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Verrerie d'Usillon

Dossier IA74000997 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
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  • Parties constituantes

    • maison
    • moulin
    • scierie
    • remise
    • logement d'ouvriers
    • logement de contremaître
VocablesThorens-les-Glières
Parties constituantes non étudiéesmaison, moulin, scierie, remise, logement d'ouvriers, logement de contremaître
Dénominationsverrerie
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Thorens-Glières
Hydrographiesles), Fier Supérieur Brassets
AdresseCommune : Thorens-Glières
Lieu-dit : Usillon
Adresse : 375 route de la
Verrerie
Cadastre : 0F 1 94, 1095, 671, 1560, 670, 1097, 1096, 1722, 1723, 1724, 1601, 1728, 1630, 1562, 659, 1563, 1119, 1720, 667, 666, 1559, 1558

Si les artifices et autres forges constituent une part importante dans l´industrie savoyarde, puis sarde, les richesses forestières poussent certains nobles à développer d´autres activités tout aussi nobles. Ainsi, en pays de Fillière et en Val de Thônes, dans les vallées reculées qui bordent le Fier, les Verreries de Thorens, de Disonche et d´Alex constituent des témoins importants de cette industrie. Sur une courte période, allant de 1755 à 1860, la verrerie d´Usillon a développé une activité sans précédent, passant d´un âge d´or certain à une fin programmée. La verrerie est née d´une rencontre entre un savoir-faire réel et la richesse forestière des Préalpes et surtout grâce à la détermination de quelques illustres entrepreneurs. Vers 1740, la verrerie de Disonche allume son premier feu, elle est suivie dix ans plus tard par la verrerie d´Usillon. Attentif à toutes les innovations, le marquis de Sales regarde cette concurrente avec attention quand il décide d´édifier sa propre verrerie en 1756. Entre 1756 et 1792, c´est donc cette noble famille qui préside à la destinée de cette institution, aidé en cela par un administrateur compétent : M. Dechazal. C´est dans ce contexte assez favorable et avec l´appui du pouvoir central de Turin, que le noble passe un contrat avec Melchior Meyer et Pierre Joseph Dechazal en 1756. L´entreprise reçoit aussi le monopole de la vente de ses cristaux en Piémont, puis le titre de Manufacture royale en 1773 qui lui assure, par ce protectionnisme économique, un certain monopole. Les bâtiments qui composent ce complexe préindustriel sont donc construits en 1774. Le verrier franc-comtois, M. Dechazal dirige l´usine, et rachète la seigneurie de Disonche. La verrerie connaît une crise en 1784 et les deux collaborateurs décident de se séparer. Le marquis délégua l´administration du site à M. Chappuis de 1784 à 1792. Date à laquelle la direction de la verrerie est partagée entre M. Joseph Chapuis fils, pour la régie administrative, M. Claude Velluz pour les magasins et M. Anthelme Huet pour la fabrication. Entre 1792 et 1796, en cette période troublée due à la Révolution française, la verrerie d´Usillon connait une destinée incertaine, la nationalisation des biens du clergé et de la noblesse s´applique dès 1793. Ces nombreux événements donnent un avantage à M. Henry Chappuis qui peut racheter le site le 11 septembre 1796. Le retour des héritiers de la maison de Sales compliquent la gestion de l´usine, puisque Mme Pauline Roussille de Sales fait valoir ses droits de succession. En 1820, un compromis est signé entre le deux parties. Au début du XIXème siècle, la verrerie connait une prospérité certaine mais la situation se détériore entre 1820 et 1860. Des difficultés structurelles et d´autres facteurs extérieurs marquent un certain ralentissement de l´activité. Le privilège royal est cédé à la concurrente d´Alex et le prix du bois pèse sur les comptes. Ainsi, péniblement mais sûrement, l´activité décline rapidement. Après 1835, les mesures protectionnistes tendent à s´estomper et l´industrie savoyarde trouve des concurrentes de taille chez ses voisins. Le traité de libre échange signé avec la France en 1851, tend à confirmer cette situation. A la mort de M. Chappuis, sous épouse loue l´usine à M. Despeigne. Des 22 fours qui animaient le site, il ne reste que deux fourneaux encore en activité. Le site ferme ses portes en 1859.

Remploi
Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Dates1741, daté par source

Le relief de la commune de Thorens-les-Glières se développe sur les marges du massif des Bornes. Les hautes falaises de calcaires urgoniens constituent l´ossature géologique des chaînes subalpines qui affleurent sur cette vaste zone avec les massifs du Parmelan, la Montagne de Sous-Dîne, la Montagne des Frêtes et la Vuettaz. Ces falaises drainent un petit bassin versant qui se jette dans la Fillière, le torrent des Brassets constitue un véritable torrent de montagne dont les crues peuvent être violentes. Pourvoyeur d´une puissance au débit constant, le cours d´eau a creusé son sillon dans un ravin aux pentes abruptes. Le torrent du nant des Brassets est alimenté par une cascade tombant à pic voisine de la chute de la verrerie. Le ruisseau coule dans un ravin resserré jusqu´à l´ancien pont de pierre. Cinq sources émergent sur la rive gauche du torrent. Le barrage de la prise d´eau est situé à environ 250 mètres de l´ancien pont du chemin de l´Adiau. Le canal d´amenée serpente sur la rive droite du ruisseau des Brassets sur une longueur de 150 mètres avant de passer dans la grille métallique qui alimente la conduite forcée et le trop plein dont les massifs aménagés dans le dénivelé de la falaise, guident l´eau dans un premier canal de fuite. A l´origine, le bief maçonné descendait jusqu´au bâtiment de l´ancien moulin de la verrerie pour faire mouvoir les quarte roues mais les éboulements ont détruits une partie du canal. En 2010, la prise d'eau n´alimente que la scierie de la verrerie d´Usillon qui a survécu à la fermeture de 1859. Etabli depuis 1774 sur un tènement assez important qui constitue l´ossature même du hameau de la Verrerie, ce conglomérat postindustriel se situe à la confluence des torrents des Brassets et de la Fillière sur une superficie de 5 hectares 89. A l´origine le site comprenait pas moins de 15 bâtiments, en 2010 il ne reste que neuf édifices, les bâtiments annexes à l´ancienne usine. Suivant un axe nord-sud, la route de la Verrerie, l´agencement des édifices s´organisent de part et d´autre de cette voie. Tantôt le front bâti est signifié par le développement de façades antérieures qui jalonnent cet axe ou les murs de clôture en pierre de taille qui délimitent les anciens jardins attenant à chaque espace. Côté nord, l´ancienne remise de plan carré avec toit débordant ouvre sur les autres édifices qui ponctuent le parcours sur les parcelles est. Sur les parcelles ouest, le bâtiment de logements ouvriers avec trois étages carrés précède la maison de maître. Bordée d´un jardin complètement clos, cette maison profite de nombreuses baies qui marquent les murs gouttes et les façades principales. De plan carré, et de facture assez simple, le toit brisé à quatre pans ainsi que les chaînages d´angle demeurent les seule fantaisies accordées à cette architecture. Ce petit jardin ouvre dans son prolongement sud sur une parcelle importante dont les contreforts soutenant le mur de clôture, restent les seuls témoins de la présence de la halle de fabrication qui n´existe plus. Côté torrent des Brassets et suivant l´axe est-ouest du canal de dérivation, le bâtiment du moulin et la scierie ferment le défilé. Une quinzaine de bâtiments servaient aux usages de fabrication, aux magasins et aux services. Deux bâtiments de trois étages comprenaient 50 logements, ils se trouvaient côté est de la route. Le torrent alimentait un bief qui faisait tourner neuf roues à eau actionnant : trois brocards à cylindre et couches, deux arbres actionnant les tours à tailler les verres et cristaux, deux autres pour la scie, un pour le martinet, un autre pour la pompe et aussi le feu de forge. La halle comprenait deux fourneaux à vitrification de 10 et 12 pots chacun.

Murspierre
ciment
bois
enduit
Toittuile plate mécanique
Plansplan régulier
Étages4 étages carrés
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à deux pans
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsbois de jardin, bosquet
États conservationsremanié

L'ensemble se trouve en zone Nad au PLU. La verrerie d'Usillon constitue un exemple singulier de ce type d'industrie dans le pays de Fillière et au delà des massifs des Bornes et des Aravis. Elle reste un élément paysager important car elle constitue le coeur du hameau de la verrerie assez préservé de l'urbanisation.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 4 FS 527, Etablissements industriels, verreries de l´intendance du Genevois. 1815-1825

  • AD Haute-Savoie : 10 FS 310, Demande en autorisation pour le maintien de l´activité de trois scieries détenues par la marquise de Sales dans la commune de Thorens. 1845

  • AD Haute-Savoie : 10 FS 310, Demande en autorisation pour la construction d´un barrage de prise d'eau pour la mise en œuvre d'une usine hydro-électrique installée à la verrerie, destinée à la distribution électrique dans les communes de Thorens, Groisy, Evires, Aviernoz et Villaz. 1914

  • GUICHONNET, Paul, La Verrerie de Thorens, dans Métiers et Industries en Savoie. Annecy : Académie Salésienne, 1976

Bibliographie
  • AVEZOU, R. Notes Historiques de la vallée de Thorens, et de références manuscrites (1940-1941). Avec une lettre de la Comtesse de Roussy de Sales. 1946

  • COUREN, Jean Pierre, Un document sur la verrerie de Thorens. dans Bulletin de l´E.S.P.I., n°3, 1987, p 46-60

  • MARREZ, Bernard. Région Rhône-Aples, Les guides du XXème siècle, Edition l´Equerre. 1982

  • MARRIOTTE, J.Y., BAUD, Henri, CHALLAMEL, J.B., GUERRIER, Alain. L´Histoire des communes savoyardes, TOME III : Le Genevois et Lac d´Annecy. Montélian: Fontaine de Siloé, 1976

  • RASSAT, Martine, La Verrerie de Thorens (1755-1858). Travail d´Etude et de Recherche-Univeristé de Chambery, 1982

  • ROUSSY DE SALES, Jean François. Historique du château de Thorens. Annecy : J.F. de Roussy de Sales, 1979.

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