Logo ={0} - Retour à l'accueil

Bâtiments conventuels du prieuré Saint-Thomas

Dossier IA42001499 inclus dans Prieuré de Saint-Thomas (Saint-Thomas-les-Nonnains) réalisé en 2006

Fiche

Genrede bénédictines
Destinationsmaison, ferme, logement
Dénominationsbâtiment conventuel
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Saint-Thomas-la-Garde
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1814 A 182 à 188, 190 à 192 ; 1984 A 626 à 633, 1015, 1016

Voir historique développé en annexe.

Période(s)Principale : 2e moitié 11e siècle
Principale : 2e moitié 14e siècle
Secondaire : 2e moitié 15e siècle
Secondaire : 19e siècle
Auteur(s)Personnalité : Bouthéon Isabelle de, prieure commanditaire

Dans leur état actuel, les bâtiments forment trois ensembles disjoints, au sud, au nord-est et à l'est, répartis autour de deux cours séparées par une rupture de terrain : la cour haute à l'ouest, de niveau avec l'église, et la cour basse à l'est. La cour haute a un portail métallique donnant sur la rue à l'ouest, et une porte en arc en plein-cintre (dite porte Saint-Bernard) percée dans le mur qui relie le chevet de l'église au bâtiment nord-est. La cour basse a son entrée principale sur la rue au sud, et un portail à génoise, vers les champs, au nord (marque de taille sur un des piédroits : L). Le bâtiment sud est construit en petit moellon de granite, avec des encadrements en granite ou en brique. Le corps de bâtiment principal, au centre, comprend une salle dotée d'une grande cheminée en granite, à piédroits et linteau bordés d'un cavet ; le claveau central du linteau est orné d'un écusson armorié. Un escalier en vis donne dans cette salle ; il possède une deuxième porte du côté ouest, à encadrement à linteau droit bordé d´un cavet et surmonté d´un arc en accolade orné d´un écusson armorié. Cette porte dessert actuellement une pièce au nord, certainement à usage de chambre ; une petite cave voûtée est aménagée derrière l'escalier. Ce bâtiment a un étage desservi par l'escalier en vis, divisé en chambres ; l'une d'elles est dotée d'une cheminée en granite, à piédroits ornés de moulurations prismatiques et linteau à cavet, dont le claveau central est orné d'un écusson armorié. A l'ouest de cet ensemble sont adossés deux corps de bâtiment : un fournil (actuellement : cuisine), au sud, communiquant avec la salle par une porte percée dans la cheminée, et surmonté d'un étage et d'un comble, puis un petit logis de deux pièces, avec un étage et un comble à surcroît. La pièce située au sud a une porte sur la rue ; celle située au nord comprend, dans son mur nord, un grand portail en arc en anse de panier, en granite, bordé d'un cavet et dont le claveau central est orné d'un écusson armorié (armoiries de Bouthéon). Des trous sont aménagés dans l'épaisseur du mur et permettent de glisser des madriers pour bloquer les vantaux. À l'est de cet ensemble se trouve un corps de bâtiment en retour, comprenant deux pièces d'habitation à l'ouest et un hangar à l'est, dans le mur nord duquel se trouve un puits. Chacun des corps de bâtiment a un toit indépendant, en tuile creuse, à longs pans, avec une croupe sur le corps de bâtiment ouest, et des toits en appentis sur le fournil et le bâtiment en retour. Le bâtiment nord-est comprend actuellement deux niveaux. De plain-pied avec le sol de la cour haute, il se compose de parties actuellement en ruine à l'ouest et au sud-ouest, de deux pièces au nord, et d'un couloir au sud-ouest, donnant sur un espace circulaire (tour d'escalier ?) qui dessert la pièce située au nord-est ; le mur est de celle-ci est percé d'une grande fenêtre à croisée en bois, munie de barreaux de fer. En soubassement de ces espaces se trouvent un cuvage adossé à la rupture du terrain, au sud-est (dont la partie supérieure jouxte la pièce nord-est du rez-de-chaussée surélevé), par lequel on accède à deux caves voûtées communicantes, en enfilade, sous les deux pièces du nord. La tour d'escalier (?) dessert la première cave ; la seconde a une porte vers l'extérieur. La porte du cuvage donne dans la cour basse, au sud ; le cuvage abrite encore un pressoir et trois cuves. Un petit bâtiment à usage de toit à porc (pour le cochon mâle) puis de chaudière est appuyé contre le mur est de cet édifice. Ces bâtiments sont construits en moellon de granite et en pisé pour les parties haute des bâtiments nord (le faîte des murs, en particulier les pignons, étant en moellon). L'angle nord-ouest présente un appareillage remarquable à très gros blocs taillés. L'ensemble est couvert d'un toit unique à longs pans, en tuile creuse. Le bâtiment est est actuellement un corps de ferme, composé d'un logis avec étage de soubassement (cave, donnant sur la rue), rez-de-chaussée surélevé, étage et comble en surcroît, contre lequel est adossé au nord-est une grange-étable (avec une chambre prise dans la grange ?). Cet ensemble est construit en moellon avec encadrements à piédroits en brique, linteaux en ciment ou en poutrelle métallique (étable) et chaînes d'angle en brique de couleur rouge ou blanche alternées ; le logis a un toit en pavillon et la grange-étable un toit à longs pans et demi-croupe, en tuile plate mécanique. Un corps de bâtiment en retour est appuyé contre cette grange-étable au nord, composé d'une travée d'engrangement puis d'un espace à usage d'étable et de porcherie, surmonté d'un fenil. Enfin une petite étable isolée, précédée d'un hangar, est appuyée contre la clôture de la cour basse au sud.

Mursgranite
pisé
moellon
moyen appareil
Toittuile creuse, tuile plate mécanique
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
appentis
toit en pavillon
croupe
demi-croupe
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
Techniquessculpture
peinture
Précision représentations

Décor sculpté : sur le portail, la porte de l'escalier en vis et les deux cheminées (voir description), armoiries de Bouthéon. Dimensions des cheminées : rez-de-chaussée, l = 440 cm environ ; étage, l = 400 cm environ, Décor peint disparu : Diane de Coligny, prieure de 1621 à 1662, aurait fait 'décorer de peintures représentant des fleurs et des fruits, dans le goût de l'époque, [le plafond de ?] la grande salle capitulaire ainsi que sa belle cheminée. On voit au milieu des ornements son écusson en losange surmonté d'une couronne de comtesse : de gueules à l'aigle d´argent becquée et membrée d'azur. Au-dessus du large foyer, sur le manteau de la cheminée, elle fit peindre cette curieuse devise en langue espagnole pour rappeler à ses religieuses les dangers de la médisance : NO AY FUEGO QUE MAS ARDA QU'UNA LINGUA QUE MAL HABLA (Gras, p. 84). Le décor peint de la cheminée est encore visible sur les photographies anciennes (Bégonnet, Bernard).

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Historique complémentaire

    Dans la 2e moitié du 15e siècle, les bâtiments sont reconstruits ou réaménagés, comme ceux de nombreux prieurés foréziens à cette époque (L´Hôpital-sous-Rochefort, Montverdun...). A Saint-Thomas, la reconstruction aurait été motivée par les dommages causés par les bandes de soldats de la Guerre de Cent ans (Busseuil, 2001, p. 35) : une permission aurait ainsi été accordée en 1435 aux religieuses de faire la quête pendant 3 ans pour rétablir le couvent (Tissier, p. 16 et Gras, p. 81). Les bâtiments auraient ensuite été reconstruits vers 1470 grâce aux libéralités d´une prieure de la famille de Bouthéon, sans doute Isabelle, prieure de 1460 à 1474 (Gras, p. 81 ; Gras donne cependant p. 50 ces dates au priorat d´Anne Verd, qui aurait succédé à Isabelle morte en 1460), peut-être relayée par son frère, Jacques de Bouthéon, prieur de Saint-Romain-le-Puy (mort en 1481).

    Au 17e siècle, des travaux d´embellissement sont commandités par la prieure Diane de Coligny (1621-1662), qui succède à ses tantes Anne (morte en 1610) et Françoise (morte en 1621). Diane fit probablement "décorer de peintures représentant des fleurs et des fruits, dans le goût de l´époque, la grande salle capitulaire ainsi que sa belle cheminée. On voit au milieu des ornements son écusson en losange surmonté d´une couronne de comtesse : de gueules à l´aigle d´argent becquée et membrée d´azur. Au-dessus du large foyer, sur le manteau de la cheminée, elle fit peindre cette curieuse devise en langue espagnole pour rappeler à ses religieuses les dangers de la médisance : NO AY FUEGO QUE MAS ARDA QU´UNA LINGUA QUE MAL HABLA" (Gras, p. 84 ; il s´agit de la cheminée du 1er étage). Cette devise, visible sur les photographies anciennes (jusqu´au milieu des années 1970 ?) pourrait cependant avoir été peinte par-dessus le décor héraldique aux armes de la prieure de Coligny, plus tardivement.

    En 1709, Claude de Saint-Georges, chanoine-comte de Lyon, est pourvu du prieuré de Saint-Romain, dont il fait annuler la sécularisation, intervenue en 1666 (sur l´ordre de l´archevêque Camille de Neufville) : il nomme ensuite sa soeur Marianne de Saint-Georges prieure de Saint-Thomas et en fait réparer la clôture (AD Loire, série H : 30).

    Dans les années 1730, le prieuré résiste au projet de réunion des petites communautés de l´ordre de Cluny : la prieure Marianne de Saint-Georges plaide que son prieuré, qui compte 10 places (mais seulement 6 religieuses) n´est pas dans un cas de suppression, mais depuis 1732 des lettres de cachet défendent d´y recevoir des novices, et en 1734 la décision de supprimer le monastère qui ne compte que 4 religieuses (prieure incluse), dans des bâtiments en mauvais état, est prise. En 1742, la mise sous séquestre des biens du couvent est ordonnée.

    A la Révolution, les bâtiments du prieuré sont vendus. En 1825, le site porte le nom de "Petit Couvent" et les bâtiments (hors l´église) sont divisés entre deux propriétaires, Antoine Berger, qui possède le bâtiment sud (parcelle A 191, "maison et cour" dans la matrice) et Etienne Nizay, qui possède le bâtiment est (parcelle A 187, "maison", sur ce qui correspond aux anciens fruitiers, bûchers et chambres, avec la cour A 188, et parcelle A 182, "maison", sur ce qui correspondait à la grange-étable de la basse cour) ; tous deux partagent en indivis le cuvage (parcelle A 185, correspondant à l´ancien cuvage et cave attenante, en étage de soubassement) et une cour (parcelle A 186, située au nord du bâtiment est). A partir des années 1840, on trouve dans les délibérations des mentions de baux pour la location de l´école communale, dont la salle servait aussi de maison commune pour les assemblées communales, dans un bâtiment appartenant à l´instituteur, Georges Nizès : il semble que ce local soit situé sur l´ancienne parcelle A 191, passée à un membre de la famille Nizès (ou Nizay). Une délibération de 1861 donne une description sommaire des lieux : "une pièce au rez-de-chaussée servant de classe, avec jours et entrée sur la place publique ; une chambre au dessus ; une cuisine ayant son entrée sur la cour au nord [la salle à cheminée monumentale ?] ; une autre pièce dite fournil ayant son entrée sur la cour", pour servir d´école et de logement pour l´instituteur. Le nouveau bail de 1867 ajoute à l´immeuble précédent, trop petit pour loger la famille de l´instituteur, une autre chambre, un grenier ou galetas établi sur les deux chambres du logement et une écurie. En 1873 il est question que Georges Nizès vende le bâtiment à la commune pour qu´elle y construise une école plus appropriée, avec un jardin clos situé en face (délibération du 20 juillet 1873). Cette transaction ne semble pas avoir eu lieu puisque le plan du 3 juin 1883 (document figuré) pour le déplacement du cimetière localise encore l´école (où l´arrondi du four à pain est visible) sur la parcelle A 191 ; un projet de construction de groupe scolaire avec mairie sur une parcelle voisine est en cours. Durant la même période, le famille Nizès cède à la commune les terrains bordant l´église : Georges Nizès vend en 1842 une parcelle pour la construction du clocher (délibération du 2 août 1842), ses héritiers vendent en 1896 les emplacements du dépôt, occupé par une écurie, et de la sacristie (plan du 2 août 1896, en document figuré ; voir dossier sur l´église).

    Le logis et la grange-étable de la ferme située à l´est de la parcelle sont reconstruits vers 1910 (renseignement oral et enduit caractéristique de cette époque).

    Aujourd'hui, l'ancien prieuré est partagé en deux propriétés : l'une rassemble la première cour, le bâtiment d'habitation du prieuré (transformé aux 19e et 20e siècles ; édifice est à usage de maison d´habitation et de gîte) et le jardin situé au sud ; l'autre réunit la deuxième cour du prieuré, avec le sol du cloître, les restes du bâtiment est (largement en ruine à l´exception de l´étage de soubassement), la troisième cour et la ferme qui l'occupe.

    Essai de reconstitution des espaces du prieuré

    Une reconstitution de l´espace du couvent a été tentée d´après le procès-verbal de 1751 (AD Loire, série H :30/4), confronté au plan cadastral de 1814 (Des. 7), à la proposition de L.-P. Gras (Fig. 9), au relevé du rez-de-chaussée du bâtiment sud (Des. 4) et bien sûr aux élévations existantes (avec l'analyse récente qu'en ont donnée J. Verrier et M. Busseuil), afin de repérer dans les bâtiments actuels les vestiges du prieuré du Moyen Âge. Le plan-masse qui résulte de cette synthèse (Fig. 2) n'est qu'une proposition sur laquelle planent encore des incertitudes (comme l'emplacement de l'accès à la tribune des religieuses, "une espèce de petit bâtiment dans lequel il y a un méchant escalier pour monter à la tribune" localisé en 1751 "au coin de la cour du cloître du coté de bize" : le mur ne montre pas de porte haute à cet endroit, mais présente par contre des signes de réfection).

    La cour d´entrée et le cloître :

    L´entrée de la clôture était sans doute située dans le prolongement de la façade de l´église, du côté sud. Le portail surmonté des armoiries de Bouthéon et actuellement remonté dans l´élévation nord du bâtiment d´habitation actuel (bâtiment sud) était peut-être à l´origine le portail principal de l´enceinte (Busseuil, 2011, p. 42-44). Cette entrée donnait sur une première cour bordée de bâtiments d´exploitation (procès-verbal de 1751 : "une petite cour ayant sur la droite un grand bâtiment de la longueur d´environs 80 pieds sur 54 de large, destiné à mettre du bois et des fagots, et qui est en bon état. Sur la gauche de la cour se trouve une petite écurie en pisé de 10 pieds sur 8, adossée à l´église, en mauvais état"). De cette cour, on pouvait entrer dans le cloître, délimité par le chevet de l´église, le bâtiment sud (" Au midi de ladite cour est un bâtiment de 70 pieds de longueur sur 26 de large...") et le bâtiment nord-est ("Au matin de ladite cour du cloître est un bâtiment de 104 pieds de longueur sur 26 pieds de largeur", en pisé). Le cloître était bordé, sur ses côtés est et sud, de galeries dont la toiture était supportée par deux piliers de pierre (sans doute aux angles) et des poteaux de sapin ("[une cour]...entourée sur ses faces du côté de midi et matin d´une espèce de cloître supporté par deux piliers de pierre et le surplus en p...ll... de sapin, ledit cloître en fort mauvais état, sans carrelage ni pavé") : il n´en subsiste pas de vestige. Au "milieu" du cloître se trouvait un puits, sans doute le puits actuellement en partie englobé dans l´extrémité est du bâtiment sud, ce qui semble indiquer que le cloître se prolongeait au sud sur l´emprise de ces bâtiments (surface de la parcelle 1814 A 188).

    Bâtiment sud :

    Ce bâtiment est actuellement formé d´une partie centrale (parcelles 1984 A 1015 et partie sud de la parcelle 632), flanquée à l´ouest de deux corps de bâtiments (parcelles 1984 A 1018 et 633), et à l´est d´une aile basse (partie nord-est de la parcelle 1984 A 632). La partie centrale est composée d´une grande salle, au sud, dotée d´une cheminée monumentale à linteau armorié adossée au mur ouest : il s´agissait peut-être du réfectoire, dont les proportions ont pu être modifiées (les murs sud et est ont été refaits). Le contrecoeur de la cheminée est percée d´une porte donnant accès à des espaces situés à l´ouest de cette salle, occupés après reconstruction au 19e siècle par un fournil au sud et un bâtiment à usage d´école et habitation au nord. On peut mettre ces trois pièces en correspondance avec la description de 1751, qui indique que le bâtiment était «divisé pour le rez-de-chaussée en trois pièces dont l´une sert de réfectoire, l´autre de cuisine et la troisième de fournil ». A l´actuel angle nord-est du réfectoire (qui a peut-être été tronqué à l´est) se trouve un escalier en vis («un escalier à noyau en pierre ») placé à l´articulation entre cette salle, la première cour du prieuré (la porte est dotée d´un linteau armorié du côté autrefois situé à l´extérieur) et peut-être le cloître (porte remaniée, à linteau en brique). La pièce située au nord du réfectoire, et la cave adossée à l´escalier ont été édifiées sans doute entre la seconde moitié du 18e siècle et 1814 (l´emprise est construite sur le cadastre napoléonien). Le mur nord de ce bâtiment comprend plusieurs fenêtres en remploi, en plus du grand portail armorié. A l´étage, le bâtiment comprenait, selon le procès-verbal de 1751, "un corridor qui communique à plusieurs petites chambres par des garandages [cloison de matériau léger] ... une grande chambre attenante au bûcher dont a été cy-devant parlé, et une autre chambre servant de parloir aux dames religieuses, dont la grille n´est qu´en bois et espacée à plus d´un pied en carré. Les étrangers entrent dans ledit parloir par la première cour dont a été fait mention". La "grande chambre" est sans doute la chambre dotée d´une seconde cheminée monumentale à linteau armorié (peut-être chambre de la prieure, et désignée comme salle capitulaire par L.-P. Gras) ? Cette chambre aurait bien été adossée à un bûcher situé juste à droite de l´entrée de la première cour. Le parloir était accessible par l´escalier en vis et sa porte armoriée donnant dans la cour.

    La porte de l´escalier en vis et les linteaux des deux cheminées portent les armoiries de Bouthéon, comme le grand portail remployé dans l´élévation nord du bâtiment sud, ce qui permet de dater de la 2e moitié du 15e siècle la reconstruction ou le profond remaniement des bâtiments dévolus au logis de la prieure et aux pièces communes importantes (réfectoire, parloir).

    On peut mettre la distribution de ce bâtiment en parallèle avec celle du bâtiment ouest du prieuré de Champdieu (IA42001489), qui possède un escalier en vis (dans-oeuvre) doté d´une porte donnant dans le cloître, une porte vers le réfectoire et une troisième porte vers une salle voisine du réfectoire.

    Bâtiment nord-est

    Il ne subsiste de ce long bâtiment (104 pieds) que la partie nord, correspondant peut-être aux fruitiers mentionnés par la description de 1751 : "Au matin de ladite cour du cloître est un bâtiment de 104 pieds de longueur sur 26 pieds de largeur consistant au rez-de-chaussée en deux fruitiers et un bûcher, le dessus en 5 chambres, après le couvert, dans lesquelles on entre par un corridor en garandage. Tout le bâtiment de pisé en très mauvais état, tant pour la charpente que pour les murs et carrelages". L´étage a disparu.

    Un second bâtiment est adossé à l´est, qui ne comprend plus actuellement qu´une pièce vide, dotée d´une grande fenêtre à meneau (encadrement en bois) dans son mur est. Un mur courbe à l´angle des deux bâtiments laisse supposer l´existence d´un escalier en vis permettant de descendre au niveau inférieur, qui est de plain-pied avec la cour de la ferme, où se trouvent un cuvage et deux caves voûtées (dont une située sous le premier bâtiment). Cette cage d´escalier, qui desservait peut-être aussi les chambres de l´étage, présente une mise en oeuvre maladroite et postérieure aux autres murs. La description de 1751 correspond assez bien : "Du même côté de matin, attenant le bâtiment susdit, en est un autre adossé de 53 pieds de longueur sur la s... de 32, dans lequel est un pressoir, 4 cuves, un tenatier [cuvage], et au fond une cave voûtée en pierre, grenier au dessus ; seulement couvert au dessus du cuvage. Mauvais état sauf la cave qui est bonne. On communique par ledit tenatier et pressoir par une 3e cour en pente... ".

    Bâtiment de ferme est

    La dernière cour du prieuré était entourée de bâtiments d´exploitation agricole : pressoir, cuvage et caves (déjà décrits) à l´ouest et grange-étable à l´est : "Dans la même cour est un bâtiment servant de grange, déclinant de matin et bise, de la longueur de 60 pieds... sur 27 de large. Au dessous de ladite grange est une écurie pour les bestiaux". L´ensemble est devenu par la suite une ferme indépendante.

  • AD Loire. Série H : 30/4. Liasse Prieuré de Saint-Thomas-la-Garde, 1630-1738. 13 mai 1751. Procès-verbal de visite des bâtiments par Michel Espinat, maître entrepreneur à Montbrison. (Transcription partielle).

    'On entre dans le monastère du côté de soir, dans une petite cour ayant sur la droite un grand bâtiment de la longueur d'environs 80 pieds sur 54 de large [ces dimensions semblent surévaluées], destiné à mettre du bois et des fagots, et qui est en bon état. Sur la gauche de la cour se trouve une petite écurie en pisé de 10 pieds sur 8, adossée à l´église, en mauvais état.

    De cette cour on rentre dans une autre ayant un puits au milieu et entourée sur ses faces du côté de midi et matin d'une espèce de cloître supporté par deux piliers de pierre et le surplus en p...ll...(?) de sapin, ledit cloître en fort mauvais état, sans carrelage ni pavé. Au midi de ladite cour est un bâtiment de 70 pieds de longueur sur 26 de large, divisé pour le rez-de-chaussée en trois pièces dont l'une sert de réfectoire, l'autre de cuisine et la 3e de fournil. Au 1er étage dudit bâtiment est un corridor qui communique à plusieurs petites chambres par des garandages[cloisons]. Le plancher et couvert au dessus et la totalité dudit bâtiment en fort mauvais état. A côté dudit corridor est un escalier à noyau en pierre qui communique à une grande chambre attenante au bûcher dont a été cy-devant parlé, et une autre chambre servant de parloir aux dames religieuses, dont la grille n'est qu'en bois et espacé(e ?) à plus d'un pied en carré. Les étrangers entrent dans ledit parloir par la 1ère cour dont a été fait mention. Au matin de ladite cour du cloître est un bâtiment de 104 pieds de longueur sur 26 pieds de largeur consistant au rez-de-chaussée en deux fruitiers et un bûcher, le dessus en 5 chambres, après le couvert, dans lesquelles on entre par un corridor en garandage. Tout le bâtiment de pisé en très mauvais état, tant pour la charpente que pour les murs et carrelages. Du même côté de matin, attenant le bâtiment susdit, en est un autre adossé de 53 pieds de longueur sur la s... de 32, dans lequel est un pressoir, 4 cuves, un tenatier [Gras lit tenalier ; cuvage, de tine, cuve à vin ?], et au fond une cave voûtée en pierre, grenier au dessus ; seulement couvert au dessus du cuvage. Mauvais état sauf la cave qui est bonne.

    On communique par ledit tenatier et pressoir par une 3e cour en pente qui est décarrelée (?) presque partout. Dans la même cour est un bâtiment servant de grange, déclinant de matin et bise, de la longueur de 60 pieds (...) sur 27 de large. Au dessous de ladite grange est une écurie pour les bestiaux, les murs d'icelle en assez bon état et auxquels il n'y a de réparation à faire qu'un crépissage. Les bois du plancher sur lequel on bat le grain est en mauvais état, de même que la charpente du couvert. Au coin de la cour du cloître du coté de bize est une espèce de petit bâtiment dans lequel il y a un méchant escalier pour monter à la tribune qui servoit de choeur pour les offices desdites dames.

    L'église dans laquelle elle est a 80 pieds de long sur 20 pieds de large. Ladite église est paroissiale et ne forme qu'une seule nef voûtée en pierre, entr'ouverte en plusieurs endroits. Sa principale entrée est du côté de soir, la petite entrée servant aux dames du côté de midi, l'autel est au matin avec un petit intervalle derrière de 6 pieds depuis l'autel jusqu'au mur bombé faisant le fond de ladite église du côté de matin. Deux petites chapelles sont adossées à l'église : l'une du coté de midi, dédiée à la sainte Vierge, l'autre du côté de nord, dédiée à saint Thomas. Le sanctuaire, séparé de la nef par une petite balustrade en bois à hauteur d'appui pour la table de communion. La nef est coupée par le milieu à peu près par un ouvrage considérable en bois élevé au dessus du pavé à la hauteur d'environ 9 pieds, soutenu par des consoles de pierre qui prennent dans le mur de l'église, ce qui occasionne une obscurité considérable dans cette partie de l'église qui n'est éclairée par aucun vitraux. Le devant de cette ouvrage servant de tribune étoit clos en face de l'autel par une grille en bois jusqu'à la voûte. Ledit curé faisant fonction d'aumônier montant à cette tribune par un escalier en bois prenant pied dans ladite église pour donner la communion aux dames. Il est facile d'observer que cette église étoit commune entre la paroisse de Saint-Thomas et les dames prieures et religieuses du monastère. Le service paroissial y a lieu. Les paroissiens participent aux réparations de la nef et clocher qui est au dessus de l'entrée. les vases sacrés [détaillés dans l'inventaire établi selon l'arrêt du conseil de 1740] ont toujours été à l'usage de la paroisse, sans qu'il paraisse que les dames en aient eu pour elles. De même pour les ornements et le linge'.

    La totalité des bâtiments comprend 4 bicherées incluant les cours, le jardin potager, la vigne et un petit champ. Clos de pisé.

    La clôture religieuse est pratiquement effondrée.

    Le village de Saint-Thomas compte une vingtaine de maisons.

    La réunion est conclue avec le chapitre noble de Saint-Martin de Sales en Beaujolais. Le brevet de suppression a été établi le 4 août 1753, confirmé par lettre patentes en mars 1754 et arrêt définitif du conseil le 3 juillet 1755.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série H : 30/4. Liasse Prieuré de Saint-Thomas-la-Garde, 1630-1738. 13 mai 1751. Procès-verbal de visite des bâtiments par Michel Espinat, maître entrepreneur à Montbrison (voir transcription en annexe).

  • AC Saint-Thomas-la-Garde. Etat de sections des propriétés non bâties et bâties. Montbrison, 7 juin 1825. Section A, lieu-dit Petit Couvent. Propriétaire Etienne Nizay, parcelles 182 et 187 : maisons, 188 : cour. Propriétaire Antoine Berger : parcelles 191 : maison et 192 : cour. Indivision Berger Nizay : parcelles 185 : cuvage et 186 : cour.

  • AD Loire. Série 2 E : 573. Registre de délibérations de la commune de Saint-Thomas-la-Garde. 5 septembre 1838-27 mars 1883 (déposé). Délibération du 2 août 1842. Projet d'achat d'un terrain pour construire le clocher, à Georges Nizès, instituteur, pour 150 F.

  • AD Loire. Série 2 E : 573. Registre de délibérations de la commune de Saint-Thomas-la-Garde (déposé) 5 septembre 1838-27 mars 1883. Délibération du 5 novembre 1843. L'instituteur Georges Nizès demande 'une indemnité de loyer pour sa maison servant aux assemblées communales et aux élèves, composant l'école primaire du susdit lieu'.

  • AD Loire. Série 2 E : 573. Registre de délibérations de la commune de Saint-Thomas-la-Garde (déposé) 5 septembre 1838-27 mars 1883. Délibération du 18 janvier 1863. En octobre 1861, la commune signe un bail avec M. Nizès, pour la location (115 F) d'une maison qu'il possède au bourg, pour servir d'école et de logement pour l'instituteur : une pièce au rez-de-chaussée servant de classe, avec jours et entrée sur la place publique ; une chambre au dessus ; une cuisine ayant son entrée sur la cour au nord ; une autre pièce dite fournil ayant son entrée sur la cour.

  • AD Loire. Série 2 E : 573. Registre de délibérations de la commune de Saint-Thomas-la-Garde (déposé) 5 septembre 1838-27 mars 1883. Délibération du 9 octobre 1867. Bail de l'école qui appartient à Georges Nizès, instituteur à Palogneux. Le bâtiment est trop petit pour le logement de la famille de l'instituteur (seulement une petite cuisine, une chambre et 'un autre appartement connu sous le nom de fournil'). Selon le nouveau bail (175 F), le logement aura en plus une autre chambre, un grenier ou galetas établi sur les deux chambres du logement et une écurie

  • AD Loire. Série 2 E : 573. Registre de délibérations de la commune de Saint-Thomas-la-Garde (déposé) 5 septembre 1838-27 mars 1883. Délibération du 20 juillet 1873. La maison d'école louée n'est pas appropriée (la classe est trop petite et a un plafond trop bas, il n'y a pas de jardin). Nizès consent à vendre l'ensemble du bâtiment (la partie louée plus celle qu'il occupe), plus un jardin clos situé en face, pour 7000 F ; c'est l'immeuble le mieux approprié qui soit à vendre au bourg. Les travaux sont évalués à 1500 F. La commune demande l´autorisation préfectorale pour ce projet.

  • AC Saint-Thomas-la-Garde. Boîte de documents divers. Réparation et agrandissement de l'église. 1879-1897. Projet pour la réparation du presbytère et agrandissement de l'église. A. Jeandeaux, architecte, successeur de M. Favrot, 9 rue de la Loire à Saint-Etienne. 6 novembre 1894. N°6. Devis descriptif (9600 F). Moellons, briques, pierre de taille de Moingt (marches et plafonds, perrons...), verres de Saint-Just. N°7. Série de prix. N°8. Cahier des charges. N°9. Devis estimatif. 1 : agrandissement de l'église. Démolition de l'écurie hangar attenat à l'église. Maçonnerie : Petit bâtiment servant à retirer les objets religieux. Pierre de taille de Moingt : 1 fenêtre, 2 jambages, cintre, angle extérieur vers le choeur, 2 contreforts. Voûte en brique creuse. Ciment : façade principale : enduit uni, rampants, archivolte de la porte, contrefort... menuiserie : porte en chêne, escalier pour monter au clocher. 2 : réparations à faire au presbytère. Crépi, toiture, dallage ciment dans la cuisine. Reprises en maçonneries dans les parties où le pisé est tombé... mur de clôture... mur en brique vers le four...stylobate de la salle à manger...N°10. Devis estimatif général de la dépense.

  • AC Saint-Thomas-la-Garde. Boîte de documents divers. Réparation et agrandissement de l'église. 1879-1897. 6 septembre 1896 : les travaux d'agrandissement de l'église ont été déclarés d'utilité publique le 4 juillet. Expropriation de 2 parcelles.

Documents figurés
  • [Cheminée de la cuisine, au rez-de-chaussée, aux armes de Bouthéon]. / Bernard, Louis (photographe). 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. Dossier de recensement du prieuré de Saint-Thomas-la-Garde, n°42.76.2401, établi en 1976. AD Loire, série 1111 VT : 256.

  • [Prieuré de Saint-Thomas-la-Garde. Cheminée du 1er étage]. / Bernard, Louis (photographe). 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. Dossier de recensement du prieuré de Saint-Thomas-la-Garde, n°42.76.2401, établi en 1976. AD Loire, série 1111 VT : 256.

  • N°1. Département de la Loire. Arrondt de Montbrison. Commune de St-Thomas-la-Garde. Translation du cimetière. Projet faisant connaître par une teinte rose l'emplacement à aquérir (nature pré) de Mme Marguerite Masson, femme Ande, pour la construction d'un nouveau cimetière et faisant partie du n°668 section A du plan cadastral (surface à aquérir : 1200 mètres carrés). / Thévenet (agent voyer). 1 dess. : encres et lavis colorés sur calque collé sur papier. 30,9x20,9 cm. Échelle 1:2500. Montbrison, 3 juin 1883. AC Saint-Thomas-la-Garde.

  • Commune de St-Thomas-la-Garde. Agrandissement de l'église. Plan annexé à l'acquisition du terrain. / [A. Jeandeaux, architecte]. 1 dess. : encres et lavis colorés sur calque. 34,5x29,7 cm. 4e quart 19e siècle. 'Ce plan est certifié conforme à celui dressé par l'architecte et vu par le commissaire enquêteur le 2 août 1896'. AC Saint-Thomas-la-Garde. Boîte de documents divers : Réparation et agrandissement de l'église. 1879-1897.

  • Eglise de Saint-Thomas-la-Garde avant l'année 1898 [église et bâtiment accolé au sud, vue de trois-quarts depuis le sud-ouest]. / M. Martin (photographe). 1 photogr. pos. : tirage sur papier citrate, collé sur papier cartonné. 17,3x12,5 cm. [s.d.], 3e quart 19e siècle ? Signature sur le carton : M. MARTIN phot. MONTBRISON. A. Paroissiales Saint-Thomas-la-Garde (sacristie de l'église).

  • [Saint-Thomas-la-Garde. Cheminée du 16e siècle. Deux écussons armoriés]. / Louis-Pierre Gras (dessinateur). 1 dess. : crayon sur papier. 21,8x14 cm. 1856. Bibl. Diana, Album n°2. Dessin placé en face du croquis de la façade de l'église et de deux chapiteaux intitulé 'Saint-Thomas-la-Garde en 1856'. Armoiries des prieures de Bouthéon et de Coligny.

  • Saint-Thomas-la-Garde. Salle capitulaire de l'ancien prieuré. Sept. 1905. / Abbé Bégonnet, abbé (photographe). 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. Septembre 1905. Bibl. Diana, Montbrison. Fonds Brassart.

  • Plan du prieuré. / GRAS, Louis-Pierre, dans 'Obituaire de Saint-Thomas en Forez, suivi de l'histoire de ce prieuré'. Lyon : Auguste Brun, libraire ; A. Vingtrinier, imp., 1873.

  • [Le bourg de Saint-Thomas-la-Garde, vu depuis le sud-ouest]. / Anonyme. 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique, N&B. [s.d.], milieu 20e siècle. Coll. Part. R. Tissier.

  • [Série de vues aériennes du village de Saint-Thomas-la-Garde : vue d´ensemble du village, depuis l´est]. / [s. n.]. 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. 3e quart 20e siècle (AC Saint-Thomas-la-Garde).

Bibliographie
  • Archives départementales du Rhône. Recueil des visites pastorales du diocèse de Lyon aux XVIIe et XVIIIe siècles, Tome I. Visites de 1613-1614. Lyon : aux Archives départementales, 1926

    p. 413, 414
  • BUSSEUIL, Muriel. Le prieuré de Saint-Thomas-les-Nonnains. Bulletin du GRAL, n°21, 2011

    p. 33-52
  • GRAS, Louis-Pierre. Obituaire de Saint-Thomas en Forez, suivi de l'histoire de ce prieuré. Lyon : Auguste Brun, libraire ; A. Vingtrinier, imp., 1873.

  • TISSIER, Régine. Un village forézien. Saint-Thomas-la-Garde. Dactyl, 1967

    p. 16
  • THIOLLIER, Félix. Le Forez pittoresque et monumental, histoire et description du département de la Loire et de ses confins, ouvrage illustré de 980 gravures ou eaux-fortes, publié sous les auspices de la Diana... Lyon : Imprimerie A. Waltener, 1889 (2 vol.)

    p. 378, 379
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Conseil général de la Loire © Conseil général de la Loire - Guibaud Caroline