On observe sur le territoire du Parc un ensemble de cinq statues réalisées d'après le modèle de la Vierge du Voeu du sculpteur parisien Félix Lecomte (1737-1817), élève de Falconet et d'Antoine Vassé.
Cette statue, en marbre et mesurant environ 1,60 m, a été offerte par Mgr de La Rochefoucault à la cathédrale de Rouen (Seine-Maritime) vers 1775, pour orner un autel latéral du jubé reconstruit en 1773-1778. Cette statue remplacerait une autre Vierge à l'Enfant commandée peu après la Peste Noire et placée sur un autel refait vers 1639 à l'occasion d'une autre épidémie (le "Voeu" ferait référence aux voeux de protection contre les épidémies). Le socle actuel de l'oeuvre porte l'inscription NOSTRA CLEMENS ACCIPE VOTA (Reçois nos voeux avec bonté).
Les statues étudiées sur le territoire du Parc sont en bois, doré à la feuille (vêtement), peint polychrome (carnations). Dimensions générales : h=100, la=45, pr=25 cm. On peut les dater de la 1ère moitié ou milieu 19e siècle. La Vierge a une posture hanchée, en appui sur la jambe gauche ; sa tête est couverte d'un voile retombant sur son front. Son visage est penché vers l'Enfant endormi, qu'elle tient allongé dans ses deux bras ; elle prend le pied gauche de l'Enfant dans sa main droite (pouce droit posé sur le pied). L'Enfant a l'index droit dans la bouche (sauf à Chignin : main droite tendue), son bras gauche repose sur le poignet de la Vierge.
Liste des communes où cette statue a été répérée (sauf mention contraire, dans l'église paroissiale) :
- Chignin
- Francin : IM73000550
- Saint-Ours : IM73000396
- Trévignin, oratoire de Notre-Dame des Collines (chapelle des Mailland) daté 1846 IA73004556
- Verrens-Arvey
Ces statues ont la particularité d'être très proches du type iconographique de l'original, caractérisé par l'index de l'Enfant placé dans sa bouche, le geste de la Vierge tenant le talon de l'Enfant et le voile tombant en corolle devant le visage de la Vierge. L'église paroissiale d'Arbin conserve une statue d'un modèle proche : la Vierge a le même voile retombant et le regard vers le bas, ainsi que la posture hanchée, mais l'Enfant est assis sur son bras gauche et sa main droite est fermée de façon à tenir un attribut.
Des exemplaires de cette statue ont également été vus dans les églises de :
- église de Valloire (savoie)
- église paroissiale de Villard-sur-Doron (Savoie) (IVR82_20067302010NUCA)
- chapelle de l'hôpital Saint-Jacques des Andelys (Eure)
- oratoire de la Croix-du-mort à Arvillard (Savoie) : statue à mi-corps, attribue aux sculpteurs Gilardi
Une recherche sur POP Plateforme ouverte du Patrimoine permet de repérer six statues de ce modèle, en bois ou en plâtre (dont deux classées MH) : PM01000497, IM05002164, PM86000645, IM47003162, IM40001149, IM41000391
Une étude poussée de la diffusion de ce modèle peut être consultée ici : https://champagnat.org/fr/la-bonne-mere-et-la-vierge-du-voeu/. Elle fait état d'une trentaine d'oeuvres, en bois ou en plâtre (plus quelques petits modèles en ivoire au château-musée de Dieppe, et un exemplaire précoce, dès 1787, en terre cuite), réparties entre la Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine, Centre-Val-de-Loire). On peut notre que la Savoie compte neuf occurrences du type (plus une en Haute-Savoie).
Enfin on peut la rapprocher de la composition du modèle bien plus ancien de la Vierge à l'Enfant de l'église de L'Hôpital-sous-Rochefort (Savoie), qui tient l'Enfant endormi et lui saisit également le talon, mais sans les détails du voile et du doigt dans la bouche de l'Enfant.
Sculpteur parisien, élève d'Étienne Maurice Falconet et de Louis Claude Vassé (dont il achève le mausolée de Stanislas Leszczynski à Nancy en 1772), prix de Rome en 1758 , membre de l'Académie de peinture et sculpture en 1771, professeur à l'École des beaux-arts de Paris en 1792. Auteur des statues de l'attique de l'Hôtel de la Monnaie à Paris, de la Vierge du Voeu à la chathédrale de Rouen (vers 1775) et du Fénelon de la série des Hommes illustres pour l'Institut de France (1777).