Le cimetière d’Arnas est ceint d’un mur en moellons de pierre dorée couverts de tuiles creuses, parfois enduit.
Dès le portail en fonte maintenu par deux colonnes en pierre, on distingue sous la croix, flanquée de volutes feuillagées, l’emplacement d’une plaque disparue mais dont on voit encore les clous qui la maintenaient. Cette plaque devait porter une inscription ou un symbole funéraire. Ainsi la partie inférieure du portail est ponctuée de deux têtes de douleurs aux cheveux stylisés.
Dans l’enceinte du cimetière, la présence d’un bel arbre (if), taillé seulement dans sa partie la plus basse, est suffisamment rare pour être signalée.
On note également la présence d’une plaque commémorative des morts des guerres de 1870-1871, 1914-1918, 1926 (Maroc), 1939-1945, et 1946 (Indochine), de deux pompes à eau manuelles en fonte, d’une croix de cimetière élevée en 1846 ou croix funéraire de la sépulture du curé Veyret décédé en 1897. L’ossuaire communal a été aménagé dans une sépulture probablement tombée en désuétude.
Présentée de nos jours verticalement, la dalle funéraire du curé d’Arnas Jean Alexandre Balley, certainement la plus ancienne du cimetière, date de 1825 : à cette époque, le graveur pouvait encore adapter la taille des lettres à la place qu’il lui restait (regarder le dernier E d’Alexandre) et il pouvait couper un mot pour passer à la ligne (Ar-nas), ce qui ne sera plus d’usage par la suite.
Provenant de l’ancien cimetière est visible le tombeau de Jean-François Bernard, décédé en mars 1831, et dont la concession est acquise par ses quatre fils en 1832 (AD Rhône, OP/59).
On ne compte qu’une seule chapelle funéraire, celle de la famille François BERNARD, érigée en 1858.
La sépulture de la famille Michel Gandoger est ceinte d’une clôture en fonte ornée de pampres et d’épis de blé qui symbolisent la communion. L’arc en accolade de cette tombe néogothique est orné de feuilles de chou frisé. La stèle est sculptée d’une couronne d’immortelles : le cercle, qui figure le recommencement, l’éternité, conforte le symbole des fleurs représentées ; en outre, la couronne est enrubannée et ornée d’une tige de lierre signifiant ainsi l’attachement des vivants à leurs défunts.
Le long du mur nord, la stèle de la famille Guillot des Rues, sobre et élancée, est ornée d’une couronne de laurier finement sculptée et dotée d’un ruban. Malheureusement, les épitaphes ne sont plus lisibles. Un titre de concession perpétuelle au nom de Pierre Guillot, propriétaire cultivateur, datant de 1862, est conservé aux Archives départementales et métropolitaines (OP/60).
A proximité s’élève le tombeau néogothique de la famille de François Chatillon, propriétaire et demeurant au hameau de la Grange-Perret, dont le titre de concession datant de 1862 se trouve également aux Archives départementales (OP/60).
Sur la stèle du tombeau des Baligand figurent des capsules de pavot ainsi qu’une palme qui rend hommage au sacrifice de Jean, mort pour la France à l’âge de 24 ans en 1918. Les premières, en contenant des graines, invitent à entrevoir les promesses du lendemain.
Sur une autre tombe, une colonne tronquée, signe de mort accidentelle ou de vie trop tôt écourtée, est ornée d’une tige de roses et de lys. Elle porte l’inscription « A mes filles, à mes sœurs bien aimées ». Cette tombe a été érigée pour y inhumer deux jeunes femmes dont les dates sont 1889-1918 et 1896-1919 ?
Les vertus théologales, symbolisées par une ancre (l’Espérance), une croix (la Foi) et un cœur (la Charité) entrelacés, sont sculptées sur la stèle de la famille Damiron élevée en 1865. Cette stèle est également ornée d’un flambeau renversé. Le titre de concession perpétuelle pour une sépulture de 4m2 au nom de Jean Antoine Damiron, propriétaire demeurant à Arnas, et datant de 1865, est conservé aux Archives départementales et métropolitaines (OP/59).
On notera une croix en fonte présentant certains instruments de la Passion (couronne d’épines, clous).
Certaines clôtures métalliques conservent les urnes drapées qui leur servent d’amortissement.
Un flambeau renversé en fonte, symbole funéraire puisque la flamme est appelée à s’éteindre, forme la pile d’une clôture presqu’entièrement disparue.
Une croix orthodoxe à trois traverses inégales veille sur les défunts d’une famille russe.
Une tombe datant du milieu du XXe siècle est ornée de tulipes dues au marbrier Veyne de Villefranche. Il s’en était fait une spécialité (la tombe porte l’inscription MODELE DEPOSE et plusieurs tulipes sont également visibles dans le cimetière de Villefranche). La tulipe, plante à bulbe refleurissant chaque année, peut symboliser la résurrection. Ici, le bouquet est placé sous la croix et conforte ainsi cette interprétation.
Sur une tombe du XXIe siècle, une croix, signée Atch 09, fait usage de verre coloré.
Si, à l’entrée du cimetière, nulle inscription ne nous interpelle plus, en revanche en en sortant, les premiers mots en latin du psaume 130 De Profundis surmonte le sablier qui rappelle que le temps nous est compté. Il est pourvu d’ailes d’ange ou de colombe, messagers de Dieu. Réversible, le sablier laisse à penser qu’une nouvelle vie, considérée véritable par les Chrétiens, est aux portes de l’Au-delà.