Dossier d’œuvre architecture IA26000278 | Réalisé par
  • inventaire topographique
abri sous roche, dit grotte de Rochecourbière
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grignan
  • Commune Grignan
  • Lieu-dit Grotte de Rochecourbière
  • Cadastre 1836 D 721-722  ; 1954 D 528, 530
  • Dénominations
    abri sous roche
  • Appellations
    grotte de Rochecourbière
  • Parties constituantes non étudiées
    fontaine, escalier indépendant

Le site naturel de Rochecourbière, formé à une époque de la Préhistoire que seuls les spécialistes de géologie peuvent déterminer, faisait partie des possessions des seigneurs de Grignan : la "garenne de Rochecourbière" est recensée dans les biens seigneuriaux en 1789. Sur le site, il existait un étang, cité en 1562, et disparu (asséché ?) depuis. Le lieu a été aménagé dans la 2de moitié du 17e siècle par Joseph Adhémar, chevalier de Grignan et frère du comte François-Adhémar de Grignan, gendre de Madame de Sévigné. A cette époque, des pique-nique y étaient organisés, ainsi que de grands soupers et des fêtes. Promenade favorite de la marquise de Sévigné lors de ses séjours à Grignan, la grotte de Rochecourbière, qu'elle qualifie de "lieu enchanté", lui doit sa célébrité : elle allait s'y recueillir et y écrire, et la cite à maintes reprises dans ses lettres. On ne connaît pas les aménagements de l'époque en cet endroit, seulement que le sol avait sans doute été aplani, qu'il y avait un figuier, une source, une table de pierre, des murets ou des bancs. Les biens des Castellane-Adhémar passés aux du Muy en 1732, puis saisis à la Révolution, leur furent par la suite partiellement rendus. Sur la carte de Cassini (2e moitié du 18e siècle), le site est intitulé "Belvédaire". Le général Joseph-Etienne Salamon, baron d'Empire et maire de Grignan de 1830 à 1837, achète la grotte de Rochecourbière au dernier héritier des du Muy, la fait restaurer, puis en fait don à la commune le 29 novembre 1837. C'est probablement à cette époque qu'ont été aménagés la fontaine en rocaille et les escaliers isolés, et refaite la table de pierre et ses bancs. Une plaque apposée sur la paroi indique : "La grotte de Rochecourbière/ a été donnée à la commune de Grignan/ par/ M. le baron Salamon/ le 29 novembre 1837./ A/ M. le baron Salamon/ la commune reconnaissante". Le site a été classé le 28 décembre 1938. De nouveaux aménagements paysagers ont été réalisés en 1989, dans le cadre des villages fleuris. Depuis, des équipes de bénévoles nettoient régulièrement le lieu, où des pièces de théâtre sont jouées en été.

Le site de Rochecourbière est situé à moins d'un km au sud-ouest du village. Il est constitué d'une falaise calcaire (roche très friable, appelée localement "saffre") surplombant un terrain plat et boisé (ancien étang asséché ?). Au pied de la falaise, à 5 m de hauteur environ, le rocher en surplomb forme un abri sous roche (la "grotte"), duquel tombent les eaux d'une source, recueillies dans la vasque d'une fontaine ; une marche hémicirculaire porte la vasque de cette fontaine adossée, à buffet d'eau en rocaille recouvert de mousse (h. totale 1,90 m). Au devant, le sol, surélevé, est aplani et des murets construits en moellon de calcaire délimitent un espace assez vaste (environ 20 x 10 m) formant un hémicycle ; sur cette plate-forme, à gauche, un large degré entre deux bancs de pierre permet de racheter la dénivellation. Des murets bordent les sentiers qui partent de la grotte. Celui de droite conduit à un espace où est placée une table ovale en pierre et de petits bancs de pierre. Au-dessous de la grotte, sont aménagées deux rampes d'accès donnant sur un chemin qui longe la falaise ; à ce niveau est construit un escalier en équerre à marches en pierre, bordé de murs ; contre celui de gauche est adossée une petite fontaine. L'ensemble du site s'inscrit dans un milieu végétal composé de chênes blancs (trois), de quatre jeunes figuiers poussant dans la voûte, comme les fougères d'eau, de chênes verts, de buis, et de lierre. Le terrain en contrebas, à l'ouest, est aménagé aujourd'hui en parking.

  • Toits
    calcaire en couverture
  • Escaliers
    • escalier isolé : escalier en équerre en maçonnerie
    • escalier isolé : escalier droit en maçonnerie
  • Jardins
    bosquet
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    site classé
  • Précisions sur la protection

    Site classé par arrêté ministériel du 28/12/1938, parcelles 721 et 722 section D du cadastre de 1836.

Ce site, dont la roche de "saffre" s'inscrit dans une végétation méditerranéenne, a été rendu célèbre par la marquise de Sévigné. Il faudrait veiller à ce que la zone constructible située sur le plateau ne gagne pas progressivement le rebord de la falaise.

Date(s) d'enquête : 2002; Date(s) de rédaction : 2004
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel