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Lumière sur

Halle aux grains ou loges de la grenette ou Grenette

Fonctionnement de la Grenette du XVe au XVIe siècle

La Grenette a été bâtie pour servir d´entrepôt aux grains que les paysans, marchands de blé, forains, citoyens ou étrangers, comptaient vendre à Lyon. Les paysans, représentés en grand nombre, y apportaient de faibles quantités tandis que les marchands en livraient davantage. Elle était fréquentée les jeudis et samedis, jours du marché public aux grains, surtout par le petit peuple, les boulangers et les revendeurs.

Des concierges étaient chargés de recevoir tous les grains et de les entreposer à l´abri lorsqu´ils n´avaient pas été vendus. Ils avaient également pour tâche d´ouvrir et fermer les portes situées aux extrémités de la petite rue des halles qui longeait la Grenette. Cependant, malgré cette ancienne coutume de ne vendre que du blé à la Grenette, au XVe siècle l´archevêque et le chapitre de Lyon tentèrent sans succès d´y vendre d´autres marchandises tels que des draps (AC Lyon : BB 350).

La Grenette jouait un rôle important dans la vie quotidienne des lyonnais d´autant plus que les fréquentes fluctuations du prix du blé agitaient le peuple et provoquaient parfois des émeutes. Chaque semaine, le châtelain de la Grenette, nommé par le Consulat, se faisait rendre compte du cours du blé qu´il recopiait sur une note appelée carcabeau et qu´il remettait ensuite notamment au gouverneur, au prévôt des marchands et au bureau de la police de la ville. Cette surveillance méticuleuse du prix du blé avait pour but de prévenir toute hausse des prix ou pénurie de blé (CHAMPADOR, p. 47 ; KLEINCLAUSZ, t2 p. 41).

Une réglementation fut mise en place pour garantir un prix abordable pour le peuple. En effet, des mesures furent prises pour empêcher certaines personnes de revendre à la Grenette les blés qu´ils venaient d´acheter. En cas de disette, les boulangers et les meuniers s´accaparaient le blé pour le revendre à leur convenance. Pour limiter la hausse des prix, les marchands avaient interdiction de vendre du blé en dehors du marché. Une police des marchés fut instaurée pour faire respecter ces règles, contrôler la Grenette et les boulangers. Cette police était un droit seigneurial que l´archevêque et le chapitre de Saint-Jean exerçaient par l´intermédiaire du Consulat et de la Cour séculière. La police était composée d´échevins, contre lesquels le peuple se révoltait en cas de hausse des prix. De plus, l´archevêque et le chapitre percevaient sur les grains apportés à la Grenette des droits de cartelage (droit qui permet de s´emparer du quart des récoltes) et de coponage (droit de prélever une certaine part des grains vendus) (Gascon, p. 541-542, 765, 777-783 ; MAYNARD, p. 298).

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