Dossier d’œuvre architecture IA03000672 | Réalisé par
  • inventaire topographique, Inventaire du Val-d'Allier (nord)
Le pont du Veurdre
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Val d'Allier (nord)
  • Commune Le Veurdre
  • Lieu-dit
  • Dénominations
    bourg

Des ouvrages de bois ont probablement existé antérieurement à l'édification aux 19e siècle et 20e siècle de ponts de maçonnerie sur le site du pont du Veurdre. Des fouilles archéologiques menées en 1989 par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines du Ministère de la culture attestent de vestiges (poteaux de bois) immergés à ce niveau. En 1985 et 1986, les pieux sont prélevés sur le site ; leur analyse dendrochronologique permet de les dater de la fin du XIVème siècle.

Au début du 19e siècle le franchissement de la rivière s'effectue par un bac entre le Veurdre et Livry (Nièvre) dont la voie de navigation est dessinée sur le plan cadastral dit napoléonien de 1831.

Le premier pont érigé au 19e siècle l'est entre 1834 et 1836 suite à l'accord du conseil municipal du 8 octobre 1833 ; il s'agit d'un pont suspendu de trois travées à voie de circulation unique, pourvu d'un péage dont la concession est supprimée en 1890. Il coexiste avec le pont suivant lors de sa construction comme en témoignent les cartes postales anciennes et sera détruit en 1912.

Le second pont, dit aussi pont Freyssinet, qui le remplace, est érigé selon la technique innovante du béton précontraint par l'ingénieur Eugène Freyssinet qui en dépose le brevet le 2 octobre 1928. Il est la premiere réalisation d'un ensemble de trois ponts édifiés de façon similaire dans le département de l'Allier : le pont du Boutiron (entre Creuzier-le-Vieux et Charmeil) et le pont de Chatel-de-Neuvre (le reliant à la Ferté Hauterive). Eugène Freyssinet, nommé ingénieur des ponts et chaussées dans l'Allier en 1905 collabore pour ce programme avec l'entrepreneur moulinois François Mercier (1858-1920) jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Afin de réaliser ces projets, Eugène Freyssinet teste son procédé grâce à la réalisation, en 1909 à Moulins, d'une arche d'essai permettant d'évaluer la résistance du béton à la traction exercée sur des arcs très plats et de longue portée.

Ce second pont édifié entre 1910 et 1912 est constitué de trois arches réunissant chacune des demi voûtes s'articulant à la clef vers le tablier au dessus de piles et de culées. Les écoinçon des arcs sont garnis d'armatures en V soutenant aussi le tablier dont le garde corps est ajouré.

L'ouvrage achevé présente dès 1911, peu après sa mise en service, des problèmes d'affaissement et de désordres qui s'accentuent et seront résolus en 1913 par une nouvelle innovation technique de l'ingénieur, décrite par Freyssinet lui-même (Le Génie civil, 1921, p. 126) permettant de relever les clés à l'aide de vérins en injectant du béton dans les failles.

Comme le pont de Châtel-de-Neuvre avant lui, le Pont Freysinet du Veurdre sera détruit le 7 septembre 1944 pour retarder le retour des colonnes allemandes. Seuls l'arche d'essai et le pont Boutiron témoignent encore des innovations techniques de leur inventeur. (Voir liens ci-après).

Le troisième pont, encore en service, est, lors de son inauguration, le 5 février 1949 le plus long pont de France par rapport à ses trois travées principales.

Le second pont du Veurdre, défendu héroïquement en 1940 face à l'avancée allemande, est finalement détruit pour retarder le retour des colonnes ennemies en 1944. Il est remplacé par un troisième pont (le pont actuel) construit en 1948 par Robert Chavagnac, ingénieur des ponts et chaussées de l'Allier, selon l'innovation du pont Cantilever reprenant concomitamment la technique du béton précontraint de Freyssinet.

Le Pont du Veurdre est un pont routier de type Cantilever ou pont à poutres en porte-à-faux. "le clavage au centre est assuré par quatre poutres de 18 m. Le pont comporte 5 travées : une centrale en arc complet, encadrée par deux travées avec intrados courbe vers le centre et plat vers l'extérieur, puis deux travées extérieures d'accès dites de décharge en poutres classiques (multi-poutres). Les quatre poutres maitresses ont une hauteur variant de 2,25 à 6,75m. La dimension des travées est liée à la réutilisation des anciens appuis du pont Freyssinet. Les nouvelles culées ont été fondées sur pieux." (Delavaux, Jean-Michel, p. 201)

  • Murs
    • béton béton précontraint

Documents d'archives

  • AD 03 : 1J 782 : Les ponts de Robert de Chavagnac (1890-1977), ingénieur des Ponts et Chaussées du département de l'Allier. [....-1955].

    AD Allier : 1J 782

Bibliographie

  • [exposition internationale. Gand]. Notices sur les modèles, dessins et photographies relatifs aux travaux des ponts-et-chaussées réunis dans la classe 29 / ministère des travaux publics, 1913.

    p. 48-49
  • Ministère de la culture et de la francophonie. Services régionaux de l'archéologie Auvergne et Bourgogne. Etude préliminaire de diagnostic archéologique sur le projet de barrage du Veurdre (03) / services régionaux de l'archéologie Auvergne et Bourgogne, Ulysse Cabezuelo, Denis Liégard, octobre 1991

    p.77
  • DELAVEAU, Jean-Michel. Franchir l'Allier : à la découverte de 130 ponts. Champetières : Editions de la Montmarie, 2009.

    p.14; 52 ; 57 ; 58 ; 67 ; 68 ; 178 ; 188 ; 199 à 201 ; 213 ; 231

Périodiques

  • Soumission d'un projet de marché relatif à la reconstruction, en béton armé des trois ponts suspendus du Veurdre, de Boutiron et de Châtel-de-Neuvre, par M. Mercier, entrepreneur. Vichy-journal : politique et littéraire. 16 août 1908.

  • FREYSSINET, Eugène. Travaux publics : Le Pont de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) : perfectionnement dans la construction des grandes voûtes. Le génie civil : revue générale des industries françaises et étrangères, 6 août 1921, p. 124-128.

    p. 126-127
  • Inauguration du pont du Veurdre par Christian Pineau, ministre des Travaux publics et des Transports L'Aisne nouvelle, 5 février 1949.

  • BORDES, Pierre. Le pont du Veurdre, plus d'un siècle de vicissitude 1836-1949. Cahiers bourbonnais, hiver 2012-2013, n°222.

    p. 70-73
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
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