Logo ={0} - Retour à l'accueil

Temple dit de Diane, puis musée Lepic, actuellement musée archéologique

Dossier IA73001294 inclus dans Château fort, puis château, actuellement hôtel de ville réalisé en 2005

Fiche

Voir

AppellationsTemple de Diane, Musée Lepic, Musée archéologique
Destinationsmusée
Dénominationstemple, musée
Aire d'étude et cantonCentre historique
AdresseCommune : Aix-les-Bains
Lieu-dit : Centre historique
Adresse : place, Maurice Mollard , square du
Temple de Diane
Cadastre : 1728 271 p. ; 1879 D 549 p. ; 2005 CD 33

La fouille archéologique de 1988-1989 a mis en évidences des séquences stratigraphiques permettant de situer la construction de l´édifice dans la première moitié du IIe siècle de notre ère. Sur le côté nord, des structures en fondation pourraient être les vestiges d´un temenos, délimitant un espace sacré autour de l´édifice. Avant la construction du temple, existait une structure maçonnée de forme polygonale montée en petits moellons. En liaison avec un sol de cailloutis recouvrant les niveaux de La Tène III, trois segments de mur de 2,60 m de longueur et le départ d´un quatrième permettent de restituer un développement de cet édifice sur un diamètre de 24 m. On a toutefois aucun indice pour déterminer s'il s'agissait d'une polygone complet ou non. Par la suite, le temple improprement dit "de Diane", est construit sur cette aire en léger décalage vers l'ouest, en corrélation avec un agrandissement des thermes, sur une terrasse aménagée. A 22 m en avant et dans l'axe du temple, un seuil monumental est construit après un exhaussement de niveau des espaces de circulation à la hauteur du sommet du podium. Sa constitution, en blocs de pierre de taille calcaire moulurés visiblement en remplois, indique une probable destruction d'édifices proches. L´ouverture, de 2,75 m de large, présente des feuillures destinées à un portail à deux vantaux. Un mur de clôture, partiellement détruit par la construction du fossé et de l'enceinte du château des marquis d´Aix, semble avoir entièrement entouré le temple. Cet agencement est à l'origine de la réutilisation du monument qui fut ainsi préservé jusqu´à nos jours. A la fin de l´antiquité, au Ve siècle, l´édifice semble être agrandi vers l´est par le prolongement de ses deux antes. La longueur du nouveau volume, estimée à plus de 46 m, pose la question de sa nature. Un tel aménagement intégrant l´espace du culte antique devait être destiné à un établissement important. Il est tentant de penser à une première église. Un édifice religieux implanté à cet endroit est mentionné dans un acte de donation de 867. Par ailleurs, les fouilles ont révélé une quinzaine de sépultures antérieures au Xe siècle, à proximité ou dans la construction. Le temple a ensuite été annexé par le château seigneurial, où il servit de cellier, mais sans doute aussi de carrière de pierre. Lors de la transformation du château en casino, en 1824, le temple devint le premier théâtre de la ville. C'est vraisemblablement à cette période que fut dédoublée la paroi nord pour lui faire porter les structures de gradins. Bien modeste et peu confortable, le théâtre fut abandonné dès la construction du Casino Grand-Cercle. En 1868, la ville racheta le château et le temple de Diane à la famille de Seyssel. En 1882, le musée Lepic, créé en 1874 dans le château, fut transféré dans le temple. C´est à ce moment que la verrière zénithale fut ouverte dans la toiture et qu'une mezzanine en structures métalliques fut établie à mi-hauteur de la cella, entraînant la construction de contreforts au nord, afin de renforcer le mur extérieur. Le sol en terre battue fut recouvert d'un dallage en béton. Le musée Lepic, supprimé en 1939, fut remplacé après la guerre, par le musée archéologique.

Période(s)Principale : 2e moitié 2e siècle

Malgré différentes restructurations, le monument subsiste dans tout son volume. En fait seules la façade principale, orientée à l´est, et la couverture ont disparu. La façade ouest, le fronton ainsi que le mur latéral nord, consolidé par deux contreforts modernes, sont apparents à l´extérieur, dans l´angle nord-est de l´hôtel de ville. Le mur sud est visible aux trois premiers niveaux des services municipaux. Le temple présente une longueur de 17,20 m pour une largeur de 13,65 m. Une large fondation, composée de petits moellons, liés au mortier de chaux sur une profondeur de 1,56 m, supporte un podium. Ce podium, mis au jour à l´occasion des fouilles, est formé de 5 assises, sur une hauteur de 3,29 m, qui permet de définir une hauteur complète des côtés latéraux de l´édifice de 13,12 m. L'ensemble, du sol antique au sommet des tympans, s'élève sur une hauteur totale de 15,42 m. Les murs latéraux de 7,93 m de hauteur, sont composés de 13 assises en grand appareil de calcaire blanc posé à joint secs. Les murs sont entièrement recouverts de parements en pierres de taille de calcaire blanc formant des assises régulières de 56 à 62 cm de haut. Les murs supportent un entablement complet de type toscan composé de trois parties, une architrave à trois fasces, une frise nue et une corniche à filets et doucines. À l´ouest, subsiste une face aveugle surmontée d´un fronton triangulaire surbaissé dans un rapport hauteur-largeur de 1 sur 6. Les rampants de la toiture ont disparu. L´intérieur était divisé en deux parties séparées par un mur transversal. Un espace profond de 4,30 m, disposé en façade, entre les antes des murs nord et sud, correspond au pronaos, tandis que la cella, presque carrée, se développe sur une longueur de 10,50 m pour une largeur de 10,30 m. Un sondage pratiqué au pied de l'angle nord-est de la construction confirme l'absence du prolongement des antes en façade. Faisant face à l'ensemble thermal, le temple est ouvert à l'orient et rejoint en cela l'usage antique de laisser le soleil levant pénétrer jusqu'au fond du sanctuaire. On constate que les murs ne possèdent pas la remarquable uniformité de l´extérieur. Un parement à balèvres, avec des blocs en saillie, subsiste, ainsi que deux têtes de murs arrachées, d´une épaisseur de 0,80 m, correspondant au mur de séparation entre le pronaos et la cella. Il ne reste aucune trace d´un portique, mais la découverte de certains éléments architecturaux lors des fouilles, permet un essai de restitution. Parmi les chapiteaux d´ordre toscan provincial retrouvés, deux de formes différentes couronnent des fûts de colonnes de diamètre identique de 0,33 m. En fonction de cette mesure, on peut évaluer, selon les préceptes de Vitruve, la hauteur totale de ces colonnes à 2,70 m. Un fragment d´entablement avec bandeau à trois fasces et corniche provient de la façade principale ou du mur de séparation entre cella et pronaos. Sa composition avec une architrave à trois fasces à ressauts, s´apparente à la modénature de l´ordre ionique. Afin de respecter les règles de perspectives, les trois fasces possèdent des hauteurs respectives croissantes vers le haut. L´emmarchement qui, à l´époque romaine, devait assurer l´accès au temple, n´a pas été retrouvé. Il pouvait comporter onze degrés s´avançant de 5,60 m à l´avant du monument.

Murscalcaire
grand appareil
Toitardoise, verre en couverture
Couverturesappentis
États conservationsremanié
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH : 1875

Annexes

  • ANNEXE 1

    Description du théâtre du temple de Diane (ORDINAIRE, Pierre-Casimir (Dr), p. 54)

    Il existe bien encore, à Aix, un théâtre dont les décors sont en papier bleu, la disposition si grandiose que les acteurs, venus de Chambéry, touchent les frises, et les danseurs, exécutant un entrechat, disparaissent dans les nues, tandis que les spectateurs sont juchés sur des bancs à l´état de simple nature ; c´est un véritable théâtre de foire, digne de Polichinel, et pouvant à peine contenir 60 personnes. Mais que pourrai-je en dire, si ce n´est hélas ! et c´est le temple de Diane que des Vandales ont ainsi profané, et M. le marquis d´Aix, à qui appartient ce théâtre, n´a pas craint de laisser son nom en belles lettres de papier jaune, au-dessus d´une cage à poulet portant cette inscription : loge du marquis d´Aix.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Aix-les-Bains. 2 R 18, Transformation du temple de Diane, 1870-1885

Documents figurés
  • Projet d´installation du musée dans le Temple de Diane / Grisard (architecte). Aix-les-Bains, 15 septembre 1882. Ech. 1 : 10. 1 plan ; 40 x 60 cm (AC Aix-les-Bains. 2 R 18)

  • Département de la Savoie-73. Aix-les-Bains. Temple dit de Diane. Etude préalable. Remise en Valeur. Etat des lieux, plan du sous-sol / Grange-Chavanis Jean-François (architecte). Ech. 1 : 100. Lyon : Drac Rhône Alpes, septembre 2003. 1 tirage de plan ; 30 x 43 cm. Dans : Rhône-Alpes. Aix-les-Bains-Savoie-73. Temple de Diane. Restauration Générale. Etude préalable / Grange-Chavanis Jean-François, annexe 1

  • Département de la Savoie-73. Aix-les-Bains. Temple dit de Diane. Etude préalable. Remise en Valeur. Etat des lieux, plan du rez-de-chaussée / Grange-Chavanis Jean-François (architecte). Ech. 1 : 100. Lyon : Drac Rhône Alpes, septembre 2003. 1 tirage de plan ; 30 x 43 cm. Dans : Aix-les-Bains-Savoie-73. Temple de Diane. Restauration Générale. Etude préalable / Grange-Chavanis Jean-François, annexe 2

  • Département de la Savoie-73. Aix-les-Bains. Temple dit de Diane. Etude préalable. Remise en Valeur. Etat des lieux, Elévations intérieures / Grange-Chavanis Jean-François (architecte). Ech. 1 : 100. Lyon : Drac Rhône Alpes, septembre 2003. 1 tirage de plan ; 30 x 43 cm. Dans : Aix-les-Bains-Savoie-73. Temple de Diane. Restauration Générale. Etude préalable / Grange-Chavanis Jean-François, annexe 8

  • Département de la Savoie-73. Aix-les-Bains. Temple dit de Diane. Etude préalable. Remise en Valeur. Etat des lieux, coupe transversale BB / Grange-Chavanis Jean-François (architecte). Ech. 1 : 100. Lyon : Drac Rhône Alpes, septembre 2003. 1 tirage de plan ; 30 x 43 cm. Dans : Aix-les-Bains-Savoie-73. Temple de Diane. Restauration Générale. Etude préalable / Grange-Chavanis Jean-François, annexe 10

  • Département de la Savoie-73. Aix-les-Bains. Temple dit de Diane. Etude préalable. Remise en Valeur. Etat des lieux, façade nord / Grange-Chavanis Jean-François (architecte). Ech. 1 : 100. Lyon : Drac Rhône Alpes, septembre 2003. 1 tirage de plan ; 30 x 43 cm. Dans : Aix-les-Bains-Savoie-73. Temple de Diane. Restauration Générale. Etude préalable / Grange-Chavanis Jean-François, annexe 13

  • Département de la Savoie-73. Aix-les-Bains. Temple dit de Diane. Etude préalable. Remise en Valeur. Etat des lieux, Façade ouest / Grange-Chavanis Jean-François (architecte). Ech. 1 : 100. Lyon : Drac Rhône Alpes, septembre 2003. 1 tirage de plan ; 30 x 43 cm. Dans : Aix-les-Bains-Savoie-73. Temple de Diane. Restauration Générale. Etude préalable / Grange-Chavanis Jean-François, annexe 14

  • [Le Temple de Diane, façade ouest] / D. Aqassir. 1 est. : aquarelle ; 28 x 37 cm. (AC Aix-les-Bains : 15Fi)

  • [Reconstitution du Temple de Diane] / Alain Canal. Lyon : DRAC Rhône-Alpes, 1992. 1 est. : dessin ; 21 x 29,7 cm. Dans : Savoie. Aix-les-Bains. Place Maurice Mollard. 1987. Rapport de prospectives archéologiques / Alain Canal. Lyon, 1992

  • [Le temple de Diane avant 1880, sans ses contreforts] / Anonyme. [S.l.] : [S ;n] , [fin XIXe siècle] 1. Photogr. : n. et b. ; 9 x 9 cm (AC Aix-les-Bains : 11Fi 1173)

  • La Savoie. 46. Aix-les-Bains. Temple Romain dit de Diane de l'époque gallo-romaine. [Paris] : B.F. Lux, [vers 1910]. 1 carte postale : n. et b. ; 9 x 13 cm (AC Aix-les-Bains. CP 11_007)

  • 12472 Musée d´Aix-les-Bains. Vue d´ensemble. Mulhouse : Braun et cie, [fin XIXe siècle]. 1 carte postale ; 9 x 13 cm. (AC Aix-les-Bains : Cp album 2170)

    AC Aix-les-Bains : Cp album 2170
Bibliographie
  • CANAL, Alain. Savoie. Aix-les-Bains. Place Maurice Mollard. 1987. Rapport de prospections archéologiques. Lyon : DRAC Rhône Alpes, 1988. 40 p. multigr. : ill. ; 21 cm.

  • GRANGE-CHAVANIS, Jean-François. Aix-les-Bains-Savoie-73. Temple de Diane. Restauration Générale. Etude préalable. Lyon : Drac Rhône Alpes, septembre 2003. 64 p. : ill. ; 30 cm.

  • ORDINAIRE, Pierre-Casimir (Dr). Aix ancien et moderne : guide du baigneur et du touriste contenant d´importantes indications sur les principales eaux minérales de la Savoie. Chambéry : Menard, 1875. 364 p. ; 15 cm, 1 vol. (AC Aix-les-Bains : A 774)

    p. 54
  • PINGON, Philibert de. Antiquitatum romanorum alianunque congeries. Turin, 1552. Manuscrit : ill. (A. d'Etat de Turin, C 100 82)

  • PRIEUR, Jean. Aix-les-Bains dans l'Antiquité. Guide du musée archéologique. Aix-les-Bains : S.n., 1978. 55 p. : ill. ; 29 cm (AC Aix-les-Bains : B 203)

  • WUILLEUMIER, P. Le passé d'Aix-les-Bains. Lyon : Les Deux Collines, 1950. 16 p. : ill ; 18 cm

    P. 4-5
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville d'Aix-les-Bains © Ville d'Aix-les-Bains - Jazé-Charvolin Marie-Reine - Lagrange Joël