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Lumière sur

Établissement thermal dit établissement balnéaire de Saint-Pierre-d'Entremont dit Source Germaine

Les Eaux minérales de St Pierre d´Entremont

Extrait d´une lettre écrite d´Antremont, près de la Grande Chartreuse, le 20 janvier 1777

« Monsieur, j´imagine que vous publierez dans vos Feuilles une découverte qui tiendra peut-être au soulagement de l´humanité, ou qui tout au moins pourra servir d´aliment à la curiosité de nos naturalistes.

Il s´agit d´une source dont les eaux paroissent avoir des caractères très marqués d´une eau minérale et qui exhalent surtout une forte odeur de poudre à canon, bine propre à le faire présumer. Cette odeur est précisément ce qui a servi à les faire découvrir. Au mois de novembre dernier un enfant de douze ans se promenant le long du Guiers (rivière qui sépare le Dauphiné de la Savoie) sentit à quelque distance du village de St Pierre (chef-lieu de la paroisse d´Antremont), une odeur de poudre à canon qui excita sa curiosité. Il chercha à savoir d´ou provenoit cette odeur ; et s´apercevant que plus il avançait vers la rivière, plus elle étoit sensible, il parvint à découvrir qu´elle exhaloit d´un petit courant d´eau allant aboutir au Guiers. Cette eau etoit en petite quantité, et filtroit presque imperceptiblement ; sa quantité rendant cet enfant curieux d´en découvrir la source, il en suivit, en remontant, les filaments qui s´échappaient de ci et de là à travers les cailloux ; et toujours guidé par l´odeur, il trouva qu´elle sortoit d´une fente d´un rocher voisin. Ayant puisé cette eau, il vint sur le champ m´en apporter ; son odeur et le goût minéral que je lui trouvois me décidèrent bientôt à la connaître plus particulièrement. J´en fis remplir plusieurs vases et j´en envoyai à la Grande Chartreuse où l´on a distillée. On mit dans un verre (le ?) résidut de cette eau et l´on y versa du sirop violat, sur le champ parut d´un beau vert foncé. On mit du même résidut dans un autre verre et on y versa la dissolution de mercure par l´acide nitreux ; cette dissolution excita dans l´eau un précipité, qui d´abord parut blanc, et devint bientôt jaune, pulvérulent et cailleboté.

Je pense, Monsieur, que ces expériences jointes à l´odeur qu´exhalent ces eaux ; font assez croire qu´elles contiennent des corps hétérogènes qui tiennent sans doute du minéral. Mais je laisse à des physiciens plus consommés à en juger avec plus d´étendue et à décider par analogie sur l´usage qu´on pourroit en faire pour la santé. J´offre seulement d´en procurer au curieux qui voudront la connoître. On pourra, au mois de mars prochain, m´en faire demander, en s´adressant à la Dame Gras, marchande à Grenoble, montée du Pont de Bois.

J´ai l´honneur d´être, etc .. JUGLAR Prieur d´Entremont »

Lettre extraite du journal Les Affiches, Annonces du Dauphiné, JD 34 p. 162 Fonds Dauphinois de la Bibliothèque municipale de Grenoble

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