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Église paroissiale Saint-Maurice

Dossier IA74001653 inclus dans Village de Doussard réalisé en 2010

Fiche

VocablesSaint-Maurice
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays de Faverges et du Laudon - Faverges
AdresseCommune : Doussard
Lieu-dit : Doussard
Adresse : route du
Pont-Monnet
Cadastre : 1905 C5 740 ; 2008 C5 746

La première église de Doussard se trouvait dans les marais du bout du lac entre le Pont-Monnet et la tour de Beauvivier. L'église n'est installée à Macherine (actuel chef-lieu) qu'en 1734. Cette église, considérablement endommagée par la Révolution Française et devenue trop petite, est remplacée par un nouvel édifice construit en 1850 et conservant le clocher du XVIIIe s.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 18e siècle
Secondaire : 3e quart 18e siècle
Secondaire : 4e quart 18e siècle
Dates1850, porte la date, daté par source
Auteur(s)Auteur : Monnet Ignace architecte diocésain attribution par source

L'église de Doussard toujours entourée de son cimetière est orientée avec le chœur à l'est et établie sur un plan en croix latine. Elle est accessible en façade par une volée d'escalier formant un perron ainsi que par deux entrées latérales. L´édifice s´organise autour d´un vaisseau central voûté en berceau et flanqué de deux bas-côtés en fil de coupoles. La croisée du transept est également surmontée d´une coupole. Le transept n'et pas saillant; ses côtés sont également voûtés en berceau et abritent des chapelles latérales. Le chœur, qui précède le chevet plat, est flanqué au nord du clocher et au sud de la sacristie. Le narthex, séparé de la nef par une paroi en menuiserie est surmontée d´une tribune accessible par un escalier à trois volées situé dans sa partie nord. Les murs, en moellons de calcaire liés à la chaux de Cons-Sainte-Colombe, sont actuellement enduits au ciment. Les chaînages d'angles, les encadrements, les pilastres et la corniche sont en calcaire marbrier extrait à Talloires. Au pied de la façade principale sur la partie nord se trouve une pierre de l'ancienne église portant l'inscription "ultimus in veteri primus in nova maistre curatus Obiit An. 1781" en hommage au curé Maistre sous le ministère duquel l'église fut déplacée des marais à Macherine. Une plaque gravée en marbre située au-dessus de la porte d'entrée rappelle que l'édifice date de 1850 et a été consacré par l'évêque d'Annecy, Monseigneur Rendu. Le clocher accolé au flanc nord de l'église est surmonté d'un clocheton percé de fenêtres garnies d'abat-sons. La façade principale orientée à l´ouest est caractéristique du style néoclassique sarde par son décor bien ordonnancé qui semble plaqué sur l´édifice. La porte centrale à deux ventaux est fixée dans des piédroits à doubles fasces et surmontée d´un linteau lisse agrémenté d´une corniche à denticules. Des pilastres doriques jumelés avec entablements à moulures en quart de rond marquent la séparation entre la partie de la façade fermant le vaisseau central des parties dotées de niches qui ferment les bas-côtés. Une frise sans décor, surmontée d´une corniche à denticules, traverse la façade sur toute sa largeur. Le centre de la façade qui s´élève sur deux niveaux présente au-dessus de la frise une fenêtre axiale en demi-lune surmontée d´un fronton triangulaire à la pointe duquel se trouve une croix. Le toit à longs pans forme une croupe au-dessus du chevet tandis que les bas cotés couverts de toits à un pan présentent des croupes coupées au-dessus du narthex. L´ensemble de la couverture est en ardoise. Relevé des inscriptions. DEO OPT MAX / ET BEATO MAURITIO / FONDEE LE 13 8BRE 1850 / CONSACREE LE 2 8BRE 1853 / MGR RENDU EVÊQUE R° BIGEX J. RECTEUR // ULTIMUS IN / VETERI PRIMUS / IN NOVA / MAISTRE CURATUS / OBIIT. AN. 1781

Murscalcaire
calcaire marbrier
marbre
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte en berceau
coupole
Couverturestoit à longs pans
croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours en maçonnerie
États conservationsbon état

Cette église est un exemple très académique d'église néo-classique sarde.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Synthèse historique

    L´église de Doussard se trouvait initialement dans les marais du bout du lac entre le Pont-Monnet et la tour de Beauvivier. Le site, très humide et soumis aux agressions de l´Ire, favorise de rapides dégradations des bâtiments. Ainsi, dès 1443 l´église est décrite comme étant en très mauvais état, peu lumineuse et sans plancher. Cette vieille église est remplacée par un nouvel édifice construit en 1563 (Histoire des communes savoyardes) .

    Dès 1676, le curé Jean-Dominique Tochon propose de placer l´église paroissiale au village de Macherine, endroit plus salubre et jugé mieux situé par rapport aux différents hameaux de Doussard.

    En 1734, une nouvelle église réutilisant la portail de sa devancière est finalement construite au nord du village de Macherine dans la plaine de Doussard. Le cimetière, toujours dans les marais, est déplacé autour de la nouvelle église en 1737. En 1740, le clocher n´est pas terminé, la clôture du cimetière n´est faite qu´aux trois quarts et la toiture n´est terminée qu´en 1742. Les habitants de Doussard refusent de payer Pierre Dunoyer (maître charpentier) car il n´a pas réalisé les travaux comme le prévoyaient les devis.

    Ainsi, dès 1757, le clocher qui menace de s´effondrer sur la toiture est reconstruit sur les plans de l´architecte Cheneval. Les travaux sont confiés à un certain Dénarié venu de Morillon et connu pour l´exécution de nombreux travaux similaires. Finalement consacrée en 1767, l´église est déjà en très mauvais état en 1781 du fait d´une toiture défectueuse.

    La Révolution française ayant fait son œuvre, il ne reste en 1795 que quatre murs. L'église est rapidement reconstruite ; le chœur est refait en 1797 suite à un incendie, puis le plancher est refait à neuf en 1827 par le charpentier Laurent Monnet. L´année suivante, la commune souhaite refaire le beffroi du clocher qui menace de s'effondrer, mais le projet doit être abandonné suite au refus de l´intendant du Genevois face au coût qu´il juge prohibitif. Enfin en 1832 le plafond de la nef qui menace ruine est refait.

    Toutefois, dès 1847, l´église étant devenue trop petite, la commune décide, sur les conseils de l´architecte diocésain Ignace Monnet, de construire un nouvel édifice en conservant l´ancien clocher qui sera exhaussé. Une importante vente de sapins permet de réunir 33 415 livres pour financer la construction à laquelle la commune de Chevaline ne s´associe que contrainte. Dès 1849, une seconde vente de bois est réalisée afin de rehausser le clocher. En 1857, une plaque en marbre noire avec inscription est commandée à Dominique Vullierme en prévision de la réception de l´évêque.

    En 1905, Félix Tosi est chargé de réparer la coupole surmontant la croisée du transept. En 1967 la foudre incendie les toitures. C´est à cette occasion que la croix qui surmontait le clocher a été placée sur la montagne du charbon au lieu-dit « La Croix du Roy ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie. Série 2 O 866 Commune de Doussard ; Bâtiments communaux : Edifices religieux. Réparations de l'église paroissiale (1863-1905).

  • AC Doussard. Registre de délibérations du conseil municipal. Délibération du 20 juin 1827. Délibération relative à la réparation du plancher de l'église.

  • AC Doussard. Registre de délibérations du conseil municipal. Délibération du 20 mai 1832. Délibération relative à la réparation du plafond de l'église.

  • AC Doussard. Registre de délibérations du conseil municipal. Délibération du 24 septembre 1846. Délibération relative à la construction d'une nouvelle église.

  • A. Paroissiales Doussard. BIDAL, Pierre-Damase. Etat de l'église paroissiale de saint Maurice, communes de Doussard et de Chevaline. Notice historique sur les églises paroissiales de Doussard et de Chevaline. Manuscrit de 1863 complété par Henri BOCQUET en 1979, Presbytère de Doussard.

Bibliographie
  • MARIOTTE, Jean-Yves, BAUD Henri, CHALLAMEL, Jean-Bernard, et al. Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et le lac d'Annecy. Roanne : Horvath, 1981. 672 p. ISBN 2-7171-0200-0.

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