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Société anonyme des plaques et papiers photographiques Antoine Lumière et ses fils puis société Lumière puis groupe Ilford France actuellement Institut Lumière cinéma et musée

Dossier IA69000030 réalisé en 2000

Fiche

AppellationsUsine Lumière
Destinationscinéma, musée
Parties constituantes non étudiéeshangar industriel, bureau
Dénominationsusine de produits photographiques et cinématographiques
Aire d'étude et cantonLyon patrimoine industriel - Lyon
AdresseCommune : Lyon 8e
Adresse : 23 rue du, Premier-Film , cours, Albert-Thomas , place, Ambroise-Courtois , rue du docteur
Armand-Gélibert
Cadastre : 1824 C 340 ; 1999 AD 22, 24, 26, 25, 29, 44, 45, 46

Cette usine est construite à partir de 1882, rue Saint-Victor (actuelle rue du premire film), à l'initiative d'Antoine Lumière, pour la production de plaques photographiques instantanées : plaques sèches au gélatino-bromure d'argent rapide et facile à développer qui seront nommées étiquettes bleues. La société, fondée le 5 janvier 1884, sous la raison sociale Antoine Lumière et ses fils devient Société anonyme des plaques et papiers photographiques Antoine Lumière et ses fils en 1892. L'acte de fusion des sociétés Lumière et Jougla en 1911 sous le sigle Union photographique industrielle Lumière et Jougla réunis, permet d´élargir les moyens industriels et commerciaux. Cette nouvelle société anonyme perdurera jusqu´en 1928, puis la raison sociale perdurera sous le nom de Société Lumière. L'ensemble est agrandi progressivement au cours de la première moitié du 20e siècle. Les usines Lumière se rattachent à la parachimie puisqu'elles composent à l'aide de produits chimiques fournis par des sociétés industrielles comme Coignet, Rhône-Poulenc, Solvay, des émulsions photographiques qui sont ensuite étalées sur des supports de verre de cellulose ou de papier. La qualité des papier a une telle importance dans le comportement des révélateurs que la S.A. des Plaques et Papiers photographiques Antoine Lumière et ses fils fondée en 1892, a intégré très tôt la papeterie : une usine de papier localisée à Charavine utilise les eaux douces et pures de la Fure en Dauphiné pour fabriquer avec des pâtes spéciales des papiers très purs ; elle a approvisionné en son temps la plupart des usines françaises de papier photographiques. Après la mise au point des plaques « étiquettes bleues » deux autres inventions fondamentales viendront : 1895 l´invention du cinématographe et en 1903 l´Autochrome, photographie en couleur qui capture et conserve la couleur. Le papier photographique Lumière sera réputé dans le monde entier. Les autres bâtiments sont détruits en 1975 à l'exception du hangar, dit hangar du premier film, protégé aux titres des monuments historique en 1994, et réhabilité en salle de cinéma à partir de 1994 par l'architecte P. Colboc. Ce hangar est le seul témoignage des usines Lumière à Monplaisir avec le château qui servi très tôt de bâtiment administratif. C'est par là que sortaient les ouvrières, les ouvriers ainsi que les véhicules destinés au transport du matériel. A l'avant du hangar, à droite se situait la loge du gardien et la pointeuse ; au fond se trouvait l'atelier de préparation chimique des plaques photographiques : les célèbres étiquettes bleues. Le château Lumière a accueilli, très tôt, la partie administrative de l'usine ainsi que des ateliers en sous sol. L'entreprise est transférée en 1975 à Saint-Priest (chemin de la Fouillouse) et rejoint le groupe Ilford. La société Lumière produira jusqu'en 1970 des surfaces sensibles et produits pour la photocomposition et la radiographie médicale. Les destinées des sociétés Lumière et Ilford vont se rapprocher au cours des années 1960. En 1960, le groupe chimique Suisse Ciba rachète Telko, fabricant de produits photographiques, implanté à Fribourg en Suisse depuis le milieu des années 30, puis Lumière en 1962. Lumière et Telko étaient déjà liées par un contrat d'exploitation du procédé en couleur Telcolor. Ciba souhaitait ainsi développer le procédé S.D.B. de photographie en couleurs, futur Cibachrome, qu'elle avait mis au point. Dès 1963, Ciba se rapproche de Ilford Ltd dont elle devient l'unique actionnaire en 1969. Une rationalisation des gammes de produits de chaque partenaire du groupe est entreprise en même temps que l'élaboration de nouveaux produits ; la marque Lumière sera présente sur les produits jusqu'à cette période. En 1972, Ilford prend la responsabilité du groupe photo qui comprend des usines et des sociétés de vente dans le monde entier, tous les produits ont désormais une seule identité de marque : Ilford. La société Lumière fabrique une partie des produits Ilford dont elle commercialise l'ensemble de la gamme en France, et à l'étranger, elle sera spécialisée au sein du groupe Ilford dans la fabrication des papiers photographiques (noir et blanc) et conservera sa raison sociale jusqu'en 1982, date à laquelle elle prendra l'identité de Ilford France.

Le monument en hommage aux frères Lumière représentant un écran géant, est réalisé par l'architecte Hubert Fournier en béton armé et pierre d'Estaillade d'Oppède pour les parties sculptées. Il est inauguré en 1962 place Ambroise Courtois (1958 : pose de la première pierre). Le décor est confié aux sculpteurs F. et M. LAPANDERY : une fresque d'influence cubiste, réaliste et schématique à la fois. C'est une illustration des étapes du cinéma : les premiers films en 1894 ; les grands reportages ; les mises en scènes et les films scientifiques. Sa lecture se fait en deux partie de part et d'autre des portraits des frères Lumière représentés de profil au centre de la frise avec en légende Bienfaiteurs de l'humanité. Sur la partie gauche est représentée une locomotive avec des personnages qui attendent sur un quai de gare, peut-être une référence au film Lumière de l'arrivée du train en gare de la Ciotat, des animaux (éléphant, panthère, singe) sont également représentés ainsi qu'une scène de vie paysanne, qu'un serpent, un bateau et une mappe-monde illustrant la légende des grands reportages. La partie droite s'illustre par une scène antique de course de chars et de combats, d'un personnage féminin accompagnant la légende les grandes mises en scènes et d'une scène de projection de film accompagnant la légende les films scientifiques.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1882, daté par source
1994
Auteur(s)Auteur : Colboc P. architecte
Auteur : Fournier Hubert architecte
Auteur : Lapandery F. et M. sculpteur

Cette usine était composée de nombreux corps de bâtiments répartis sur quatre îlots dont la plupart en rez-de-chaussée (cf. Plan). Actuellement il ne reste qu'un hangar qui est protégé monument historique depuis 1994 ainsi que le château de la famille Lumière dans lequelle se trouve depuis les années 1980 l'Institut Lumière avec une salle de projection en rez-de-chaussée ainsi qu'un musée.

Murscalcaire
ciment
enduit
pierre de taille
Toittuile plate mécanique
Étagesrez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Couverturestoit à longs pans
appentis
shed
États conservationsvestiges
Techniquessculpture
Précision représentations

Le relief est une frise en hommage aux frères Lumière inventeurs du cinématographe (sculpteurs F. & M. Lapandery ; Fournier Hubert architecte). Le socle formé de quatre piliers de forme rectangulaire, est posé sur un emmarchement demi-circulaire qui le réhausse. La sculpture de forme demi-circulaire se compose d'un titre sur la partie supérieure et d'une frise sur la partie inférieure. Sa lecture se fait en deux parties : côté droit et côté gauche. La partie gauche sous le nom d'Auguste Lumière biologiste 1862-1954 : deux sous titres suivent cette partie de frise : les premires films 1894 ; les grands reportages. La partie droite sous le nom de Louis Lumière, physicien 1864-1948 : deux sous titres suivent cette partie de frise : les grandes mise en scènes ; les films scientifiques. Au centre de la frise un médaillon représentant les frères Lumière avec une légende : Bienfaiteurs de l'humanité.

Dossier associé au château d'Antoine Lumière dit "villa des frères Lumière" protégé MH : inscrit par arrêté du 20 mai 1986.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1994/12/02
Précisions sur la protection

Hangar du Premier film : classement par arrêté du 2 décembre 1994.

Annexes

  • Pierre Cayez (1980) : les usines Lumière

    Pierre Cayez (1980) : les usines Lumière

    Antoine Lumière créa en 1882 sa première entreprise lyonnaise pour la fabrication des plaques photographiques. Celle-ci développa d'abord une activité de type artisanale, en 1886 le chiffre d'affaire n'était que de 294 525 francs. Néanmoins, les profits furent tels sur les produits qui bénéficiaient d'une rente de rareté que la Société anonyme constituée en 1892 sous la raison sociale S.A. Des palques et papiers photographiques pouvait réunir selon Pierre Cayez (1980) un capital de 3 M.F. Entièrement fournis par accumulation et autofinancement. La société fut alors de plus en plus dirigée par les deux fils Lumière, Louis et Auguste. Pendant une douzaine d'année, de 1892 à 1905, l'entreprise connut une véritable apogée, multipliant les fabrications, créant des filiales française et étrangères. Pendant cette période de rapide croissance fut édifié le groupe des usines à Monplaisir, à faible distance des établissements Berliet. Les fils Lumière multiplièrent inventions et mise au point : photographie en couleur, multiplication des types de support, appareils cinématographie, application chimiques.

    La création des usines date essentiellement de cette période de grande prostérité. L'ancienne usine fut construite au début des années 1883, l'espace de fabrication ne se développa à nouveau qu'à partir de 1898 avec l'édification de la nouvelle usine, de l'usine annexe en 1900 et la réunion d'une quatrième usine venue de l'absorption par la société Lumière des Pellicules réunies Planchon.

    L'acte de fusion des sociétés Lumière et Jougla en 1911 décrit assez précisément les usines de Monplaisir qui comprenaient alors :

    la première usine (dite ancienne usine), couvrant plus de 8000 m² avec ateliers de préparation, coulage et séchage des émultions, elle contenait en outre de vastes laboratoires, des ateliers pour la préparation du papier citrate, les machines à vapeur.

    La nouvelle usine consacrée à la fabrication des plaques photographiques, alors sur 4 000 m². On y lavait et coupait les verres, les émulsions y étaient séchées, les plaques empaquetées et emballées. Les bureaux étaient également présents.

    L'usine des couleurs couvrant également 4 000m² et comprenant pour l'émulsionnage complet des plaques en couleurs, le séchage, le coupage et l'emballage des plaques. Elle distribuait l´énergie et la lumière.

    L´usine des pellicules sur 14 000 m² comportait des ateliers de coulage de gélatine et d´émulsionnage, des séchoirs à la forme allongée caractéristique, de tirage de photos. Les ateliers de fabrication étaient équipés de tables de verre longues de 17 puis de 50 mètres qui furent remplacées en 1913 par des roues en fonte creuse. Cette usine avait été achetée en 1901 à la société des pellicules française Planchon, elle fournissait avant cette date les supports de film qui recevaient l'émulsion Lumière.

    L'entreprise Lumière produisait alors les palques, les papiers, les pellicules et quelques produits chimiques, grâce à une main-d'oeuvre de 800 personnes, surtout des femmes, auxquelles s'ajoutaient chimistes et ingénieurs.

  • 1883 « Grande usine », Société Lumière

    1883 « Grande usine », Société Lumière

    Archives Institut Lumière

    Cayez Pierre - Espace de production et espace de travail - Les grandes usines lyonnaises au XXème siècle, 1980

    Union Photographique industrielle, Ets Lumière & Jougla réunis, Société Anonyme, Statuts, Lyon, imprimerie A. Rey et Cie, 1911

    La première usine (dite ancienne usine ou grande usine) créée en 1883, couvrant plus de 8000 m² avec des ateliers de préparation, de coulage et séchage des émulsions, contenait en outre de vastes Laboratoires, ainsi que des ateliers pour la préparation du papier citrate et les machines à vapeur.

    Une usine servant à la fabrication des plaques photographiques au gélatino-bromure d´argent et papiers photographiques, sise à Lyon-Montplaisir (Rhône), rue Saint-Victor, nos 19, 21, 23 ; rue Saint-Maurice, n°1, et cours Gambetta, nos 254 à 258, comprenant :

    Le terrain d´une superficie de huit mille trois cent quatre-vingt mètres carrés, vingt-quatre décimètres carrés environ.

    De vastes constructions se trouvant sur ledit terrain, élevées, pour la plus grande partie, de rez-de-chaussée, et une petite partie comprenant un premier étage servant de salles pour émulsion, salle de coulage, de séchage, ateliers d´emballages pour les plaques, ateliers de préparation des citrates, émulsion, coupage, emballage des papiers ; salles des chaudières, salles des machines ; laboratoires, magasins et bureaux ; cheminée industrielle ; cour et quais vitrés ou découverts.

    Le tout joint : au nord, le cours Gambetta ; à l´est, propriété à MM. Lumière et Dr Gélibert ; au sud, la rue Saint-Victor ; à l´ouest, la rue Saint-Maurice.

    Les biens immeubles par destination se trouvant dans l´immeuble dénommé Ancienne Usine, article premier de la désignation ci-dessus, sis rue Saint-Victor nos 19, 21 et 23, comprenant notamment : chaudières, machines à vapeur, turbines, dynamos, transmissions, appareils frigorifiques, appareils d´éclairage électrique, appareils à gaz, appareils de chauffage, pompes et tout le gros matériel servant à la fabrication des plaques et papiers photographiques, tel que ledit matériel est réparti dans les bâtiments, cours et quais de ladite usine.

    Une visite à l´usine de plaques photographiques de Mrs. A. Lumière et fils à Lyon par Mr J.M. Elder au début des années 1900 permet d´avoir un descriptif des différents ateliers.

    A l´entrée de l´usine, on remarque surtout la galerie des machines pourvue de : 6 chaudières et machines de la force de 375 chevaux, 20 électro-moteurs fonctionnent ainsi que 2 machines à glace produisant 950 kgs de glace par heure. On peut aussi travailler en toute assurance avec l´émulsion, même pendant les mois les plus chauds.

    La production journalière de l´usine Lumière et fils vers 1900 est de 70.000 plaques de divers formats dont le chiffre d´affaire s´est élevé en 1899/1900 à 5.000.000 Frs.

    Voici les différentes sortes de plaques : plaques lentes en gélatine bromuré pour positifs, plaques rapides et extra rapides. En outre plaques ortho A sensibles au jaune et au vert et ortho B sensibles au jaune et au rouge, plaques panchromatiques sensibles au rouge, au jaune et au vert, et plaques anti-halo.

    La visite de cette usine vaste et très bien tenue est des plus intéressantes. On coupe d´abord les feuilles de verre en bandes longues et étroites, par exemple de 50 à 60 cm de long sur 12 de large afin de pouvoir les découper, une fois émulsionnées en 9/12. Quant aux formats 0 x 18,13 x 18 et 18 x 24, ils sont découpés sur de longues bandes de 18 cm de large.

    Les ouvrières enlèvent avant tout sur les bandes les bords qui présentent des inégalités et les coupent ensuite aux formats voulus.

    Les verres sont lavés à l´acide, brossés et rincés à l´eau chaude qui leur coule dessus. Ensuite ils passent sous des cylindres de feutre qui les sèchent ; en avançant automatiquement la dessication s´achève à l´air. Les bandes de verre ainsi prêtes sont transportées sur des chariots dans les chambres noires. Les locaux destinés au coulage de l´émulsion sont éclairés par des lanternes de couleur vert foncé, obtenue par la combinaison de verres massifs vert foncé avec des verres jaune orangé.

    Cette lumière agit très peu sur les plaques ordinaires et de même sur les plaques orthochromatiques parce qu´elle produit la couleur verte correspondante au minimum connu de sensibilité des plaques, entre les lignes Franenhofer E et F.

    D´ailleurs les lanternes vertes se trouvent suffisamment éloignées de la couche sensible et rendent le séjour dans les laboratoires plus agréable que la lumière rouge.

    En ce qui concerne les détails de la fabrication de leur émulsion, Mrs Lumière les tiennent en secret.

    Parmi les produits que l´on emploi pour la préparation se trouve la gélatine de Winterthur et de fabriques allemandes.

    Les machines à étendre se trouvent dans des locaux spéciaux de façon à ce que les bandes de verre qui doivent recevoir la couche sensible ne voient point la lumière solaire.

    Quant à l´émulsion, elle tombe goutte à goutte d´une cuvette longue et étroite, d´une façon longue et régulière sur une sorte de règle pinceau qui étend la couche sensible sur les verres.

    Afin d´éviter autant que possible les poussières, les ouvrières qui travaillent dans ces locaux revêtent des blouses et des pantalons de toile.

    Les plaques émulsionnées arrivent sur une toile sans fin. Cette dernière qui est de nature spongieuse, est arrosée de l´eau glacée de façon à ce que la couche d´émulsion fraîchement versée se fige rapidement.

    Puis ces plaques sont portées au séchage où l´air sec circule, débarrassé de poussière. Cet air arrive dans ces locaux de l´extérieur, passe dans les chambres glacées où l´humidité se dépose, puis est amené dans les chambres de séchage après avoir été très peu réchauffé (à 20° environ).

    Les plaques sèches sont coupées en formats à l´aide de diamants (les ouvrières mettent à cet effet des gants en gros fil).

    L´emballage a lieu de façon à ce que les plaques soient séparées les unes des autres et pour cela on intercale entre elles sur les bords de minces bandes de carton coupées mécaniquement. Un deuxième emballage soigneusement fait les met à l´abri de l´air et de l´humidité.

    Sources :

    Cayez Pierre - Espace de production et espace de travail - Les grandes usines lyonnaises au XXème siècle, 1980

    Union Photographique industrielle, Ets Lumière & Jougla réunis, Société Anonyme, Statuts, Lyon, imprimerie A. Rey et Cie, 1911

  • 1890 « usine sud », usine à papier (Société Lumière)

    1890 « usine sud », usine à papier (Société Lumière)

    Archives Institut Lumière

    Ouverture de l´usine sud est destinée à la fabrication du papier.

    La fabrication du papier bromure pour agrandissement et du papier citrate est également très importante. Mrs Lumière préfèrent le papier au gélatino-chlorure d´argent à celui au collodion qu´on ne fabrique pas du tout à Lyon.

    L´émulsion de gélatino-chlorure d´argent est mélangée journellement selon des données spéciales, puis versée goutte à goutte sur un système cylindrique et de là étendue sur le papier baryté.

    Les rouleaux de papier ont environ 80m de longueur sur ¾ de mètre de largeur. Il y a 10 machines à émulsionner qui produisent journellement en moyenne 4.500m de papier citrate, de ¾ de mètre de large, cette production correspond à un chiffre d´affaires annuel de 2.200.000 Frs.

    Le papier après avoir passé sur un cylindre réfrigérant où la gélatine se fige, arrive dans une longue caisse courbe en bois de 18m de long, 0,75 de large et 0,20 de haut dans laquelle circule un courant d´air sec.

    Depuis quelques temps, on emploie d´autres machines pour la fabrication du papier citrate dans lesquelles le papier vient flotter à la surface de l´émulsion sensible contenue dans une cuvette en argent. Le refroidissement du papier a lieu comme précédemment et la vitesse de l´entraînement peut être accélérée, ce qui constitue un avantage appréciable au point de vue du rendement.

    Le papier au bromure pour développement dont la couche sensible doit être plus épaisse que celle du citrate est fabriqué dans d´autres machines.

    L´usine Lumière fabrique, outre les papiers mat ou brillant d´excellente qualité, des produits chimiques tels que développeurs, renforçateurs et affaiblisseurs, dont le chiffre annuel s´élève à 170.000 Frs.

  • 1898 «nouvelle usine : extension de l´usine des plaques photographiques

    1898 «nouvelle usine : extension de l´usine des plaques photographiques

    Archives Institut Lumière

    La nouvelle usine dite usine « ouest » est consacrée à la fabrication des plaques photographiques et s´étend sur 4 000 m². On y lavait et coupait les verres, les émulsions y étaient séchées, les plaques empaquetées et emballées. Les bureaux étaient également présents.

    Nouvelle Usine

    Cette usine servant à la fabrication des plaques photographiques, dite usine Nouvelle, est située à Lyon, rue Saint-Victor, nos 11, 13, 15, rue Saint-Maurice, n°2, et cours Gambetta, nos 242 à 248, et rue des Tournelles, nos 53 à 59.

    Cette usine comprend :

    Le terrain, d´une contenance approximative de cinq mille trois cent soixante mètres carrés.

    Et un ensemble de bâtiments se trouvant sur ledit terrain, servant de bureaux, logement de concierge et employés, écurie, remise, ateliers pour machines à laver les verres, à étendre l´émulsion, salle de filtrage, lavage, séchoirs, salle de coupage, collage, magasins et emballage, salle des machines et chaudières ; laboratoires ; magasins de produits, de flaconnages et autres ; salles de traitement des résidus ; cheminée monumentale.

    L´ensemble de cette usine joint : au nord, le cours Gambetta ; au levant, la rue Saint-Maurice ; au sud, la rue Saint-Victor, et au couchant, la rue des Tournelles.

    Les biens immeubles par destination se trouvant dans l´immeuble sis à Lyon-Montplaisir, rue Saint-Victor nos 11 à 15 dit Nouvelle Usine (art. 2 de la désignation ci-dessus), comprenant notamment : chaudières, machines à vapeur, dynamos, transmissions, appareils d´éclairage, machine à fabriquer la glace, scies, pompes, tout le gros matériel servant à la fabrication des plaques photographiques et tous les autres biens meubles, réputés immeubles par destination, tels que lesdits biens sont répartis dans ladite usine.

  • Vers 1900 « usine des couleurs »

    Vers 1900 « usine des couleurs »

    L'usine des couleurs couvrait également 4 000m² et comprenait pour l'émulsionnage complet des plaques en couleurs (c´est-à-dire pour l´étendage des vernis et coulage d´émulsion), le séchage, le coupage et l'emballage des plaques. Elle distribuait l´énergie et la lumière.

    Cette usine est située cous Gambetta, nos 235 à 247, sert à la fabrication des plaques pour les photographies en couleurs, elle comprenait :

    Le terrain, d´une superficie de quatre mille quatre-vingt-dix-sept mètres carrés trente et un décimètres carrés.

    Et l´ensemble de construction et de bâtiments élevés sur ledit terrain à usage d´ateliers pour la préparation de lémulsion pour les plaques autochromes, la préparation des écrans trichromes : salles de coulage, séchage, coupage et emballage, magasins, bureaux, dépendances, laboratoires, ateliers de menuiserie, magasins de fournitures, magasins de vernis, ateliers de pose, ateliers de construction d´appareils de précision ; bâtiments servant à la fabrication du gaz pauvre permettant la production et la distribution de l´énergie et de la lumière à cette usine ainsi qu´aux autres usines de plaques et papiers photographiques ; salles des moteurs et générateurs ; garage pour automobiles ; cheminée monumentale ; cours et quais couverts ou non.

    Le tout joint : au nord, divers propriétaires ; au sud, le cours Gambetta ; au levant, la rue Saint-Honoré ; au couchant, la rue Saint-Marc.

    Les biens immeubles par destination se trouvant dans l´immeuble sis à Lyon-Montplaisir, cours Gambetta n°247, dit Usine des Couleurs (art.3 de la désignation ci-dessus) comprenant notamment : tout le gros matériel, tel que chaudières, machines à vapeur, pompes, ventilateurs, dynamos, moteurs, appareils électriques et celui servant pour la fabrication des plaques autochromes ; celui servant à la fabrication du gaz pauvre et à la production d´énergie électrique pour les trois usines formant les articles 1,2 et 3 de la désignation.

  • 1902 « usine des pellicules » (achat des usines Planchon à Monplaisir)

    1902 « usine des pellicules » (achat des usines Planchon à Monplaisir)

    Cette usine a été achetée en 1902 à la société des pellicules française Planchon (localisée à l´angle de la rue Feuillat, toujours dans le quartier de Monplaisir), elle fournissait avant cette date les supports de film qui recevaient l'émulsion Lumière.

    Cette usine est essentiellement consacrée à la fabrication des pellicules sur 14 000 m². Elle comportait des ateliers de coulage de gélatine et d´émulsionnage, des séchoirs à la forme allongée caractéristique, de tirage de photos. Les ateliers de fabrication étaient équipés de tables de verre longues de 17 puis de 50 mètres qui furent remplacées en 1913 par des roues en fonte creuse.

    Usine des Pellicules située à Montplaisir, cours Gambette, n°287, comprenant :

    1° le terrain, d´une superficie de quatorze mille cent cinquante mètres carrés

    2° Et les constructions édifiées sur ledit terrain, comprenant : salles de machines, salles frigorifiques, ateliers de coulage, de gélatine et d´émulsion, séchoirs, ateliers mécaniques, ateliers de photographies, ateliers de préparations, laboratoires, bureaux, magasins, aménagements de tables de glace pour coulage de pellicules, ateliers, hangars, maison d´habitation du directeur ; une cheminée monumentale ; cours et passages vitrés ou découverts.

    Le tout joignant, au nord, la Société Rochet-Schneider et la rue Perrin ; à l´est, le chemin des Sablonniers ; au sud, le cours Gambetta ; au couchent, Gaillard et Frérieu.

    La vente de leurs cinématographes et pellicules s´élève à un chiffre de 200.000 F.

    Les différentes manipulations des pellicules cinématographiques méritent une mention spéciale. Pour les développer, fixer et laver on les enroule autour des bandes de Gutta-percha. Leur développement s´effectue dans des cuves et après lavage, elles sont déroulées et séchées sur des filets.

    La préparation des diapositives en couleur présente aussi un intérêt particulier, car elles sont d´une précision et d´une richesse de couleurs sans égal.

    Voici comment on procède pour leur obtention : la gélatine chromatée est mélangée avec une couleur jaune afin d´empêcher l´action trop profonde des rayons lumineux, puis elle est versée sur un support en papier pour l´impression à la lumière électrique du négatif de chacune des trois couleurs. Après l´impression, on transporte sur verre pour le développement et on teint avec les solutions de couleurs correspondantes (jaune, bleu, rouge). Les trois diapositives coloriées sont ensuite superposées pour juger de l´effet obtenu. Suivant les cas, elles sont renforcées ou affaiblies.

    Si les trois monochromes sont exacts, on détache la pellicule de chacun d´eux et on les superpose à l´aide de gélatine.

    Le Laboratoire d´essai de Messieurs Lumière a le mérite d´avoir placé leur usine au premier rang parmi celles de ce genre existant tant en France que dans l´Europe entière.

    Cette grande extension résulte aussi du grand nombre de personnes qu´ils occupent (plus de 700 ouvriers et ouvrières) et du chiffre d´affaires qui s´est élevé en 1899/1900 à 8.600.000 Frs.

    Les nombreux travaux scientifiques fournis par les Laboratoires de l´usine Lumière sont assez connus et appréciés partout pour que je me dispense d´en parler ici.

    Les biens immeubles par destination se trouvant dans l´immeuble sis à Lyon Montplaisir, cours Gambetta, n° 289, dit Usine des Pellicules (art.5 de la désignation), consistant notamment en chaudières, machines à vapeur, machines frigorifiques, dynamos, ventilateurs, pompes, pulsomètres, découpoirs, balanciers, massicots, meules, treuils, transmissions et agrès, tours, tables de glace, appareils de chauffage, séchage à émulsion, cuves, étuves, récipients et tout le gros matériel servant à la fabrication des pellicules, le tout réputé immeubles par destination, répartis dans ladite usine

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône : sous-série 5M, dossier n° 333, établissements classés 1927, Laboratoires Lumière, 24 chemin St-Mathieu, plan du site. 1927

  • AM Lyon : 344 WP 21, PCA, 2 annexes à l'usine Lumière : apparemment un batiment pour la photographie en couleur, angle 241 cours Gambetta et 11 chemin de St-Marc, 1905

  • AM Lyon : 304 477, constitution de la société anonyme des plaques et papiers photographiques A. Lumière et ses fils. 2 mai 1892

  • AM Lyon : 1722 W 189. Marché des travaux pour ensemble immobilier, construction d'une salle de cinéma et rénovation du hangar du 1er film. 1979-2001

  • AP (archives de l'Institut Lumière) : Union Photographique industrielle, ets Lumière et Jougla réunis, statuts. Rapport du commissaire. 1911

  • Archives orales : Entretien oral avec monsieur Michel Beaumont qui a travaillé dans la société Lumière de 1961 à 2002. fin 2010 extraits : "Est-ce que vous avez connu la villa des frères Lumière à Monplaisir, celle qui a été démolie ? Je ne suis jamais entré dedans, mais il y avait un tunnel qui traversait le cours Albert Thomas puisqu´une partie de l´usine était de l´autre côté de la rue du Premier Film, de l´autre côté du cours Albert Thomas et le tunnel permettait de passer de l´une à l´autre sans avoir à sortir à l´extérieur. Et quand on passait par le tunnel, on passait très près de la villa où vivait encore, quand je suis entré dans la société, l´épouse d´Auguste vivait encore dans cette maison. Donc c´est après son décès que je pense que sa famille n´a pas voulu la conserver. C´est un petit peu dommage d´ailleurs parce que c´était vraiment la maison des frères Lumières où ils vivaient dans la maison avec une partie symétrique pour chaque famille. Donc il ne reste que des photos de cette villa. Et en 1936, (au moment des grèves) un mur a été construit entre les deux villas, parce qu´en fait en 36, il devait déjà y avoir dans la villa d´Antoine, dans le Château actuel, uniquement les services administratifs de la société et les frères Lumière habitaient dans la villa à côté. Ils avaientt besoin d´être séparés quand même avec ce qui s´est produit en 36, c´est à cette époque là qu´un mur a été construit entre les deux villas. Voilà, c´était une anecdote en passant". "Les syndicats se plaignent de ne pas avoir assez d´adhérents mais je pense que s´il changeait un petit peu d´image, ils auraient peut-être beaucoup plus d´adhérents. Cela dit, il faut vraiment entrer dans un système comme ça pour se rendre compte de ce qu´il faut faire pour faire bouger les choses. Lancer des pavés, enfin on n´en est pas encore tout à fait là, ça dégénère vite. En 68, des gens qui se sont excités, avec des piquets de grève mis en place." "Je pense qu´au niveau de la violence, je me demande si ce n´est même pas pire d´ailleurs parce que je n´ai jamais vu, à part quand le père Lumière a construit un mur entre ces deux villas, il n´avait pas été séquestré par ses employés. Il craignait peut-être de l´être. Mais je ne crois pas que les gens à l´époque auraient fait une chose pareille, d´abord parce que j´ai vu des gens âgés qui avaient connu, travaillé vraiment avec les frères Lumière. Je me souviens d´un ingénieur qui s´appelait monsieur Voisin, je pense qu´il est décédé et qui avait beaucoup travaillé avec Louis Lumière. Je pense qu´après avoir vraiment cessé son activité dans l´entreprise, il (Louis) continuait à venir. Il se promenait dans l´entreprise et puis un petit peu comme moi, il parlait de produits qui n´étaient plus utilisés depuis 10 ans. Donc, ça évolue très très vite les choses en technologie. Il était un petit peu déphasé. Je me souviens d´avoir vu ces gens qui avaient un profond respect pour le patron. C´était quand même très familial les entreprises à l´époque. Lumière n´était pas comme Berliet. Berliet était un bon client. Je me rappelle être allé une fois chez eux lors d´une séance photo. Je crois qu´il y avait une ferme aussi (à Vénissieux). Je crois que les services photos étaient dans la ferme. Je me souviens d´être allé une fois là-bas parce qu´ils avaient du matériel à nous. Cet esprit d´entreprise, alors là, c´était avec la sécurité sociale, tout émanait de l´entreprise. Ca, je pense chez Lumière c´était pas à ce point là mais il y avait quand même un aspect familial. Les gens restaient toute leur vie parce qu´une partie de leur vie était dans le travail, c'est-à-dire que les gens travaillaient beaucoup plus aussi, et beaucoup plus durement physiquement. Mais séquestrer le patron ou le chef de service, ça, à mon avis, je ne crois pas qu´on en serait arrivé là".

  • Archives orales : Entretien oral avec madame Mongoin qui a travaillé dans la société Lumière à partir de 1956. septembre 2010

  • Archives orales : Entretien oral avec madame Laurent qui est entrée dans la société Lumière en 1938. octobre 2010

  • Archives orales : Entretien oral avec madame Delphin qui est entrée dans la société Lumière en 1965. octobre 2010

  • Archives orales : Entretien oral avec monsieur Rodet qui est entré dans la société Lumière en 1969. octobre 2010

  • Plan de localisation des sites Lumière à Monplaisir (plan retravaillé par Paul Cherblanc dessinateur Inventaire général)Paul Cherblanc dessinateur

    Région Rhône-Alpes, SRI, Lyon
  • plan société Lumière, usine des couleurs. Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • Ancienne usine (1883). Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • usine des couleurs : coupe. Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • Placis-Film : usine de Feyzin. Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • société Lumière : nouvelle usine. Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • Société Lumière : usine de Monplaisir, 1972. Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • plan général de la salle de cinéma : architecte Colboc P. Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • Coupe transversale, 1997, salle de cinéma Institut Lumière, Colboc architecte. Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
  • Coupe longitudinale, 1997, salle de cinéma Institut Lumière, Colboc architecte. Plan conservé au Centre de documentation de l'Institut Lumière

    Institut Lumière Lyon
Documents figurés
  • Le patrimoine Tony Garnier à Lyon et le patrimoine industriel du 8eme arrondissement. Musée urbain, 2000

Bibliographie
  • CAYEZ, Pierre. Espace de production et espace de travail. Les grandes usines lyonnaises au Xxe siècle. Centre Pierre Léon, U.A. CNRS 04223, 1980.

    p. 78 à 99
  • MARREY, B. Les guides du XXe siècle, Rhône-Alpes. Equerre, 1982

    p. 240
  • CHARDIERE, B. Au pays des Lumière. Lyon, Institut Lumière. Arles, Actes Sud, 1995

  • ANGLERAUD, B., PELLISSIER, C. Les dynasties lyonnaises, des Morin-Pons aux Mérieux du XIXe siècle à nos jours. Ed. Perrin, 2003

    p. 9, 118, 460, 516, 563, 590, 601
  • JAZE-CHARVOLIN, M. R. Itinéraire du patrimoine n° 93. La villa Lumière rue du premier film, Lyon. 1998

  • BEGHAIN P., BENOIT B., CORNELOUP G., THEVENON B., Dictionnaire historique de Lyon, Ed. Stéphane Bachès, 2009

    p. 792 à 798
  • CHAMBON, Catherine. Lyon 8e arrondissement, Histoire et métamorphoses. Edition Lyonnaise d'Arts et d'histoire. 2009

    p. 133 à 135 Région Rhône-Alpes, SRI, Lyon
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville de Lyon © Ville de Lyon - Halitim-Dubois Nadine