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Théâtre dit École des mœurs républicaines, puis Théâtre des Variétés, puis Théâtre des Célestins

Dossier IA69006292 inclus dans Couvent des Célestins puis lotissement concerté dit des Célestins réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

AppellationsÉcole des mœurs républicaines , Théâtre des Variétés , Théâtre des Célestins
Dénominationsthéâtre
Aire d'étude et cantonLyon Jacobins
AdresseCommune : Lyon 2e
Lieu-dit : Jacobins
Adresse : place des, Célestins , rue, Charles-Dullin , rue
Gaspard-André
Cadastre : 1999 AI 143

A la suite de la disparition de l’ordre des Célestins en 1785, la société de la Compagnie des Célestins est créée et achète le terrain du couvent. Le promoteur André Devouges fait le choix de construire dix-sept immeubles qui entourent une place centrale et qui sont limités à l’ouest par le quai de Saône. Il est prévu qu’un îlot d’immeubles comporte une salle de spectacle. Un premier théâtre conçu par l’architecte Jean-François Colson est construit à partir de 1789. Il est inauguré le 9 avril 1792. Après avoir été nommé l’École des mœurs républicaines et le Théâtre des Variétés, le théâtre prend le nom de Théâtre des Célestins. Le Dictionnaire historique de Lyon précise que le théâtre est acheté par la Ville après le 22 mai 1834 : « L’accord est finalement conclu sur une somme voisine de 330 000 francs, décors compris, tradition entérinée par le Conseil municipal dans la séance du 18 octobre 1838 ». Le politicien André-Paul Sain-Rousset, propriétaire, accepte ce jour l’achat de la salle par la Ville de Lyon. Il s’agit désormais d’une propriété de la commune. Un incendie se déclare dans la nuit du 1er avril 1871 quelques heures après la représentation de La femme d’un Prussien. Le théâtre étant détruit, dès le mois de janvier 1872, un concours est mis en place. Le projet prévoit que la salle reçoive 1600 spectateurs, ait un « péristyle couvert » en façade et un grand foyer au premier étage qui pourra être également utilisé comme « salle de concert ». Présidé par Antoine-Marie Chenavard, le concours est remporté par l’architecte Gaspard André. Ce dernier propose deux projets portant la devise « Carrément ou de guingois ? ». L’un est conforme à la demande du jury, mais c'est le second, dont la façade du théâtre est perpendiculaire à l’axe de la place, qui est choisi. Il permet ainsi d’avoir une plus grande profondeur de scène, très utile pour les nombreux genres donnés. « L’auteur a montré, par l’étude de guingois, que les dispositions générales de son projet pouvaient s’adapter au périmètre du programme » souligne F. Muller, critique du Journal de Lyon. L’architecte réalise là son premier édifice à seulement 33 ans. Les travaux ont lieu de 1874 à 1877. Les spectacles se déroulent alors au petit Théâtre des Variétés situé près de l’actuelle place Kléber aux Brotteaux. Le théâtre est inauguré le 1er août 1877. L’architecte Bissuel qualifie le projet de « remarquable du point de vue artistique et du point de vue pratique ». Gaspard André reçoit une ovation à la découverte de sa création. En outre, plusieurs reproductions de la façade du théâtre sont réalisées pour le conseil municipal tandis que des relevés de la façade figurent à l’Exposition universelle de 1878. Une similitude est notable entre l’œuvre de Gaspard André et l’Opéra de Charles Garnier à Paris datant de 1861 qui sert de modèle du point de vue technique concernant le chauffage et l’installation de l’éclairage électrique, mais aussi ornemental. Le théâtre est à nouveau victime d’un incendie dans la nuit du 25 au 26 mai 1880 qui « détruisit la salle et la scène » à la suite de la représentation des Canotiers de la Seine. Gaspard André reproduit le théâtre à l’identique à la demande de la Ville. Dès l’automne 1881, le théâtre est achevé. Désormais, les conditions de sécurité sont renforcées par la pose d’un rideau de fer entre la salle et la scène et par l’arrivée de l’électricité en septembre 1888. La saison théâtrale débute le 18 octobre 1881 et le répertoire évolue. En effet, différents genres sont joués au théâtre : le drame, la comédie, le vaudeville et la féérie (genre dramatique composite dont les plus grands succès ont lieu au XIXe siècle en France ; genre mêlant la musique, le chant et la danse, la pantomime et l’acrobatie). De nombreuses créations y sont produites. L’architecte André s’inspire du projet pour le théâtre de Genève (1872) lorsqu’il réalise à nouveau le théâtre après l’incendie de mai 1880. Cette conception à l’italienne du théâtre prévaut depuis le XVIe siècle. A la suite des théories sur la perspective des architectes Brunelleschi, Alberti et Palladio, une délimitation entre la scène et la salle, donc entre les acteurs et le public, est notable. Ce type d’architecture se retrouve dans d’autres théâtres contemporains de l’époque de Gaspard André dont le théâtre de Constantine par l’architecte Gion, le théâtre de Reims par Gosset et le théâtre de Nantes par Fleury.

En 1992, à l'occasion du bicentenaire du théâtre, des rénovations sont opérées. Dans le foyer du public, trois tableaux représentant Sganarelle, Arnolphe et Alceste sont peints par-dessus d'anciennes peintures réalisées au début du XXe siècle. Ils sont signés et datés "Myck 1992". Dans la salle, entre 1978 et 1993, la majorité des baignoires flanquant le parterre sont désinstallées.

En 2003, une importante rénovation est réalisée. En effet, le théâtre doit être conforme aux normes de sécurité, d'accessibilité et être rénové au niveau des espaces scéniques, techniques et publics. La machinerie d'époque à l'italienne est alors transformée en machinerie moderne au niveau de la cage de scène. En outre, une nouvelle salle appelée la Célestine est construite à 3m20 sous le niveau de la rue. Le théâtre rouvre ses portes au public en 2005.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Dates1872, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : André Gaspard architecte
Auteur : Roche et Vaganay sculpteur attribution par travaux historiques
Auteur : Clauses François-Edouard sculpteur attribution par travaux historiques
Auteur : Flachat décorateur attribution par travaux historiques
Auteur : Cochet Claude-Ennemond-Balthazard
Cochet Claude-Ennemond-Balthazard (1760 - 1835)

Grand Prix de Rome en 1783, architecte de la Ville de Lyon en 1795, professeur à l’École des beaux-Arts de Lyon (1814-1824)

Voir Maynard, Louis, 1932, vol. 2 p. 41


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décorateur attribution par travaux historiques
Auteur : Berthet Antoine sculpteur attribution par travaux historiques
Auteur : Berthet Louis sculpteur attribution par travaux historiques
Auteur : Genivet Jean-Baptiste décorateur attribution par travaux historiques
Auteur : Giroud Frédéric peintre attribution par travaux historiques

Ce théâtre est construit sur un terrain plat sur la presqu’île dans le deuxième arrondissement de Lyon. Le bâtiment est limité par la place des Célestins à l'est et bordé par deux rues : la rue Gaspard-André au sud et la rue Charles-Dullin au nord. Il est mitoyen des vestiges du cloître des Célestins à l’ouest. Ce théâtre s’inscrit dans un plan presque carré dans lequel la façade est perpendiculaire à l’axe de la place. Le bâtiment est construit sur un soubassement. Le théâtre est composé d’une façade principale à trois étages. Au centre, le bâtiment principal est en avant-corps surmonté d’une corniche et d’un dôme très aplati. Le rez-de-chaussée comprend trois arcades. Entre le rez-de-chaussée et l'étage principal est compris un étage intermédiaire : trois portes-fenêtres ouvrent sur trois larges et profonds balcons donnant sur la place des Célestins. A l’étage noble se trouvent trois grandes baies cintrées. Ce « bel étage » est richement composé. A cet étage, les trois arcs dit « à la Palladio » ont été réalisés par les sculpteurs Roche et Vaganay. Le sculpteur François-Édouard Clauses exécute la sculpture « ornementale », en particulier les frontons. Au-dessus du « bel étage », l’entablement se compose d’une architrave, d’une frise et d’une corniche. La corniche à modillons soutient des chéneaux de pierre de Calissane (Bouches-du-Rhône). La partie centrale sur laquelle est indiqué le mot « théâtre » est surmontée du fronton qui abrite deux sphinges flanquant un masque de la Comédie antique. Le fronton est sommé d’un vase dont deux serpents composent les anses. Le peintre Nicolas Sicart aurait réalisé un dessin indiquant la posture des sphinges. Les espaces de services comme les circulations sont compris dans les deux ailes latérales basses. Aux angles de la façade, au niveau de l’étage noble, sont sculptés les initiales « R. F. » à gauche, et les mots « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ» à droite sur des cartouches entourés de branches de laurier et d’ornements ; les années 1874 et 1877 sont gravées sous les inscriptions. Les façades de la rue Gaspard-André (anciennement rue des Célestins) et de la rue Charles-Dullin (anciennement rue d’Egypte) sont homogènes et présentent huit travées. Les fenêtres du rez-de-chaussée et de l’entresol sont couvertes d’arcs segmentés. Les 1er et 3e étages carrés s’ouvrent par des fenêtres carrées. Des pilastres doriques rythment la façade au niveau des 2e et 3e étages carrés. La porte surmontée d’un fronton rue Gaspard-André est pourvue d’une plaque sur laquelle est écrite « Parterre – 3e galerie » tandis que celle de la rue Charles-Dullin affiche « Parquet 1-2 galerie ». A l’étage, la fenêtre est flanquée de colonnes demi-engagées d’ordre ionique. Elle est couverte d’un fronton cintré rompu auquel une guirlande de fleurs est suspendue. Deux pilastres corinthiens encadrent l’ensemble. Cette travée est en léger avant-corps et est couronnée d’un fronton cintré dans lequel un griffon est fièrement dressé. Le fronton est sommé d’une palmette. Rue Charles-Dullin, la travée axiale, ornée d’un masque agrémenté d’une guirlande de fleurs, de fruits et de feuilles de houx et d’olivier, éclaire la cage d’escalier. « Administration – Entrée des artistes » est inscrit au-dessus de la porte.

Le spectateur entre dans le porche dans-œuvre surélevé par une des trois entrées depuis la place des Célestins. Ce porche, souvent appelé à tort péristyle, est prolongé par des salles « de queue ». Le visiteur accède ensuite au vestibule d’où partent les escaliers conduisant aux galeries distribuant la salle de spectacle. Le vestibule est couvert d’une voûte plate ovale et ses ornements sont dus aux décorateurs Flachat et Cochet. Les sculpteurs Antoine et Louis Berthet, dans le vestibule et les escaliers, effectuent les « imitations de Cruaz poli en grandes surfaces unies en stuc à la chaux ». Le sculpteur Jean-André Delorme réalise la statue de La Vérité appelée également La Vérité railleuse placée dans le vestibule, statue qui n’est plus en place depuis une date indéterminée. L’intérieur de l’édifice s’articule entre la salle, la scène, le foyer du public, le foyer des artistes ainsi que les espaces techniques et de services. Le volume de la salle occupe toute la hauteur du bâtiment. Les espaces techniques et de services se trouvent à tous les niveaux : les services secondaires, vestiaires, cabinets, le foyer des machinistes, le corps de garde des pompiers, le foyer des « comparses », les habilloirs des figurants, le dépôt des décors et le magasin des accessoires. Le foyer des musiciens est au rez-de-chaussée. Le cabinet du régisseur, le foyer des artistes, les loges de premiers sujets sont au premier étage. Le foyer du public et les loges d’artistes se situent au second étage où se trouve également à ce niveau une buvette. Au troisième étage se trouve l’appartement du directeur. Enfin, le cabinet et l’atelier du décorateur sont sous les combles. A ce niveau ont été installés également des réservoirs d’eau. La salle est hiérarchisée : elle est composée de trois niveaux de galeries. Ainsi, de bas en haut, les divisions sociales sont clairement séparées et identifiées. Comprenant 697 places, la salle à l’italienne est en forme de fer à cheval. L’ensemble de l’ossature de la salle – les piliers et la structure des balcons, la charpente, la coupole et la cage de scène – est métallique. Le parterre se trouve sur un plancher de bois en pente. L’ensemble des balcons témoignent du rôle du théâtre par sa structure : les spectateurs venaient au théâtre pour voir la pièce mais aussi pour être vus. Une balustrade intermédiaire sépare en deux parties la première et la deuxième galerie. Le poulailler, ou troisième galerie, se compose de plusieurs niveaux derrière les arcades. La frise du plafond couronne le rythme régulier des arcades. La décoration de la salle renaissance et baroque conduite par le décorateur de la ville de Lyon Jean-Baptiste Genivet a été réalisée par les ateliers Flachat et Cochet de Lyon. Les matériaux employés sont le stuc, le plâtre, le bois doré ainsi que la peinture et la dorure. Les modèles des colonnes de la salle en fonte ont été conçus par le sculpteur Leandro Bonioli. Jean-Baptiste Genivet conçoit le rideau de scène et le lambrequin ainsi que les seize décors du « répertoire courant ». L’ensemble de la salle est peint par Alexandre Gayetti qui effectue également les dorures. Sur l’arc de scène, les noms de Molière, Racine et Corneille sont inscrits dans des cartouches. Ces derniers sont encadrés par les trophées de la Tragédie (main de justice, couronne et sceptre) et de la Comédie ou de la Musique (flûte de Pan, flambeaux, marotte ou masque de Fou). Le volume de la scène est trois fois plus grand que celui de la salle. En effet, l’espace scénique inclut la fosse d’orchestre, le plateau, les dessous et les dessus. Tous les services en lien avec la scène sont groupés au même endroit. La capacité de la fosse d’orchestre est de cent musiciens. Le plateau comprend le trou du souffleur à l’avant-scène et un monte-charge à l’arrière-scène. Les dessous composés de trois niveaux sont équipés d’une machinerie classique à l’époque de la construction. En effet, d’importants travaux ont eu lieu entre temps en 2005. Les dessus en structure métallique sont composés de deux niveaux de machinerie en bois. Le foyer du public, de forme rectangulaire, se situe sur l’aile latérale sud du théâtre au second étage. Couvert d'une voûte en berceau en anse de panier à lunettes, il est pourvu d’une cheminée monumentale composée d’un trumeau surmonté d’un fronton cintré rompu et orné du portrait de Molière peint par Joanny Domer. Le même artiste a réalisé les personnages des comédies de Molière (cf IM69002017). La décoration permet de mettre en valeur la voûte et ses retombées ainsi que l’ensemble de la composition architecturale. Frédéric Giroud, avec Jean-Baptiste Genivet effectue « les peintures décoratives du foyer du théâtre des Célestins, moins les figures et l’application de l’or » sur des toiles collées. « L’ornementation en carton pierre à exécuter dans le foyer principal du théâtre des Célestins » est de Leandro Bonioli. Une figure peinte de la Vérité est située au-dessus du portrait de Molière, au plafond. Les représentations des parois murales ont pour thème le monde moderne tandis qu’au plafond est symbolisé le monde ancien. En effet, une idée de progression entre les deux mondes est notable ainsi qu’avec l’unité décorative.

Les piliers du foyer des artistes sont ornés de cartouches dans lesquels sont peints, de la gauche vers la droite depuis l’entrée du foyer, les noms de Fournier, Lureau, Lamy, Genin, Dupré, comédiens du XIXe siècle. En outre, un buste de Molière occupe le trumeau de la cheminée.

L’édifice du XIXe siècle a été organisé et conçu en lien avec les progrès de son époque. Ainsi, le théâtre possède de nombreux dégagements, du chauffage et de la ventilation. Un système de conduits permet la réception de l’air frais puis l’évacuation de l’air chaud dans la salle.

A gauche de l'élévation antérieure, au niveau du soubassement, est visible une belle section de nautile.

Murscalcaire pierre de taille
Toitardoise, zinc en couverture
Plansplan régulier
Étagesentresol, 3 étages carrés
Couvrementsvoûte plate
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couvertures
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
État de conservationbon état
Techniquessculpture
peinture
Statut de la propriétépropriété privée
propriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1997/03/21

Annexes

  • DRAC Rhône-Alpes, CRMH. Note de synthèse (par Bernard Gautheron ?, 1992). Historique

    DRAC Rhône-Alpes, CRMH. 69 - Lyon 2e, théâtre des Célestins, 1 I 09 MHAAA-99-460

    Rhône, Lyon 2e, théâtre des Célestins

    NOTE DE SYNTHESE (par Bernard Gautheron ?, 1992)

    Historique

    Le théâtre des Célestins a été construit à l'emplacement de l'ancien couvent des Célestins, fondé en 1407. Les archives permettent de retracer l'histoire de ce couvent qui occupait un vaste tènement sur le quai de Saône entre le pont du Roy (pont Bonaparte) et la rue Ecorche-Boeuf (rue Port-du-Temple). Les Célestins protégés par la Maison de Savoie ont atteint leur apogée sous Amédée VIII, au début du quinzième siècle. Succédant à l'ordre du Temple, l'établissement de l'ordre des Célestins devait être réuni à l'ordre de Malte (1778) avant de disparaître en 1785. Une société privée, la Société des Célestins, racheta le terrain. Son promoteur, André Devouges, établit un projet très ambitieux qui transformait l'ancien couvent en une sorte de Palais-Royal avec galeries couvertes et jardin fermé à l'ouest par une salle de spectacles. Ralentie par la Révolution, la construction ne fut pas aussi fastueuse que prévue. La société fit bâtir un bloc d'immeubles limité d'un côté par la Saône de l'autre par une place sur laquelle s'éleva un théâtre encastré dans les maisons. Le théâtre des Variétés, commencé en 1789, fut achevé en 1792. A cette date, l'emplacement était définitivement loti, la place des Célestins avait pris son aspect actuel.

    La façade du théâtre des Variétés s'ornait d'un fronton triangulaire et de pilastres ioniques dans le style néoclassique.

    Pendant la 1ère moitié du XIXe siècle, la place des Célestins fut le lieu d'animations très populaires : divertissements, chansons, cafés-concerts.

    La ville racheta le théâtre en 1838. En 1871, un incendie détruisit ce premier théâtre, devenu d'ailleurs trop petit. Pour le remplacer, la ville lança un concours en 1873. Gaspard André, qui remporta le premier prix, présenta deux variantes de son projet. Dans l'une, il s'était conformé rigoureusement aux données du programme qui tenait compte de la percée probable d'une artère légèrement inclinée sur l'axe de la place et demandait la façade parallèle à l'axe de la rue projetée.

    Dans l'autre, la façade, au lieu d'être oblique sur l'axe de la place, lui était perpendiculaire. Ce fut cette seconde solution qui fut adoptée. Elle permettait, sans empiéter davantage sur la place, d'augmenter la profondeur d'une scène qui devait, au besoin, servir à des représentations plus importantes. La rue projetée, qui avait influé sur les données du programme, ne fut jamais percée.

    Le théâtre des Célestins fut inauguré le 1er août 1877. Il brûlait trois ans plus tard en mai 1880. Gaspard André le réédifia à l'identique. Il rouvrit en 1881.

    CARACTERISTIQUES ARCHITECTURALES ET TECHNIQUES

    I LE PLAN

    Dessinant un carré presque parfait, le bâtiment se prolonge à l'arrière-scène par des constructions entourant une cour indivise.

    La façade principale sur la place a 36 m de long. La profondeur du bâtiment est de 33 m. La surface obtenue se divise également en une partie salle et une partie scène.

    L'ensemble repose sur un socle largement profilé au soubassement simple.

    II LA FACADE PRINCIPALE

    Façade principale : à deux étages d'ordre.

    Le centre de l'édifice est un large avant-corps surmonté d'une puissante corniche et d'un dôme très aplati.

    Aux trois arcades du rez-de-chaussée correspondent à l'étage trois grandes baies cintrées ouvrant sur des balcons. La composition de l'étage est plus riche (elle correspond au niveau de l'accès au parterre). Deux ailes latérales en retrait et plus basses enferment les espaces de services : circulations, etc.

    Les fenêtres d'angle sont couronnées par des frontons curvilignes et rompus. Entre les colonnes accouplées se trouvent la statue de la Comédie et de la Tragédie.

    L'ornementation évoque la richesse baroque : cartouches à armes, tête de lion, masques, lyres, L accouplés et couronnes fortifiées.

    III LA SALLE

    Ce théâtre, comme ceux des grandes villes de province, s'inspire de l'opéra de Garnier pour la décoration de la salle : forme ventrue des balcons et rythme de leur décoration, importance de la frise en plafond, décoration chargée des piliers et des loges d'avant-scène.

    Nombre de places : 850

    Forme et structures :

    La salle s'inscrit dans un pourtour sensiblement carré aux côtés ventrus. Le premier balcon en forme de demi-cercle dont les extrémités s'écrasent avec renflement jusqu'aux loges d'avant-scène, est représentatif de l'intérêt accordé à la visibilité des théâtres de cette époque.

    Toute l'ossature de la salle est métallique ; pilier et structure des balcons ainsi que la charpente, l'ossature de la coupole et même l'ossature de la cage de scène.

    Composition :

    La salle est composée de hautes arcades dans un rythme régulier, soutenues par des piliers en fer, rejoignant la frise du plafond.

    Le parterre. Plancher bois en pente. Autrefois, flanqué de baignoires sur tout le pourtour, il n'en reste actuellement que 6.

    Loges d'avant-scène. Sur deux niveaux (1ère et 2e galeries) seulement, augmentent l'effet puissant de l'arc formé par le cadre de scène.

    Balcons, galeries. La salle comporte 3 niveaux de galeries : jadis formée de loges particulières, la première galerie se prolonge par un balcon avec 3 rangées de fauteuils. La 2e galerie, séparée en 2 parties par une balustrade intermédiaire.

    La 3e galerie, appelée poulailler, située derrière les arcades, est composée de plusieurs niveaux. Elle s'étend à l'arrière salle avec un niveau supplémentaire.

    Ornementation (extraits de Le décor intérieur du théâtre par Georgette Dargent) :

    - La salle

    Les travaux de décoration furent conduits par M. Genivet et menés à bien par les mêmes ateliers Flachat et Cochet de Lyon, qui possédaient encore les modèles d'ornementation de la première construction : stuc et plâtre, bois doré, peinture et dorure sur enduit spécial pour les parties métalliques sont les matériaux encore employés. Les formes de ce décor, éclectiques comme l'architecture même du théâtre, mêlent dans la salle renaissance et baroque.

    A l'arc de scène, soulignés par des trophées se rapportant à la tragédie (sceptre, couronne, main de justice) et à la comédie ou la musique (flûte de pan, flambeaux, marotte ou masque de Fou) des cartouches moulurés à fonds sablés d'or encadrent les noms de Racine, de Molière et de Corneille. L'ouverture de la scène est entourée d'un cordon de rais de coeur, lui-même souligné d'un rang de perles. Un rideau en toile à embrasses et glands d'or était surmonté d'un baldaquin qui existe encore, baldaquin en tôles assemblées, recouvert d'une toile peinte avec au centre un écusson marqué d'un lion entouré de deux nymphes soutenant des guirlandes de fleurs et de fruits. Aux extrémités de l'arc surmontant les loges d'avant-scène abondamment décorées, des frontons curvilignes et brisés sont accostés de consoles inutiles et soutenus lourdement par d'autres qui servent de cadres au L emblématique de la ville, traversé de la couronne fortifiée. Au-dessous, des cornes d'abondance réunies par une agrafe, entourent un masque de faune.

    Les balcons des deux premières galeries ne sont pas moins soignés que la scène. Aux agrafes, aux rais de coeur, aux perles s'ajoutent rinceaux et pampres chargés de grappes de raisins. Mais le geste des putti qui rythment les avancées de la deuxième galerie n'a plus de raison d'être. Autrefois, au temps de l'éclairage au gaz, leurs mains tendues retenaient des girandoles de lumière, supprimées aujourd'hui ; l'électricité leur a substitué des faisceaux de lampes à la jonction des colonnes.

    - Le plafond : le lustre est composé d'une "ossature en fonte et fer ornés et dorés munie de cordes en cuivre, manoeuvrée par un treuil à double mouvement avec arrêt de sûreté et frein".

    Le plafond est limité par l'avant-scène et les sept archivoltes qui le séparent de la troisième galerie. Un tore garni de feuillages couronne les archivoltes, ponctué de têtes féminines richement ornées et de six cartouches portant les noms d'auteurs dramatiques de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècles : Voltaire, Regnard, Beaumarchais, Marivaux, Desaugiers, Panard. Un cordage en spirale enroulé autour d'un gros câble relie l'ensemble au velum du plafond. Le plafond du théâtre est en cuivre "par panneaux fixés à des carcasses en cornières, adaptés à la charpente" et c'est ainsi que l'oeuvre du peintre Joanny Domer "exécutée sur fond à sable doré" remplaça la toile marouflée d'Auguste Alexis Hirsch.

    IV LA SCENE

    Véritable outil technique, elle contient trois fois le volume de la salle. Elle est restée dans on état d'origine.

    Fosse d'orchestre. Capacité 100 musiciens.

    Dimensions : cadre de scène : 9,50 m d'ouverture

    17,60 m de large de mur à mur

    14 m de profondeur depuis l'avant-scène

    Le plateau : équipé de trappes et costières. Le plateau, en légère pente (4cm/m) comporte à l'avant-scène le trou du souffleur et à l'arrière-scène, un monte-charge pour l'arrivée du décor.

    Les dessous : 3 niveaux équipés de machineries classiques (chariots, etc.). Le 3e niveau se trouve au niveau de la rue. Les dessous sont ainsi éclairés par des ouvertures donnant sur la cour. Actuellement, le premier plancher du dessous ayant bougé, il rend inutilisable une partie de la machinerie.

    Les dessus : deux niveaux de passerelles, avec cinq ponts volants, latérales et en fond de scène. Un niveau gril. Structure métallique d'origine, machinerie bois, 52 perches équipées pour certaines de contrepoids. Le gril est équipé de tambours bois à démultiplication, de moufles bois et mères de famille.

    CONCLUSION

    Le théâtre des Célestins est la première oeuvre de Gaspard André (lors du concours de 1873, il n'avait que 33 ans et n'avait encore rien construit). Il s'est inspiré d'un projet établi par lui deux ans auparavant pour le théâtre de Genève.

    La façade du théâtre des Célestins se rapproche d'autres façades de théâtres contemporains (Reims, Nantes) mais l'oeuvre de Gaspard André fut jugée à l'époque très réussie. Elle fut reproduite dans de nombreux dessins et figure à l'Exposition universelle de 1878.

    Le théâtre était conforme aux goûts de la société de son temps. G. André "a cherché à bâtir un théâtre élégant et harmonieux, d'un type alors répandu mais dont le luxe resta décent et léger ..., d'une architecture classique, finissante, trop riche de connaissances peut-être, mais destinée à plaire" (G. Dargent).

    L'ensemble de l'édifice a été remarquablement conservé depuis sa création, y compris la cage de scène avec sa machinerie, qui sont un témoin rare de la technique théâtrale (très peu ont pu être conservés en France).

    La conservation de la cage de scène pose un problème pour la Ville de Lyon qui souhaiterait transformer toute l'installation pour des raisons de sécurité et pour des impératifs liés à la technique théâtrale (augmentation de la surface du plateau de scène, modernisation de l'équipement scénique).

    Cette modernisation ne peut se réaliser en conservant tout ou partie des installations anciennes.

    Compte tenu de l'intérêt architectural de l'édifice (c'est le seul théâtre à l'italienne conservé à Lyon) de la qualité du décor intérieur et de la parfaite conservation de l'édifice, un classement, en totalité, parmi les monuments historiques serait tout à fait justifié.

  • DRAC Rhône-Alpes, CRMH. Avis de l'Architecte en chef des Monuments historiques, 20 janvier 1992

    DRAC Rhône-Alpes, CRMH. 69 - Lyon 2e, théâtre des Célestins, 1 I 09 MHAAA-99-460

    Ministère de la Culture

    Recensement des monuments anciens de la France

    Rhône, Lyon 2e, théâtre des Célestins

    Avis de l'Architecte en chef des Monuments historiques, 20 janvier 1992

    Très documenté, le dossier concernant le théâtre des Célestins, fait apparaître la qualité de l'édifice et surtout, l'originalité de la conception de la cage de scène et sa machinerie.

    Ce témoin de la technique théâtrale mérite d'être conservé.

    Compte tenu de ces indications, le classement en totalité parmi les monuments historiques s'impose.

    Signé : J.-G. Mortamet

  • DRAC Rhône-Alpes, CRMH. Avis de l'Inspecteur des Monuments historiques, 16 décembre 1996

    DRAC Rhône-Alpes, CRMH. 69 - Lyon 2e, théâtre des Célestins, 1 I 09 MHAAA-99-460

    Ministère de la Culture, Direction du Patrimoine

    COREPHAE du 17 décembre1996

    Rhône, Lyon 2e, théâtre des Célestins

    Avis de l'Inspecteur des Monuments historiques, 16 décembre 1996

    Edifié entre 1873 et 1877 par Gaspard André, le théâtre des Célestins n'a - -paradoxalement - guère subi de modifications, alors que des deux salles lyonnaises protégées au titre des monuments historiques, rien ne reste de l'une - l'Eldorado, et guère de l'autre - l'actuel Opéra. Face à de tels exemples, on hésite à évoquer la nécessité d'une "protection", d'autant que la ville souhaite changer le dispositif et la machinerie - inséparables pourtant des salles à l'italienne - jugés obsolètes et non conformes aux normes actuelles de sécurité, et que cette volonté rencontre l'appui de l'architecte-conseil à la direction des théâtres. Celui-ci préconise en effet l'installation d'une machinerie contemporaine, dans l'esprit de celle qui existe (?).

    Quant au bâtiment lui-même, il a fait l'objet de plusieurs notices, plus descriptives qu'analytiques, il est vrai. De bonne qualité, et d'une exécution très soignée, notamment dans le décor sculpté, il ne s'impose pas d'emblée par son originalité et se situe nettement dans la mouvance de l'Opéra Garnier. Parmi les salles édifiées dans ces années 1870-1880, une dizaine ont fait l'objet de mesures d'inscription, une - le théâtre de la Renaissance, à Paris - a été classée en 1994. A titre de comparaison, trente-cinq théâtres du XIXe siècle sont inscrits, et dix classés. Ces mesures de protection sont, dans leur immense majorité, très récentes. Peut-être manque-t-on de recul pour juger ces édifices qui accèdent depuis peu de temps seulement au statut de "monument historique". Je pense cependant qu'une inscription en totalité - y compris les cintres, rideau de scène et machine - est la mesure qui s'impose ici.

    Signé : Isabelle Denis

  • DRAC Rhône-Alpes, CRMH. Avis de l'Architecte en chef des Monuments historiques, 16 décembre 1996

    DRAC Rhône-Alpes, CRMH. 69 - Lyon 2e, théâtre des Célestins, 1 I 09 MHAAA-99-460

    Ministère de la Culture

    Rhône, Lyon 2e, théâtre des Célestins

    Avis de l'Architecte en chef des Monuments historiques, 16 décembre 1996

    Le théâtre des Célestins, grâce à son bon état de conservation et surtout à l'authenticité de ses dispositions, constitue un ensemble devenu très rare, non seulement pour Lyon, mais également pour l'histoire des théâtres à l'italienne en France.

    Le rapport technique de Monsieur Daujat ne figurant pas au dossier, nous n'avons pas connaissance des éléments nouveaux concernant les installations techniques.

    En espérant qu'un ensemble logique et cohérent, au moins des anciens systèmes de scène, pourra être au moins conservé, sans modification bien évidemment du rideau de scène, j'émets un avis favorable au classement en totalité.

    Signé : Didier Repellin

  • ANDRE, Gaspard. L'oeuvre de Gaspard André. Théâtre des Célestins. Lyon : A Storck et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1898, p. 11-14

    ANDRE, Gaspard. L’œuvre de Gaspard André. Lyon : A Storck et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1898, Théâtre des Célestins, p. 11-14

    Ce théâtre occupe l'emplacement de l'église et du couvent des religieux dont il porte le nom. Ils s'étaient établis là en 1407 ; leurs biens avaient été vendus en 1785.

    Une salle de spectacle fut construite peu après. Elle brûla en 1870. C'est pour la remplacer qu'un concours fut ouvert en 1873.

    André y présenta deux variantes de son projet. La devise inscrite sur ses planches, "Carrément ou de guingois", les signalaient à l'attention du jury.

    Dans l'une il s'était conformé rigoureusement aux données du programme qui tenait compte de la percée probable d'une artère légèrement inclinée sur l'axe de la place et demandait la façade parallèle à l'axe de la rue projetée.

    Dans l'autre, la façade, au lieu d'être oblique sur l'axe de la place, lui était perpendiculaire.

    Ce fut cette seconde solution qui fut adoptée.

    Elle permettait, sans empiéter davantage sur la place, d'augmenter dans des proportions appréciables la profondeur d'une scène qui devait, au besoin, servir à des représentations de grands drames et de fééries où l'importance de la figuration joue un rôle considérable.

    Ajoutons que la rue projetée qui avait influé sur les données du programme n'est pas encore percée, et qu'il n'est nullement question de l'ouvrir.

    Dans la biographie de son ami André, voici en quels termes l'architecte Bissuel parle du théâtre des Célestins.

    "Le théâtre des Célestins remarquable au point de vue artistique ne l'est pas moins au point de vue pratique : dégagements, chauffage, ventilation, tout y est irréprochable.

    "Le péristyle, elliptique, largement ouvert, est très heureusement agrandi par les salles dites de queue auxquelles on accède par des rues latérales.

    "Du vestibule, couvert par des voûtes d'arêtes très plates, d'un excellent effet, partent tous les escaliers qui conduisent aux galeries.

    "Le foyer n'a pu trouver place sur la façade ; néanmoins les spectateurs peuvent, pendant la belle saison, aller prendre l'air sur les balcons qui forment la base des baies principales.

    "Ces trois grandes baies, richement décorées et de belles proportions, la corniche vigoureusement développée, le soubassement simple, posé sur un socle largement profilé, les côtés presque nus faisant valoir le motif central, forment un ensemble très complet et du goût le plus pur.

    "A l'intérieur l'arc d'avant-scène est remarquable par l'ampleur de son évasement et par son ornementation à la fois simple et riche. Les galeries sont dans la même note, et leur profilement a été si bien étudié que, de sa place, chaque spectateur voit largement la scène, sans être obligé de prendre une position fatigante pour lui-même ou gênante pour ses voisins.

    "La ventilation est admirablement réglée : l'air frais est amené dans la salle par des conduits en communication avec des puits dissimulés dans les bosquets qui ornent la place des Célestins ; l'air chaud s'échappe par d'autres conduits ménagés au-dessus des lampadaires.

    "André avait débuté par un des monuments les plus complexes et les plus difficiles. Son début fut un coup de maître. Il fut, dès lors, classé au premier rang, et ceux qui, comme nous, eurent la bonne fortune, d'assister à la représentation d'inauguration, conserveront toujours le souvenir de l'ovation qui lui fut faite.

    "Deux ou trois ans après l'achèvement du théâtre, un incendie en détruisit la salle et la scène. André dut réparer son oeuvre. Il la reconstitua telle qu'il l'avait conçue et sans rien changer au plan primitif."

    Ainsi, après avoir pu apprécier pratiquement les avantages et les inconvénients de son oeuvre, André, à la suite de l'incendie qui la détruisit, la rétablit sans la modifier, sans que personne eût l'idée d'y faire changer quoi que ce soit.

    Ce fait exceptionnel est un jugement d'une portée infiniment supérieure à tout ce qu'on pourrait dire.

    André perfectionna cependant encore son oeuvre dans quelques détails de construction, et en étudia de nouveau certaines parties de décorations intérieures.

    Nous n'avons pour décrire cet édifice qu'à suivre pas à pas le devis descriptif dont l'auteur lui-même accompagna son avant-projet.

    Tout le projet s'agence d'après la salle de spectacle.

    Les différents étages en sont constitués par des poutres en fer inclinées, reposant à l'arrière sur les murs du pourtour de la salle, et à leur partie antérieure sur de minces colonnes de fer, reliées par des ceintures de même métal.

    Les colonnes reposent sur les murs du vestibule du rez-de-chaussée, dont elles déterminent la forme. Celui-ci est donc sous la salle, il est de dimension suffisante pour assurer la circulation. Tous les escaliers des différentes places y aboutissent, chaque catégorie de places est desservie particulièrement.

    Aux fauteuils de rez-de-chaussée et aux premières galeries correspondent deux escaliers symétriques. L'un s'arrête à l'étage inférieur, qui est entouré d'un large vestibule donnant sur les balcons de la façade. L'autre va jusqu'au second étage (premières galeries) où se trouvent à droite la buvette, à gauche le foyer.

    Le parterre a ses escaliers particuliers, débouchant sur la façade latérale de façon qu'il n'y ait pas besoin de surveillance spéciale pour éviter que ses spectateurs pénètrent aux places d'un prix plus élevé.

    De même, les deuxièmes et troisièmes galeries sont desservies par des escaliers spéciaux.

    Aux divers étages les services secondaires, vestiaires, cabinets, etc., sont ménagés.

    Autour de la scène les services qui en dépendent sont groupés.

    Au nord, le logement du concierge, l'entrée des caves et du calorifère, le départ de l'escalier des artistes ; au premier étage le cabinet du régisseur, le foyer des artistes, les loges des premiers sujets, au deuxième étage, des loges d'artistes ; au-dessus, l'appartement du directeur, l'accès du cabinet du décorateur et de son atelier situé dans les combles, au-dessus de la salle.

    A droite et à gauche de l'atelier, portés sur les massifs de l'avant-scène, se trouvent des réservoirs d'eau.

    Au sud, foyer des musiciens au rez-de-chaussée ; au-dessus, foyer des machinistes et corps de garde des pompiers, foyer des comparses et habilloirs de figurants ; enfin, dépôt des décors et magasin des accessoires.

    La scène et ses dessous sont éclairés par des ouvertures donnant sur la cour. Elle mesure au rideau 9m. 50 de large et au fond 17m. 60. Sa profondeur depuis la rampe est de 15 mètres.

    Le parti adopté dans le plan et d'après lequel des couloirs viennent couper la façade à différentes hauteurs a conduit à accuser dans celle-ci les deux étages principaux par des ouvertures pourvues de balcons.

    Les ouvertures principales sont à l'étage des premières galeries et du foyer, le bel étage, comme disent les Italiens. Placées en renfoncement, elles s'enlèvent dans un fond coloré, ainsi que l'on en voit des exemples au château de Blois et dans le pavillon du Louvre que termine la galerie d'Apollon.

    Les bustes de Victor Hugo, Alfred de Musset et Scribe en décorent les cintres.

    A droite et à gauche des grands balcons, entre deux colonnes accouplées, les statues de la Comédie et de la Tragédie, surmontées de cartouches symboliques. L'exécution de ces statues fut confiée après concours à Roubaud jeune.

    Les ornements de la façade rappellent pour la plupart la destination du monument ou la ville qui l'a fait édifier : tels les cartouches aux armes de la ville, les têtes de lion des consoles des balcons, le masque, les lyres du fronton, les L accouplés et couronnes, etc.

    Nous donnons, outre les planches relatives à cet édifice, de nombreux croquis de ses motifs décoratifs, parsemés en bandeaux ou en culs-de-lampe dans tout le texte de cet ouvrage.

    Citons dans le nombre les chapiteaux de colonnettes des galeries ; les cartouches du cadre de la scène ; les ornementations des loges officielles d'avant-scène ; quelques-unes des sculptures de la façade, etc.

    Le premier plafond du théâtre des Célestins fut confié à Aug.-Alex. Hirsch ; après l'incendie, ce fut J. Domer qui exécuta le second.

    L'ornementation intérieure sort des ateliers de la Maison Flachat et Cochet. Les sculptures de la façade sont de Clauses.

  • BARD, Joseph. "XIIIe bulletin monumental et liturgique de la ville de Lyon", La Revue du Lyonnais, 1851, t. 2

    BARD, Joseph. "XIIIe bulletin monumental et liturgique de la ville de Lyon", La Revue du Lyonnais, 1851, t. 2, p. 102

    Extraits :

    Une restauration complète a eu lieu au théâtre des Célestins, sous la direction de l'architecte Exbrayat. La Revue a déjà apprécié l'intelligence et le bon goût qui ont présidé à ces travaux.

Références documentaires

Documents d'archives
  • DRAC Rhône-Alpes, CRMH. 69 - Lyon 2e, théâtre des Célestins, 1 I 09 MHAAA-99-460

Bibliographie
  • ANDRE, Gaspard. L´oeuvre de Gaspard André. Lyon : A. Storck et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1898, Théâtre des Célestins

  • AUDIN, Marius. VIAL, Eugène. Dictionnaire des artistes et ouvriers d'art du Lyonnais. Paris : Bibliothèque d'art et d'archéologie, 1919

    T. 1
  • BEAUFORT, Jacques. L'architecture à Lyon. Lyon et le Grand Lyon de 1800 à 2000. Jean-Pierre Huguet, Editeur, tome II, 2001, 308 p.

    p. 48-51
  • BEGHAIN, Patrice, BENOIT, Bruno, CORNELOUP, Gérard, THEVENON, Bruno. Dictionnaire historique de Lyon. Lyon : éd. Stéphane Bachès, 2009. 1503 p.

    p. 1285-1289
  • CARLIER, Sylvie. CHANTRENNE, Damien. Théâtres et cafés. Peintures et décors à Lyon (1840-1930). Catalogue de l'exposition, musée Paul-Dini, Villefranche-sur-Saône, 12 octobre 2014 - 8 février 2015, 2014

    p. 60, 70
  • CHARVET. Lyon artistique, architectes Lyonnais, notices biographiques et bibliographiques. Lyon, 1899. 436 p. : ill. ; 28 cm

  • CHOMARAT, Michel (dir.). Les Célestins, du couvent au théâtre. Catalogue d'exposition, Théâtre des Célestins. Lyon : Mémoire active, 2005. 284 p.

    BM Lyon : 6900X5CEL
  • PUITSPELU, Nizier du. Les Vieilleries lyonnaises. Lyon : Jean Honoré Editeur, 1980, (première édition en 1891)

    p. 255, 261
Périodiques
  • PAIN, Cyril. "Le théâtre classique, l'exemple des Célestins à Lyon". La Pierre d'Angle, n° 34, octobre-novembre 2003.

    p. 13-15 Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Lyon
  • RICHAUD, Gilbert. "Le théâtre et la cité au XIXe siècle". La Pierre d'Angle, n° 34, octobre-novembre 2003.

    p. 15-17 Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Lyon
Documents audio
  • ROUSSELLE, Bruno. SAVAY-GUERRAZ, Hugues. TRITENNE, Dominique. Étude géo-patrimoniale du secteur des Jacobins. 2017 - 2018

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville de Lyon © Ville de Lyon - Belle Véronique