• inventaire topographique
Les loges de vigne (cabanes de vigneron) et cuvages (édifices agricoles) du canton de Montbrison
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    cabane, édifice agricole
  • Aires d'études
    Montbrison
  • Adresse
    • Commune : Loire

Contexte et historique

Les fermes situées dans la zone de culture de la vigne, sur le coteau entre Champdieu au nord et Saint-Thomas-la-Garde au sud, voire sur les pentes du mont d’Uzore, accordaient à la viticulture une part plus ou moins importante de leur activité ; mais celle-ci était également intégrée au système de polyculture des monts du Forez : chaque exploitation avait une parcelle de vigne destinée à la consommation domestique, et éventuellement à la vente en cas de surplus. Une grande partie des vignes de Champdieu, de Montbrison ou d’Écotay-l’Olme appartenait ainsi à des propriétaires forains (n’ayant pas leur domicile dans la commune), originaires des hauts de Bard ou d’Essertines-en-Châtelneuf, de Roche, ou, plus loin, de Saint-Bonnet-le-Courreau. Cette situation s’accentua encore avec la vente de vignes par des exploitants ruinés par la crise du phylloxéra. Pour travailler ces parcelles parfois très éloignées du cœur de l’exploitation, on y édifiait un petit bâtiment à usage de remise pour l’outillage, les piquets et le baquet de sulfatage. Il servait aussi d’abri pour l’exploitant et l’animal utilisé pour le voyage et le travail, vache ou cheval, avec souvent un étage aménagé en logement qui permettait de rester plusieurs jours sur place. Au moment des vendanges, le raisin était emporté et vinifié à la ferme.

 Sur les terroirs les plus favorables de Champdieu ou de Moingt, on trouve des cuvages isolés, édifices plus vastes comprenant des espaces de vinification. Une partie du vin fabriqué dans ces cuvages était en général destiné à la vente, à des particuliers ou des cafetiers des environs.

 Toutes les fermes, en particulier dans la plaine, ne possédaient pas forcément un pressoir. Celui-ci pouvait être partagé entre les membres d’une famille ou les habitants d’un hameau. Il existait également des pressoirs mobiles, montés sur roues, avec lesquels le propriétaire faisait la tournée des fermes, lors des vendanges, pour proposer ses services.

 L’installation d’un atelier de distillation municipal faisait partie des étapes du calendrier agricole pour distiller la "grappe" après les vendanges ainsi que les fruits des vergers. La distillation commençait à la mi-octobre et durait un mois à un mois et demi dans chaque commune. Les bâtiments servant à abriter l'alambic sont encore visibles à Moingt. Un alambic en fonctionnement a été observé durant l'étude sur la commune de Champdieu ; il date de 1937 et produit un alcool à 75 degrés, réduit ensuite autour de 45 degrés. L'extinction progressive (il n'est plus transmissible par héritage depuis 1959) du "privilège" des bouilleurs de cru, grâce auquel les producteurs de fruits qui les transforment ou font transformer en alcool sont exonérés de taxe pour 10 litres d’alcool pur, devrait ralentir cette activité saisonnière à partir du 21e siècle.

Répartition du corpus

239 loges de vigne ont été repérées, dont 22 étudiées.

Les loges ne sont présentes que dans les communes où la vigne est cultivée, soit essentiellement sur les communes de coteau : Champdieu (67 dont 4 sélectionnées), Ecotay (51), Essertines-en-Châtelneuf (5), Lézigneux (62), Montbrison (71), Moingt (82 dont 4 sélectionnées) ; Saint-Thomas-la-Garde (17), auxquelles se joignent Savigneux (1) et Bard (3). Il n'y a pas de loge en plaine (Chalain-le-Comtal, Chalain-d’Uzore, Grézieux-le-Fromental, Précieux, Saint-Paul-d’Uzore, Magneux-Hauterive, Mornand) ni sur les communes dépassant 600 m d'altitude (Lérigneux, Roche, Verrières-en-Forez ; on note cependant la présence de loges sur le cadastre napoléonien dans ces deux dernières communes, en particulier Roche).

36 cuvages ont été repérés, dont 8 étudiés.

La répartition des cuvages se superpose à celle des loges : ils sont présents sur le coteau à Champdieu (10 cuvages dont 3 sélectionnés), Moingt (24 cuvages dont 5 sélectionnés), Savigneux (3 cuvages dont 1 sélectionné), L’Hôpital-le-Grand.

Typologie architecturale

Les "loges" sont traditionnellement construites dans un angle du clos de vigne. Les cuvages se trouvent souvent en bordure de la route sur laquelle donne la grande porte d’accès.

La majorité des loges de vigne du corpus (57%) a deux niveaux d'élévation (un rez-de-chaussée et un étage carré, plus rarement un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé). Une part importante du corpus est constituée d'abris modestes, en rez-de-chaussée, parfois couverts d'un simple toit en appentis. Une dizaine de loges ont trois niveaux, avec un comble à surcroît permettant d'accueillir une pièce supplémentaire et parfois un pigeonnier.

Les cuvages ont le plus souvent trois niveaux : un sous-sol ou étage de soubassement, un rez-de-chaussée et un étage carré ou un étage de comble à surcroît (77,7%) ; ils peuvent n'avoir que deux niveaux (18,5%) ou très rarement un seul. Le niveau enterré ou en soubassement accueille le matériel de vinification (pressoir, cuves) et parfois une cave. Les niveaux supérieurs sont aménagés en remise à outils, étable (qui peuvent être aussi au 1er niveau s'il est en étage de soubassement ou rez-de-chaussée) et habitation : deux ou trois pièces, cuisine et chambres pour le propriétaire et éventuellement des ouvriers. Divers types d’aménagement sont possibles suivant la taille de l’édifice et son implantation qui peut utiliser la pente du terrain.

L’étage des loges ou cuvages est desservi par une échelle de meunier (les escaliers extérieurs sont très rares) ; quand le bâti est adossé à une pente, l'accès peut se faire de plain-pied par une porte latérale. Le comble servait à stocker le foin pour les bêtes de somme.

La matériau de construction des loges est le moellon de granite (49,7%) ou le pisé (39,7%). D'autres matériaux ont pu être utilisés de façon plus anecdotique : le mâchefer ou la brique (une dizaine de cas chacun), le parpaing de béton pour les édifices les plus récents (deux cas). La brique est plus souvent utilisée en encadrement, où elle remplace le bois. Les proportions des matériaux s'inversent pour les cuvages, avec un tiers en moellon de granite et deux tiers en pisé. Leur façade peut s’orner d’une corniche de briques ou d'une génoise, plus rarement d’une niche à statuette.

Voir texte libre

  • Période(s)
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle

Voir texte libre

  • Toits
    tuile creuse, tuile plate mécanique
  • Murs
    • pisé
    • granite moellon
  • Décompte des œuvres
    • bâti INSEE 0
    • repérés 255
    • étudiés 30

Bibliographie

  • GUIBAUD, Caroline, HARTMANN-NUSSBAUM, Simone, JOURDAN, Geneviève, MONNET, Thierry. Montbrison, un canton en Forez. Lyon : Editions Lieux Dits, 2008 (Images du patrimoine ; 251.)

    p. 68-69
Date(s) d'enquête : 2005; Date(s) de rédaction : 2008