin, entre chacune de ces diverses rues, seront des masses de terrain à construire ; ces masses seront égales entre elles ;

    La prison à construire comprendra la masse de terrain A, de forme rectangulaire, ayant de longueur de nord à midi, 148m15 et de largeur d´ouest en est 135 mètres soit 20 000 mètres carrés ;

    Cette masse de terrain sera établie parallèlement au cours du Midi, à une distance de 137 mètres dudit cours ;

    L´extrémité nord de la façade occidentale de la prison à construire sera à 60 mètres de distance de la sommité du perré ;

    L´extrémité méridionale de la même façade sera à 98 mètres de distance de la sommité de ce même perré ;

    L´espace au devant de la façade occidentale de la prison sera à perpétuité consacré à une place publique en forme de trapèze ; La place aura :

    en longueur 182 mètres ; en largeur moyenne 79 mètres, soit 14 378 mètres carrés ;

    Au midi et au nord, la masse des prisons sera limitée par deux rues transversales, du Rhône à la Saône, de 13 mètres de largeur chacune, parallèles au cours rectifié, à l´est par une des rues longitudinales dans la direction du nord au midi, et à l´ouest par la place dont il a été parlé ci-dessus.

    Afin que la masse destinée à la prison puisse avoir les dimensions demandées par M. Le préfet, c´est à dire qu´elle ait d´un seul tènement une surface de 20 000 mètres carrés, la rue longitudinale la plus rapprochée de la Saône sera interrompue dans la partie occupée par cette même prison.

    A cet effet le plan ou croquis présenté par la commission a été à l´instant même signé par M. le maire et par le secrétaire du conseil, pour être annexé à la présente délibération dont il fait partie intégrante.

    Art. 4 - Attendu qu´il existe dans le carré des 20 000 mètres, un petit emplacement marqué sur le plan par la lettre B qui n´appartient pas à la ville et qui comporte 228 mètres carrés, soit 2 162 pieds de roi de superficie, le conseil déclare que la ville ne se charge point de le racheter du propriétaire actuel et laisse au département à prendre avec ce dernier les arrangements qui seront utiles ou nécessaires.

    Toutefois la ville complètera les 20 000 mètres qu´elle promet en sorte que le carré aura 20 228 mètres carrés, dont 20 000 sur le terrain appartenant à la ville.

    Art. 5 - Si le Département préférait avoir l´emplacement de la prison sur un terrain appartenant en entier à la ville de Lyon, le conseil municipal offre de le lui fournir pourvu que le département le prenne plus au midi de l´endroit où il se trouve parqué sur le plan annexé..."

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité... , t. 6, séance du 16 décembre 1825

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité... , t. 6, séance du 16 décembre 1825, p. 424.

    "... Le maire communique au conseil une soumission qu´il a reçu de MM Perrier, de Paris, et de MM Bodin frères et Gonon, de Lyon, qui demandent deux masses de terrain le long de la Saône pour l´établissement de moulins à moudre le blé, mis en mouvement par des pompes à feu, d´après le système perfectionné des moutures anglaises.

    Le conseil arrête :

    Qu´une commission proposera un plan total de distribution des terrains de la presqu´île ;

    Qu´aussitôt après l´adoption de ce plan, le maire est invité à faire ouvrir sur le champ les rues, percées, places, quais, promenades ;

    Qu´il fera planter en fortes pièces de bois de chêne des poteaux indicatifs de la direction et des dimensions des dites rues ;

    Que la commission présentera ses vues pour la formation dans la presqu´île de tous établissements publics utiles à la Ville de Lyon ;

    Que la commission présentera ses observations au sujet des abattoirs proposés par M. Lacroix-Laval à la séance du 25 juin 1824.

    Le préfet transmet l´opposition du gouvernement sur la dénomition de quai Rambaud, car on ne donne pas le nom d´une personne vivante. Le conseil maintient sa position..."

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 6, séance du 20 janvier 1826

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 6, séance du 20 janvier 1826, p. 425 ss.

    "... M. Basset de La Pape au nom d´une commission spéciale dépose un plan de distribution des terrains de la presqu´île Perrache :

    Les dispositions arrêtés le 13 juillet 1825 sont maintenues.

    On a formé dans le centre trois grandes places, dont deux parfaitement carrées et une en forme semi circulaire, une quatrième et vaste place au débouché du pont de la Mulatière, et deux autres places moyennes le long de la chaussée du Rhône.

    La presqu´île de Perrache... est le seul endroit convenable... pour la formation de grands établissements industriels...

    Les masses indiquées sur le plan... comportent chacune pour superficie moyenne 90 000 pieds carrés, et on aperçoit qu´avec une telle étendue on peut facilement se livrer à toutes les spéculations que le commerce aurait intention d´entreprendre.

    Le conseil arrête le plan qui lui est proposé.

    Le conseil prie le maire de faire procéder à l´ouverture des rues.

    Le maire fait un rapport sur les établissements à installer :

    Moulins à moudre le blé (sur les masses A, B, C)

    Etablissement d´abattoirs publics, autorisés par l´ordonnance du roi du 9 avril 1823, sur la masse D et si nécessaire aussi sur la masse E

    Dépôt général des vins et autres liquides, sujets aux droits d´entrée et d´octroi, et admis en franchise des droits en transit, ou en entrepôt dans la ville : un arrêté du ministre des finances du 17 fructidor an XII en avait accordé le privilège à la Maison de Regard, Moze et Cie qui placèrent leur entrepôt rue Ste-Helène, sur un emplacement que la ville a racheté. Par la suite, les négociants obtinrent la faculté de l´entrepôt à domicile et les étrangers n´eurent d´autres ressources que de les placer chez des commissionnaires ou de les laisser sur le port. La commission propose la masse G pour cet établissement.

    Réserve d´un emplacement suffisant pour la fondation d´une église paroissiale et d´un presbytère (masse F)..."

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité... , t. 6, séance du 2 juin 1826

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité... , t. 6, séance du 2 juin 1826, p. 302.

    "... M. le Maire dépose sur le bureau un traité qu´il a souscrit avec MM. Seguin frères, d´Annonay, par lequel la Ville de Lyon cèderait dans la presqu´île de Perrache une masse de terrain d´environ 283 000 mètres carrés avec l´obligation conformément au plan annexé au susdit traité :

    1 - de créer une gare destinée à recevoir les bateaux chargés ou non de marchandises ; les entrées de cette gare seraient prises, savoir dans le Rhône au travers de la chaussée Perrache et dans la Saône au travers du cours Rambaud ;

    2 - de remblayer à leurs frais les quais, rues et francs bords, dans toute l´étendue de la masse qui leur est cédée, et aussi d´établir sur la gare quatre ponts tournants ou quatre ponts stables dont un à travers la chaussée Perrache, et l´autre à travers le cours Rambaud, et les deux autres pour la continuation de la grande rue allant du cours du Midi au cours Rambaud ;

    3 - d´établir sur la masse qui leur est cédée quatorze grands établissements industriels, dont sept dans huit ans, à dater de l´ordonnance royale à intervenir, et les sept autres dans les sept ans suivants ;

    4 - de faire venir le rail au chemin de fer qu´ils sont chargés d´établir de Saint-Etienne à Lyon, de l´extrêmité méridionale de la chaussée Perrache, en suivant le cours Rambaud jusqu´à la gare, et de cette gare jusqu´à l´endroit de la ville qui sera indiqué à cet effet par la direction générale des Ponts et Chaussées ;

    5 - de ne pouvoir pendant 25 ans disposer des terrains cédés que pour des établissements industriels ;

    6 - de payer à la Ville, pendant dix ans, à partir du 1er janvier 1828, une somme annuelle de 15 000 francs..."

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité... , t. 6, séance du 16 juin 1826

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité... , t. 6, séance du 16 juin 1826, p. 513.

    "... Rapport de Gaspard Vincent, au nom des commissions réunies des finances et des objets d´intérêts publics, sur le traité passé le 31 mai dernier entre le maire et MM. Seguin frères :

    ... Toutes les dispositions que contient ce traité ont paru parfaitement combinées dans le plus grand intérêt de la Ville.

    ... Dans un délai de 6 ans MM Seguin doivent établir une gare pour les bateaux chargés ou non de marchandises...

    Le rail ou chemin de fer viendra de l´extrémité méridionale de la chaussée Perrache, suivra le cours Rambaud jusqu´à l´entrée de la gare et, de cette gare, toujours en suivant le cours Rambaud, jusqu´à l´endroit de Lyon où le gouvernement fixera le point d´arrivée...

    Le conseil supplie le roi d´autoriser le maire à convertir en acte sous seing public le traité passé avec les frères Seguin..."

  • Distribution de la presqu´île Perrache. Programme, par le maire de Lyon, J. de Lacroix-Laval, 15 juillet 1826

    Mairie de Lyon. Distribution de la presqu´île Perrache. Programme, par le maire de Lyon, J. de Lacroix-Laval, 15 juillet 1826. Lyon : impr. Rusand. 4 p. (AC Lyon : 1420 WP 007).

    "... La Ville de Lyon est propriétaire de vastes emplacemens très propres à recevoir toutes sortes de grands établissemens industriels que l´on aurait l´intention d´y transplanter.

    La presqu´île Perrache, par sa position entre un grand fleuve et une rivière navigable des plus marchandes du royaume, semble promettre aux spéculations en tous genres un succès aussi complet qu´on peut le désirer.

    La Ville a passé des traités pour la formation, dans cette partie de quelques uns des établissemens qu´elle veut attirer dans ses murs.

    De ce nombre sont des moulins à moudre le blé par la vapeur, des aciéries, des fonderies, des hauts fourneaux, des ateliers de machines, etc., etc.

    Ce qui doit ajouter aux probabilités du succès qu´obtiendront les entreprises auxquelles on se livrera dans la presqu´île, c´est la condition imposée par la Ville à MM. Seguin de faire venir de l´extrémité méridionale de la chaussée Perrache, le chemin de fer qu´ils doivent, d´après leurs engagemens avec le Gouvernement, établir de Saint-Etienne à Lyon.

    La proximité des mines abondantes de houille du département de la Loire, la facilité des abordages à peu de frais de minerais de fer de la Franche-Comté et du Bugey, de ceux de plomb et de cuivre, etc., etc. ; l'économie de temps et de frais dans les embarcations et les débarcations, l´abondance d´eau et de combustibles, la célérité dans les expéditions des produits : tels sont en abrégé les avantages qu´offre la position de la presqu´île Perrache.

    Les obstacles qui antérieurement avaient pu s´opposer à ce que l´industrie française ou étrangère vint se fixer dans cette partie n´existent plus.

    Il y a peu d´années encore que la ville de Lyon se terminait à la place Louis-le-Grand : la presqu´île était alors considérée comme hors de l´enceinte de la cité, comme une partie rurale que l´on consacrait entièrement à l´agriculture.

    Aujourd´hui les nombreuses constructions que l´on a élevées, celles que l´on élève encore dans les quartiers au sud de la place Louis-le-Grand, notamment dans le quartier neuf de Perrache, ont opéré la jonction du coeur de la cité avec l´extrémité méridionale de la ville.

    L´existence de plusieurs mares d´eau qui entretenaient une insalubrité funeste, éloignait aussi les habitations de la presqu´île et de ses alentours.

    Maintenant le quartier neuf est presqu´achevé d´être remblayé, non seulement à une hauteur telle qu´il soit à jamais à l´abri de toutes les inondations, mais à une hauteur qui excède l´élévation moyenne du sol dans le centre de la ville.

    La continuation des remblais est l´objet constant de la sollicitude de l´administration municipale.

    Aussitôt après que le quartier neuf sera achevé d´être remblayé, l´intention de l´administration est de diriger tous ses moyens, toutes ses ressources sur la presqu´île, et de porter toutes les parties qui sont destinées à être voie publique à la hauteur où elles doivent en définitive passer.

    Le plan lithographié qui sera annexé au présent programme fait connaître les emplacemens qui sont déjà donnés à des établissemens projetés.

    Les soumissions de ceux qui désireraient disposer des masses encore libres, pour d´autres établissemens, devront être adressées directement au maire de Lyon.

    Les soumissions feront connaître dans quelques mots la nature et l´importance de l´établissement que l´on veut former, l´espace de terrain que l´on demande à acquérir, le prix que l´on offre, etc., etc.

    La Ville accueillera avec intérêt toutes les propositions qui lui seront faites, mais on ne perdra pas de vue que le but principal, et pour ainsi dire unique, de l´administration est d´attirer, de fixer dans la presqu´île Perrache, une population qui apporte à Lyon des genres d´industrie qui n´y sont pas encore connus ou qui sont suceptibles d´y recevoir des perfectionnemens, tels que filature et tissage de laine, de chanvre, de lin, de soie, savonnerie, forges, etc., etc.

    Fait à l´hôtel de ville, Lyon, le 15 juillet 1826."

  • Plan de la presqu´île Perrache, par le géomètre Terrat, 5 décembre 1826. Légende

    Plan de la presqu´île Perrache, par le géomètre Terrat, 5 décembre 1826. Légende (AC Lyon : 0002 S 0236 1a).

    "... Les cotes rouges aux angles des masses indiquent l´élévation au-dessus des glacis, celles qui sont à l´orient de la rue centrale marquent les hauteurs sur celui du Rhône, et celles à l´occident sur celui de la Saône, ce dernier étant plus haut que celui du Rhône de 0m 36. Cette différence doit réigner constamment le long des deux pentes de sols qui élèvent le milieu de la grande rue de 2m60 sur le Rhône. Ce point culminant ne se trouve [qu´à 5m74] au dessus du glacis de la Saône, c´est pourquoi l´on voit l´angle Groskopf coté 1m67 tandis que celui qui lui fait face à l´orient l´est de 2m 01. Ces deux points ne diffèrent entre eux que de deux centimètres, différence qui provient de ce que la pente sur le Rhône est plus rapide que celle sur la Saône. Ces hauteurs partent toujours de zéro sur les glacis, vu que les angles des façades sur les deux quays ne sont encore que fictifs et que les nivellemens partiels ont besoin de s´appuyer sur des points immuables.

    Les cotes noires dans les rues indiquent les longueurs en partie des masses, celles sur les rues nord-sud et latéralement placées à leur convexité indiquent la distance du point de bornage aux rigoles, ce qui fait que les demi longueurs de rue dépassent celles des masses de 6 à 7 mètres selon que les rigoles sont à 3 ou 4 mètres des maisons. Ces rigoles sont à 3 mètres dans des rues de 13 mètres de largeur et à 4 mètres dans celles de 19m50, 26m, 27m et 37m. Les filets bleus marquent ces rigoles. Les arbres étant placés géométriquement, le nombre ci dessus (1074) sera le même en nature.

    La pente du Rhône étant d´un demi millimètre par mètre, la chaussée descendrait de 40 centimètres jusqu´à l´acquisition Seguin, et le cordon se trouverait élevé d´autant au bout de cette distance ; mais cette pente est si peu sensible que je pense qu´on peut s´en tenir à l´ordre du nivellement du terrain, lequel n´y a pas eu égard, crainte de le rendre trop compliqué.

    La ligne oblique, parallèle au cours du Midi, n´ayant pu se tracer sur le terrain à cause des anciennes maisons, son arrivée sur la chaussée Perrache dans la maison vérifiée n´est pas assez précise pour que les cotes noires qui indiquent les façades sud-nord qui y aboutissent puissent servir de règles à Mr l´architecte de la ville dans la distribution des ouvertures d´orient et d´occident de la première rangée de masses près ce cours. Quand ces maisons seront acquises et démolies, l´on prendra pour base la façade Groskopf et l´on connaîtra positivement des longueurs qui, aujourd´hui peuvent différer des cotes jusqu´à 50 centimètres, tant parce que la parallèle n´a pour guide qu´un rang d´arbres que pour la cause précitée. Si néanmoins Mr l´architecte est obligé de remplir son plan, il le pourra sur ces dimensions en se réservant de faire les petites rectifications nécessaires au fur et mesure des constructions. C´est également pour remplir celui-ci que ces cotes incertaines ont été mises, mais seulement pour cette rangée de masses. La base de calcul des cotes provient de 68m 72 trouvés en mesurant le glacis excédent au nord. La perpendiculaire de la première adoption et ces 68m72 ayant été produits par la distance (618m) des deux angles extérieurs des bâtimens à construire sur les deux quays, les longueurs partielles ont été obtenues par analogie. Mais, je le répète, on ne pourrait affirmer un alignement quand le terrain est aussi obstrué et que l´appui se trouve être un rang d´arbres.

    Les distances longitudinales des arbres sont presque toujours de 6m 50 sont parfois quelques centimètres de plus ou de moins pour faire accorder les derniers plantés près des angles des rues, mais jamais dans l´alignement des façades afin de n´en pas dérober la vue du prolongement. Dans la rue centrale, les arbres seront à 7 mètres des maisons ce qui laissera 12 mètres pour le roulage et dans les deux de 19m 50 de largeur, ils seront à 5m75 des maisons et 8 m au milieu. Toutes les rues qui n´en doivent point avoir ne doivent être obstruées par aucun pieds afin de voir le prolongement des façades en quel point que l´on se trouve. Les 7 rangs nord sud donnent le parallélogramme intérieur proportionnel au parallélogramme total. Si cependant l´on voulait s´écarter de cette proportion soit pour rendre cet intérieur plus rapproché du carré, soit pour augmenter l´ombrage, les 7 rangs nord sud peuvent être portés à 8 et même à 9 sans inconvénient pour les précédentes distributions.

    Le centre de la place sur son arête de 120 mètres sera à 0m77 au dessous de la chaussée du Rhône et à 1m17 à la hauteur orientale de la place. La pente sous les arbres sera la même que celles des rues, mais à leur sortie elle sera de 3 à 4 centimètres par mètre, pente dont la remontée n´empêcherait pas le trot d´un roulage léger. Si l´on décide plus de profondeur, la pente sera plus raide..."

  • [Plan de la partie du quartier Perrache au sud du cours du Midi], par Terrat, 23 décembre 1826, légende

    [Plan de la partie du quartier Perrache au sud du cours du Midi], par Terrat, 23 décembre 1826 ; approuvé par le maire de Lyon le 23 avril 1827. Légende (AC Lyon : 0002 S 0236 1).

    "... Ce nivellement ne présente que deux pentes, une sur le Rhône et l´autre sur la Saône. Le glacis sur la Saône est plus haut que celui du Rhône de 0m 06. Pour qu´il y ait assez de pente sur les deux longues rues qui aboutissent à la Saône, c´est-à-dire de 3 à 4 millimètres par mètre. Le point culminant établi sur le milieu de la rue centrale, dans l´alignement de la façade Groskopf, sera élevé à 2m 50 centimètres au dessus du bord estimé du glacis du Rhône, élévation qui à cause de la différence de 0m 36 ne sera que de 0m 74 au dessus de celui de la Saône. La pente sur le Rhône partant de ce point culminant sera de 6 millimètres et demi par mètre, et 5 millimètres pour celle sur la Saône. Le long de la façade Groskopf et jusqu´à l´autre côté de la rue, cette pente n´aura que 4 millimètres pour se réserver plus de hauteur sur le côté occidental de la place correspondant à cette rue. Les mêmes hauteurs au-dessus des deux glacis seront conservées sur la rue centrale jusqu´à l´acquisition Seguin. Arrivé à ce territoire, la presqu´île devenant étroite, le point culminant baissera continuellement et se rapprochera du Rhône à chaque changement de rue transversale, pour que les longueurs d´écoulement soient à peu près partagées.

    L´élévation de [2m 50] près le cours du Midi sera de niveau avec la partie septentrionale de la rue Bourbon, de sorte que tout sera en harmonie avec le quartier neuf, si ce n´était les deux cafés du cours dont les seuils seront de 60 à 80 centimètres trop bas.

    Le glacis du Rhône baisse, comme le fleuve de demi millimètres par mètre, ce qui donne environ un mètre vers le pont de la Mulatière. Cette pente est si peu sensible que je n´ai pas cru nécessaire d´y avoir égard indiquant le terrain toujours horizontal. Ce procédé eut occasionné plus de remblais et n´eut été favorable qu´à une extrême régularité des hauteurs des [chaîneaux] et du cordon, régularité dont le dérangement serait imperceptible si l´on veut que ce cordon soit toujours à la même distance du terrain ; en effet la différence avec l´angle droit est si minime qu´elle n´influerait en rien sur la taille des pierres ; et si enfin l´on voulait ce cordon parfaitement horizontal, il n´y aurait d´autre inconvénient que d´élever graduellement les rez-de-chaussée et entresols, d´où il résulterait que ces deux logements seraient d´un mètre plus haut au pont de la Mulatière que vers les barrières.

    La pente de la Saône est si faible qu´il devient inutile d´en faire mention ; la ligne oblique parallèle au cours du Midi n´ayant pu obtenir son parallélisme que sur l´appui du premier rang d´arbres de ce cours, et cette ligne n´ayant pu se trouver sur le terrain par rapport aux nombreuses constructions qui se trouvent sur l´alignement ; les cotes [mises] des longueurs orientales et occidentales de la première rangée des masses ont été obtenues par analogie sur le total connu de cette obliquité, et Mr l´architecte de la ville ne pourrait compter sur ces cotes qu´à quelques centimètres près pour la distribution des ouvertures ; ce ne pourra être qu´après la démolition de ces maisons, qu´elles se détermineront irrévocablement. Alors la façade Groskopf (à cet alignement du cours) servira de régulateur.

    Les cotes rouges marquent les hauteurs que chaque angle de masse doit avoir au dessus des bords extrêmes des glacis ; celles écrites à l´orient de la rue centrale indiquent l´élévation au dessus du glacis du Rhône, et les cotes rouges écrites à l´occident de la dite rue marquent les hauteurs au dessus du glacis de la Saône.

    Toutes les rues auront deux rigoles ; dans celles de 13 mètres de largeur, ces rigoles seront à 3 mètres des maisons et à 4 mètres dans les plus larges. Dans les rues nord-sud, l´écoulement s´effectuera au moyen d´un pont ... vis à vis le milieu de chaque masse selon que les angles extrêmes seront de niveau ou non ; dans ce dernier cas, le point de convexité n´est pas précisément en [...]. Ce point de bombage est indiqué par une cote rouge et les cotes noires qui lui sont latéralement placées indiquent les distances de ce point aux rigoles. Les cotes noires au dessus indiquent la largeur des façades et la largeur des rues ensuite.

    Les filets bleus indiquent les rigoles, et tout est calculé sur la cime du pavé [...]. Les chiffres dans le milieu des masses ne sont que des n° d´ordre.

    Les arbres présentent leurs positions respectives, c´est à dire que les 1164 qui figurent sur ce plan auront même [...] et proportions sur le terrain. Dans la rue centrale, les arbres sont à 7 mètres des maisons et à 5m 75 dans les deux rues nord et sud de la place. Leurs distances longitudinales sont de 6m 50 ; ils devront être plantés de manière à n´être nullement aperçus (du moins par le tronc) de l´alignement des rues qui n´en doivent pas avoir.

    Le centre de la place sera de 0m 77 plus bas que le glacis du Rhône ; ce centre recevra les eaux de la surface totale de la place ainsi que celui des quatre demi masses qui la flanquent au nord et au sud. La partie sous les arbres ne sera que de demi centimètre par mètre au d[...] centrale et à la sortie des arbres jusqu´au fond de 3 à 4 centimètres par mètre. Cette dernière partie n´empêchera point le trot à un attelage ordinaire.

    Les deux quais ont chacun 34 m de largeur, celui de la Saône n´ a exactement cette largeur qu´aux angles de masses. Les façades n´imitent point les courbures de la rivière. Le [...] cours a 17 mètres, l´allée centrale 24 mètres, les deux rues qui [bordent] la place au nord et au sud 19m 50 et les autres [13] mètres..."

  • Ordonnance royale, 7 mars 1827

    Ordonnance royale, 7 mars 1827 (AC Lyon : 1420 WP 007).

    "... Art. 1 Le plan de distribution des terrains de la presqu´île Perrache acquis par la Ville, en vertu de la loi du 30 avril 1823, présenté par le préfet du département en suite de la délibération du conseil municipal du 20 janvier 1826 est approuvé sous les modifications suivantes :

    « 1° la rue qui doit conduire de la place Louis XVIII à l´extrémité de la presqu´ile sera portée à une largeur de 33 m.

    2° toutes les rues tracées parallèlement à la même rue seront prolongées dans toute leur longueur du cours du Midi au point où elles rencontreront le quai à établir sur la Saône de manière à n´être interrompues par aucune construction

    3° il sera traité une rue ou cours de 33 mètres de largeur conduisant le Rhône à la Saône, entre la partie de la presqu´île qui sera plus spécialement destinée aux établissements industriels et le reste de la même presqu´île

    4° un terrain convenable sera réservé pour construction d´une église ou pour celle d´un marché

    Art. 2 Il sera statué ultérieurement sur les dispositions relatives à l´établissement d´une gare ou canal communiquant au Rhône et à la Saône indiqué sur le plan ci annexé... "

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité, t. 7, séance du 6 avril 1827

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité, t. 7, séance du 6 avril 1827, p. 41.

    Rapport du maire sur la distribution de la presqu´île Perrache rapportant l´ordonnance du roi du 7 mars approuvant définitivement ce plan.

    "... Je propose de donner à la grande rue centrale le nom de Charlemagne : 1° parce que c´est un des plus grands rois qui aient gouverné la France ; 2° parce qu´il a résidé assez longtemps à Lyon, à l´Ile Barbe, où il rédigea ses capitulaires ; 3° parce qu´il est le premier du nom de Charles." ...

    "La ligne séparative de la partie plus spécialement destinée aux établissements industriels d´avec le reste de la presqu´île sera fixée par la rue ou cours prenant du Rhône à la Saône et limitant au nord la nouvelle place Charles X.

    Cette partie qui contient dix masses... serait spécialement affectée aux habitations particulières...

    Il serait réservé dans la masse centrale de la place Charles X, du côté du Rhône, une superficie assez considérable pour la construction d´une grande et vaste église dont la face regarderait l´occident...

    Je vous proposerai d´affecter à l´établissement du marché un espace de 30 000 mètres de superficie, pris dans la masse n° 13. Il prendra le 1/3 nord , les 2/3 sud étant vendus à Arban

    L´énonciation de l´art 2 de l´ordonnance fait préjuger l´adoption prochaine par le gouvernement du traité avec MM. Seguin..."

  • Plan des longueurs, largeurs et pentes à donner aux rues et quais de la presqu´île Perrache depuis la haie de l´octroi jusqu´à l´acquisition Seguin, y compris les trois masses de la compagnie Bodin, par Terrat, 18 juin 1827

    Plan des longueurs, largeurs et pentes à donner aux rues et quais de la presqu´île Perrache depuis la haie de l´octroi jusqu´à l´acquisition Seguin, y compris les trois masses de la compagnie Bodin, par Terrat, 18 juin 1827. Légende (AC Lyon : 0002 S 0236 2).

    "... La majeure partie des pentes est de 50 à 65 centimètres pour 100 mètres ; il n´y a que les quatre longues rues qui dégorgent dans la Saône qui n´ont que 41 centimètres pour cent mètres au terme moyen.

    Les cotes rouges écrites aux angles des masses et à l´orient de la rue centrale indiquent les hauteurs que doivent avoir ces angles au dessus de l´arête du glacis du Rhône et les autres cotes rouges également placées aux angles des masses à l´occident de la dite rue centrale indiquent les hauteurs par rapport au glacis de la Saône.

    Les cotes rouges placées près le centre des façades des rues nord sud indiquent de combien il faudra élever le pavé pour avoir un écoulement à demi centimètres par mètre au nord et au sud.

    Les cotes noires placées latéralement à ces points de convexité indiquent la distance de ces points culminants aux angles de masse nord et sud.

    Les cotes noires écrites vers le milieu des façades indiquent la longueur de ces façades et les chiffres écrits dans le milieu des masses ne sont que des numéros d´ordre.

    Les cotes noires, vertes, bleues et rouges écrites à l´orient de la chaussée du Rhône et vis à vis le milieu des rues indiquent savoir :

    les noires : les différences de hauteur des deux arêtes actuelles des glacis ou bien points correspondant sur la Saône.

    Les vertes : la pente actuelle du glacis du Rhône en partant de zéro sur l´alignement du nouveau cours, devant la maison Veissière.

    Les bleues : La pente régulière à demi millimètre par mètre que devra avoir le nouveau glacis en partant du même zéro

    et les rouges, l´élévation à faire sur le glacis actuel du Rhône.

    Après avoir examiné avec attention les détails du nivellement du glacis du Rhône, ainsi que le mauvais état de son couronnement : considérant que vers la 4e rue cotée 0m57 plus bas que celui de la Saône, les eaux vinrent sur ce point en 1812

    que l´ouverture des aqueducs à faire sous le chemin de halage doit être de 10 centimètres en contrebas de son arête et que d´après l´avis verbal de Monsieur l´ingénieur en chef des ponts et chaussées, la pente en doit être uniforme, ce qui n´est pas aujourd´hui : j´ai calculé les cotes d´élévation d´abord sur le glacis actuel vu qu´il n´y a pas d´autre point de repère pour les premières constructions, mais de manière à s´accorder sur un nouveau couronnement dont les hauteurs à ajouter sont marquées en encre rouge vis à vis le milieu de chaque rue ; pente nouvelle qui serait de 5 centimètres pour cent mètres, ou d´un mètre pour toute la chaussée depuis les barrières et qui élèverait le nord du glacis de 48 centimètres au point submergé en 1812.

    Les doubles cotes rouges écrites le long de la rue centrale indiquent la hauteur qu´aura le faîte des deux versants après l´achèvement du glacis du Rhône.

    Les variations écrites dans l´établissement Seguin comme celle du reste de la presqu´île au sud ne pourront se vérifier qu´après l´achèvement de la digue de ceinture de la Saône..."

  • Exploit d´huissier, 5 septembre 1836

    Exploit d´huissier, 5 septembre 1836 (AC Lyon : 0331 WP 001)

    "... L´an mil huit cent trente six et le cinq septembre, à la requête des sieurs 1° David Baize, propriétaire d´une maison dans laquelle il est domicilié, sise à Lyon, presqu´île Perrache, à l´angle de la chaussée de ce nom et de la rue du Bélier, sur laquelle est son domicile, 2° Etienne Macon, propriétaire d´une maison sise susdite rue du Bélier, dans laquelle il est domicilié, 3° Jean-Pierre Baron, propriétaire d´une maison sise susdite rue du Béllier (sic), domicilié à la Guillotière, place du Pont, maison Comballot, 4° Guillaume Kuhné, brasseur de bière, domicilié dans sa maison formant l´angle de la rue du Zodiaque et de la rue du Bélier, lesquels font élection de domicile dans leurs domiciles respectifs sus indiqués, où ils entendent que toutes significations leur soient faites à peine de nullité, je soussigné Henri Barcet, huissier reçu au tribunal civil et audiencier à la cour royale de Lyon, y demeurant place de la Baleine, patenté à la mairie de la dite ville, 3e classe, le 23 février dernier, n° 135, certifie avoir signifié à Monsieur Christophe Martin, maire de la ville de Lyon et en cette qualité, demeurant à Lyon, hôtel de ville, place de la Comédie,

    que les requérants ne peuvent tolérer plus longtemps les graves dommages qu´ils éprouvent tous dans leurs dites maisons, par les remblais successifs que l´administration municipale de Lyon fait faire et autorise d´exécuter dans la dite rue du Bélier, presqu´île Perrache, en donnant des nivellemens aux nouveaux propriétaires qui font construire en divers endroits de cette dernière rue, de manière à fixer une hauteur à la surface de la rue précitée qui enterre d´environ deux mètres le niveau du rez-de-chaussée de leurs maisons, en sorte que dans ce moment, soit pour les maisons Baize, Macon et Baron, on ne peut parvenir à leur rez-de-chaussée qu´en descendant une rampe composée de sept ou huit marches, et que la maison Baize qui a une descente de cave et un balcon en saillie sur la rue du Bélier depuis plus de trente ans, et qui sont d´ailleurs des dépendances de la propriété, se trouve privée, par les remblais dont il s´agit, des dites portions de son immeuble ;

    qu´à raison des rapports de terre que l´on établit sur plusieurs parties de la surface de la rue du Bélier, les eaux y sont sans écoulement, même elles s´infiltrent dans tous les rez-de-chaussée des maisons précitées, ce qui empêchent l´occupation de ces maisons ou les rend si insalubres qu´aucun locataire ne veut payer le prix de sa location ;

    que les remblais qui se font journellement en face de la propriété du sieur Kuhné le long de la maison des frères Villette, rejettent toutes les eaux sur la propriété de ce premier et que le niveau de ces remblais enterrerait d´environ deux mètres son rez-de-chaussée, ce qui nécessiterait la reconstruction de ces bâtiments et conséquemment des dépenses très considérables ;

    que les maisons Baize, Mâcon et Baron qui sont construites sur un alignement régulier, donné par la Compagnie Perrache, viennent d´être frappées d´une dépréciation très grande par un autre changement apporté sans but dans l´alignement de ces maisons, puisque le bâtiment qui est en construction à l´occident de la maison du sieur Baron fixe un reculement de vingt-trois centimètres aux dites trois maisons ;

    qu´un tel état de choses est sans doute ignoré de Monsieur le maire qui est trop protecteur des lois et dirigé par un esprit de justice trop grand, pour autoriser de semblables préjudices apportés à la propriété des requérants, lesquels au besoin invoquent la décision de la cour de cassation qui a consacré un principe qui d´ailleurs est la base de notre pacte social : c´est que la propriété ne peut être violée et qu´aucun changement ne peut être fait à un sol public sans que préalablement tous les dommages qu´il peut occasionner aient été constatés et les propriétaires indemnisés ; en effet il n´y aurait rien de sacré dans la propriété si, par un caprice ou une fantaisie de la part d´une administration, on pouvait compromettre ou réduire de beaucoup sa valeur.

    En conséquence de tout ce que dessus, les requérants s´empressent de manifester à Mr le maire de la Ville de Lyon la protestation la plus formelle qu´ils font contre les dits remblais de cette rue jusqu´à ce que l´indemnité à laquelle ils ont droit pour cette cause ait été fixée et payée.

    Priant Monsieur le maire de ne pas apporter de lenteur dans sa réponse à faire à la juste demande des requérants, attendu que les eaux qui ne peuvent déjà plus s´écouler donneraient infailliblement lieu à une infinité de maladies aux personnes qui habitent la rue du Bélier, d´ailleurs l´approche de la mauvaise saison nécessite impérieusement une prompte décision, laissant à Monsieur le maire l´option ou de faire déblayer cette rue comme elle l´était jadis et dans l´état où leurs immeubles leur ont été vendus, ou de porter cette rue, après l´acquittement d´une juste et préalable indemnité, à la hauteur qu´il conviendra à l´administration.

    Les requérants ajoutent qu´ils entendent conserver tous les droits acquis à leurs dites maisons, soit dans la rue du Bélier, soit dans la hauteur de son ancien sol, soit dans les alignements qui leur ont été donnés pour la construction de leurs maisons, en conséquence et sous toutes leurs réserves, ils prennent le parti de signifier cet acte dans l´espoir qu´ils ne seront pas les seuls à connaître la justice que Monsieur le maire distribue à tous ses administrés..."

  • Rapport fait à Mr le maire de la Ville de Lyon par Terrat, voyer de la division du Midi, 10 septembre 1836

    Rapport fait à Mr le maire de la Ville de Lyon par Terrat, voyer de la division du Midi, 10 septembre 1836 (AC Lyon : 0331 WP 001)

    "... En l´année 1775, la chaussée Perrache fut formée à la hauteur qu´elle a maintenant devant les maisons Veissière, héritiers Damour, Mazeyrat, héritiers Archinel, Baize et Mâcon. Dans cette ligne de maison, la première rue tracée par la Compagnie Perrache en partant du nord, fut de trente pieds royaux de largeur, s´appuyant sur une perpendiculaire à la chaussée. La maison Baize (A) étant des premières construites, fut donc assise sur cette perpendiculaire. La maison Mâcon vint ensuite, et plus tard encore la maison Baron qui dévia un peu au nord vers son angle nord-ouest (B) ce qui apparaît à l´oeil. Le 7 mars 1827, apparut l´ordonnance royale du tracé de la presqu´île, et cette première rue a été conservée sous le nom de rue du Bélier que lui avait donné la Révolution de 1789. Par l´ordonnance royale de 1827, le tracé de cette rue conserva la direction que lui avait donné la Compie Perrache par la maison Baize, en maintenant la perpendiculaire jusqu´à la borne F (voir le plan ci-joint) près des montagnes Arban, sur laquelle la parallèle CDE, côté nord de la dite rue, fut exécutée par les maisons Terra et Clairvaux, avec l´espacement de neuf mètres soixante quinze centimètres (30 pieds de roi) et au Midi par la borne F et les maisons Villette et Savarin (GB), ce qui forme un reculement de vingt-trois centimètres à l´angle B de la maison Baron, mais qui s´éteint sur la maison Mâcon.

    En 1827, les maisons Baize, Mâcon et Baron, étant construites aux périls et risques du nivellement à opérer par eux, comme toutes les autres maisons de l´intérieur de la presqu´île, puisque la Compie Perrache n´avait fait à ses frais que la chaussée, le sieur Baize qui profitait en remblais de la naissance de la rue vers le quai, y fit, et sans permission, pratiquer une terrasse ou balcon qu´il a toujours, au dépend de la voie publique.

    Le sieur Mâcon conforma son rez-de-chaussée pour se garantir des eaux suivant qu´il le jugerait convenable, ainsi que le sieur Baron, puisque chacun d´eux fit un exhaussement en terre en laissant le côté nord de la rue submergé lors des crues du Rhône, ce qui laissait un cloaque entre la chaussée et le sol un peu élevé de l´ancienne maison Kuhné et de la pépinière départementale, deux parties du sol qui s´aperçoivent encore au midi de la maison Kuhné et à l´occident de celle des frères Villette.

    De 1828 à juin 1836, les remblais n´ont apporté que de l´amélioration à la rue du Bélier ; mais la maison Savarin qui se construit maintenant, et la part de remblais des frères Villette, rejettent les eaux sur las maisons Mâcon, Baron et Kuhné, et cela inévitablement d´après le plan de nivellement approuvé le 19 octobre 1827.

    Ainsi la rue du Bélier doit avoir son écoulement d´eaux dans le Rhône, soit d´après les permissions anciennes et nouvelles, soit par le plan de nivellement précité, et jusqu´ici l´on n´a fait remblayer dans cette rue du Bélier, que par amélioration et non par détriment, si ce n´est que les maisons Villette et Savarin qui se construisent maintenant, ne pourront empêcher l´enterrement des rez-de-chaussée des maisons Baron et Mâcon, principalement dans la première ; mais quant à la maison Kuhné, le propriétaire doit avoir pris l´engagement de remblayer devant les deux façades de sa nouvelle acquisition.

    Tel est l´état des lieux afin que l´on puisse juger du détriment exprimé dans l´exploit d´huissier du 5 septembre courant, comme de l´amélioration incontestable qui en résulte en définitive, vu que les quatre maisons teintées aurore dans le plan, ont un revenu beaucoup plus considérable que celui qu´elles avaient en 1827..."

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité, t. 7, séance du 12 mai 1828

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité, t. 7, séance du 12 mai 1828, p. 274.

    Rapport de M. Jullien au nom de la commission des objets d´intérêt public sur la direction à donner au chemin de fer

    "... Dans la séance précédente le maire a soumis deux projets qui partent de l´extrémité méridionale de la presqu´île, du pont sur le Rhône que la Cie Seguin et Edouard Biot aura à faire construire, et arrivent au cours transversal limitant au nord la nouvelle place Charles X.

    Le 1er projet couperait plusieurs masses de la presqu´île ; le 2d nécessiterait une courbe dans la direction de la grande rue Charlemagne, de manière qu´à l´exception des terrains concédés à MM. Seguin le chemin n´aura à parcourir que des voies publiques.

    La commission préfère le 2d.

    La commission s´est demandée pourquoi arrêter le chemin de fer à la place Charles X et ne pas le prolonger jusqu´à l´ancienne gare dans le quartier neuf de Perrache [au nord ouest du cours Verdun].

    Le conseil considérant que pour obtenir ce prolongement il faudrait détruire une partie de la belle promenade du cours du Midi et scinder sa direction du Rhône à la Saône

    que le chemin de fer poussé jusqu´à la place de la Gare, interromprait le service du chemin de halage en ce qu´il intercepterait la communication du quai d´Occident avec le cours Rambaud, le long de la rive gauche de la Saône

    décide que le point d´arrivée du chemin de fer dans la presqu´île Perrache restera fixé au point marqué K sur le plan produit par MM. Seguin et Edouard Biot..."

  • Arrêté du maire de Lyon, 17 novembre 1828

    Arrêté du maire de Lyon, 17 novembre 1828 (AC Lyon : 1420 WP 007).

    "... 1° Sera élargi de vingt pieds la rue ou cours transversal du Rhône à la Saône situé au nord des nos 106 et 48. Ces vingt pieds seront pris en entier sur les dites portions des masses 106 et 48.

    2° Sera élargie de 10 pieds la rue longitudinale située à l´ouest des parties de masses nos 48, 34, 76, 52 et 51du plan ; ces dix pieds seront pris en entier du côté d´occident des dites masses.

    3° Sera élargie de dix pieds la dite rue longitudinale qui fait l´objet du paragraphe 2e ci-dessus dans son côté à l´est des parties de masses nos 49, 53, 110, 71 et 77 : ces dix pieds seront pris sur les dites portions de masse en sorte que l´élargissement de cette rue sera de vingt pieds dont dix à l´ouest suivant le paragraphe no 2 et dix pieds à l´est suivant le présent paragraphe no 3.

    4° Sera élargie de vingt pieds la rue transversale située au nord de la partie de la masse no 49 ; ces vingts pieds seront pris exclusivement sur la dite masse ; la haie située au nord de cette masse et payée par la ville sera arrachée.

    5° Le reculement nécessaire pour donner l´alignement à la place Charles X dans la partie située à l´est des portions de masses nos 106, 76 et 107 sera effectué conformément au plan précité...

    6° Sera élargie de vingt pieds la rue située au sud des parties de masses nos 107, 52, 71 et 70 du plan. Ces vingt pieds seront pris conformément au plan ci-dessus indiqué et l´élargissement aura lieu après que les récoltes pendantes auront été payées...

    7° le reculement nécessaire sera effectué du côté de l´orient sur la masse 101 pour donner à la rue Charlemagne l´alignement indiqué par le plan et par les bornes qui ont été plantées.

    8° Sera élargie de dix pieds à prendre sur la masse 96 la rue Charlemagne dans sa partie située à l´orient de la dite masse..."

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 6, séance du 4 août 1826

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 6, séance du 4 août 1826.

    "... M. Perret demandait 7 masses de terrain. Les commissions ont trouvé que c´était trop considérable. M. Perret est déjà propriétaire d´un tènement de 5 984 m² qu´il avait acquis de la Cie Perrache avant la vente passée à la Ville.

    L´une des rues à ouvrir d´après le plan de distribution coupe en 2 parties cette propriété. La Ville lui cèderait donc les masses L, O et I.

    Sur la masse L, en tirant d´est en ouest une ligne droite d´un point pris en face de l´extrémité côté sud de la maison d´habitation, M. Perret aurait la faculté d´agrandir les établissements industriels qu´il a déjà formés en vertu de l´ordonnance royale du 12 décembre 1822. Il devra ensuite employer tout le surplus de la masse L et toute la masse O à former des établissements industriels qu´il aura désignés à l´administration. Il ne pourra y avoir que des établissements industriels pendant 25 ans.

    La masse I serait concédée à titre d´échange avec le terrain pris pour la rue et avec une partie de terrain réuni à la masse K appartenant à la ville. Cette masse ne serait soumise à aucune servitude spéciale.

    M. Perret s´assujettit à construire les façades chaussée Perrache selon un plan soumis à l´administration : il sera libre quant à l´ordre architectural, mais il sera tenu, pour les hauteurs du soubassement, des cordons des fenêtres de chaque étage et de la corniche, de se conformer aux élévations données par l´administration de telle sorte que les façades des masses pourront être chacune d´ordre différent ; mais elles seront toutes au même niveau pour les cordons, pour les fenêtres et pour la corniche.

    M. Perret formera d´ici à 5 ans les établissements industriels proposés.

    Il remblayera dans un délai de 2 ans la moitié des rues à l´entour des masses qui lui sont concédés. La Ville sera chargée du remblai le long de la chaussée et le long du cours Rambaud...

    Soumission de la Compagnie Mure-Latour : masses D et F

    Sur l´une des deux masses la Compagnie sera tenue d´installer dans les 2 ans, un établissement industriel mu à la vapeur ou par tout autre moteur pour des filatures de soie, de bourre de soie, de laine, de coton, etc.

    Sur l´autre masse, un autre établissement industriel au choix de la Compagnie agréé par l´administration.

    Les murs extérieurs de la façade du principal établissement sur une longueur de 26 m et sur une profondeur de 13 m seront en fer fondu ; des colonnes en fer entreront nécessairement dans la construction.

    La Compagnie remblayera dans un délai de 5 ans la moitié des 4 rues qui entourent les 2 masses dont il s´agit. Elle remblayera intégralement la rue qui traverse les dites deux masses, lesquelles en aucun cas ne pourront être réunies en une seule..."

  • Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 7, p. 136, séance du 3 août 1827

    Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité..., t. 7, p. 136, séance du 3 août 1827.

    "... M. le maire a terminé son rapport en vous annonçant qu´il est entré en négociations avec d´autres propriétaires dans la presqu´île dont les maisons gênent et obstruent les communications qui sont à acheter pour l´entière exécution du plan de distribution...

    Il paraîtrait que les prétentions de la plupart de ces propriétaires seraient extrêmement exagérées ; il importe, Messieurs, d´user immédiatement des moyens que donne la loi sur les expropriations pour cause d´utilité publique.

    Le mouvement qui se porte sur la presqu´île va toujours croissant ; il est du plus grand intérêt pour la Ville d´employer tous les moyens possibles afin que ce mouvement non seulement ne rétrograde pas, mais qu´il prenne chaque jour un nouvel accroissement.

    Vous ne devez point perdre de vue que les vastes emplacements que vous avez à vendre dans la presqu´île forment en partie le gage de l´emprunt que vous avez voté et que tout annonce que les seuls produits de cette propriété, si dédaigné il y a peu d´années, vous fournirait, on doit aujourd´hui l´espérer, les sommes suffisantes pour couvrir entièrement votre emprunt.

    Vos ventes dans la presqu´île ont commencé il y a dix huit mois, à 4 sols le pied de terrain, vous êtes successivement arrivés à 10 et à 15 sols ; elles sont aujourd´hui, terme moyen, à 25 sols..."

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN : F14bis 6712 (rapport sur le projet de la 3e et dernière partie de la digue, 25 août 1826)

    AN : F14bis 6712
  • AD Rhône. 3P 123 / 38. Matrices des propriétés bâties, 1837-1913

  • AD Rhône. 3P 123 / 43-45. Matrices des propriétés bâties, 1882-1911

  • AD Rhône. 3P 123 / 46-47. Matrices des propriétés bâties, 1912-1944

  • AD Rhône. 3P 123 / 54. Etat des sections, 1837

  • AD Rhône. S 1836 à S 1841. Navigation - Travaux neufs et grosses réparations, Lyon : presqu'île Perrache, an VIII-1838

    S 1836 (travaux presqu´île 1827-1838) ; S 1837 (vente Seguin, 1827, plan)
  • AC Lyon. 0310 WP 1261. Matrices cadastrales 1831-1834. Presqu´île Perrache, vol. A et B

    AC Lyon
  • AC Lyon. 0321 WP 119. Place de l'Hippodrome, 2e arrondissement : vente de terrain communal sis la dite place dans la presqu'ile Perrache

    Arrêté du maire, 14 mai 1828
  • AC Lyon. 0331 WP 001. Améliorations de rues ; travaux de voirie : dossiers par ordre alphabétique de rue A à Be, 1807-1910

  • AC Lyon. 1420 WP 007. Voirie urbaine : - Presqu'île Perrache, 1813-1858

    Mairie de Lyon. Distribution de la presqu´île Perrache. Programme, par le maire de Lyon, J. de Lacroix-Laval, 15 juillet 1826. Lyon : impr. Rusand. 4 p.
  • AC Lyon. 1420 WP 007. Ordonnance du Roi du 7 mars 1827

  • AC Lyon. 1420 WP 007. Arrêté du maire de Lyon, 17 novembre 1828

  • Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité d´après les manuscrits originaux 1800-1870. T. 6. 1823-1826 (31 janvier 1823-19 décembre 1826). Lyon : Impr. nouvelle lyonnaise, 1935

    p. 155, 232, 302, 323, 424, 531, 541, 567
  • Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité d´après les manuscrits originaux 1800-1870. T. 7. 1827-1829 (19 janvier 1827-15 décembre 1829). Lyon : Impr. nouvelle lyonnaise, 1942

    p. 53, 107, 136, 264, 268, 274, 302
  • DUPASQUIER, Alphonse. Rapport sur les inconvénients que peuvent présenter plusieurs manufactures de produits chimiques qu´on a le projet d´établir dans la presqu´île Perrache. Lyon : impr. C. Coque, 1827. 40 p.

  • Nouvel indicateur des habitants de la ville de Lyon d´après le dernier recensement administratif. Lyon : Rusand, 1832. 401 p.

    p. 7
Documents figurés
  • Esquisse indicative de l'emplacement proposé pour un grand établissement militaire sur des terrains de l'Ile de Perrache, et de ceux que la ville se réservent pour ses propres établissements [non réalisé]. [vers 1823]. 1 : 600. Encre, lavis. 75 x 52 cm (AC Lyon : 0002 S 00307)

  • Plan de distribution de la presqu´île Perrache. 9 janvier 1826. 1 : 2000. Encre, lavis. 1305 x 525 cm. Avec en superposition l´état ancien de la presqu´île (AC Lyon : 0001 S 00026)

  • [Plan de distribution de la presqu´île Perrache]. 26 janvier 1826. 1 : 2000. Encre, lavis (AC Lyon : 0001 S 00161)

  • Plan de distribution de la presqu´île Perrache / Brunet, 1826. 1 : 2000. Lith., lavis. 34 x 65 cm. Lég. (BM Lyon. Fonds Coste C 182)

  • [Plan de la presqu´île Perrache avec le projet d´une gare d´eau]. 31 mai 1826. 1 : 2000. Encre, lavis. En superposition état des lieux et projets. "Le présent plan a été reconnu contradictoirement entre Mr le Maire de la Ville de Lyon et MMrs Marc et Paul Seguin pour être annexé à la convention passée à la date de ce jour et dont il a été déclaré faire partie intégrante" (AC Lyon : 0002 S 00239)

  • Presqu'île Perrache. Développement de la 1ère masse du côté du Rhône, 17 septembre 1826. Ech. de 600 pieds de roi (500 pieds = 19,8 cm). Encre, lavis, aq. 31,5 x 46,5 cm. Légende (AC Lyon : 1420 WP 007)

  • [Plan de nivellement et de distribution du quartier Perrache] / Jean-François Terrat, 5 décembre 1826. 1 : 2000. Encre, lavis. Approuvé par le préfet, 28 mai 1827 (AC Lyon : 0002 S 00236 1a)

  • [Plan de nivellement et de distribution du quartier Perrache] / Jean-François Terrat, 23 décembre 1826. 1 : 2000. Encre, lavis. Approuvé par le préfet, 28 mai 1827 (AC Lyon : 0002 S 00236 1)

  • Elévations à donner aux différents étages des maisons qui seront construites dans le nouveau quartier de [blanc] sur le côté méridional du cours du Midi à Lyon. Approuvé par le mairie le 2 décembre 1826. Encre, lavis. Ech 50 m = 14,8 cm 32,5 x 99 cm (AC Lyon : 1420 WP 007)

  • Plan des longueurs, largeurs et pentes à donner aux rues, quais de la presqu´île Perrache depuis la haie de l´octroi jusqu´à l´acquisition Seguin, y compris les trois masses de la compagnie Bodin [Plan de nivellement et de distribution du quartier Perrache] / Jean-François Terrat, 18 juin 1827. 1 : 2000. Encre, lavis. Approuvé par le préfet, 19 octobre 1827 (AC Lyon : 0002 S 00236 2)

  • Plan de distribution de la presqu´île Perrache/ H. Brunet et Cie à Lyon. 1 : 5000. Lithogr. 36 x 71 cm ; plan muet ; indication des tènements distribués surimposés aux constructions existantes. (AC Lyon : 0002 S 00073)

  • Plan de distribution de la presqu´île Perrache. Lith de H. Brunet et Cie à Lyon. 1 : 5000. 36 x 71 cm ; signé du maire le 7 septembre 1827, copie du 8 mars 1853 (AC Lyon : 1420 WP 007)

  • Plan de distribution de la presqu´île Perrache. Lith de H. Brunet et Cie à Lyon. 1 : 5000. 36 x 71 cm ; surchargé par Terra, 27 septembre 1827, indiquant en bleu au sud de la gare d´eau "les parties plus ou moins submergées pendant l´été ou couvertes de joncs" (AC Lyon : 1420 WP 007)

  • [Projet d'aménagement de l'extrémité de la presqu'île de Perrache] / H. Brunet et Cie, imprimeur, [vers 1830]. 1 : 2000. Lithogr. 43 x 35 cm (AC Lyon : 0003 S 00147)

  • Ville de Lyon. 4ème arrondissement. Section Y dite de la presqu'île Perrache en treize feuilles / A. Delucenay, 1831 (AD Rhône : 3P 1006 à 1018)

  • Elévation de la façade principale de la maison que Monsieur Tabory se propose de faire construire sur le cours du Midi [masse 78] / André Dumont, architecte, Lyon, 1er août 1830. Plan coté. Encre. 36,3 x 31,4 cm (AC Lyon : 0321 WP 0145)

  • Façade latérale de la maison que Monsieur Tabory se propose de faire construire sur le cours du Midi [masse 78] / André Dumont, architecte, Lyon, 1er août 1830. Encre. 37 x 25 cm (AC Lyon : 0321 WP 0145)

  • Nouveau plan topographique et pittoresque de la ville de Lyon / J.-B. Noëllat, 1844. 1 : 8300. Lithogr. (AC Lyon : 0003 S 00125)

  • Plan topographique de la Ville de Lyon et de ses environs / Eugène Rembielinski et Laurent Dignoscyo, 1847. 1 : 10000. 1 est. : lithogr. ; 65 x 89,9 cm (AC Lyon : 2 S 574)

    AC Lyon : 2 S 574
  • Lyon. Vue prise de la Croix Rousse, par Guesdon dessinateur et Th. Muller lithographe, lithographie à deux teintes. Dans : "Voyage aérien en France", [1847], n° 11 (Musée Gadagne : [9] 55.82.45 Fonds Verzier ; BM Lyon. Coste 299, Vidéralp n° 6743)

  • Vue des barrières de Perrache (près la Manufacture de Tabac.) / Dessin de V. Fonville ; H. Brunet, lith., [1830-1834]. Lithographie. Dans : Nicolas-Victor Fonville. "Promenade à Lyon". Lyon : 1830-1834, pl. 3. (Musée Gadagne, Lyon : (9) 55.69.2 fonds Verzier)

  • Lyon. Pont du chemin de fer et de la Mulatière à la jonction du Rhône et de la Saône / Dessiné par T. de Jolimont. Figures par Adam. Lith. par Monthelier et Tirpenne. Litho de H. Brunet et Cie, [1833]. Lithographie. Dans : "Lyon. Vues principales des Ponts et Quais du Rhône et de la Saône" / T. de Jolimont, Lyon : 1833, n° 5. (Musée Gadagne Lyon : (9) 55.49.5, fonds Verzier)

  • Vue prise de la Mulatière / Guindrand del., lith. / Legny et Dupaix, [vers 1830] (AD Rhône : fonds Galle)

  • Pont de la Mulatière / lith. D'après un croquis / Duclaux, les figures / Bayot, grav. / Edouard Holstein. Dans : "Album lyonnais". Paris : impr. Lemercier, 1839 (BM Lyon : fonds Coste C 206)

  • Ancienne chaussée de Perrache à Lyon / François-Amédée Gabillot, [milieu XIXe siècle]. Dessin (Musée Gadagne, Lyon : (9) 53.191)

  • Atelier d'artifices sauté à Perrache, lundi 15 octobre à 4hres du soir / H. Brunet, [vers 1840]. Lithographie de H. Brunet et Cie (Musée Gadagne, Lyon : N 3014.17)

  • 2275 - Environs de Lyon. La Mulatière. Quai, Bateau-Lavoir (La Platte). [Lyon] : Ed. B. F. Paris, [début XXe siècle]. Carte postale (AC Lyon : 0004 Fi 03390)

  • Lyon. Un Bateau-Lavoir sur le Rhône. Lyon : [s.n.], [début XXe siècle]. Carte postale (AC Lyon : 0004 Fi 03399)

  • Moulin-bateau sur le Rhône. Photogr., [début XXe siècle] (AC Lyon)

  • Moulin-bateau sur le Rhône. Photogr., [début XXe siècle] (AC Lyon)

Bibliographie
  • CHAMBET aîné. Guide des étrangers. Lyon descriptif, monumental et indutriel, et ses environs. 11e éd. Lyon : Chambet, 1860 ; Paris : H. Strorck, 1860. 372 p. : ill. ; 18 cm

    p. 27-31
  • CHAMBET aîné. Nouveau guide pittoresque de l´étranger à Lyon. Panorama de la ville et d´une partie de ses environs, suivi d'un tableau de ses places, quais et rues, de ses établissements utiles, industriels, etc.. 9e éd. Lyon : J. Brunet, 1855. 286 p. : ill. ; 15 cm

    p. 26-27
  • CLERC, Pascal. L'urbanisation du quartier Perrache, 1766-1934. Lyon : s.n., 1983. 296 p. ; 30 cm (Maîtrise. Univ. Lyon 2. 1983.)

    p. 16, 41
  • COMBE, A., CHARAVAY, G. Guide de l´étranger à Lyon, contenant la description des monuments, des curiosités et des lieux publics remarquables, précédé d´un historique sur la ville. Lyon : Charavay frères, 1847. 332 p.-1 plan h.t. ; 15 cm

    p. 263-267
  • [Exposition. Lyon. 1975.] Plans et esquisses pour un quartier : de Perrache à Carnot, 1750-1922. Exposition, Lyon, décembre 1975. Catalogue / Jean-Claude Pérez. [S.l.] : Service information et relations publiques de la caisse des dépôts et de ses filiales, [1975]. Non paginé : ill. ; 21 cm.

    nos 9 et 10
  • GARDES, Gilbert. Lyon, l'art et la ville. Urbanisme - Architecture. Paris : Editions du CNRS, 1988, 2 vol. 188-253 p. : ill., plans, cartes ; 27 cm

    t. 1, p. 271
  • RIVET, Félix. Le quartier Perrache (1766-1946). Etude d'histoire et de géographie urbaines. Lyon : Audin, 1951. 126 p.-46 f. de pl. : ill., plan dont 1 dépl. ; 24 cm. (Institut des Etudes rhodaniennes de l'Université de Lyon. Mémoires et documents ; 6.)

    p. 31-49
Périodiques
  • BOUVIER, J. La gare de Perrache, ses conditions de site et son aménagement. Les Etudes rhodaniennes, 1945, n° 1-2

    p. 97-112
  • PARISEL, L.-V. Revue des établissements industriels de Lyon. Rev. Lyonnais, t. 3, 1836, p. 407-416

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