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Lumière sur

Hôtel-Dieu dit hôpital du Pont du Rhône puis hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône, Hôpital général, Grand Hôtel-Dieu

Historique

Les origines

La création d´un hôpital à Lyon remonte au milieu du VIe siècle, vers 542, et est attestée par deux textes :

- le 15e canon du concile d´Orléans de 549 rappelle la fondation d´un hôpital à Lyon par le roi Childebert et sa femme Ultrogothe et décrète que les dons faits à l´hôpital ne pourront être détournés par l´évêque de Lyon ;

- une charte transcrite dans la Gallia Christiana mentionne la construction de cet hôpital dédiée à la Vierge (CROZE, p. 4, 5).

Pour les historiens, cet hôpital serait en fait à l´origine de l´hôpital Saint-Eloi (anciennement appelé Notre-Dame de Lyon, ou Notre-Dame du Pont, ou Notre-Dame de la Graineterie, ou Notre-Dame de la Saunerie), construit plus au nord, dans le quartier Saint-Paul et vendu en 1499 (Ibid.).

La fondation de l´actuel Hôtel-Dieu est liée à la traversée du Rhône, l´hôpital remplissant son rôle premier au Moyen Age d´accueil des pèlerins, voyageurs et pauvres errants. Cette traversée se fait d´abord par un (ou plusieurs) bac accostant à la hauteur soit de l´actuelle rue Sainte-Hélène, soit de l´ancienne rue Serpillière (dans le prolongement de l´actuelle rue Paufique). La confrérie du Saint-Esprit, associant commerçants et bourgeois de la Ville, se charge de cet accueil, et possède une maison dite Aumônerie du Saint-Esprit, édifiée dans le tènement d´Ainay, sur les bords du Rhône (mentionnée vers 1129, selon VARILLE, COLLY, ROUSSET).

La confrérie du Saint-Esprit charge les Frères du Pont de la construction du pont du Rhône. Les textes originaux mentionnant la construction du pont et de l´hôpital ont disparu après 1833 et ne sont connus que par les inventaires d´archives.

L´acte le plus ancien est une lettre non datée, mais probablement de 1180-1182 de l´archevêque Jean de Bellesme (grand cartulaire d´Ainay, fol. 65 ; obituaire de l´église de Lyon, p. 179) : à la prière des habitants de Lyon qui avaient la garde de l´oeuvre du pont, les religieux d´Ainay leur concèdent deux emplacements sans construction, l´un dans la paroisse Saint-Michel et l´autre dans la paroisse Saint-Nizier.

Le 5 septembre 1183, une bulle du pape Lucius III conforte l´Oeuvre du Pont dans ses possessions dont une chapelle, un cimetière et une maison pour les pèlerins.

La reconstruction du pont, après son effondrement en 1190, va entraîner de nouvelles donations : entre 1193 et 1226, Renaud de Forez, archevêque de Lyon, donne un nouveau tènement à l´Oeuvre du Pont, autour d´un « hôpital autrefois appelé aumônerie » (cartulaire d´Ainay, charte 75 ; AD Rhône. 10G 815, 1335).

Une bulle d´Innocent IV, adressée en 1243 au doyen du chapitre de Lyon confirme un acte de l´archevêque Renaud par lequel il aurait donné aux Frères de l´Hôpital du Pont du Rhône certaines maisons de l´Aumonerie joignant ce pont nouvellement construit afin de pourvoir à l´entretien de ce pont en bois (DAGIER, p. 31).

Une bulle de Clément IV de 1268 confirme l´existence de l´hôpital (CROZE, p. 11-12)

« ...Clément, ... à nos biens aymés filz les frères establis sur le pont du Rosne de Lyon... Nous mettons sous la protection du bienheureux Pierre et sous la nostre, la maison hospitalière et la chapelle que l´on sait estre bastie à la teste du pont nouveau, pour la garde et la conservation dudit pont, avec toutes les choses que vous possédez... et spécialement la maison de Symon et de Beaunan, l´aumosne du Sire de Villars, la maison de Vienne, la maison d´Avignon, la maison du pont de Lyon..., la maison de Grenne et la terre que Simon de Luxi vous a données en aumosne, tout ce qu´Imbert de Veaux et le comte Ude de Mascon vous a donné,..., et du don du duc du Bourg la maison de Dieu de Marsy, la prébende de Saint Martin d´Anse et dans l´église de Belleville, une prébende dans le monastère de Clugny, et une dans celui de Versetay...»

Au XIIIe s., cette aumônerie serait située à l´emplacement de l´aile sud de l´hôpital actuel ; un petit cimetière lui serait accolé (à l´emplacement de la cour A. Bonnet, où des ossements ont été trouvés) (CROZE, p. 10).

Entre 1308 et 1310, l´archevêque Pierre de Savoie tente une prise en main du pont : il enlève l´Oeuvre du Pont à la confrérie des Frères et la remet à l´abbaye de Hautecombe (Savoie), avec toutes les obligations que cela implique : entretien du pont, maintenance de l´hôpital et de la chapelle à la tête du pont, sans doute pour des raisons financières (l´abbaye a plus de moyens), mais aussi religieuses (cf. texte de 1335 AD Rhône. 10G 815 ; GUIGUE, M.-C. Recherches sur Notre-Dame de Lyon, hôpital fondé au VIe siècle par le roi Childebert et la reine Ultrogothe. Origine du grand pont de la Guillotière et du grand Hôtel-Dieu. Lyon : N. Schevring, 1876. 202 p.).

Mais les revenus de l´abbaye ne peuvent suffire à l´entretien, pas plus que ceux de l´Abbaye de Chassagne à qui l´entretien du pont a été remis en 1314 (AD Rhône. 10G 815 : « ... Frater Stephanus, olim pro dicto abbate rector dicti pontis et nunc abbas dicti monasterii Alte Combe coram nobis asseruit quod nos ipsos ab hujusmodi liberaremus... et quictaremus, et ipsum opus et locum alicui alii concederemus et traderemus... quia opus dicti pontis est onus incessabile... »(1314) ; « ... Dictus abbas et ejus abbatia (Alte Combe) nulla habent nemora congrua ponti predicto, quamvis infinita nemora de die in diem sunt necessaria in eodem... » (1314) ; « ...sunt adeo abbas et conventus Chassagne pergravati quod non possunt ullathenus nedum ad refectionem sed nec ad sustentationem dicti pontis operis ipsorum sufficere facultates... » (1335). (DARA, note 29, p. 186).

En 1335, l´archevêque de Lyon partage l´Oeuvre du Pont entre les consuls de la Ville et l´abbaye de Chassagne ; ce texte donne de nombreuses indications sur le patrimoine de l´Oeuvre (AD Rhône. 10G 518, 10G 815 ; GUIGUE, M.-C. Recherches sur Notre-Dame de Lyon, hôpital fondé au VIe siècle par le roi Childebert et la reine Ultrogothe. Origine du grand pont de la Guillotière et du grand Hôtel-Dieu. Lyon : N. Schevring, 1876. 202 p.) :

« Le pont du Rhône avec la chapelle posée dessus, la maison appelée aumônerie située à côté du pont, et leurs dépendances » sont remis à deux représentants des conseillers de la Ville, Barthélémy de Varey et Michel Cytharel, qui assumeront l´administration de l´ensemble et l´entretien du pont ».

« La maison du pont, avec l´hôpital qui lui est adjacent et sa chapelle » resteront à l´abbaye de Chassagne ». Cette deuxième partie se situe approximativement au coin des rues Serpillière et Confort (DARA)

Cette situation va perdurer pendant un siècle et demi, l´hôpital n´étant alors, et depuis son origine, qu´une maison d´accueil pour les voyageurs, en particulier pour les pèlerins et les pauvres, et n´assurant pratiquement aucun soin médical. En 1334, le personnel de l´hôpital ne compte que deux religieux et trois domestiques. Les premiers malades (des pestiférés) seraient accueillis au milieu du XVe siècle, la Ville payant le service de médecins avant même l´acquisition de l´hôpital (CROZE, p. 31).

Au XVe siècle, la ville se développe de façon considérable, après les épreuves (peste, guerres) du XIVe siècle. Lyon a obtenu sa première foire en 1420, puis trois en 1444 et une quatrième en 1464. Les échanges s´intensifient. La Ville ressent le besoin d´un véritable hôpital à son entrée, filtrant les malades et contrôlant les « pauvres errants ».

Les religieux de l´abbaye de Chassagne ne parviennent pas à entretenir l´hôpital qui comprend d´une part l´hôpital et sa chapelle à l´angle de la rue Serpillière, et de l´autre l´ancienne maison du pont entre l´hôpital et le Rhône. En 1478, les bâtiments de l´hôpital menacent ruine, alors que le nombre de malades ou de pauvres passants augmente. Les consuls réclament l´administration de l´hôpital. (DAGIER, p. 59). Le 21 juillet ils achètent l´hôpital à l´abbé de Chassagne (CROZE, p. 33), et le 24 mai 1480 une bulle du pape donne la gestion complète de l´hôpital aux consuls (ibid., p. 37).

Ceux-ci engagent les réparations nécessaires et décident de construire de nouveaux bâtiments (DAGIER, p. 63), avec une chapelle neuve (CROZE, p. 38). Le grand corps est achevé en 1493 (CROZE, p. 39). Les « filles repenties » hébergées à l´hôpital sont chargées du service et de l´entretien des malades ; elles sont à l´origine du corps des soeurs hospitalières (CROZE, p. 39).

L´hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône

A partir de 1507, l´hôpital prend le nom d´hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône (CROZE, p. 39).

En 1517, de nouvelles constructions seraient réalisées par le voyer de la ville Edouard Grand, assisté du maître d´oeuvre Jehan de Salles sur les dessins de Jean Perréal (CROZE, p. 39) ; le mur de clôture de l´hôpital est surélevé afin d´éviter les intrusions (AC Lyon. BB 39).

En 1520, on ouvre une prison pour les « filles repenties qui l´auront méritées » et en 1524-1525, un dortoir pour les filles employées à l´hôpital et des chambres pour les jeunes enfants et les nourrices (CROZE, p. 39).

En 1526, le cimetière de l´Hôtel-Dieu est établi près de l´actuelle rue Grolée (DAGIER, p. 77).

La première description connue de l´Hôtel-Dieu date de 1539 (La police de l´aulmosne de Lyon, p. 46-51 ; annexe 1) : l´édifice comprend alors une grande salle séparée par des piliers et un « treillis », avec hommes et femmes de chaque côté ; cette salle compte six rangées de lits, en noyer, avec des « dessus de tapisserie » blancs, avec en son milieu, une grande cheminée. A l´extrémité ouest de la salle se trouve la chapelle « que tous les malades peuvent veoir de leur couche ». Un second bâtiment, séparé du premier, à deux rangées de lits, accueille les femmes en couches, les enfants trouvés et leurs nourrices. On y trouve également « la bouticque d´appoticaire bien meublée et fornye de drogues et médecines », la boulangerie où l´on cuit le pain, et la salle du bureau « nouvellement édifiée » avec la chambre des archives où se trouve le caisse de l´hôpital « fermant à deux clefs ». Le cimetière se trouve au nord de l´hôpital qui est entouré de murs et un portier assure la garde de la porte.

L´hôpital accueillerait alors environ 80 malades et une dizaine d´enfants par an ; il y a une vingtaine de religieuses et une douzaine de serviteurs, qui tous demeurent à l´hôpital (CROZE, L´hôtel-Dieu de Lyon en 1523).

Le plan scénographique de Lyon daté de 1550 environ en donne une représentation que l´on peut considérer comme fidèle (fig. 1) : l´hôpital fait l´angle de la rue Serpillière au sud et de la rue Confort à l´ouest. Un grand bâtiment est-ouest, de deux étages, couvert d´un toit à deux versants, est le grand corps des malades, avec la chapelle incluse mais surmontée d´un clocher à six ( ?) côtés à l´ouest. Ce bâtiment est flanqué au nord du cimetière entouré d´une galerie couverte, les galeries ouest et est étant surmontées d´un étage, tout comme le corps de porche ouvrant à l´ouest, sur l´actuelle place de l´Hôpital. Des jardins complètent les bâtiments et descendent jusqu´à la clôture élevée directement en bordure du Rhône et percée de deux portes ouvrant sur des degrés descendant au fleuve. Les constructions et jardins à l´est du bâtiment principal correspondent peut-être aux possessions de la confrérie de la Sainte-Trinité que l´hôtel-Dieu annexera pour s´agrandir.

En 1542, on affecte une chambre au traitement des vénériens (CROZE, p.43).

Certains auteurs avancent que les galeries de la cour (ou cimetière) auraient été édifiées vers 1550 aux frais de la confrérie de la Croix ; dans un acte de 1625, les confrères mentionnent simplement qu´ils entretiennent ces galeries.

A partir du milieu du XVIe siècle, les consuls achètent des terrains pour agrandir l´hôpital, en particulier au nord, en 1555-1556, des maisons et tènements nécessaires à la construction de la boucherie (DAGIER, p. 105), achevée en 1579 (AC Lyon. E HD 4, délibérations des 26 octobre 1578, 24 mai et 3 décembre 1579 ; DAGIER, p. 117 ; cf sous-dossier).

Guillaume Roville, imprimeur à Lyon, consul-échevin en 1568, 1573 et 1578, et recteur de l´hôtel-Dieu, a largement participé à la construction de la boucherie et à celle d´un puits qui en est une dépendance. On a fait graver sur une pierre scellée sur la façade d´une maison en face de la fontaine de la place de l´Hôpital l´inscription suivante : 1579 / GUILLELMUS ROVILLIUS/ HUNC PUTEUM IMPENSIS/ SUIS AEDIFICAVIT, MACELLUM/ ETIAM QUOD A TEGO EST, / PUBLICA CIVIUM LUGDUN./ LIBERALITATO COLLECTA,/ FACIENDUM CURAVIT, /DUM ESSET CON. III./ ANNO MDCLXXIX

(« Guillaume Roville a fait creuser ce puits à ses frais, et a donné ses soins à la construction de la boucherie qui est sur le derrière, ayant obtenu, pendant son troisième consulat, de la libéralité lyonnaise, les fonds qu´exigeait cette construction en l´an 1579 »).

Suite à l´inscription est gravée un verset du psaume 112 : NON NOBIS DOMINE, NON NOBIS, SED NOMINI TUO DA GLORIAM. Sur la pierre sont sculptées en relief les armes de Roville : d´azur au chevron d´or, chargé d´une petite coquille de gueules, le tout accompagné en chef de deux croix d´or, et en pointe d´une gerbe d´or ; autour de l´écu, la devise « In virtute et fortuna » (DAGIER, p. 119-120). On ne connaît pas la date de la suppression de cette fontaine et de son inscription.

La boucherie comprend 20 boutiques au nord et 21 au sud qui sont louées le 3 décembre 1579 (AC Lyon. E HD 4), puis 30 de chaque côté à partir de 1581. Les marchands de Saint-Gall, en Suisse, et les marchands allemands donnent les uns 350 livres et les autres 116 écus d´or, pour construire deux boutiques qui porteront respectivement les armes de la ville de Saint-Gall et celles de l´Empire (CROZE, p. 44 ; AC Lyon. BB 107).

Le 1er janvier 1583, le consulat confie l´administration de l´hôtel-Dieu à une assemblée de six notables, le rectorat, nommés par le consulat et renouvelés par moitié, chaque année. A leur nomination, les recteurs doivent avancer l´argent nécessaire au fonctionnement de l´hôpital (CROZE, p. 53).

A partir de 1583, les recteurs font construire de nouveaux bâtiments pour augmenter les capacités d´accueil de l´hôpital, sans que l´on puisse localiser avec précision ces bâtiments : un bâtiment neuf en 1583-1585 (AC Lyon. E HD 5, fol. 63, 79, 157, 181, 228, 291), réalisé par le maçon Etienne Faure et le charpentier Guigo de la Rochette, avec un canal reliant la cuisine au Rhône (AC Lyon. E HD 613) ; une prison avec une porte en pierre de taille, près de la cuisine en 1592-1593 (AC Lyon. E HD 7, fol. 159 ; DAGIER, p.158).

Les prix-faits mentionnent divers bâtiments ou pièces : dans l´un le grand corps des pauvres, le grand corps qui regarde sur la cour de la cuisine, la chambre des passants, la chambre des nourrices, la chambre de la mère, la chambre du bureau, la boutique du barbier, la boutique de l´apothicaire ; dans un autre le grand corps d´hôtel de l´hôpital et la chambre neuve près du four (AC Lyon. E HD 1926).

La grosse cloche est cassée : une convention est passée en 1592 avec François (ou Jean) Deneyron, fondeur à Lyon, pour qu´il la descende et la refonde ; la nouvelle cloche, qu´il replacera dans le clocher, doit avoir le même poids que l´ancienne, et ce pour la somme de 24 écus soleil (AC Lyon. E HD 7, fol. 104 ; DAGIER, p. 158-159).

En 1602, les recteurs font construire sur un terrain joignant l´hôpital Sainte-Catherine (réservé aux filles enceintes) des bâtiments assez vastes pour qu´ils y tiennent plus commodément leur bureau, et qu´ils y placent leurs archives, travaux réalisés par le maçon Abraham Bernard et le couvreur Jean Clerc. Ils font également construire au même lieu deux prisons, l´une pour les hommes, l´autre pour les femmes (DAGIER, p. 192 ; AC Lyon. E HD 630, 631).

L´inventaire des meubles réalisé le 5 mai 1606 donne le dénombrement des pièces de l´hôpital : la grande salle des malades, 12 chambres dont celle des nourrices, celle du chirurgien, celle de l´apothicaire et la chambre chaude des passants, le dortoir des soeurs, le bureau, le réfectoire, les greniers (AC Lyon. E HD 21, fol. 49 ss ; annexe 2).

Les constructions du XVIIe siècle

Mais en dépit de ces agrandissements, les bâtiments restent trop petits face à l´augmentation du nombre des malades qui passent de 80 en 1523 à 258 en 1580 (CROZE, p. 63), en particulier lors des épidémies de peste. Les malades sont souvent trois par lits, et les recteurs sont conscients des inconvénients de cette situation : « bien souvent dans ung mesme lict se trouvent ung mort, l´autre se mourant et l´autre malade, et qu´on est contrainct de les mettre tous peslé et meslé, jaçoit qu´aucungs soient affligez de maladies infectes et si facheuses que pour le bien des ungs et des autres seroit grandement à désirer qu´ilz fussent séparez » (AC Lyon. BB 158. 1621).

En 1608, les recteurs achètent des maisons sur les courtines du Rhône pour agrandir le claustral (DAGIER, p. 203)

En 1609, ils font construire un nouveau bâtiment « pour donner air au grand corps de l´hôtel-Dieu sur la rue du costé du vent » ; ce bâtiment est édifié le long de la cour, « proche la pille », et précédé d´une galerie soutenue par des piliers de pierre de taille. En 1610, le peintre Jehan Pebressin réalise pour ce bâtiment cinq armoiries, et sur la porte du grand corps du côté de la cour une peinture dite Noli me tangere. Les recteurs font également construire des cheminées à la chambre du bureau et à celle des passants (AC Lyon. E HD 22, fol. 44, 46 v°, 50, 59 v°, 64, 70, 91, 97, 100 v°, 102 v°). Ils font ouvrir une porte entre le cloître et le cimetière des protestants au sud, et édifier une galerie pour joindre la chambre des nourrices, construite à l´est vers le Rhône (AC Lyon. E HD 23, fol. 1 v°, 54).

La pharmacie est alors établie dans une maison proche de l´Hôtel-Dieu, la Madeleine (DAGIER, p. 252).

En 1612, on continue d´enterrer les protestants au cimetière qui leur est réservé dans un des jardins de l´hôpital (DAGIER, p. 217). Un autre jardin, près du Rhône, est planté de simples. mais sa surveillance est malaisé, aussi les recteurs l´afferment-ils. Devant les protestations des apothicaires, les recteurs leur cèdent, dans l´enceinte de l´Hôtel-Dieu, un jardin plus vaste et plus sûr (DAGIER, p. 217-218).

En 1614, deux maisons mitoyennes, rue de la Blancherie, sont acquises pour l´agrandissement du claustral, puis de 1616 à 1619, deux jardins rue de l´Hôpital et deux autres maisons rue de la Blancherie (AC Lyon. B HD 1, fol. 255, 353 v° ; DAGIER, p. 223, 240, 243).

En 1621, les recteurs proposent d´aliéner la boucherie de Bourgneuf qui « est inutile comme chascung sçait » pour alimenter les fonds nécessaires à l´agrandissement (AC Lyon. BB 159)

Les Quatre Rangs

Deux recteurs, César Laure, originaire d´Italie, et Antoine Picquet, établissent plusieurs plans et projets pour construire un nouvel hôpital. En 1621, le rectorat sollicite à plusieurs reprises le consulat et le gouverneur de Lyon, pour approbation (AC Lyon. E HD 28, fol. 53, 55 v°, 72 v°, 86, 94 v°, 223). Le 25 janvier 1622, c´est le plan en croix qui est choisi (ibid. fol. 225-227, 229 v°, 232-233 ; annexe 3). Le 20 mars 1622, le prix-fait de cette construction est donné au maçon Jacques Blanc (AC Lyon. E HD 28, fol. 244-249 ; annexe 5).

Ni les délibérations, ni le prix-fait de 1622 ne mentionne le dôme. Le prix fait décrit la construction de deux bâtiments en croix dont les dimensions correspondent aux bâtiments existants : 95 m environ au total du nord au sud et d´est en ouest (si l´on rajoute les 10 m de l´extrémité est détruite lors de la construction du bâtiment Soufflot), 10 m 90 dans oeuvre en largeur et 3m 08 de large pour les galeries. Le bâtiment nord-sud part au sud de la « muraille du grand corps soubz les cloistres de présent en nature joignant la porte de la chapelle du sieur de Vauzelles jusques ... [au] coing d´une petite ruette qui regarde le Rosne », celui est-ouest part du Rhône. Les prix-faits ultérieurs indiquent que les galeries de la cour d´honneur actuelles ont été bâties à l´emplacement des galeries du XVIe siècle. On peut donc avancer l´hypothèse que le dôme a été construit à l´angle nord-est du cloître du XVIe siècle et que le corps de bâtiment nord (bâtiment O) a été édifié à la place de la rangée de maisons qui sur le plan scénographique s´étirent des murs du cloître à la petite rue qui descend au Rhône (fig. 1). Une partie des bâtiments est construite sur l´ancien cimetière ; les recteurs ont donc pris le jardin de la maison loué au boucher Anthoine Chady, pour y transférer le cimetière ; celui ci se plaint de la gêne occasionnée car des tombes ont été creusées « mesmes jusques au dessous des fenestres et estiers de la maison » ; il obtient un rabais de sa location (AC Lyon. E HD 28, fol. 37).

Le prix-fait mentionne qu´il y aura des bâtiments à démolir et des caves à « descombrer » tout en gardant les voûtes, mais reste interrogatif sur l´établissement de caves sous les nouveaux bâtiments, « si tant est qu´il s´en faict ». Le prix-fait mentionne la construction d´escaliers, mais sans plus de détail, et indique que l´ensemble des bâtiment sera carrelé en « carreaux de Verdun » (carreaux de terre cuite). Les pierres, tant pour les corps de bâtiment que pour les piliers et arcades des galeries, viennent des carrières de Saint-Cyr-au-Mont-d´Or (AC Lyon. E HD 28, fol. 1 v°, 41 v°, 124 v ). Quant aux cheminées, elles sont faites dans des pierres provenant de Saint-Germain en Bresse (AC Lyon. E HD 28, fol. 41 v°).

Le dôme est mentionné pour la première fois dans le prix-fait de la charpente passé à Jean Piroud, le 24 juillet 1622 (AC Lyon. B HD 84 ; annexe 7). Ce prix-fait indique que les charpentes seront en sapin, à l´exception du dôme qui sera en chêne, que les galeries seront voûtées d´arêtes et que l´un des corps de logis seulement sera voûté (aujourd´hui seule la partie nord du bâtiment M (salle des Vieux Livres) et le bâtiment O (pharmacie) sont voûtés d´arêtes). Le dôme doit s´élever de 2 m (6 pieds) au-dessus des toitures des bâtiments et être surmonté d´un lanterneau octogonal.

Le 23 octobre 1623, un nouveau prix-fait est passé aux tailleurs de pierre de Saint-Cyr au Mont d´Or pour les « grandes arcades du dosme », l´arcade « qui doibt se faire proche la chapelle du sieur de Vauzelle », ainsi que la porte du bureau « à pillastres aussi accompaignée de son cordon et d´un larmier au dessus » (AC Lyon. B HD 84).

En 1624, les vitres des deux premiers corps de bâtiment sont posées (AC Lyon. B HD 84 ; annexes 9, 10).

Dès le début des travaux, les fonds commencent à manquer. Le 3 avril, les recteurs font une avance de 300 livres chacun, Mathieu Gaillat faisant don de sa participation, suivi bientôt par ses collègues (AC Lyon. E HD 28, fol. 252 ; DAGIER, p. 275, 286).

Le 12 janvier 1625, Jean (ou Pierre ?) Charrier, trésorier général de France, et M. Lentillon offrent de faire construire à leurs frais les deux grandes galeries sud (« le long du vieux corps de logis où sont à présent les pauvres ») et ouest, sous réserve de pouvoir y apposer leurs armoiries, à l´emplacement des anciennes galeries qui doivent être démolies (ACL. E HD 29, fol. 11-12 ; B HD 84 ; DAGIER, p. 287-288). Le prix-fait est passé au maçon Jacques Blanc (annexe 11).

Le 19 mai, les recteurs assemblés évoquent la nécessité de faire couvrir le dôme dont la charpente est achevée depuis deux mois. Ils ont choisi de faire faire la couverture en plomb, plutôt qu´en ardoise ou en fer blanc (AC Lyon. E HD 29, fol. 59-60 ; annexe 13). Le 8 juin, le recteur Louis Bouiller offre 7500 livres pour achever le dôme : la chapelle basse qui doit être consacrée à Notre Dame de Grâce (actuels bureau du vaguemestre et vestiaire du personnel, voûtés en berceau à pénétrations ?) est déjà voûtée, il faut la décorer, faire l´autel qui doit être sous le dôme, et couvrir ce dernier (AC Lyon. E HD 29, fol.66 v°-68). Le 9 juin, les recteurs passent prix-fait à François Benoît, maître lanternier, et à Anthoine Pillot, fontainier, pour la couverture du dôme (AC Lyon. B HD 84 ; DAGIER, p. 289 ; annexe 7). Ces deux artisans étant reconnus « incapables de faire la couverture », les recteurs chargent leur confrère Pellot de trouver un artisan parisien et passent prix-fait à Claude Le Mière, maître plombier, de Paris (AC Lyon. E HD 29, fol. 100, 103, 123-125). Mais ce dernier tombe malade et subroge son prix-fait à son compagnon plombier Guillaume Houchard. Après sa mort survenue fin octobre-début novembre, les recteurs engagent le maître plombier Louis Louchière (AC Lyon. E HD 29, fol. 104 v°, 112).

Le 28 janvier 1626, les recteurs font dresser le toisage des bâtiments construits par le maître maçon Jacques Blanc (AC Lyon. B H 84 ; annexe 16) :

- la galerie contre le vieux corps de logis joignant l´église (bâtiment R), avec la fondation des murs de ce vieux corps, du côté de l´est, joignant le « vieux bureau » (la porte à l´extrémité est du bâtiment R serait-elle celle de ce « vieux bureau » ?) ;

- la surélévation de 3m 80 (11 pieds de Lyon) du mur de ce vieux corps de logis ;

- la « muraille traversière portant la voûte cave joignant la petite porte qui entre à la cour dudict Hostel Dieu » (il s´agit sans doute du mur pignon sud du bâtiment M, avec le passage voûtée en berceau vers la cour de l´Arbre) ;

- quatre « murailles traversières » dans ce bâtiment, donc 4 salles basses (actuellement il ne reste que deux grandes pièces, la salle du Conseil et la salle des vieux livres séparées par un vestibule) ;

- à l´étage jusqu´au dôme, une grande salle de 40 m de long (118 pieds 6 pouces) ;

- le bâtiment qui aboutit à la rue (bâtiment Q) : ce bâtiment compte six chambres en rez-de-chaussée.

En janvier 1626, les nouvelles constructions comprennent donc les quatre galeries de la cour d´honneur, les corps de bâtiment M et Q, le dôme, et la surélévation du bâtiment R ; mais il faut encore y faire les escaliers et poser les vitres. Le bâtiment M est complètement achevé en janvier 1627 (AC Lyon. E HD 29, fol. 264 v°).

De nouvelles donations vont permettre de poursuivre l´édification de l´hôpital : le 4 janvier 1626, le recteur Guesdon et son frère Philippe, André Ollier, Jean-Baptiste de Murard et Constance de Murard veuve d´Anthoine Parye offrent 12 000 livres pour construire l´un des deux corps de bâtiment restant à construire, sous réserve d´y apposer leur armes sculptées (bâtiment Q) (AC Lyon. B HD 84 ; E HD 29, fol. 133 v°-134 ; DAGIER, p. 290). Quant au sieur Erard, il offre 9 000 livres pour le corps de bâtiment vers le Rhône (bâtiment L). Le prix-fait de ce bâtiment est donné le 7 juin 1626 à Etienne Michaille, maître maçon choisi par Erard (AC Lyon. B HD 84 ; annexe 17). Mais ce dernier bâtiment doit s´appuyer sur les murs de la ville qui sont en très mauvais état et dont la restauration est à la charge du royaume et du consulat (AC Lyon. E HD 29, fol. 175 v°). Le consulat autorise les recteurs à s´appuyer sur ce mur, en faisant un passage voûté au-dessus du chemin longeant les courtines, et en ouvrant des jours dans ces dernières pour éclairer le passage (AC Lyon. E HD 29, fol. 178 v°). Les recteurs se tournent vers le gouverneur de Lyon, puis vers le conseiller du roi Troussou, intendant des finances, pour obtenir 4000 livres pour les réparations de la courtine sur le Rhône attendu que l´hôtel-Dieu est bien « l´hospital de l´armée du Roy, vu qu´il y a d´ordinaire grand nombre de soldatz venant de l´armée d´Italie » (AC Lyon. E HD 29, fol. 203 v°). Le consulat autorise cette restauration, tout comme le Roi qui promet 1200 livres (AC Lyon. E HD 29, fol. 238 v° ; E HD 30, fol. 1-3 ; B HD 84 ; DAGIER, p. 292).

La même année le prix-fait du dernier corps de bâtiment (bâtiment O) est passé à Jacques Blanc (AC Lyon. E HD 29, fol. 230).

Des bains et des étuves sont établis pour le traitement des maladies vénériennes (DAGIER, p. 291).

Le 10 janvier 1627, Pellot fait l´avance de 1200 livres et donne 900 livres pour faire les réparations des fortifications et construire la voûte du corps de passage (AC Lyon. E HD 30, fol. 1-3).

M. de Saint-André, trésorier, prend entièrement à sa charge le financement (13 720 livres) du corps de bâtiment ouest (bâtiment Q) (AC Lyon. E HD 29, fol. 264 v°).

Le 30 mai 1627, les recteurs décident de faire reconstruire le portail d´entrée de l´hôpital joignant l´église, et d´y aménager une chambre pour le portier (AC Lyon. E HD 30, fol. 47).

La poursuite des travaux des bâtiments est arrêtée du fait des réparations à faire à la muraille de la ville, et des maisons à acheter pour pouvoir continuer la construction (AC Lyon. E HD 30, fol. 49 v°).

De même la couverture du dôme a été arrêtée du fait de l´abandon du chantier par le maître plombier Louis Le Houcher (ou Huchier) (AC Lyon. E HD 30, fol. 53 v°-55).

En 1627, les recteurs décident de poursuivre Jacques Blanc, maître maçon, en justice pour non respect du prix-fait qui lui avait été passé (AC Lyon. E HD 30, fol. 67 v°, 70). Un accord est trouvé le 26 décembre : J. Blanc doit finir le pavement des bâtiments, nettoyer la chapelle en dessous du dôme, et blanchir les bâtiments (AC Lyon. E HD 30, fol. 126 v°).

Le 2 janvier 1628, il est décidé que le pavement des galeries sera fait en pierre grise de Saint-Cyr-au-Mont-d´Or (AC Lyon. E HD 30, fol. 129).

Des bâtiments ont été construits, du côté de l´est, entre le bâtiment L et le réfectoire non localisé (AC Lyon. E HD 30, fol. 136).

Le 5 mars 1628, la somme de 220 livres est payé à Louis Bourdel, dit Pellègre, pour avoir planter 99 pilotis le long du Rhône pour fonder la muraille qui doit soutenir la façade du corps de bâtiment L (AC Lyon. E HD 30, fol. 155).

Le 23 juillet 1628, les recteurs décident de louer au chirurgien La Coste une partie de l´étage d´un bâtiment donnant sur la rue de la Triperie (AC Lyon. E HD 30, fol. 195 ; annexe 19)

Le 6 janvier 1630, quatre des maisons construites sur l´emplacement des nouveaux bâtiments, sont acquises (AC Lyon. E HD 96 v°-97).

Le 17 février 1630, les recteurs, constatant que le prix-fait des bâtiments n´a pas été respecté, décident de faire construire des caves voûtées sous le bâtiment O, car le rez-de-chaussée du bâtiment est trop malsain (AC Lyon. E HD 31, fol. 128-129 ; annexe 20).

Dans le même temps, les recteurs décident de faire des lits à une place pour l´ameublement du bâtiment L (AC Lyon. E HD 30, fol. 129).

A partir de 1630, les recteurs procèdent à l´aménagement des nouveaux bâtiments de l´hôtel-Dieu : mise en place de l´autel sous le dôme (AC Lyon. E HD 31, fol. 174 ; annexe 21), achat de 30 lits en noyer (AC Lyon. E HD 31, fol. 184, 194, 196 v°), achèvement du réfectoire neuf construit le long du chemin longeant le Rhône (AC Lyon. E HD 31, fol. 202).

En dépit des nouvelles constructions, la place manque toujours : les recteurs décident de rabaisser le plancher de l´ancien corps de logis pour faire une salle pour les malades à l´étage, et au dessous un bûcher (AC Lyon. E HD 31, fol. 28v°-29).

Au cours de l´année 1631, les anciens bâtiments sont peu à peu désaffectés : la cuisine ayant été transférée dans un des bâtiments neufs, l´ancienne servira de buanderie (AC Lyon. E HD 32, fol. 42) ; l´ancien bureau, ainsi que la chambre y attenant et la salle des pas perdus, tout comme la cave située au dessous sont démolis pour donner du jour au nouveau bureau qui sera meublé, « attendu qu´il y a maintenant d´autres caves à suffisance » (AC Lyon. E HD 32, fol. 52, 78 v°).

En 1632, tous les malades sont désormais logés dans les nouveaux bâtiments. Les recteurs décident d´aménager des chambres et salles dans l´ancien bâtiment, derrière l´église, pour servir entre autres, aux convalescents (bâtiment détruit ultérieurement à l´emplacement du choeur de la chapelle ?). Et pour se faire, ils font construire un mur nord-sud, de l´entrée du cloître à la rue de la Tripperie (ou rue Serpillère) (mur formant le chevet actuel de l´église ?), puis décident de ne pas toucher au bâtiment vieux, car des travaux sur les planchers risqueraient de le faire s´ébouler ; par ailleurs un plafond trop bas engendrerait de l´infection. Les anciennes salles seront seulement pavées de carreaux et les murs lambrissés, et l´on construira un escalier en vis pour passer des nouveaux bâtiments aux anciens, dès que les fonds le permettront (AC Lyon. E HD 32, fol. 106v°, 111, 119 ; annexe 24) ; cet aménagement est de nouveau mentionné en 1636 (AC Lyon. E HD 34, fol. 114).

Le 6 juin 1632, les recteurs font fermer la ruelle, à l´extrémité nord du bâtiment O, allant de la rue Grolée au Rhône, le long du cimetière où l´on enterre les protestants, car les bouchers y jettent des immondices (AC Lyon. E HD 32, fol. 137). Cette mention tendrait à situer le cimetière dans l´actuelle cour de la Pharmacie, plutôt que dans la cour du Magasin où on le situe traditionnellement. Le mois suivant, les recteurs font fermer de barreaux de fer, la galerie du bâtiment O, aboutissant à la boucherie (ACL. E HD 32, fol. 145 v°).

En 1632, Jean Pierrot, maître couvreur plombier, de Dijon, répare le couvert du dôme (AC Lyon. E HD 34, fol. 76)

En 1633, Boniel termine son rectorat et fait faire à ses frais une balustrade en fer ouvragé autour du grand autel, sous le dôme (DAGIER, p. 321)

Le plan scénographique de Simon Maupin (1635) donne la représentation du bâtiment nouvellement achevé (fig. 2).

En 1636, les recteurs font des travaux à l´église : ils font abattre la tribune qui était au sud, et le remplace par une nouvelle tribune construite dans l´angle nord-ouest de la chapelle, et de plain pied avec la galerie située « au dessus du cloistre pour aller au corps d´hostel neuf des malades », soit vraisemblablement la construction antérieure à la galerie du bâtiment R. Ils décident également de fournir une pièce pour les consultations de chirurgie, et une pour le rangement du matériel (AC Lyon. E HD 34, fol. 155 ; annexe 25).

De nouveaux aménagements sont réalisés : une chambre chaude pour sécher le linge « en la vieille salle basse au dessoubz le logement des petitz enfans, et aboutissant du costé de bize à la buanderie, en laquelle salle sera construict un mur de clôture du soir au matin », et un logement pour les enfants « au vieux corps d´hôtel d´en bas servant autrefois à loger les malades et à présent de bûcher, ayant vue du costé d´orient sur la cour de la vieille cuisine » (AC Lyon. E HD 34, fol. 157-158, 164). Ces travaux (la boutique de chirurgie, la chambre des chirurgiens et apothicaires, la chambre chaude, la chambre des nourrices et la tribune de l´église) sont payés le 14 décembre aux maîtres maçons François Regnaud et Pierre Burnand (AC Lyon. E HD 34, fol. 165).

Les travaux aux nouveaux bâtiments, tout comme leur ameublement doivent beaucoup à la générosité des recteurs et des bourgeois lyonnais. Les mentions de ces dons sont consignés dans les archives de l´hôpital :

Puget, maître des comptes à Paris, donne 1000 livres pour acheter des meubles ;

le recteur Rovière donne également 1000 livres pour l´achat de six lits complets ;

Claude Pellot père, recteur en 1608, et son fils, conseiller du roi, trésorier général de France en la généralité de Lyon, recteur en 1625, donnent 12 000 livres pour contribuer aux nouvelles constructions, sous réserve que leurs armoiries soient placés au premier corps de bâtiment ;

Jean Rosne, marchand cartier, donne un lit complet à ses armoiries, et une rente annuelle de quatre livres pour son entretien ;

Plusieurs recteurs en fin d´exercice font également des dons : l´ancien consul Navernon donne 600 livres pour quatre lits garnis, Hérard donne 6 000 livres, Chapuis 500 livres et abandonne les fournitures qu´il a faites pour la pharmacie et les 700 livres avancées pour les travaux ;

En 1630 enfin, les recteurs décident que les nouveaux bâtiments ne seront meublés que par des lits à une place (DAGIER, p. 293, 296, 298, 299, 300, 309).

La construction des Quatre Rangs achevée en 1632 a coûté la somme totale de 143 313 livres 19 sols et 9 deniers, se répartissant en 23 961 livres pour l´acquisition et la démolition des maisons, 113 745 livres 12 sols pour les matériaux et la main d´oeuvre, et enfin 8 607 livres 7 sols et 9 deniers pour l´ameublement (DAGIER, p. 319).

Description de l´hôtel-Dieu en 1646

Le règlement de l´hôtel-Dieu établi en 1646 donne une description des bâtiments (transcription dans CROZE, p. 86-90).

Les corps de bâtiment des Quatre Rangs (infirmeries) avaient chacun une grande cheminée « au milieu contre une des murailles... A l´extrémité et aux costez, il y a de belles fenestres à vitres avec les armes de ceux qui les ont fait faire... » Dans chaque corps de bâtiment, il y a deux rangées de lits, distants d´environ 1m 35. Si le nombre des malades augmente, on ajoute une rangée de lits au milieu. Il y a quatre servantes pour chaque infirmerie.

Le dôme est couvert de plomb, et sous le dôme se trouve l´autel, entouré d´une grille, visible par tous les malades. La messe y est célébrée tous les jours à 5 heures. Au rez-de-chaussée du dôme se trouve une autre chapelle voûtée.

Dans l´un des corps de bâtiment se trouve l´escalier desservant les infirmeries et les greniers [escalier du bâtiment O]. Il y a également dans ce bâtiment la cuisine, le garde-manger et le réfectoire « avec une pompe ».

Dans un autre corps (bâtiment M) se trouve la salle des archives voûtée, à côté la « chambre où l´on reçoit et compte les deniers », puis le bureau où s´assemblent les recteurs chaque dimanche et mercredi, puis la « chambre appelée des pas perdus où le chirurgien et la sage-femme visitent les malades et femmes grosses pour les présenter au bureau ; de plus il y a une chapelle où pour l´ordinaire on baptise les enfants ».

Au rez-de-chaussée d´un autre corps de bâtiment (bâtiment L ?) se trouvent les chambres de l´économe, des prêtres, des pharmaciens et des chirurgiens, une « chambre pour panser et saigner les malades venant du dehors et qui ne sont pas receus, et pour visiter ceux qui se présentent tous les jours », une autre chambre « où sont enfermés les drogues et médicaments plus précieux », puis la boutique du pharmacien et deux petites chambres pour préparer les potions et conserver les huiles et onguents, et enfin un « lieu aéré où se font les médecines... dans de grands vases d´étain bien travaillez et garnis de cuivre... »

Au rez-de-chaussée d´une autre infirmerie (bâtiment Q), il y a deux chambres pour les diettes, et le grenier à blé. Au dessous de ce bâtiment il y a une cave voûtée.

L´actuelle cour d´honneur était un jardin de plantes médicinales, avec au milieu une croix sur un autel construit par la confrérie de la Sainte-Croix. Une autre cour (actuelle cour de la Pharmacie ?) servait de jardin potager, la 3e de cimetière (cour du magasin ?) et dans la dernière se trouvait le bûcher, un hangar pour les tonneaux, et à côté le cimetière des protestants.

Il y avait également à côté de la grande entrée la loge du portier.

Un autre corps de bâtiment servait d´accueil pour les « passants » (vagabonds), avec une chambre pour les hommes et une pour les femmes ; ils pouvaient y dormir une nuit avant d´être conduits hors de la ville. Il y avait également au rez-de-chaussée de ce bâtiment une pièce pour les malades soupçonnés d´être contagieux. Au-dessus se trouvait le logement des enfants, avec deux grandes chambres et une cheminée au milieu, « entourée de barreaux de fer pour empescher que les enfans se chauffant ne tombent dans le feu... », ainsi qu´une pièce aérée pour les enfants malades. Au 2e étage, se trouvait la chambre des femmes enceintes et des nourrices.

Un grand corps de logis le long du Rhône abritait l´atelier du charpentier, la boulangerie avec son four, et quatre chambres basses pour les « incensez furieux ». C´est dans ce bâtiment que se faisaient les lessives deux fois par mois dans des pièces avec des cuves, des cheminées et des fours qui servaient auparavant de cuisines.

A l´étage se trouvaient des chambres pour les militaires.

L´hôtel-Dieu ouvrait sur le Rhône par des portes permettant d´y aller faire la lessive, ou d´y faire entrer les denrées (blés, bois, farines). Ces portes ordinairement fermées n´étaient ouvertes qu´en présence de l´économe ou d´un responsable afin d´éviter toute « évasion de ceux qui sont dans le dit Hostel Dieu ».

La reconstruction de la chapelle

Une fois les bâtiments des malades achevés, les recteurs décident de reconstruire l´église vieille de plus de 200 ans et trop petite, d´autant que Barthélemy Honnorat qui avait financé la balustrade entourant l´autel de la chapelle du dôme, souhaite que le surplus soit affecté à la construction de l´église. Le recteur Anthoine Mey en a dressé un plan et modèle sur papier qu´il présente au rectorat le 7 janvier 1637 : l´église sera construite à la place de l´ancienne, agrandie d´autant, à l´est du vieux corps de malades ; le choeur, à lest, pentagonal, aura 32 pieds de large et 25 de long, avec deux fenêtres au nord, et deux au sud, avec une sacristie de 20 pieds de long et 13 de large, de chaque côté. Un arc doubleau de 30 pieds de large le séparera de la nef, longue de 75 pieds dans oeuvre et large de 30, qui ouvrira sur la rue. De chaque côté de la nef, il y aura quatre chapelles. L´ensemble sera voûté d´arêtes en bois recouvertes de plâtre. L´ancienne église ne sera pas démolie, avant la construction du choeur (AC Lyon. E HD 34, fol. 175 ; DAGIER, p. 329, 330 ; annexe 26).

La pose de la première pierre a lieu le 23 décembre 1637, en présence du marquis de Villeroy, d´Alphonse-Louis de Richelieu, cardinal-archevêque de Lyon, des doyens et comtes de l´Eglise de Lyon, des prévôts des marchands et échevins, des recteurs. On y lit :

ANNO SALUTIS 967 XXX67. / URBANO VIII PONTIF. MAX. / LUDOVICO XIII REG. FRANC. ET NAVAR. / ALPHONSO LUDOVICO DE RICHELIEU / CARDINALE, ARCHIEPISCOPO NEC NON SUMMO GALLIAE ELEEMONE / CAROLO DE NEUFVILLE LUGD. PROREGE., / ERECTO CHRISTI MEMBRIS HOSPITIO, / HANC AEDEM EJUS VISCERIBUS (B. MARIAE VIRGINI COMMISERATIONIS) SACRAM PRO VETUSTATE ET ANGUSTIA A SOLO RESTITUENDAM ET AMPLIANDAM FUNDAVIT SPES, PERFICIETQUE CHARISTAS, CAPUT, PRINCIPIUM ET FINIS. P. O. M.

(AC Lyon. E HD 35, fol. 66 v°-67 ; DAGIER, p. 332).

Guillaume Ducelles, maître architecte et sculpteur suit les travaux réalisés par les maîtres maçons François Renan et Pierre Bournan (prix-fait reçu Gajan notaire à Lyon, le 13 décembre 1637).

Les soubassements des murs nord et sud de l´église, de l´arc doubleau, des piliers du choeur et de ceux des deux premières chapelles à partir du choeur, sont construits en pierre de Saint-Cyr au Mont d´Or, fournies par le tailleur de pierres François Nicolas Ponson, dit de Vaulx (AC Lyon. E HD 36, fol. 74)

Le 7 décembre 1639, il reste à faire la voûte et la couverture du choeur (AC E HD 36, fol. 77). Mais les travaux sont arrêtés pendant plus d´un an suite au décès de l´architecte et du maître maçon. Un nouveau prix-fait est passé à Simon Le Rupt et Claude Chana (ou Chanal), maîtres maçons, le 22 août 1640 (acte reçu Jean Gajan, notaire à Lyon). Le 20 février 1641, les recteurs décident de transformer leur projet : les tribunes du choeur seront ouvertes en arcades et non par une plate-bande, et l´église voûtée en pierre. Mais pour cela il faut renforcer les murs du choeur par quatre arcs-boutants (AC Lyon. E HD 36, fol. 174 ; annexe 28).

Une nouvelle transformation est arrêtée le 8 décembre 1641 : le projet prévoyait une triple entrée en façade ; elle est ramené à un seul portail, en adéquation avec la nef unique. Le clocher prévu au sud sera ramené au nord de façon à être plus facilement accessible depuis l´hôpital (AC Lyon. E HD 37, fol. 14 v° ; annexe 29).

La chapelle est consacrée le 6 janvier 1645, bien qu´elle ne soit pas achevée.

Le prix-fait de la construction du portail et de la façade de l´église est donné en 1646 à Simon Le Rupt et Claude Chana, devant Gajan, notaire royal à Lyon (AC Lyon. E HD 38, fol. 113).

Le grand autel et son retable sont réalisés en 1647 par le sculpteur Georges Hanicq, natif de Mons en Hainault (AC Lyon. E HD 38, fol. 144) ; le peintre Guillaume Perrier, de Lyon, fait un tableau en 1648 pour une des chapelles (AC Lyon. E HD 38, fol. 197 v°) ; et le recteur Girardet offre de faire faire à ses frais la statue de Notre-Dame-de-Pitié qui doit être posée au-dessus du portail (AC Lyon. E HD 39, fol. 134).

En 1653, les recteurs font un emprunt pour achever et couvrir les deux tours du clocher.

Le 6 janvier 1677, la statue de Notre-Dame de la Paix qui était sur le pont de pierre de la Saône est transportée dans l´église de l´hôtel-Dieu, dans la chapelle de Mathieu de Serre (AC Lyon. E HD 43).

La construction du bâtiment S sud

Barthélemy Honnorat avait financé la construction d´une balustrade autour de l´autel de la chapelle du dôme. Cela ne s´est pas fait par la faute du serrurier. Honnorat donne la somme prévue à l´hôtel-Dieu ; en 1638, les recteurs décident de faire construire un logement permettant de séparer les blessés des malades et fiévreux, et ce « aux membres aboutissans du costé d´occident à la galerie du cloître... qui sont sur les bouticques tendant de la grande porte et entrée dudit hostel Dieu à la boucherie le long de la rue... » (AC Lyon. E HD 35, fol. 92 ; annexe 27).

La surélévation du dôme

En 1654, sans que l´on sache pourquoi, le dôme est surélevé : les maîtres maçons Pierre Renaud et François Rousset doivent surélever les murs de deux pieds (environ 70 cm) et réaliser 4 arcades de pierre « routte », pour servir de décharge à la surélévation ; les charpentiers François et Henri Anselme doivent démonter entièrement la charpente, la voûte en plâtre sur liteaux de bois (voûte à cannes), et les toits en pavillon des quatre tourelles et la remonter. Ils doivent construire une galerie extérieure. La couverture de plomb est remplacée par une couverture en tuiles plombées et vernissées (AC Lyon. B HD 84, prix-faits de la reconstruction du dôme, 15 juin 1654-25 juillet 1655 ; annexes 30, 32, 33).

Des vases en cuivre doré décorés de fleurs de lys sont réalisés par Alexandre Corbenschlacq pour être placés autour du dôme, ainsi qu´au clocher nord de l´église (AC Lyon. E HD 40, fol. 60, 157).

Les ornements en pierre (pilastres, corniches, encadrement des fenêtres) sont réalisés en pierre de Saint-Fortunat au Mont d´Or (« banc du Vas et Pellatu »), taillée par les frères Antoine et Claude Boisson, dit Gorin, et Etienne et Claude Perret

Le corps de logis des convalescents

Ce corps de logis est construit à partir de 1658, du côté du Rhône, entre le corps de logis des « fébricitantes » et les triperies de la boucherie (bâtiment N ?), par le maître maçon Claude Chana (AC Lyon. B HD 84, 6 janvier 1658 ; annexe 35). Le prix-fait des planchers et des couverts est passé au maître-charpentier Henry Anselme, le 4 juillet 1660, remplacé le 20 février 1661 par les charpentiers Etienne Guillermet et François Sacquin (AC Lyon. B HD 84, 4 juillet 1660, 20 février 1661). La construction se fait très lentement ; en 1661, les recteurs se plaignent de la lenteur des travaux auprès du maçon (AC Lyon. B HD 84, 27 mars, 18 mai 1661 ; annexe 36). Le bâtiment achevé et béni le 27 mai 1663 est très important : le prix-fait de la menuiserie passé aux maîtres menuisiers Jean de Fillion et Pierre Barille mentionne 124 fenêtres. Il est orné des armoiries de la Ville par Jacques Mimerel au-dessus de la porte du grand escalier du côté du jardin, et de celles du roi, du duc de Villeroy, gouverneur de Lyon, de l´archevêque et de la Ville, par Nicolas Bidault, au-dessus du portail faisant face au quai du Rhône. Des vases en cuivre rouge, par Alexandre Corbenschlacq, avec pommes et fleurs de lis, sont posés sur les pavillons (AC Lyon. E HD 43, fol. 53 v°, 55, 182 v°, 216)

A cette date, l´hôtel-Dieu, qui comprend 216 lits pour les malades et quatre « chambres basses ou cachots pour les insensés », reçoit entre 300 et 400 malades, sans compter les femmes en couches, les petits enfants et les aliénés. La dépense annuelle se monte à 100 000 livres pour un revenu stable de 20 000 livres (AC Lyon. E 1993, extrait des règlements de l´hôtel-Dieu, 9 novembre 1661).

En 1675, les recteurs font percer la muraille du cloître pour établir une communication avec l´église (AC Lyon. E HD 12).

En 1677, les recteurs projettent de construire une nouvelle cuisine, dans la cour dite des charpentiers, du côté du Rhône (AC Lyon. E HD 12), projet repris en 1678, puis 1679 (AC Lyon. E HD 43).

La visite de l´hôtel-Dieu du 29 juin 1690 mentionne un « grand réfectoire » sans préciser son emplacement (AC Lyon. E HD 11).

Le plan d´extension de l´hôtel-Dieu dressé au XVIIIe s. donne l´état des bâtiments du XVIIe s. (fig. 3)

Les travaux du XVIIIe siècle

Dans la première moitié du siècle, les recteurs entreprennent plusieurs agrandissements de l´hôpital.

En 1700, ils décident de faire construire un bâtiment pour les enfants ; ils en font dresser les plans par les architectes Antoine Bénard et Delengrené (AC Lyon. E HD 743).

Le 24 janvier 1700, ils passent prix fait à l´architecte lyonnais François Dondain pour la construction des maçonneries du corps de logis ouvrant sur la rue de la Triperie (AC Lyon. B HD 14, fol. 223 v°) ; les pierres seront fournies par Pierre Dupin et Jean Ponson, maîtres tailleurs de pierre de Saint-Cyr au Mont d´or (AC Lyon. B HD 11, fol. 226, 27 janvier 1700), celles des encadrements par Pierre Fontbonne, maître tailleur de pierre de Pommiers en Beaujolais (AC Lyon. B HD 11, fol. 234 v°, 10 mars 1700). Le bâtiment est achevé en 1702 (AC Lyon. B HD 11, fol. 346 v°, 23 août 1702).

En 1706, un nouveau portail est réalisé, place de l´hôpital, sur le dessin de l´architecte Jean Delamonce, en collaboration avec son fils Ferdinand. ELEVATION

Le portail est réalisé en pierres d´Anse fournies par les tailleurs de pierre Georges Rivier et Benoît Horsel (AC Lyon. B HD 16, fol. 40, 41 r°), et construit par les maîtres maçons Gabriel Gourra et Pierre Brunet : le prix-fait est passé le 21 juillet 1706 pour les fondations nécessaires à « la nouvelle arcade qu´il faut faire eu égard au portail que les dits sieurs font construire dans le dit hôpital, comme encore celle qu´il faudra pour les murs de face, de refans et ambrasure qui accompagnent le dit portail, construiront et monteront les dits entrepreneurs les dits murs le tout des épaisseurs, profondeur et hauteurs que le sieur de La Monce architecte et conducteur dudit portail leur ordonnera, poseront les tailles venant de St Cir au Mont d´Or tant de la dite arcade que des deux arcs doubleaux, feront les carrelages et briquetages nécessaires, couvriront les couverts et plâtriront les murs qu´on leur indiquera... » (AC Lyon. B HD 17, fol. 17 v°). L´entrée, prévue d´abord en arc surbaissée, est finalement réalisé en plein cintre (AC Lyon. E HD 743).

En 1708, Jean Delamonce et son fils, architectes à Lyon, donnent quittances aux recteurs pour le prix fait et la conduite des travaux du portail de l´hôtel-Dieu, tout comme le sculpteur Simon (AC Lyon. E HD 753). Le sculpteur et doreur Louis Novel a fait les roses et les fleurs de lis du portail et de la voûte, et le menuisier Chrestien l´huisserie sculptée (AC E HD 753).

Quant aux quatre cheminées fournies par le tailleur de pierre Antoine Berger pour les « appartements à côté du portail », peut-être reste-t-il celle de l´ancien appartement de l´aumônier ? (fig. ).

Dès 1712, les recteurs prévoient des travaux permettant de séparer les blessés et les fiévreux, et leur procurer des chambres bien aérées (AC Lyon. E HD 12).

Le 4 septembre 1712, ils passent prix fait aux architecte et entrepreneur Simon Aînez et Jean Poyet pour construire un bâtiment dans la cour où est la cuisine (AC Lyon. B HD 16, fol. 368).

Le 22 novembre 1718, ils chargent l´architecte de la Ville, Antoine Bénard, de construire un corps de logis sur la rue de l´Hôpital. Les travaux semblent achevés en 1721 (AC Lyon. B HD 87).

En 1716, la confrérie des Pénitents de Notre-Dame de Lorette établie à Lyon sur les courtines proche de la porte du Rhône veut reconstruire sa chapelle qui est trop basse et enterrée « à cause du pavé de la ville qu´on a élevé au devant de l´endroit où elle est construite ». Les recteurs sollicitent l´emplacement de la chapelle pour agrandir l´hôpital. Les pénitents acceptent de vendre cet emplacement, consistant en chapelle, cours, appartements et dépendances, acquis des mariés Charles et Dumas par contrat reçu Papielon le 3 avril 1659, confinant à la rue tendant de la voûte de l´hôpital au pont du Rhône à l´est, au cimetière ou place, cour et maison de l´hôpital au nord, à la maison des héritiers Baley appartenant à l´hôtel-Dieu à l´ouest, et des côtés sud et ouest à diverses maisons et jardins (AC Lyon. B HD 18, fol. 161 ; fig. )

En 1724, les recteurs entreprennent la construction des immeubles sur l´actuelle rue Marcel-Rivière (corps S nord) : à la place de « cinq vieux bâtiments ... situés depuis les six premières boutiques de la boucherie de ce nom du côté du vent jusqu´au mur mitoyen de la pharmacie... », ils font construire trois corps de logis « solidement bâtis » suivant les plans et élévations de l´architecte Bénard : la pierre grise est fournie par Pierre Grand, tailleur de pierre de Saint-Fortunat [Saint-Didier au Mont-d'Or], et les travaux réalisés par Jean Labitant, maître maçon et entrepreneur de Lyon (AC Lyon. B HD 20, fol. 371ss).

En 1725, les recteurs font lambrisser et orner de sculpture la salle du bureau (salle du Conseil, bâtiment M ; AC Lyon. B HD 84 ; E 770, 778).

Le 8 juillet 1731, ils commandent cinq tableaux et huit dessus-de-porte au peintre Daniel Sarrabat (AC Lyon. B HD 84 ; annexe 38).

La même année, la séparation des missions et prérogatives des deux grands hôpitaux de Lyon est fixée par une ordonnance du maréchal de Villeroy, gouverneur de Lyon : l´hôtel-Dieu s´appellera désormais Hôpital général de Notre-Dame de Pitié et grand hôtel-Dieu de Lyon, l´hôpital de la Charité prenant le nom d´Hôpital général de la Charité et Aumône générale de la ville de Lyon (DAGIER, t. 2, p. 88).

Le corps de bâtiment des blessés

En 1733, les recteurs décident d´agrandir l´hôpital.

Ils doivent pour cela acquérir ou obtenir l´expropriation de treize maisons situées sur les courtines du Rhône et dans les rues Serpillière et Bourchanin, maisons qui seront effectivement démolies en 1739 (AC Lyon. Inventaire HD).

Le 23 mai 1737, le consulat autorise les recteurs de l´hôtel-Dieu à « faire clorre et fermer toutes les issues de la rue Serpillière à la charge que l´écoulement des eaux ne sera jamais interrompu et que le passage des gens de pied puisse être rendu libre au cas d´incendie ou autres accidens imprévus... ». Les habitants des rues Bourgchanin et de l´Hôpital se plaignent de cette fermeture qui leur coupe l´accès direct au Rhône en passant sous une voûte construite de temps de Camille de Neuville entre l´hôpital et la chapelle de Lorette. Les recteurs rétorquent que le parapet du quai est trop élevé pour permettre un accès direct au Rhône ; de plus le nouveau quai du Rhône va être surélevé afin de diminuer la pente au débouché du pont ; la porte de la ville sera repoussée à la deuxième arcade du pont ; les maisons seront reconstruites afin de dessiner une place en quart de cercle à l´extrémité de la rue de la Barre qui en sera désengorgée ; enfin les recteurs feront construire une fontaine accessible aux habitants du quartier (AC Lyon. B HD 87).

Le 29 décembre 1739, le consulat confirme l´arrêté du 1737 sur la fermeture de la rue de la Serpillière, à charge pour les recteurs de construire un réservoir, et d´établir une fontaine à l´usage du public, contre le nouveau bâtiment qui sera fait à l´entrée de la dite rue et à côté du portail de l´église.

Le premier bâtiment que souhaite construire les recteurs est celui des blessés. Les fondations de ce bâtiment sont établies entre 1738 et 1740. Le projet était un bâtiment très simple, sans ornement d´architecture extérieur, dont les plans sont établis par l´architecte Ferdinand Delamonce. Mais le consulat souhaite un projet d´embellissement de la ville, avec une façade ornementale le long du nouveau quai à établir le long du Rhône, le quai de Retz (nom attribué le 1er septembre 1740), entre le pont de la Guillotière et le boulevard de Saint-Clair.

Il décide que les recteurs feront construire le quai du pont de la Guillotière à la rue Blancherie qui suit immédiatement le pont des Bouchers, sous l´inspection de Berthaud, intendant des fortifications, en se conformant au procès-verbal donné par Fayolle, ingénieur du roi, en juillet 1736

Il charge Jacques-Germain Soufflot de dresser un plan que les recteurs devront appliquer ; mais cela représente une augmentation de coût de 150 000 livres que l´hôtel-Dieu ne peut assumer. Le consulat promet de participer à ce surcoût.

Dans le même temps, les recteurs font dresser un autre projet par un architecte parisien Bon, sans que l´on en connaisse encore la raison (fig.)

Le 12 juin 1738, Camille Perrichon, prévôt des marchands, donne l´alignement des nouveaux bâtiments : «...Bâtissant sur les dites courtines, ils avanceront jusques à l´angle de l´ancien bâtiment donnant sur le nouveau quay, en sorte que le passage au-dessous de la voûte sera entièrement murré pour en jouir par ledit hôpital ; duquel angle sera prolongé la ligne extérieure dudit ancien bâtiment jusqu´au coin de la salle de Lorette du côté du pont... » (AC Lyon. B HD 87).

La première pierre du bâtiment est posée le 3 janvier 1741, « à 4 pieds dans terre dans le mur faisant face sur le quay, vis-à-vis la rue Serpillière et Confort, ou plutôt dans l´angle du grand avant-corps du milieu du côté du pont » (AC Lyon. B HD 85, 91 ; fig. ).

Les recteurs passent convention avec M. de Chaumont pour l´exploitation pendant cinq ans de la forêt de la montagne de l´Epine pour les travaux du bâtiment ; les bois sont chargés au port de la Forêt en Savoie (AC Lyon. E HD 1929).

Dès le mois de mai 1742, les recteurs commencent à faire travailler au bâtiment : à la fin de 1745, une grande partie en est achevée.

Le 10 février 1745, les recteurs annoncent par lettre au duc de Villeroy, qu´ils ont l´intention de faire sculpter les armes du roi au tympan du fronton de l´avant-corps du milieu, celle du duc sur l´avant-corps de droite, et celle de la Ville sur celui de gauche (AC Lyon. E HD 338).

Le 13 octobre, ils payent 415 livres à Michel Perrache pour les sculptures (chapiteaux, draperie, feuilles de chêne) qu´il a réalisé en façade (AC Lyon. B HD 93).

Cette même année, 15 boutiques sont ouvertes en rez-de-chaussée sur le quai (AC Lyon. B HD 93).

Enfin, le 27 juillet 1746, les recteurs passent convention avec le maître charpentier Joseph Sève pour « ... faire le couvert tant à tuiles vernies qu´à tuiles creuses sur les cinq premières arcades du bâtiment neuf de l´hôtel-Dieu devant la boucherie, sur le pan coupé et sur la rue Blancherie suivant les pentes, formes et constructions de celui de la partie près de la salle de Lorette qui est commencé... et de poursuivre le restant dudit couvert fait de la même manière jusques à l´avant-corps aussitôt que les murs seront élevés... » (AC Lyon. B HD 93).

Le 15 juin 1747, le maître serrurier de Lyon, Antoine Brazier, est chargé de faire la rampe du grand escalier du bâtiment neuf, selon le dessin fourni par J.-G. Soufflot (AC Lyon. B HD 87).

Le 7 juillet 1748, J.-G. Soufflot s´engage à fournir les plans du rez-de-chaussée et du premier étage des bâtiments « tant vieux que nouveaux dans lequel sera compris le plan du degré qui doit former la communication des sales du vieux bâtiment au nouveau...» (AC Lyon. B HD 87).

Les recteurs ne peuvent poursuivre les constructions faute de moyens. En 1754, ils sollicitent de nouveaux secours auprès du consulat pour les poursuivre (AC Lyon. B HD 85 ; annexe 39)

Les nouvelles salles construites manquent toujours d´aération. Pour pallier cet inconvénient, les recteurs souhaitent achever la construction du dôme prévu sur le quai et chargent l´architecte Loyer de faire le lien avec Soufflot désormais installé à Paris (AC Lyon. B HD 91).

La construction de la charpente du dôme qui doit avoir 62 pieds de long sur 49 de large est donnée à François Hugant, maître charpentier sous la conduite des architectes Munet et Loyer, en février 1758 (AC Lyon. B HD 102 ; annexe 40).

Plusieurs artistes participent à la décoration du dôme, tant intérieure qu´extérieure, réalisée en 1762-1763 : les sculpteurs Clément Jayet, de l´Académie Saint -Luc de Paris, pour des angelots, des têtes de lion et une statue de la Religion (annexe 41), Gabriel Allegrain et Louis Philippe Mouchy pour quatre statues : la Charité et la Douceur qui doivent être placées au dernier niveau et exécutées en pierre blanche, et celles du roi Childebert et de la reine Ultrogothe placées au 2e niveau et également en pierre blanche, Antoine- Michel Perrache pour une statue de la Prudence et les deux lions placés sur la balustrade qui couronne la façade du côté du pont du Rhône, Marc Chabry pour les anges du couronnement (annexes 41, 42), et Dessard pour la décoration intérieure, roses, guirlandes, chapiteaux... (AC Lyon. B HD 91).

Le carrelage du dôme est réalisé par Henry Doret, maître marbrier, réalisé en marbre noir de Suisse et choin blanc de Fey entre 1763 et 1765 (AC Lyon. B HD 85).

En 1768, des témoins sont installés dans la partie méridionale du bâtiment qui semble avoir bougé (AC Lyon. E HD 1909. Etat de l´inspection des bâtiments neufs).

En 1770, un rapport sur la situation financière de l´hôpital est dressé afin de justifier l´écart entre ses recettes et ses dépenses (annexe 43).

Dans la nuit du 26 au 27 août 1793, lors du siège de Lyon, l´hôpital est bombardé, ce qui occasionne des dégâts assez importants au grand dôme. Des travaux de restauration sont immédiatement entrepris : maçonnerie, réfection complète du pavement de l´étage du dôme (choin rouge, marbres blanc et noir, pierre noire, choin blanc, pierre noire polie), réfection des ornements en pierre du dôme (AC Lyon. E HD 1634, 1635 ; B HD 91).

Les travaux du XIXe siècle

Des dons permettent la restauration de l´église en 1802-1804. En 1807, l´autel du grand dôme est enlevé et la chapelle transformée en salle de malades.

Le 22 juillet 1809, le préfet transmet à la commission une instruction du ministère de l´Intérieur demandant plans et devis pour l´achèvement de l´hôtel-Dieu. Durand, architecte de l´hôpital, dresse un projet (1810) ; mais des embarras financiers en retardent l´exécution. Le 11 juillet 1811, le conseil d´administration prend une délibération explicative : le nombre des malades a tellement augmenté que les corridors sont transformés en salles ; malgré les 1200 lits de l´hôpital, les malades sont souvent à deux dans un lit d´une personne. Il est nécessaire de construire 3 bâtiments pour achever le bâtiment sur quai : la partie sud-est jusqu´à la rue de la Barre, coût estimé 574 668 fr ; le retour sur la rue de la Barre et la suite des salles adjacentes, coût estimé 603 247 fr ; la partie intermédiaire au nord du dôme, coût estimé 668 475 fr ; soit un total de 1 846 391 fr, plus 120 000 fr pour le mobilier. Le projet reste en attente.

En 1817, un administrateur sortant prend la dépense du rétablissement des statues du roi Childebert et de sa femme, la reine Ultrogothe, à sa charge et la confie aux sculpteurs Prost (Childebert) et Charles (Ultrogothe). Les statues sont inaugurées en 1819.

Le 15 septembre de la même année, un rapport est présenté au conseil d´administration pour la construction de la partie au nord du dôme, entre l´avant-corps le plus septentrional et la boucherie (bâtiment N est). Le conseil donne un avis favorable, avec instruction de se conformer strictement au plan de Soufflot. L´architecte Durand prévoit la démolition des vieux bâtiments intermédiaires, et dresse un devis conforme aux plans de son illustre prédécesseur. Le duc d´Angoulême promet une contribution de 50 000 fr. La façade à construire présente une longueur de 52,93 m, consistant en un rez-de-chaussée composé de boutiques donnant sur le quai, 2 étages pour les salles des malades, avec à l´arrière de la salle du second, un vaste grenier de toute la longueur du bâtiment, de 8 m de largeur et de 4, 42 m de hauteur. Le cahier des charges daté du 28 septembre 1820 souligne que les nouvelles constructions doivent se rattacher symétriquement avec les nouveaux bâtiments déjà construits, et s´élever, si l´alignement est correct, sur les fondations des anciennes maisons. La pierre provient des carrières de Villebois, de Seyssel, de Tournus ou de Lucenay, la maçonnerie est en moellons de Couzon. Le bois, sapin, chêne ou noyer, provient des forêts de Montréal, de Mérial et de St-Sulpice. Le 1er mai 1821, la première pierre est posée par le duc de Bellune, délégué par le duc d´Angoulême. Durand est mort au début de l´année 1821 ; les travaux sont alors dirigés par Barthélémy Antoine Tissot. De 1821 au 22 novembre 1824, jour de l´inauguration des salles, les vieux bâtiments en façade sont abattus et les onze travées du corps septentrional sont élevées. Les travaux sont achevés en 1824 et ont coûté 487 102 fr. L´architecte Durand est également l´auteur, en 1821, d´une coupe de l´aile sud.

Le corps de raccordement entre le grand dôme et la façade ouest de la cour des Cuisines est construit de 1824 à 1827 par l´architecte Tissot, pour un coût de 139 678 fr (bâtiment I). Les tailleurs de pierre Nodet, Rigollet, Vivet et Cie fournissent la pierre de Villebois.

Le 25 mai 1825, les vitraux au réseau de plomb des salles du grand dôme et de la façade au sud de celui-ci sont enlevés et remplacés par M. Perret par des croisées de fenêtres en bois de chêne à grands carreaux, et en verre double. Les anciens sont jugés trop vétustes, trop épais, obscurcissant les salles et laissant passer l´air froid et l´humidité. C´est en outre une façon d´harmoniser les menuiseries des salles anciennes avec celles nouvellement construites.

En mai 1825, Tissot dresse le devis d´une fontaine (très probablement celle de la cour de l´Arbre). La fin des paiements au tailleur de pierre Nodet, au maçon Paret, aux ferblantiers Gaillard et Vergniette ainsi qu´au maître-serrurier Dufour se fait en 1830.

La conservation des baux de location des boutiques et de leur inventaire permet de s´en faire une idée très précise. Ainsi, en 1827, une boutique ouvrant sur le quai du Rhône (et non sur le passage de l´Hôtel-Dieu) se compose d'un rez-de-chaussée avec cave et entresol. L´accès à la cave voûtée se fait par un escalier en pierre à rampe droite avec un petit caveau sans fermeture ; le sol est en terre battue. La boutique, dallée de pierre, est pourvue d´une cheminée en pierre avec plaque en fonte au contre coeur marqué Hôtel Dieu, d´un évier en pierre avec grille en plomb cimenté, d´un cabinet d'aisances ; dans le fond est une soupente avec appui à balustres en sapin mi-plat. L'escalier qui monte à l'entresol est en pierre composé d'un limon chantourné en S avec marches ; la rampe d'appui est en fer rond, le

premier montant surmonté d'une pomme en fer. L´entresol est voûté, le sol est revêtu de carreaux de terre cuite ; il est composé d´une pièce et d´une grande alcôve, et pourvu d´une cheminée avec contre coeur garni d'une plaque en fonte marquée hôtel Dieu, d´une paire de volets intérieurs, de petits placards et d´un balcon en fer.

L´architecte Tissot fait élever de 1827 à 1828 le corps de bâtiment reliant le réfectoire au nouveau bâtiment I (côté ouest de la cour des Cuisines). La cour des Cuisines est agrandie et sa colonnade passe de deux à six colonnes. Parmi les entrepreneurs ayant participé aux travaux, on peut citer Benoit Feuillat, maître menuisier, Boissonnet, sablonnier au faubourg St Clair (il a fourni dix bateaux de sable), Verdellet, qui a fourni la chaux, Bouteille, marchand de tuiles sur le quai Bon-Rencontre et Dufour, maître serrurier.

Ce ne serait qu'en 1827 qu'on installe des tambours et des cloisons vitrées dans les salles des malades de l'aile Soufflot qui n'étaient pas chauffées.

Dubuisson de Christôt, architecte des Hospices, dessine en 1828 l´élévation du passage de l'Hôtel-Dieu, remplaçant ainsi la boucherie sur une partie de la rue de l'Hôpital et la rue Childebert. En effet, le nord de l´hôpital abritait les boucheries depuis 1578, soit un abattoir et des boutiques. Avec la création de l´abattoir de Perrache et pour des raisons d´hygiène, on transforme ce lieu en un passage couvert d´une verrière, haut de 15 m avec 2 rangées de magasins. Il faut pour cela

reprendre en sous-oeuvre les anciens murs construits sans fondation. L´ensemble revient à 407 000 fr. Mais, dès 1841, les boutiques sont louées et assure à l´hôpital un revenu annuel de 50 000 fr. Le passage sera détruit en 1959.

La croix de la cour d´Honneur est restaurée par le marbrier Raymond payé de son travail en 1834. Elle le sera à nouveau en 1844. Le même marbrier intervient en 1837 dans le réfectoire des Soeurs. En 1838 l´escalier St-Jean (G1) St-Paul (B2) est pourvue d´une rampe en fer par Baudier et Guirard, en 1839 Charvet pose une main courante à l´escalier des salles d´Orléans [non située] et St-Bruno (bâtiment des fous).

Le budget de 1839 prévoit de poser des cloisons vitrées de la salle des 4 rangs. Celle-ci est plafonnée en 1857 par la Vve Badaracco.

On doit à Florin la construction d´un escalier dans la nouvelle lingerie (actuelle cour de la pharmacie ?) en 1839.

Le 20 janvier 1836, le conseil des Hospices décide l´achèvement de la façade côté Rhône, conformément au plan de Soufflot. Le 27 avril, le ministre de l´Intérieur donne son accord. Les 3 maisons subsistant quai de l´Hôpital et rue de la Barre sont démolies. La pose de la 1ère pierre [non localisée] a lieu le 7 mars 1838 ; des

pièces de monnaie y sont encastrées. Les travaux sont conduits par l´architecte des hôpitaux Dubuisson de Christôt secondé par Duboys architecte-adjoint ; les travaux de maçonnerie et charpente sont exécutés par Collombier, ceux de menuiserie par Perrier, ceux de serrurerie par Dazon, ceux de ferblanterie par Villard, ceux de

plâtrerie, vitrerie, peinture par Groboz, et Ducy établit un étendage dans le grenier. Les travaux sont achevés en 1841 et ont coûté 229 933 fr.

La construction de l´aile méridionale conduit en 1839 à la restauration complète de la façade centrale qui portait encore toutes les dégradations dues au siège de 1793.

Des années 1830 aux années 1890 et pour des raisons d´hygiène, le planchéiage ou parquetage de l´hôtel-Dieu est souvent à l´ordre du jour afin de remplacer les carreaux de terre cuite, poreux, effort mis à mal par les inondations de 1840 qui détériorent de nombreux parquets. On notera entre autres artisans Morel (salle Montazet S, 1837, une lingerie, 1841), Jourdan (infirmerie des sœurs I, 1839), Florin (nouvelle lingerie, 1839), Collombier pour la partie neuve de l´hôpital due à Christôt et Bonhomme pour un grenier sur la cuisine en 1840, Vautrin et Gianoly (salle Saint-Louis, B 1er étage, 1843), Dufour (1846), Dusciaux et Sogno (salle St-Charles, 1847), Deloge (L et M, 1er étage, 1857, O et Q, 1er étage, 1858, Saint-Paul B 2e étage en 1858-59), salle Sainte-Anne (A) en 1876, Bienix (ou Biétrix) (partie élevée par Pascalon,1890), Sainte-Marthe (S 1893), Sainte-Anne (A, 1894), Delangle (sous la salle St-Bruno, 1894), salle Saint-Martin (C 2e, 1894).

En 1841, Rochon installe des latrines salle d´Orléans (?) et St-Charles (K 2e étage sud)

Les appartements des aumôniers font l´objet de petits travaux (1841 Ducy, 1842 Chaujat) ainsi que leurs cheminées (1852- 1853 Plaisance fumiste).

En 1842, L. Vergniette établit une pompe le long de la façade de l´hôtel-Dieu sur un devis de 1841.

En 1843, le sculpteur parisien Carl Elschoët livre pour l´attique de la façade, au-dessus des deux avant-corps et de chaque côté du grand dôme, le groupe du midi : Notre-Dame de Pitié soutenant le Christ mourant, encadrée par un vieillard symbole de l´indigence et une mère allaitant son enfant. Le groupe du nord représente les armes de la Ville dans un écusson, le Rhône à droite et la Saône à gauche. Dunoyer fournit 18 m cube de pierre de Seyssel. En 1843 Elschoët livre 4 lions, Mangin

fournit la pierre de Seyssel.

En 1841, on décide de construire un promenoir pour les convalescents le long de la rue Bourgchanin (actuelle rue Bellecordière). En 1844, 16 maisons s´élevant du côté est de la rue sont abattues et le promenoir est achevé et séparé de la rue par une grille (travaux exécutés par Martel cessionnaire Richard, Moutarde, Lefort et Pradinaud). Des arbres y sont plantés par Humon en 1844 puis 29 platanes sont fournis par Collomb en 1857. Le promenoir est divisé en 3 par un mur de 2m de

hauteur, séparant les hommes, les femmes et la communauté. Sur le terrain dégagé, on établit également des dépendances et les offices pour la cuisine (Ballet entrepreneur).

La décision de construire une école de médecine rue de la Barre est arrêtée fin 1839. Le bâtiment s´élève derrière et contre celui du midi construit sur le quai, à l´emplacement de 4 maisons à démolir rue de la Barre, pour lesquelles la Ville devait payer 16 000 F de loyer par an. Les maisons sont démolies en 1841, les travaux débutent l´année suivante et durent jusqu´en 1847. Le projet de construction est signé Christôt et Duboys, 1844 (Pénelon et Mouraud entrepreneurs, Morel pour le dépôt des morts, Fouillaud pour les lits en pierre du dépôt et de l´amphithéâtre de dissection). En 1851, la mise en place d´un hangar pour le corbillard est confiée à Morel.

En 1845 est attestée l´existence d´une chambre de vaporisation pour y déposer tous les bois de menuiserie et de charpente avant leur emploi dans les différents travaux menés par les Hospices civils dans ou à proximité de l´hôtel-Dieu.

La grande baie de l´élévation ouest du réfectoire est ouverte par le maçon Rochon en 1845 pour y amener clarté et salubrité.

En 1846, Dufour pose un tambour au dortoir des cuisines.

En 1847-48, la façade côté rue du bâtiment F, qui s´appuyait autrefois sur les maisons démolies et ouvrant désormais sur le promenoir, est percée de 22 fenêtres (Pénelon et Mouraud entrepreneurs).

En 1848, Verguin fournit 2 calorifères pour la salle St-Charles.

Cette année-là, Morel remplace la porte cochère du passage débouchant sur la cour Ste-Marie (actuelle cour de la Pharmacie) par une grille en fer afin que la vapeur émise par la lingerie s´évacue facilement.

En 1850-1851 est réalisé l´éclairage au gaz du passage de l´Hôtel-Dieu, de la façade sur le Rhône et du passage Bellecordière voisin par Dalbis.

En 1855, des plaques de marbre rendent hommage aux bienfaiteurs des hospices : F. Roty y inscrit 40 noms.

En 1856, la salle St-Sacerdos (K1er étage sud) subit de grosses réparations.

En 1858, Rochon est l´auteur d´ouvrages en maçonnerie dans l´actuelle cour du Magasin.

La même année, Lapierre Lucien et Cie pose des dallages en pierres lithographiques dans l´aire de la pharmacie (bât S ?).

Comme suite à la chute d´un fragment des ornements extérieurs du grand dôme en 1858, un certain Cornet effectue des réparations à la façade quai du Rhône, Gustini répare 2 groupes placés sur les frontons, et Robert des sculptures de la façade. L´intérieur du grand dôme est restauré par Rochon, Berthelier, Robert, Latournerie et Luneteau, Cornet.

En 1859 Latournerie et Luneteau font des réparations à la lanterne du petit dôme. Un budget de 6000 frs pour la réfection du petit dôme est prévu en 1886 mais les pages du registre restent vides.

En 1860 et 1861, divers travaux sont réalisés dont un lavoir avec 5 colonnes en fonte (cour actuelle de la Pharmacie ?).

La statue d´Amédée Bonnet due à Guillaume Bonnet est inaugurée le 2 juillet 1862. Le piédestal est dessiné par l'architecte Charvet.

Dans la deuxième partie des années 1860, plusieurs salles de malades sont « exhaussées » et restaurées par un certain Jamot (Ste-Marie, salle de la clinique (lieu non précisé) A, Ste-Marthe B pavillon 2e étage, St-Maurice G 2e étage).

En 1867, la Ville décide l´élargissement de la rue de la Barre, qui conduit à l´expropriation de 8 maisons par jugement du 22 juin ; 7 de ces maisons appartiennent aux Hospices. Un traité est signé entre les Hospices, la Ville et l´Etat : les premiers obtiennent 160 000 fr de dédommagement. Ils rachètent à la Ville la maison Charron rue

Bellecordière et deviennent propriétaires de tout l´îlot.

L´Ecole de Médecine, récemment construite, devait être démolie en 1869, mais le projet de la Ville est ajourné. Des études pour l´achèvement de l´hôtel-Dieu sur la rue de la Barre dressées par l'architecte Perret de la Menue en 1869 sont conservées dans le fonds des Hospices civils déposé aux Archives municipales de Lyon. Mais ce n´est que le 1er avril 1883 que l´Ecole de Médecine est transférée dans la nouvelle faculté quai Claude-Bernard, transfert achevé en 1885. Le 11 novembre 1886 est signé un traité entre la Ville et l´Etat d´une part, la Ville et les Hospices de l´autre : les Hospices démolissent la façade existant rue de la Barre et la mettent à l´alignement voulu par la Ville ; ils reçoivent 300 000 fr pour la cession à l´Etat des 123 m² nécessaires à l´élargissement de la rue, ainsi que les frais de

démolition et le règlement du compte des travaux de 1867. Les plans et la direction des travaux, qu´il est d´usage d´appeler l´achèvement de l´hôtel-Dieu, durent de 1887 à 1893 et sont confiés à l´architecte des HCL Paul Pascalon avec construction d´un troisième dôme (dôme Pascalon). Leur coût est de 2323 474 fr. Participent à la construction Dorel ingénieur, Perrin architecte, Patiaud ingénieur, Gigodot, Rochon, maçonnerie, Savarian frères charpente, Janin et fils pierre de taille, Taton frères maçonnerie, Faye charpente, Fanfingue frères maçonnerie, Pansu menuiserie, Ancel plomberie, Faure ferblanterie, Privat fumisterie, Vve Janin et fils pierre de taille, Seguin serrurerie, Peillon ferblanterie, Talon, Pichot pour des articles de fonte, Valles pour deux têtes de cheminée, Breton L. Pivot sculpture (15 400 fr),Grobon serrurerie quincaillerie, Thorand béton de gravier et ciment, Darfeuille menuiserie, Boch frères dallage céramique, I. Grouville chauffage et ventilation, P. Lamain pour trois ascenseurs, Thorand dallage céramique et carrelage, Jamin pour un ascenseur hydraulique, Pasiand Lagarde et Cie pour un ciel vitré, Foraz pavage, Gaget Pérignon

installation des eaux, Berlic installation du gaz, Tournier pour des travaux en fer et fonte de gré à gré, Réveilhac fumisterie, Vve Duret et Revol pour deux cheminées.

En 1870, un devis estimatif de la dépense à faire pour diviser la salle Saint-Sacerdos (K1) en deux parties avec courant d'air au centre et un entresol du côté de la cour Saint-Louis, soit un amphithéâtre, un cabinet pour le professeur, un cabinet pour la sœur et une souillarde, est dressé par l'architecte des Hospices. Le carrelage est à refaire et un soubassement en ciment est prévu dans les corridors.

En 1877-78, le grand escalier nord (bâtiment K) est exécuté par le maçon Rochon tandis que la rampe en fer et fonte est due à Villard et Tournier.

En 1896, Mora père et fils réalisent des mosaïques (non localisées) et A. Pavy le dallage des galeries.

L´un des escaliers de la partie sud de l´hôtel-Dieu est construit en 1888-1890 par les entreprises Gigodot maçonnerie, Grobon serrurerie, Rochon maçonnerie, Vincendon plâtrerie, Pansu menuiserie, Savarian frères charpente, Pansu menuiserie et Doublier charpente.

Janin et Barthélémy Comparat réparent en 1889 le socle du grand dôme.

L´année suivante, Verchère charpente assure la réfection en tuiles vernies du petit dôme et du grand dôme.

En 1897, Gaget, Pérignon et Cie réalisent pour un coût important divers travaux dans la salle des professeurs de la salle d´autopsie (Salle des Pendus, bâtiment A ?).

Les locaux de la rue de la Barre non affectés aux Hospices sont loués à l´administration des Postes et Télégraphes pour 30 ans à compter du 1er janvier 1893.

Les travaux du XXe siècle

En 1900, Giessner pose du carrelage en grès uni blanc et gris dans la salle du Conseil.

Entre 1900 et 1903, la salle St-Jean (G 1er étage) dédiée à la médecine (34 lits hommes) est équipée de l´eau chaude, du chauffage central, de salles d´isolement, salles à manger et lavabos pour les malades, les salles sont isolées des cuisines. De 1904 à 1908, les salles St-Pierre et St-Sacerdos (K1), la clinique chirurgicale du professeur Jaboulay, la clinique médicale du professeur Teissier bénéficient également d´équipements modernes.

En1904, la pharmacie (S ou Q) est transformée, le service d´alibiles réorganisé.

En 1909, les salles Saint-Louis B1, Saint-Paul B2, St-Joseph B1 sont attestées comme services chirurgicaux hospitaliers : les deux premières doivent être divisées et des salles d´opération et de pansements placées au centre.

En 1920, des baraquements pour femmes en couche sont installés cour St-Martin. Ils provoquent l´indignation de certains.

En 1926, le chauffage central est installé dans les dortoirs des soeurs rue de l´Hôpital : le risque d´asphyxie disparaît et les soeurs gagnent du temps puisqu´elles n´ont plus besoin d´entretenir le chauffage dans la journée alors que leur service est quai Jules-Courmont.

Au cours du XXe siècle, l'hôpital ne fait pas l'objet de constructions importantes, mais subit de nombreux aménagements pour répondre aux besoins de l´évolution de la médecine. C'est ce qui entraîne un programme de réhabilitation à partir de l'année 1978 dans le cadre plus général d´humanisation des hôpitaux. Il est partiellement réalisé avec, en particulier, l'aménagement des services de réanimation, des maternités et des consultations.

Pourtant, le projet de désaffectation de l'hôtel-Dieu est régulièrement l´objet de débats depuis la fin du XIXe siècle, son principal défenseur étant le professeur Jules Courmont (le destin, pour le moins facétieux, fait que le quai, qui longe l´hôpital dont il a souhaité la démolition, porte son nom). L'architecte Tony Garnier dessine en 1905 une perspective des bâtiments vue depuis la place de la République à 60 mètres de hauteur projetant un nouveau quartier à l´emplacement de l´hôtel-Dieu. Tony Garnier ne garde des 3 dômes que celui de Soufflot, une partie de cette grande aile, aère le claustral par de puissantes percées, enlève également la chapelle mais somme les nouveaux immeubles de coupoles à sa façon.

En 1933, à nouveau il est question de désaffectation partielle de l'hôtel-Dieu entraînant le percement de rues et démolitions en respectant, toutefois, les bâtiments de l'Hôtel-Dieu à conserver « comme monuments historiques ».

En 1934-35, une partie du premier étage du bâtiment M est remanié de façon à y abriter les boiseries des salles classées M.H. de la Charité, hôpital voisin démoli pour laisser place à la grande poste de Roux-Spitz. Le musée des Hospices civils est né.

L´élargissement de la rue Bellecordière (1935-1936) entraîne la démolition du mur du promenoir du XIXe siècle et d´une petite partie des cuisines.

L´« infirmerie des fous » est démolie en 1936.

En 1937, les Hospices civils de Lyon cèdent à la Ville, en échange de l´hôpital Edouard-Herriot, divers corps de bâtiments afin, notamment, d´élargir de 20 mètres la rue Childebert et de créer des pans coupés aux angles de la place de la République et du quai Jules-Courmont.

La même année, les WC de la cour du Midi sont transformés en garages (dépendances).

En 1938, l´architecte en chef Paul Gélis refait les toitures en tuiles creuses et restaure les monuments en pierre tendre de l´aile Soufflot.

Trois arrêtés de classement protègent en 1939, 1941 puis 1944, une grande partie des bâtiments au titre des Monuments historiques.

Le bâtiment D est réaménagé en 1941 afin d´y organiser des concours en chirurgie (rez-de-chaussée : autopsie, salle du jury, garçon d´amphithéâtre ; 1er étage : salle des candidats).

Le 4 septembre 1944, le grand dôme de l'hôtel-Dieu flambe après une fusillade engagée par des miliciens. En 1945, les pans de mur encore debout sont protégés par une couverture provisoire.

L´aménagement du musée est poursuivi : des vitrines pour faïences sont projetées en 1945 par Copier directeur du service architecture.

En 1946, les menuiseries métalliques des baies du grand dôme et les menuiseries de l´aile Soufflot sont restaurées.

Les copies de vitraux qui sont actuellement en place dans le réfectoire sont exécutées en 1947 pour évoquer ceux qui ont été détruits par l´explosion des ponts du Rhône lors de la libération de Lyon en 1944.

En 1951 ou 61, l´architecte des Hospices Escoffier dresse un avant-projet de pharmacie (cour actuelle de la Pharmacie au nord-est de l´établissement) rendu possible par le déplacement de la chaufferie.

La bibliothèque de l´Internat est aménagée au rez-de-chaussée et à l´entresol du bâtiment F en 1950-1952 par Copier. Le garde-corps de la mezzanine est dessiné et fourni en 1951 par les Ets Terrisse 156bis rue Moncey Lyon (constructions métalliques, serrurerie, menuiserie métallique). Barnasson et Cie Doucet proposent un avant-projet d´aménagement de salle d´exposition en 1974.

En 1955, le projet de reconstruction du grand dôme est remis à l´ordre du jour par A.J. Donzet, architecte en chef des monuments historiques. Celle-ci débute en 1957 mais est interrompue plusieurs fois pour de longues périodes. En 1957, la corniche de l´attique du grand dôme est remise en état.

L´architecte en chef Thévenot confie les travaux d´exécution à l´entreprise Pascal de Grenoble (ossature portant les caissons en béton pré-contraint et armée de câbles raidis - charpente sur laquelle sera posée la couverture de tuiles).

En 1955 et 1956, les salles Andrée-Lumière (à côté St-Sacerdos) et Ste-Claire sont réaménagées par Copier.

C´est à Eugène Selva rue Claude Veuron Lyon 7e que l´on doit l´escalier en colimaçon monté salle des sociétés savantes en 1956.

Le 7 juillet 1959, les HCL cèdent à la Ville la tranche sud du passage de l´Hôtel-Dieu afin d´élargir la rue Childebert et d´y construire sur sa rive sud de nouveaux immeubles. L´élévation sur le quai est ainsi tronquée de 4 baies.

Lors du ravalement des galeries de la cour d´Honneur, une pierre sculptée d´environ 45 cm par 25 est découverte dans le mur sud-est entre deux plaques de marbre des bienfaiteurs (1961). Elle est conservée au musée. Parallèlement, une pierre portant une inscription gothique difficilement lisible est localisée dans le même secteur : elle est à gauche de la porte munie d´une fenêtre à barreaux au sud-est du cloître.

En 1963, l´architecte en chef AJ Donzet conduit les travaux de réfection de la balustrade du bâtiment de Soufflot (aile nord) sculptée dans du calcaire de la région lyonnaise de médiocre qualité sensible à la maladie de la pierre ; de nombreux remplacements ont déjà été effectués au XIXe siècle avec de la pierre provenant des carrières de Saint-Paul-Trois-Châteaux ; il est prévu de la remplacer entièrement par de la pierre de Brauvillers, résistante au gel.

A cette occasion, l´architecte remédie à une malfaçon observée dans le comble de l´avant-corps nord (jonction des bâtiments K et N).

Le cloisonnement et la modernisation de la salle Saint-Sacerdos (bâtiment K) et ex-stomatologie sont menés par Escoffier, directeur du service Architecture des HCL la même année.

En 1964, le service de porte est réorganisé par Copier directeur du service architecture des HCL. La pharmacie est agrandie (bâtiments N, O, P).

La Sécurité sociale s´installe rue de la Barre en 1965 pour un bail de 9 ans (J. Issantier et R. Vaine arch (2Np14)).

En 1966, Donzet, architecte en chef des Monuments historiques, remplace les pots-à-feu du grand dôme. Les précédentes interventions connues datent de 1894-95 (remplacement des urnes en fonte par des urnes en cuivre, Gaget Pérignon et Cie, V. Averly fils, L. Grobon).

En 1971-1972, le groupe sculpté des trois angelots est installé en haut du grand dôme ; il est l´oeuvre des Etablissements Bourgeois, du sculpteur Bizette Lindet et des entreprises Sté Hexa Limbourg, Selva, M. Roques.

L´élévation de l´aile Soufflot côté Rhône est ravalée de 1973 à 1975.

Les deux groupes sculptés réalisés en 1843 par Carl Elschoët placés sur l´attique des avant-corps de l´aile Soufflot sont déposés pendant les travaux de réfection de la façade sur le quai Jules-Courmont : ils ne réapparaissent pas.

En 1977, les châssis du grand dôme sont remis en état.

La modernisation et la rénovation du self-service du personnel (bâtiment G) sont amorcées par l´architecte en chef des Monuments historiques Jean-Gabriel Mortamet et la société SLETTI en 1978.

Modernisation et rénovation de la maternité sont réalisées dans les années 1980.

La remise en état des façades et galeries de la cour d´Honneur a lieu en 1982 et 1983. Le déplacement des plaques commémoratives des deux Guerres mondiales dans la cour de l´Arbre se fait à cette occasion, avec création d´une plaque pour les guerres postérieures à 1945. La croix de la cour d´Honneur est restaurée.

C´est en 1981 que la remise en état de la cour Amédée-Bonnet est opérée par Vidal/Manhes/ Sletti/BETSE Caillaud sous la conduite de Mortamet.

Le centre du couple et de la famille, santé de l´homme, est agrandi et rénové de 1982 à 1984.

En 1983, une nouvelle chaufferie est construite sur la façade ouest. L´hôpital est alors raccordé au chauffage urbain.

En 1983, lors de fouilles archéologiques réalisées sur 400 m2, la partie arrière de 5 des 16 maisons détruites en 1843 est mise au jour. La première occupation du site remonte à la seconde moitié du 1er siècle après JC. Un important mobilier céramique et de verrerie de la fin de l´époque médiévale est collecté.

L´ancienne chambre mortuaire qui comportait seulement quatre emplacements est démolie à la même époque. Ce simple dépôt est remplacé par une vraie morgue, dont la capacité est plus que doublée ; un laboratoire anaphate (dissection, autopsie) est ajouté.

L´ancien réfectoire des soeurs est transformé à partir de 1983 en salle polyvalente par JG Mortamet.

Le même effectue en 1984-1985 la restauration intérieure du grand dôme et de son dallage.

La remise en état des façades sur le quai est mise à l´étude en 1990. La même année, la cour de la Chaufferie est ravalée.

Vient le tour de la cour des Cuisines en 1993-1996. Les anciennes ouvertures de la façade sud condamnées par l´ascenseur sont peintes en trompe-l´oeil tandis que les baies obturées de la façade ouest, derrière la colonnade, bénéficient du même artifice.

Les travaux du XXIe siècle

Le bâtiment D qui abrite le service d´anatomie-pathologie est réhabilité (D. Vigier architecte ?) en 2000.

L´année 2001 et les suivantes voient le transfert du service de dermatologie de l´hôpital de l´Antiquaille, sur le point de fermer, à l´hôtel-Dieu dans une partie des bâtiments E et F.

Entre 2003 et 2005, un escalier de secours métallique en acier galvanisé est installé dans la cour des Aumôniers pour sécuriser le musée des Hospices civils.

La désaffectation de l'hôtel-Dieu, amorcée au printemps 2009 dans le cadre de la resctructuration des Hospices civils de Lyon, est achevée en décembre 2010.

Enfin, l'hôtel-Dieu est classé au titre des Monuments historiques en totalité le 22 novembre 2011, sols des cours et sous-sols compris, avec l´accord des Hospices civils de Lyon, propriétaire depuis 1802. Cette protection complète les arrêtés de classement antérieurs et vise à faciliter la gestion de l´édifice bientôt voué à de nouvelles fonctions.

En guise de conclusion

S´il est bien connu que l´hôtel-Dieu de Lyon a accueilli nombre de malades, de médecins compétents et inventifs, de soeurs hospitalières dévouées, si le dossier d´Inventaire s´est attaché à démontrer l´importance urbaine, architecturale et historique de cet imposant édifice, la longue (mais néanmoins partielle) liste des travaux déroulée ci-dessus témoigne indirectement du rôle économique joué par l´hôtel-Dieu en étant, sans aucun doute, l´un des premiers employeurs et/ou commanditaires de la ville dans le secteur du bâtiment. Les registres de dépenses révèlent également, mais c´est un autre sujet, les sommes colossales et constantes consacrées à l'alimentation (plus de 3300 kg de pâtes sèches fournies par Rivoire et Carret en 1869), au linge et à l'habillement, à la pharmacie, au matériel médical ... postes importants s'il en est pour la bonne marche d´un hôpital.

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