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Usine d'armes dite manufacture Royale d'armes de Saint-Etienne puis GIAT Industrie actuellement cité du Design

Dossier IA42001265 réalisé en 2005

Fiche

Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement patronal
Dénominationsusine d'armes
Aire d'étude et cantonRhône-Alpes patrimoine industriel - Saint-Etienne
AdresseCommune : Saint-Étienne
Adresse : 3 rue, Javelin-Pagnon , rue, Bergson , rue
Pablo-Picasso
Cadastre : 1999

La fabrication d´armes de Saint-Étienne remonte à une époque très lointaine. Des documents de la fin du Moyen Age témoignent de l´existence d´ateliers armuriers. Leur renommée s´est rapidement étendue, au point d´avoir des commandes royales pour les troupes. La création d´une société d´entrepreneurs permet de bénéficier du titre de « Manufacture royale » grâce à M. de Monbéliard en 1764. Cette manufacture initialement située place Chavanelle fournissait des produits soigneusement contrôlés suivant une réglementation très stricte. Un acte du 13 juin 1764 indique l´achat de deux maisons place Chavanelle qui deviendront le centre vital de la manufacture. Lors de la Révolution, l´établissement connaît des difficultés. C´est une période où règne la plus grande anarchie. La production baisse rapidement, une profonde misère règne sur la ville, le fer et la poudre manquent. Pendant la Restauration, l´entreprise va se perfectionner avant les importantes commandes dues aux événements politiques de 1830. Dans les années qui suivent, l´invention d´un nouveau modèle d´arme à percussion oblige l´usine à se moderniser ; c´est l´occasion de réunir enfin les ateliers dispersés aux équipements vétustes. Il existe une volonté de créer une usine moderne adaptée à l´industrie contemporaine et à l´utilisation des machines-outils. C´est la naissance de la nouvelle manufacture d´armes. Après bien des études, le terrain du champ de mars situé au Treuil entre la voie ferrée et la route de Roanne était retenu. La ville apporta son soutien à l´Etat pour faciliter l´achat des terrains et permettre le voûtement du Furens et de son bief. Un projet d´ensemble a été dressé par le capitaine Bouchard, chargé du service des bâtiments pour une dépense prévue de 2.800.000 francs. Le 3 décembre 1863, le ministre décide de répartir la totalité des bâtiments à édifier en trois groupes. Le premier, qui constitue la grande usine, le réservoir, le magasin à poudre, l´épreuve et le mur d´enceinte devait être construit en 1864 et 1865. Le montant des travaux prévus s´élevait à 769.648,50 francs mais on arriva finalement après avoir réalisé quelques projets complémentaires à un total de 1.199.391,29 francs en 1866. L´installation des moteurs à vapeur et transmission fut établi également par le capitaine Bouchard. Les quatre machines à vapeur étaient installées au centre de l´usine dans une construction isolée. Des arbres secondaires transmettaient le mouvement de l´arbre principal. En 1866, furent construits les bâtiments d´administration de la direction, le bâtiment d´administration de l´entreprise, le logement du directeur et celui du sous-directeur et du capitaine chargé des bâtiments. Le 22 avril 1866, à l´occasion de la mise en marche de la première machine à vapeur, fut inaugurée la nouvelle manufacture. La même année, d´autres bâtiments furent construits, comme la forge, l´étuve, le logement du concierge, constituant le troisième groupe. La grille de la cour d´honneur ne fut terminée qu´au mois de novembre 1869 et son projet avait été approuvé le 5 janvier de la même année. La manufacture possédait alors sa disposition générale. Elle se composait de la grande usine (appelée « double H ») au centre qui comprenait quatre ateliers de 155 mètres de long éclairés par de vastes fenêtres et séparés par des cours intérieures avec en son centre, la salle des machines. Au nord, un bâtiment contenant l´aiguiserie, un atelier de polissoires et un atelier de la trempe. A l´est, le bâtiment des forges. Au sud, un bâtiment contenant l´atelier de précision et un second avec l´atelier de réparation des machines ainsi qu´une fonderie. A l´ouest, du côté de l´entrée, un vaste bâtiment à deux étages pour l´achèvement et, de part et d´autre, les deux bâtiments de l´administration. Enfin, les pavillons des logements encadrant avec leurs jardins suspendus une esplanade de 100 mètres sur 70 de large. Le long de la voie ferrée, un vaste réservoir pouvait contenir 12.450 mètres cube d´eau fournie par la ville et nécessaire pour les machines à vapeur. Une ceinture de murs entourait la manufacture sur une superficie de 2.200 mètres carrés. La Ville de Saint-Étienne s´était par ailleurs engagée à construire deux rues de 10 mètres de large au nord et au sud de l´enceinte. En 1866, la production atteignit 200.000 armes, si l´on prend en compte la fabrication des sabres et baïonnettes. Dans les années 1870, la manufacture connut de graves crises en raison des événements politiques. Lors du retour à la sérénité en 1874, la production dépassait les 200.000 pièces annuelles avec des productions journalières de plus de 2.000 pièces. En 1887 et 1889, la manufacture fut agrandie. Les années d´après, elle employait jusqu´à 10.000 ouvriers. En 1894, la manufacture devint établissement d´Etat, faute de soumissionnaire et fut dirigée par l´autorité militaire avec un effectif d´environ 2.000 personnes. Le fonctionnement de la manufacture s´est maintenu jusqu´à ces dernières années car elle a su s´adapter aux lois du marché. Depuis 1975, on distingue trois secteurs différents dans les principales activités : secteur des armes munition (armes légères), secteur des équipements blindés (tourelles légères, pièces blindées), secteur de la défense chimique et nucléaire (masques de protection, équipements de filtration et de pressurisation). Par la suite, son activité gérée par le groupement industriel des armées de terre dit GIAT-Industrie ralentit avant de disparaître durant l´année 2000. La manufacture a connu des mutations sociales profondes. D´un travail artisanal ou familial, elle est passée à un travail en usine et entraîné un exode rural vers les villes industrielles. Saint-Étienne a été le premier bassin industriel de France à une certaine époque. Le milieu professionnel n´est pas aussi homogène que celui de la mine avec la gamme étendue de ces fabrications, la division technique du travail. Travailler à la manufacture était présenté comme une promotion. Il est également important de souligner que face à la tâche, les ouvriers étaient souvent qualifiés. Pendant les deux guerres, le nombre d´employés atteint 10.000 personnes, dont beaucoup de femmes. La manufacture bénéficiera également de l´immigration de familles alsaciennes après 1870, en particulier des ouvriers de la manufacture d´armes de Mutzig. Il n´était pas rare de travailler de père en fils sur 2 voire 3 générations. Les « manuchards » œuvraient suivant une discipline très stricte, quasi militaire. L´usine était considérée comme une ville dans la ville et derrière cette façade d´honneur qu´apercevaient les passants, le travail se faisait sous surveillance constante. La grille et le portail sont également signifiants. Ils marquent l´entrée non d´une usine simple mais bien d´une institution et la frontière d´un domaine public. La porte est le lieu des sorties d´usine, qui donne un sujet à de nombreuses cartes postales. L´implication des militants des arsenaux dans la Résistance armée se mesure au nombre et à la qualité des victimes, autant qu´au souvenir entretenu par les monuments aux morts. La disposition en face des grilles montre bien la morale des hommes face à la raison d´Etat et l´affirmation d´une légitimité différente. Significativement, un monument sobre face à un portail d´aspect majestueux. En fait, les deux sont en partie contemporains et le blason du portail est décoré de la Légion d´Honneur en souvenir des faits d´armes des héros inscrits sur la pierre. Seulement le monument a été payé par les ouvriers eux-mêmes, en faisant des heures supplémentaires. Le monument est sur la place située devant la grille, au contact de l´institution avec la ville.

Le projet architectural de la Cité du design (environ 16 000m²) a été confié aux architectes Finn Geipel et Giulia Andi de l'agence LIN.

Trois bâtiments réhabilités cohabitent avec deux réalisations contemporaines, dont la Platine qui accueille notamment un auditorium, deux salles d'exposition (1200m² et 800m²), une médiathèque, une boutique, un bureau des designers. La Tour observatoire complète cet ensemble et s'élève à 32 mètres pour offrir un panorama unique à 360° sur la ville et ses collines.

Après un peu plus de trois ans de travaux, une partie du site de l'ancienne manufacture d'armes de Saint-Étienne a repris vie avec l'ouverture de la Cité du design en 2009 et l'installation de l'École supérieure d'art et design de Saint-Étienne (ESADSE, 350 élèves).

La Cité du design est inaugurée en 2009 sur l'ancien site de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne, au cœur du quartier créatif Manufacture-Plaine-Achille. Elle s'inscrit dans un projet de reconversion et de développement économique d'un territoire de tradition industrielle et associe un établissement d'enseignement supérieur artistique à un équipement consacré au design. La Cité du design est également un membre fondateur du réseau Codesign,(organisation unique en France à ce jour), qui réunit les actions de design en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Période(s)Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates1784, daté par source
1863
2009
Auteur(s)Auteur : Bouchard capitaine ingénieur attribution par source
Auteur : Geipel Finn
Finn Geipel

Finn Geipel et Giulia Andi de l'agence LIN


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architecte
Auteur : Andi Giulia
Giulia Andi

Finn Geipel et Giulia Andi de l'agence LIN


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La manufacture d´armes de Saint Etienne, comme le nouveau Paris de Napoléon III, est construite tel un jardin à la française, c´est-à-dire de manière entièrement géométrique ; les parcs quant à eux sont dessinés à l´anglaise, dans une conception naturaliste. Cela s´explique par le plan des villes idéales en échiquier et la manufacture s´intègre également le long de la Grand´rue qui caractérise la ville en elle-même. L´apparat n´a pas été limité au seul bâtiment principal. Il a également été prodigué au front des ateliers sur la cour intérieure pour lequel on évite la pesante ornementation. A l´origine, les murs du « double H » constituaient l´alignement de la façade lisible, avant l´émergence du bâtiment de l´horloge. C´était donc la vision qu´en avaient les passants de l´époque. C´est certainement pour cette raison qu´ils ont été traités de cette manière architecturale. La cour intérieure a été traitée avec une austérité qui contraste avec ce que l´on a voulu produire sur le visiteur entrant par la cour d´honneur. Cette succession de portails de même dimension ouvrant dans des murs de différentes hauteurs surmontés d´un simple fronton couvrant une seule travée de baies paraît modulée uniformément. Mais l´architecte y a introduit une fantaisie sur la diversité des élévations. L´homogénéité de la construction réside dans les murs en pierre de taille avec des toits en croupe couvert d´ardoise, aux murs percés de classiques hautes baies cintrées à fenêtres à petits bois. Il est presque incroyable que la vue cavalière la plus connue soit restée identique. Les constructions ultérieures sont venues compléter l´ensemble sans jamais déformer la vue extérieure que les passants pouvaient en avoir. Selon certains témoignages, la manufacture d´armes est un élément majeur de leur mémoire. Conçu comme une « cité idéale » sur maintenant plus de onze hectares, c´est un palais industriel sur la Grand´rue qui est composé d´une place d´armes entre des jardins suspendus dont la végétation est intacte (cèdres, séquoias qui n´ont jamais été taillés depuis 1868), une grille ouvragée, le bâtiment de l´horloge qui ferme la cour d´honneur et qui laisse place aux locaux purement industriels, encadrée par les bâtiments administratifs. Le tout est de brique et de pierre dans une composition d´une magistrale symétrie. De style du Second Empire, nous retrouvons l´éclectisme stylistique avec des effets d´appareil, de couleur pour le style Louis XIII, des toits à croupe avec fronton pour le style néo-classique. Le bâtiment de l´horloge a été traité dans le style officiel napoléon III. La modernité apparaît avec l´utilisation du fer et de la fonte pour la charpente, les voûtes catalanes sur piliers de fonte et l´on retrouve le goût des arts décoratifs avec le travail de ferronnerie de la grille et du portail. Le site s´inscrit dans la spécificité stéphanoise, d´un plan néo-classique et d´un tissu urbain de bâtiments industriels. L´état des bâtiments est remarquable, quoique très malmené par des pillages et des débuts de travaux récents. La situation de l´espace vert de chaque côté est exceptionnelle au coeur de la ville.

Murspierre
brique
Toitardoise
Plansplan régulier en H
Couverturescroupe

Le projet architectural de la Cité du design (environ 16 000m²) a été confié aux architectes Finn Geipel et Giulia Andi de l'agence LIN.Trois bâtiments réhabilités cohabitent avec deux réalisations contemporaines, dont la Platine qui accueille notamment un auditorium, deux salles d'exposition (1200m² et 800m²), une médiathèque, une boutique, un bureau des designers. La Tour observatoire complète cet ensemble et s'élève à 32 mètres pour offrir un panorama unique à 360° sur la ville et ses collines.Après un peu plus de trois ans de travaux, une partie du site de l'ancienne manufacture d'armes de Saint-Étienne a repris vie avec l'ouverture de la Cité du design en 2009 et l'installation de l'École supérieure d'art et design de Saint-Étienne (ESADSE, 350 élèves).

Dossier en cours : photos

Statut de la propriétépropriété privée
Protectionsinscrit MH partiellement, 2006/03/20
Précisions sur la protection

Inscription au titre des Monuments historiques, la grille et son portail, les jardins suspendus, le monument aux morts, le bâtiment de l’horloge et la grande usine, plus communément appelé « double H ».

Annexes

  • Cité du design

    Pour l'installation de la Cité du design dans les locaux historiques de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne, trois bâtiments ont été réhabilités, parallèlement à la construction de deux autres, plus modernes (la Platine et la Tour Observation). L'EPCC s'étend sur une surface totale de 33 300 m2. Le projet architectural est l’œuvre des architectes Finn Geipel et Giulia Andi, de l'agence berlinoise LIN.

    La Platine est le bâtiment caractéristique de la Cité du design. Il s'agit d'un quadrilatère de 193 mètres de long, 31 mètres de large et de 5 mètres de haut, pour une surface totale de 7 400 m2. L'ensemble est recouvert d'une « peau », constituée de panneaux triangulaires de 1,20 mètre de côté. Selon leur emplacement, ces triangles sont opaques, transparents, photovoltaïques ou de photosynthèse.

    La tour observatoire complète l'ensemble architectural du nouveau site. Elle culmine à 32 mètres de haut et offre un panorama unique à 360° sur la ville, et plus particulièrement sur le quartier Carnot, le stade Geoffroy-Guichard et le Zénith de Saint-Étienne. Il s'agit d'une construction métallique en forme de L inversé.

Références documentaires

Bibliographie
  • BONILLA, M. Cartes et plans, Ecole d'architecture de Saint-Etienne, 1989 Genèse d'une ville, TV and Co Communication, 2001

  • DUBESSY, Historique de la Manufacture d'armes de guerre de Saint-Etienne 1900 La Loire industrielle, Saint-Etienne, Chambre de Commerce, 1897 Saint-Etienne, traces, éd. La Dauphiné libéré, 2001

  • GAGNAIRE, J.C. La Mentalité stéphanoise, INSA Lyon, 1986-87

  • GARDES, Gilbert (dir.). Grande encyclopédie du Forez et des communes de la Loire. T. 2. La Ville de Saint-Etienne. Le Coteau : Horvath, 1984

  • GRAS, L.J. Histoire de l'armurerie stéphanoise, 1905

  • MANDON, D. Les Barbelés de la culture, FEDEROP, Université de Saint-Etienne, 1976 Saint-Etienne, histoire et mémoire, in Bulletin du Vieux Saint-Etienne, n°205, avril 2002. Sous le regard de l'homme de bronze, collection Patrimages, Université de Saint-Etienne, 2000

  • OLAGNIER, M. Cahier d'histoire sociale, novembre 1993

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Halitim-Dubois Nadine