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Centrale de Chavaroche

Dossier IA74001037 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • barrage
    • canal
    • pont
    • château d'eau
    • conduite forcée

La configuration du terrain n´a pas permis de construire une chambre d´eau. A la place, les ingénieurs utilisent une cheminée d´équilibre, combiné aux fortes sections des ouvrages d´amenée, ce procédé accentue la pression de la chute d´eau. Cette nouvelle centrale fait face aux mines d´asphalte des concessions de Bourbonge, Montrottier et s´inscrit dans la limite de la concession de Chavaroche. Protégée par le canyon calcaire des Gorges du Fier, l´usine reste dominée par l´ancien château de Chavaroche racheté par la compagnie des Forces du Fier pour y loger son personnel. En période de marche normale, avec un débit de 25 mètres cube/seconde, la puissance sur l´arbre des turbines atteignait 10 000 chevaux environ et la production annuelle de l´usine tournait autour de 40 000 000 kilowatts-heures.

La centrale de Chavanod comprend un barrage avec une partie fixe et un autre mobile. Dès sa conception, le barrage comporte au nord un barrage mobile placé dans le lit de la rivière et au sud une digue en terre avec revêtement en béton constituant un barrage fixe insubmersible car protégé par une berge. Le barrage mobile était constitué de deux vannes automatiques à secteur de seize mètres de largeur pour trois mètres quatre de hauteur. L´ensemble reposait sur un seuil en béton armé, arasé et tournant autour de pivots fixés dans les piliers en béton. A l´origine ces vannes étaient manœuvrables automatiquement mais il était aussi possible de les ouvrir à la main en cas de forte crue. A côté, le barrage fixe comprend une chaussée en gravier avec talus revêtu en béton, reposant sur une murette de garde. Ce barrage s´appuie sur des soubassements en gravier en raison des profondeurs inconnues des couches dures. Dans les années 2000, la rénovation de la prise d´eau comporte un remplacement des fermes métalliques par des massifs en béton avec vannes automatisées. Cette dernière assez importante permet de rendre à la rivière pendant les fortes crues du Fier.

Parties constituantes non étudiéesbarrage, canal, pont, château d'eau, conduite forcée
Dénominationscentrale hydroélectrique
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Annecy
HydrographiesFier le), Fier Inférieur
AdresseCommune : Chavanod
Lieu-dit : Chavaroche
Adresse : Chavaroche
Cadastre : 0A 1 , 16, 12, 9, 1266, 15

La Société des Forces du Fier décide de construire l´usine hydroélectrique de Chavaroche entre 1918 et 1924. Cet ensemble est situé dans les Gorges du Fier immédiatement à l´aval de l´usine hydroélectrique de Brassilly qui appartient aussi à la société. Les travaux de la prise d´eau sont importants car il faut créer une chute d´eau dans un espace relativement peu accidenté. Pour pallier à cette contrainte les concepteurs décident de concevoir une dérivation d´une longueur de trois kilomètres et demi et d´installer la centrale dans les Gorges du Fier. Les ouvrages hydrauliques prévus pour un débit de 25 mètres cube/seconde créent une chute de quarante deux mètres. La construction de la prise d´eau n´est pas simple puisque les ingénieurs sont confrontés à un problème de taille : la nature du sol ne permet pas l´édification d´un barrage de très grande hauteur. En conséquence la Société des Forces Motrices du Fier a recherché à rapprocher le plus possible le barrage de Chavaroche du canal de fuite de l´usine de Brassilly, là où la pente du Fier est encore faible. Cette disposition permet surtout de maintenir presque constant le régime du Fier à l´extrémité du canal de fuite de l´usine de Brassilly. A cette contrainte structurelle, d´autres problèmes se posent. Pour éviter l´encombrement de la prise d´eau, les ingénieurs décident alors de surélever le seuil de la prise d´eau au dessus du fond du Fier. D´une longueur de 17 mètres, le seuil réduit les fuites et les affouillements car il est muni de deux garde-radiers. La centrale de Chavaroche connaît plusieurs évolutions mais c´est la construction de la centrale hydroélectrique de Vallières qui lui permet dès 1926 de s´inscrire dans un réseau important de centrales hydroélectriques. En 1946, les biens de la compagnie des Forces motrices du Fier sont nationalisés et la centrale entre dans le parc du G.D.P.H. de Savoie, la concession et l´exploitation du site reviennent à Energie de France. L´autorisation de la concession a été renouvelée le 23 février 2004 pour quarante ans. En 2010, l´ensemble développe une puissance brute de 10 100 Kw pour une hauteur de chute de 45 mètres et un débit de 27,30 mètres cube/seconde.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1918, daté par source
1924
2001
2002
Auteur(s)Auteur : Société des Forces Motrices du Fier
Société des Forces Motrices du Fier
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ingénieur attribution par source

La source du Fier se trouve à 2 400 mètres d´altitude au pied du Mont Charvin, il coule globalement d´Est en Ouest jusqu´à sa confluence avec le Rhône en aval de Seyssel. D´Annecy à la prise d´eau de Chavaroche, il reçoit le Thiou, exutoire du lac d´Annecy, qui lui apporte ainsi toutes les eaux de la cluse d´Annecy drainées vers le lac. Ce bassin-versant est recouvert de bois, de prairies, de pelouses et de rochers aux altitudes les plus fortes. L´aménagement de Chavaroche ouvre sur l´étonnant paysage des gorges du Fier. Si la prise d´eau se situe à la sortie du canal de fuite de Brassilly, dans un espace relativement dégagé en rive droite du torrent, l´usine n´est pas visible car accrochée aux parois rocheuses des gorges en aval de la cascade du ruisseau de Chavanod qui se jette dans le Fier. Ces ouvrages ne sont quasiment pas visibles des principales voies de communication. L´isolement de la prise d´eau en fond de vallée et l´encaissement de la centrale assurent une bonne insertion paysagère des ouvrages dans le contexte environnemental. L´aménagement de Chavaroche qui turbine les eaux du Fier, est implanté sur le territoire des communes de Poisy, Lovagny et Chavanod. C´est le second palier de la chaîne des centrales du Fier. L´ouvrage de la prise d´eau de l´usine hydroélectrique de Chavaroche se trouve à environ 700 mètres en aval de l´usine de Brassilly. Un pont siphon et le tunnel sous pression accentuent ainsi la hauteur de la chute. Les eaux sont restituées par un canal de fuite entièrement souterrain d´une longueur de 205 mètres. D´une longueur de 20 mètres, le bâtiment de la centrale comporte un seul vaisseau intérieur posé sur les soubassements du turbinage. Cette nef est éclairée par huit travées avec arc plein cintre. Un toit à deux pans avec demi-croupes à chaque extrémité protège l´ensemble. La façade antérieure domine les gorges alors que la façade postérieure est creusée dans la roche. Un chemin d´accès permet d´assurer un lien avec la route, un château d´eau complète le dispositif.

Mursbéton
pierre
ciment
Toittuile plate mécanique
Plansplan régulier
Étages3 étages carrés
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à deux pans
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsbois de jardin, bosquet
États conservationsremanié

L'ensemble usine conduite forcée se trouve en zone UC, le barrage et la prise d'eau se trouvent en zone naturelle des berges du Fier: Nf. Ouvrant sur un espace majestueux constitué par les gorges du Fier, la centrale de Chavaroche constitue le second pallier d'un défilé de centrales hydroélectriques qui jalonnent les rives du Fier. La centrale s'inscrit dans un terrioire chargé d'histoire, espace de luttes intestines entres les maisons de Chavaroche, Montrottier et Pont-Vert, le secteur des gorges constituait un verrou rocheux qui contrôlait la traversé est-ouest du torrent au Moyen-Age. L'avènement du château de Montrottier permet un temps le développement agricole des plateaux de Lovagny et de Chavonod, les terres et toutes les dépendances sont progressivement rattachées aux châtelains. De nombreux moulins se développent dans ces deux communes, ainsi la centrale hydroélectrique contraste avec la persistance d'un patrimoine artisanal de qualité. Implantée au coeur d´une ancienne concession minière, et visible depuis la ligne de chemin de fer Annecy-Seyssel, l'ensemble complète une histoire du génie civile riche dans ce secteur. Les solutions techniques adoptées par les ingénieurs en font un patrimoine industriel très intéressant. S'adaptant aux contraintes du terrain, la modestie de la prise d'eau démontre toute l'ingéniosité de ce système qui reste un exemple unique en Europe du nord.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà étudier

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 7S53, Energie électrique : Société des Forces du Fier, concessions, travaux d´électrification communes A-B, 1920-1940. 1920-1940.

  • AD Haute-Savoie : 7S34, Energie électrique : affaires générales, 1908-1910 ; usine de Chavaroche. 1908-1910.

  • AD Haute-Savoie : 47J30, Dossiers d'indemnisations. 1949.

  • AD Haute-Savoie : 6 S 137, Demande en autorisation pour la construction d'un barrage dans la rivière du Fier avec dérivation en vue de l'établissement d'une usine hydroélectrique au lieu dit de Chavaroche par la Société des Forces Motrices du Fier. 1917-1918.

  • AD Haute-Savoie : 11 J 622, Plan réduit au quart de la Mappe de Lovagny et une partie de Sillingy. 1:1000. 1838.

  • AD Haute-Savoie : 47J46, Historique de la relation entre le Syndicat de Seyssel et la société des Forces du Fier. 1940.

Bibliographie
  • Société de géographie, VIDAL DE LA BLACHE Paul., Annales de géographie : bulletin de la Société de géographie, volume 26.Paris : Librairie Armand Colin, 1917. 522 p, p. 16-21.

  • Université de Grenoble, Annales de l´Université de Grenoble, volume 28. Grenoble : Gauthier-Villars, 1904. p. 420.

  • Société française des électriciens, Union technique des syndicats de l´électricité, Comité électrotechnique français, Union des syndicats de l´électricité, Revue générale de l´électricité, Volume 14. Paris : Comité électrotechnique français, 1923. p 727.

  • Edouard Hospitalier, L´Industrie électrique, Volume 11. Paris : A. Lahure, 1902, p 243

  • La Lumière électrique, volume 20. Paris : Union des syndicats de l´électricité, 1899, p 589.

  • GERMAIN Michel, JOND Gilbert, Annecy et son lac autrefois : la chronique de l´autrefois. Montmélian : Fontaine de Siloé, 2000. 256 p.

  • BLANCHARD Raoul, Etude économique sur la région des Alpes françaises. Paris : Armand Colin, 1923. 235 p, p.25.

  • BLANCHARD, Raoul. Les Alpes occidentales. Grenoble : B. Arthaud, 1944. 1140 p.

  • Electricité de France, Service National, Direction de la production et du transport, Département de Haute-Savoie, Bassin du Rhône, Chute de Brassilly sur le Fier, Demande d´autorisation, Etude d´Impact. Cran-Gevrier : Bureau d´étude ICE, 1993, 66 pages

  • MARIOTTE Jean-Yves, Histoire des communes savoyardes : Genevois et Lac d'Annecy. Roanne : Edition Horvath, 1981, 672 p.

  • Département de la Haute-Savoie, Académie florimontane, Revue Savoisienne volume 81-86. Annecy, 1940, p. 53-57.

  • Cahiers des Charges et Convention entre la Ville d´Annecy et la société des Forces du Fier pour les concessions d´électricité et de gaz. Annecy : Imprimerie L. Dépollier et Cie, 1928. 48 p.

  • Confédération générale du travail, les comités d´entreprise, les délégués du personnel, Analyse et commentaire de l´ordonnances du 22 février 1945, et des lois du 16 mai 1946.Versaille : Marque Syndicale, 63 p.

  • Ministère de l´Agriculture, Direction de l´Hydraulique et des améliorations agricoles. Service d´études des Grandes Forces Hydrauliques, Compte-Rendu et Résultats, Etudes et travaux. Paris : Imprimerie Nationale, 1903-1931.

  • Société Anonyme des Forces du Fier, Statuts déposés à M. GRIVAZ, notaire d´Annecy, le 7 mars 1899 et modifiés en dernier lieu le 16 avril 1935, Dépôt du 26 juillet 1929, Chez M. VOLLARD, successeur de M. GRIVAZ. Annecy : Imprimerie commerciale, 1930. 27 p.

  • Société des Forces du Fier, Concessions Electricité et Gaz de la ville d´Annecy à la société des Forces du Fier. Annecy : Imprimerie HERISSON Frères, 1939. 52 p.

  • Société Anonyme des Forces du Fier, Extrait du statut du Régime de retraite à la caisse de prévoyance de l´Electricité et du Gaz (institué par la loi et le décret du 4 décembre 1941). Annecy : F.ABRY Imprimeur, 1944. 5 p.

  • Société Anonyme des Forces du Fier, Concessions électricité et gaz de la ville d´Annecy à la société des Forces du Fier, Avenants aux cahiers des charges et conventions des 31 Déc. 1927 et 12 Sept. 1930. 1936. 23 p.

  • Traité entre la ville d´Annecy et la Société des Forces du Fier pour l´éclairage public et particulier. Annecy : Imprimerie J. Abry, 1904. 32 p.

  • La Société des Forces du Fier, La Savoie au travail. Annecy : Imprimerie Hérisson Frères, 1926. 19 p.

  • Syndicat des propriétaires et industriels possédant ou exploitant des forces motrices hydrauliques (Grenoble, Frande), Compte rendu des travaux du Congrès, des visites industrielles, Volume 2. 1902. p 225-235.

  • Sous-secrétariat d´Etat à l´économie nationale, Statistiques des forces motrices en 1906. Paris, Imp. Nationale, 1916. 238 p.

  • Sous-secrétariat d´Etat à l´économie nationale, Statistiques des forces motrices en 1926. Paris, Imp. Nationale, 1931. 262 p.

  • Sous-secrétariat d´Etat à l´économie nationale, Statistiques des forces motrices en 1936. Paris, Imp. Nationale, 1936, 262 p.

  • Traité entre la ville d´Annecy et la Société des Forces du Fier pour l´éclairage public et particulier. Annecy : Imprimerie J. ABRY, 1904, 32 p.

  • Société Anonyme des Forces du Fier, Extrait du statut du Régime de retraite à la caisse de prévoyance de l´Electricité et du Gaz (institué par la loi et le décret du 4 décembre 1941). Annecy : F.ABRY Imprimeur, 1944. 5 p.

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