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Lumière sur

Église du collège de la Trinité, dite Chapelle de la Trinité

HISTORIQUE

Bannis par Henri IV en 1594, les jésuites sont autorisés par l’Édit de Rouen (3 septembre 1603) à se réinstaller dans le royaume. Par contrat signé le 3 juillet 1604 (AC Lyon, 3 GG 154 et AD Rhône, 1D1 pièce 20), les échevins leur remettent les clefs du collège, et s'engagent à pourvoir aux agrandissements nécessaires ; sont alors compris dans les bâtiments le corps de logis des pensionnaires et l'église existante, au sud-est du tènement, encore visibles sur le plan de Maupin de 1625 (Ill. IVR82_19776900175X). Une clause de ce contrat porte obligation de construire une église suffisamment grande pour y accueillir les élèves. Le projet de construction de l'église se précise en 1607 ; le Frère Etienne Martellange en fournit le plan, en même temps que celui du collège (BnF, Est. FOL-HD-4(8) ; ill. ci-dessous), et la première pierre est posée le 19 décembre 1607 par les échevins et le prévôt des marchands Du Peron. Toutefois les travaux tardent à commencer : une indulgence accordée par le pape Paul V le 19 novembre 1611 à tous ceux qui se rendront à l'église des jésuites le 19 février suivant, atteste que l'ancienne est encore utilisée à cette date.

Projet d'ensemble comprenant le plan de l'église, par E. Martellange, 1607 (BnF, Est. FOL-HD-4(8))Projet d'ensemble comprenant le plan de l'église, par E. Martellange, 1607 (BnF, Est. FOL-HD-4(8))

Plusieurs projets de plan sont conservés, tous présentant un chevet plat et un transept non saillant : le projet d'ensemble de la main de Martellange, collège et église (juin 1607, ill. ci-dessus) avec chœur rectangulaire et deux escaliers en vis au revers de la façade et 4 chapelles, ainsi que trois plans conservés aux archives départementales du Rhône (1 D 9). Attribués au Père Edmond Moreau par François de Dainville (1956, p. 397-403), ils apparaissent comme des variantes du plan de Martellange : ils comportent tous une abside semi-circulaire mais varient au niveau des chapelles et des escaliers. Le premier présente un escalier en vis à droite du chœur et un dans la tour nord, deux bas-côtés et pas de chapelles, ainsi qu'une tribune au profil convexe en revers de façade, qui annonce celle dessinée par Jean Delamonce à la fin du siècle ; le deuxième propose un escalier en vis à droite du chœur, comme dans le projet de Martellange, positionne les autels des chapelles sur leur mur nord et dans les bras du transept sur les murs est et ouest, et prévoit deux chapelles dans les bas-côtés. Le dernier plan comporte un escalier tournant à retours dans les tours flanquant l'entrée, correspondant à la première travée de la nef, et 3 chapelles dans les bas-côtés. Ces différentes versions attestent que le projet évolue sans doute en même temps qu'avance le chantier, dont le suivi a probablement été confié au Père Moreau en l'absence du Frère Martellange, mais aucun ne correspond à l'édifice réalisé.

Projet pour le collège de la Trinité, att. à Edmond Moreau, 1617 ca., varianteProjet pour le collège de la Trinité, att. à Edmond Moreau, 1617 ca., variante Plan et coupe, par Etienne Martellange, v. 1619-1622 (AD Rhône, 1 D 9 [1a])Plan et coupe, par Etienne Martellange, v. 1619-1622 (AD Rhône, 1 D 9 [1a])

Aux Archives départementales du Rhône est enfin conservé un plan de Martellange, comprenant 5 chapelles ; deux escaliers rampe sur rampe placés dans les tours de l'élévation principale ont remplacé l'escalier tournant du plan précédent (1 D 9/1a). Selon Charvet, il ne peut s'agir du plan d'exécution, trop imprécis pour ce faire, mais d'un plan à main levée réalisé lorsque l'architecte intervint à titre d'expert pour le toisage de l'église en 1622 (1874, p. 144). Pour A. Sénard-Kiernan, il aurait plutôt été réalisé en 1619 (2015, t. 1, p. 74)

Ce n'est que dix ans après la pose de la première pierre qu'un prix-fait est signé avec les maîtres-maçons Claude, Pierre et Benoit Daurolles, dits Monard père et fils (AD Rhône, 1 D 9/ 2 et 3), le 19 mai 1617. S'ensuit une seconde pose de première pierre le 21 mai 1617 par le prévôt Charles de Neufville, accompagné de l'archevêque Simon de Marquemont et de l'ensemble du Corps de Ville. Les travaux durent jusqu'en 1619, le chantier étant ponctuellement visité par Martellange (MARQUIS, J.-M., 1970, p. 27, note 76) et l'église est consacrée le 29 octobre 1622. La façade n'est édifiée qu'en 1639 (prix-fait avec Benoît Daurolles) ; c'est également en 1639 qu'est achevée la sacristie, toujours par Benoît Daurolles (AD Rhône, 1 D 9 pièce 7 ; MARQUIS, J.-M., 1970, p. 43). Le clocher est érigé en 1620 par le maître-maçon Claude Chana (MARQUIS, 1970, p.30 ; AD Rhône, 1 D 10), rehaussé d'un tambour en 1647 (Ibid., p. 31). L'église achevée est visible, depuis son chevet, sur une vue cavalière de la ville de Lyon réalisée après 1620 (voir ill. ci-dessous).

Eglise et collège, détail de la vue cavalière de Lyon "Lugdunum-Lyon", ap. 1620 (BnF, GED-3946) Eglise et collège, détail de la vue cavalière de Lyon "Lugdunum-Lyon", ap. 1620 (BnF, GED-3946)

Le décor intérieur est réalisé entre 1623 (chapelles, achat des orgues) et 1627 (achèvement du maître-autel : dorure payée à Visconti, AD Rhône, 1 D 9/62). Martellange, qui revient régulièrement à Lyon, intervient notamment en 1622 à titre d'expert pour le toisage de l'église, et confirme la suspicion de fraude du maçon sur les travaux réalisés (AD Rhône. 1 D 9/13 et 14 : lettre à Gabriel de Solignac ; long développement sur la procédure dans CHARVET, 1874, p. 148-152). L'intérieur est modifié dans la seconde moitié du siècle. Thomas Blanchet, qui supervise le chantier du décor peint de la cour des classes du collège en 1662, intervient également dans l'église en tant qu'architecte. Il fournit probablement le dessin des tribunes surmontant les chapelles des bas-côtés (CLAPASSON, éd. 1981, p. 94 note 12 et GALACTEROS DE BOISSIER, 1991, p. 153 ; l'attribution à Blanchet par Clapasson, reprise par L. Galactéros, n'est documentée par aucune autre source).

Deux campagnes d'embellissement sont menées au 18e siècle.

La première est conduite entre 1699 et 1702 par l'architecte Jean Delamonce. Il fait ériger la chaire et les retables des chapelles latérales (GAUDIN DE VILLAINE, B., 1982, vol. 1, p. 138-143), et remanie la tribune chorale en marbre de Cordon et marbre noir en revers de façade (AD Rhône, 1 D 9, liasse 4 pièce 26), dont la forme concave devait permettre un meilleur passage de la lumière (entrepreneur : Claude Virignin, dit Laplante, Ibid., pièce 52). Les dessins des retables sont l’œuvre de l'architecte Beauregard (mentionné par Clapasson, qui le dit élève de Blanchet, éd. 1981, p. 93), collaborateur de Delamonce sur ce chantier.

La seconde campagne a lieu entre 1734 et 1738 : le peintre et architecte Ferdinand Delamonce, fils du précédent, fait poser la grande corniche en stuc qui entoure la nef et le chœur, repeindre les faux marbres par le peintre-décorateur Huguet Roman, réaliser les deux médaillons en stuc doré de la tribune d'axe (AD Rhône, 1 D 9, liasse 8 pièce 65), et peut-être percer la baie cintrée qui la surmonte (Ibid.). Le chœur est également remanié : le maître-autel est déposé et remplacé par un nouveau commandé à un marbrier de Carrare, Domenico Magnani (étudié : voir dossier IM69001731 et GUEGAN, C. 2016) et des revêtements de marbre polychromes de même provenance (marbres veinés blanc et portor, bardiglio gris, brèche violette, polis et lustrés) viennent habiller les murs, rythmés par des pilastres et des niches. Ces revêtements, posés par Michel Perrache, toujours d'après les dessins de Delamonce (AD Rhône, 1 D 9/65-67), recouvrent un décor peint d'architecture en trompe l’œil dont les vestiges ont été mis au jour lors de la dépose des tableaux du chœur au cours de la dernière restauration de la chapelle (1995-2002). Delamonce restaure également les peintures de la voûte, en 1737, et peint l'Apothéose de saint François Régis qui orne le chœur (étudié). Avant 1763, les combles de l'église sont aménagés en chapelles de congrégations, ainsi qu'en atteste le plan levé à cette date par Jean-François Grand (AC Lyon, 1 S 115-5 ; voir ill. ci-dessous) : chapelle des écoliers dans la pièce située sous l'observatoire, des jeunes artisans dans le comble de la nef.

Plan du 4e étage, par J.-F. Grand, 1763. Dess. A. Céréza, 2015Plan du 4e étage, par J.-F. Grand, 1763. Dess. A. Céréza, 2015

Après l'expulsion des jésuites en 1763, les oratoriens prennent possession de l'église comme de l'ensemble du collège. Ils font déplacer la clôture du chœur, qui va davantage empiéter sur la nef, et créer une niche dans la chapelle Saint-Louis, dans laquelle vient prendre place (entre 1766 et 1789), une sculpture représentant l'Assomption de la Vierge (étudiée).

En décembre 1801, l'église est transformée en salle d'assemblée pour la Consulta législative réunie à Lyon par Bonaparte, afin de mettre en place l'organisation des pouvoirs dans la République cisalpine nouvellement créée. Un tableau commandé au peintre Nicolas-André Monsiau en 1806, (Versailles, Musée national du Château ; voir ici) témoigne de façon plus ou moins fidèle de cet aménagement (MARQUIS, 1970, p. 111, relève des différences entre l'image et une description écrite consignée dans le Journal de Lyon et du Midi, n°4, 13 nivôse an X, p. 27-28). Une plaque récemment posée sur le mur en revers de façade commémore cet événement.

En 1820, la corniche de Delamonce est refaite par Flachéron, architecte de la Ville, qui en modifie le profil (MARQUIS, 1970, p. 122). En 1860-61, la Ville engage des crédits importants pour une restauration générale de la chapelle, réalisée par l'entreprise Parot et Baudet (maçonnerie et charpente) sous maîtrise d’œuvre de René Dardel puis de Tony Desjardins. C'est à cette date que trois baies sont ouvertes au niveau du chœur, faisant disparaître une partie du décor peint. Les peintures de la voûte sont restaurées par Alexandre Denuelle, attributaire de l'adjudication le 7 mars 1861 (AC Lyon, 477 WP 007). La couche picturale, très dégradée, est entièrement grattée et refaite après relevés grandeur nature sur calques et réalisation d'une reproduction au 1/10 (CHARVET, 1874, p. 163 ; ces relevés n'ont pas été retrouvés).

En 1920, l'église est fermée au culte et ses orgues sont vendues à la commune de Saint-Chef, en Isère (MARQUIS, 1970, p. 113 note 17). Bien que classée au titre des Monuments historiques en 1926 (AC Lyon, 940 WP 48 ; arrêté du 9 janvier 1926), elle est transformée en 1930 en salle de gymnastique (Ibid. ; la demande d'aménagement date de 1927, le devis de travaux est approuvé par le conseil municipal le 21 janvier 1930) ; le maître-autel est transféré à l'église Saint-Antoine-de-Gerland en 1933 ou 1934, les quatre statues du chœur dans la cour de la Conférence Ampère, la barrière de communion et la chaire sont démontées. Les sols sont recouverts d'un plancher en bois, des agrès installés dans le chœur et des vestiaires dans les chapelles. Le lieu n'est toutefois pas adapté à l'enseignement de l'éducation physique, aussi la chapelle est-elle remise à la disposition de la Ville fin 1937, date à laquelle est organisée une exposition artistique de travaux d'élèves (AC Lyon, 963 WP 100). En juillet 1939, la toiture du clocher est restaurée, puis en 1941, les peintures. Il ne reste pas de trace de cette commande ; elle est cependant mentionnée dans une lettre du Conseil intérieur du lycée Ampère au maire de Lyon (21 mars 1945 ; AC Lyon, 969 WP 55), comme résultant d'une décision du conseil municipal en 1939, ainsi que dans l'étude de Ph. Pouzet sur le lycée Ampère (2e éd. revue et augmentée, 1984, p. 14). Cette date et ces travaux sont attestés par la présence d'une inscription sur l'un des murs du chœur, découverte par le biais de la photographie réalisée lors de l'enquête de terrain du service de l’Inventaire en 2013. On peut y lire les noms de " Coquet, Catella, Cotton, Koudelia, décorateurs ".

Signatures des peintres restaurateurs de la chapelle en 1940-41Signatures des peintres restaurateurs de la chapelle en 1940-41

Après la 2e guerre mondiale, le lycée la restitue à la Ville et elle sert de lieu d'exposition, alors qu'un nouveau gymnase est créé dans le comble, au niveau du 4e étage, en 1952 (AC Lyon 1521 WP 015 : coupe par l'architecte en chef des Monuments historique Louis Mortamet). Ce gymnase remplace les anciennes chapelles des congrégations des écoliers et des jeunes artisans, visibles sur le plan de 1763, lesquelles servirent de dépôt pour les livres de la bibliothèque au 19e siècle (CHARVET, 1874, p. 153).

En 1961, Louis Pradel, qui souhaite reconstruire le lycée, envisage la démolition de la chapelle en même temps que celle du reste des bâtiments de l'ancien collège de la Trinité (AC Lyon, 725 WP 027-4 et 419 WP 23, lettre 17.11.1961). Ce projet est définitivement abandonné après intervention du Ministère des affaires culturelles, rappelant que l'église et le lycée sont protégés au titre des Monuments historiques (AC Lyon, 423 WP 131, délibération du 17 juillet 1967) ; le refus est notifié en novembre 1961 par l'architecte des Bâtiments de France (AC Lyon, 725 WP 027-4, liasse 4,fol. 2)

De 1992 à 2002, une nouvelle campagne de restauration intérieure et des façades est entreprise sous maîtrise d’œuvre de Jean-Gabriel Mortamet, rendue nécessaire par le mauvais état général de la chapelle (voir photogr. Essertel, 1989). Des sondages réalisés dans chapelles latérales à cette occasion ont révélé la présence de décors peints sous les badigeons qui les recouvraient, dont les stratigraphies complexes témoignaient de nombreuses réfections et/ou modifications au fil du temps. Ces sondages ont permis aux restaurateurs de restituer en partie les décors d'origine. Ce qui subsistait du décor du chœur, le maître-autel et les statues des saints jésuites, est remis en place à l'achèvement de la restauration intérieure.

DESCRIPTION

L'église est de plan rectangulaire, dans un rapport 1/2. Elle est comprise entre les bâtiments du lycée, au nord, et du collège, au sud ; l'escalier principal de ce dernier, situé au dessus du passage Ménestrier, jouxte la tour sud de l'église. Son flanc nord borne la cour d'honneur du lycée, son flanc sud le passage Ménestrier, sur lequel ouvrent les baies des tribunes. Quatre contreforts étayent le chevet, six la nef, de part et d'autre.

Au nord, un clocher de plan carré s'élève au-dessus de la dernière chapelle du chœur et d'un ancien oratoire situé au 2e étage ; il est surmonté d'un tambour octogonal décoré de pilastres doriques, et d'un dôme ovale nervuré couvert en tuile plate en écailles avec lanternon couvert en cuivre et croix en fer forgé. Une horloge Brillié-Drevon a été installé sur sa face sud. On accède au clocher par une porte ménagée au niveau de la terrasse sud de l'église, ou par une passerelle surplombant la cour nord-est au chevet de l'église, au niveau des 2e et 3e étages (porte à l'extrémité du couloir longeant le flanc nord de l'église). L'église est couverte d'un toit à deux pans et croupe polygonale en tuiles creuses.

En façade, deux tours latérales en léger ressaut bordées de pilastres portent un toit en pavillon couvert en tuiles creuses. Au registre inférieur, un portail avec trumeau couronné par un fronton triangulaire porté par des consoles est surmonté d'un cadre à crossettes bordé par deux obélisques, l'ensemble étant flanqué de deux fenêtres cintrées, surmonté d'un entablement portant fronton triangulaire brisé et d'une large baie semi-circulaire. Un fronton triangulaire dans lequel s'inscrit un oculus barlong ferme la composition au registre supérieur. Au-dessus s'élève un mur correspondant à l'élévation de l'ancien observatoire.

Les différents registres de la façade sont séparés par un bandeau en pierre de taille : le premier, à la base du fronton du portail, marque la séparation intérieure entre chapelles et tribune, le deuxième, au-dessus du trumeau, souligne le départ de la voûte, le dernier forme entablement à la base du fronton principal.

Plan schématique, rez-de-chausée (état actuel). Dess. A. CérézaPlan schématique, rez-de-chausée (état actuel). Dess. A. Céréza

A l'intérieur, une large nef voûtée en berceau est éclairée par des fenêtres hautes cintrées, ouvertes dans les pénétrations de la voûte au-dessus d'une corniche à ressauts saillante. La nef est flanquée de 6 chapelles communicantes — plus précisément,communicantes pour l'ensemble des chapelles du bas-côté droit, et pour les trois dernières du bas-côté gauche — lesquelles sont séparées de cette dernière par deux piédestaux de marbre gris surmontés de deux boules de marbre de même couleur. Ces piédestaux reposent côté nef sur un soubassement, le sol des chapelles et de la nef n'étant pas de niveau. Des colonnes ioniques en marbre de Savoie délimitent l'entrée des chapelles et portent les tribunes, dont les arc en plein cintre retombent sur les pilastres d'ordre colossal qui rythment la nef. Dans les chapelles, les voûtes retombent sur un pilastre simple sur leurs murs nord, du côté de la nef ; ce pilastre est double dans les bras du transept. En revers de façade, tambour d'entrée et tribune chorale portée par 4 colonnes de marbre de Savoie.

Les deux tours de plan rectangulaire inscrites dans la première travée de la nef comportent un escalier en pierre rampe sur rampe avec mur noyau plein en moellon et pierre de taille et marches délardées, lequel dessert, au niveau du premier palier, la tribune chorale et les tribunes latérales surmontant les chapelles. Ces dernières sont délimitées par balustrades de marbre noir ; elles sont voûtées d'arêtes, ouvrent sur la nef par une arcade en plein-cintre et communiquent entre elles par une série d'ouvertures en arc surbaissé.

L'escalier de la tour sud s'arrête au niveau des tribunes tandis que celui de la tour nord (actuel escalier A) conduit à l'ancien observatoire, aujourd'hui salle d'arts plastiques ; à partir du 3e étage, il ne comporte plus qu'une volée tournant autour du mur noyau. Les repos sont éclairés par une baie rectangulaire verticale cintrée pourvues d'un coussiège dans leur embrasure.

Le chœur est compris dans l'abside semi-circulaire et flanqué de deux chapelles, l'une au sud (chapelle Sainte-Madeleine), l'autre au nord (chapelle Saint-François-Borgia). Les murs sont ornés de marbres polychromes : fond blanc veiné sur soubassement en portor rythmé par huit pilastres de brèche encadrée de bardiglio gris à chapiteaux ioniques de marbre blanc, portant entablement de marbre blanc et brèche et corniche à denticules de marbre blanc veiné. Du marbre vert est utilisé pour les moulures d'encadrement des 3 tableaux qui le décorent (étudiés : voir dossiers IM69001723, IM69001766, IM69001767) et du bardiglio gris pour les bordures à moulure des niches portant les statues de quatre saints jésuites (étudiés : IM69001726). Ces niches alternent frontons cintrés et surbaissés. Leur soubassement, de brèche soit violette soit rouge, est constitué de trois panneaux bordés de marbre noir ; sur le panneau central, une coquille de marbre noir sert de fond à des chérubins en moyen-relief de marbre blanc veiné. Le cul-de-four est en brèche, des moulures de marbre noir soulignant les rayons du quart de sphère. De chaque côté de la niche, des pilastres en brèche bordés de bardiglio gris surmontés de consoles à volute (au niveau du cul-de-four) portent une corniche et un fronton, soit cintré soit surbaissé, en bardiglio gris et tympan en brèche.

L'abside semi-circulaire s'inscrit dans un chevet plat. Elle est flanquée de deux pièces (ancienne décharge de la sacristie et cour au nord, cour et départ d'escalier au sud, aujourd'hui couvertes et transformées en sanitaires, locaux de stockage et chaufferie) communiquant par un déambulatoire ouvrant sur deux oratoires et donnant accès au chœur par une porte à deux vantaux percée dans son axe central.

Dans la tour sud, deux pièces ont été ménagées au niveau des 2e et 3e étages ; elles servirent de logement au portier du collège sous les oratoriens (AD Rhône, 2 D 62) : on y accède par un repos de l'escalier principal du collège. La première a un plafond à poutres et solives, la seconde est voûtée d'arête ; elles communiquent par un escalier en vis en bois.

Un gymnase a été créé au-dessus des voûtes de l'église, dans le comble. L'ancienne sacristie, au sud-est du chevet, a été transformée en chaufferie.

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