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Magasin de commerce : Grand Bazar, puis Prisunic, actuellement Monoprix

Dossier IA69004043 réalisé en 2004

Fiche

HISTORIQUE

En 1855 commencent les travaux de percement de la rue Impériale (aujourd´hui rue de la République). En 1856, Jean Dabonneau décide de créer un « grand magasin de nouveautés », 31 rue Impériale, à l´enseigne A la Ville de Lyon. Le magasin est ouvert en 1860 (cf. Annuaire de Lyon) ; il vend des vêtements pour enfants et adultes, des tissus, de la mercerie.

Dans le même temps, Henry Perrot profite du percement de la rue Impériale pour agrandir son magasin de tissus Aux Deux Passages, situé rue Palais-Grillet et élargir son activité à la confection.

La concurrence entre les deux magasins va durer 20 ans, bien que les commerces visent une clientèle différente, plus populaire pour A la Ville de Lyon, plus bourgeoise pour Aux Deux Passages. En 1885, Jean Dabonneau quitte la rue Impériale et transfère son enseigne place des Terreaux (magasin qui sera liquidé le 8 mai 1892). Le crédit lyonnais, propriétaire du 31 rue Impériale, cherche un repreneur et propose à Henry Perrot d´y ouvrir un nouveau grand magasin : le bail est signé le 8 février 1885. Henry Perrot, secondé par son fils, décide de créer une société anonyme : les statuts de la S.A. du Grand Bazar de Lyon sont déposés le 23 février 1886 chez le notaire Chardenet. Le conseil d´administration comprend, outre Henry Perrot, Jean Tresserre, Paul Perrot (cousin et gendre d´Henry), l´imprimeur benoît Arnaud et le parisien Paul Kahn, futur administrateur des Galeries Lafayette. La liste des articles mis en vente sont énumérés dans l´acte de fondation de la Société : aux articles traditionnels du commerce d´origine (tissus, mercerie, confection) s´ajoutent d´autres produits (jouets, arts de la Chine et du Japon, quincaillerie, articles d´optique et de physique). H. Perrot décide de conserver la différence entre ses deux magasins ; la dénomination bazar du nouvel établissement souligne son caractère populaire.

Des travaux sont entrepris dans le bâtiment : l´intérieur est rénové, les sous-sols aménagés en réserves et l´éclairage électrique installé. Des encarts publicitaires insérés dans les journaux lyonnais annoncent l´ouverture du Grand Bazar de Lyon pour le jeudi 28 octobre 1886 ; l´ouverture aura finalement lieu le 8 novembre.

En 1892, la direction envisage d´aménager les sous-sols pour accueillir les banquettes extérieures. Devant l´augmentation des besoins en marchandises, un entrepôt est loué rue Vendôme (3e arrondissement).

A la même période, la municipalité lance l´aménagement du quartier Grolée. Le conseil d´administration du Grand Bazar jette son dévolu sur l´îlot M, situé de l´autre côté de l´église Saint-Bonaventure, vers le Rhône, pour édifier un nouveau magasin. Mais les travaux traînent et en septembre 1893, le conseil d´administration abandonne ce projet et décide d´agrandir les sous-sols du magasin (en 1895, c´est un autre magasin qui ouvre sur l´îlot M, Les Grands Magasins de Nouveautés E. Sineux et Cie qui deviendront en 1902 Les Grands Magasins des Cordeliers).

A la fin du siècle, le Grand Bazar se modernise : aménagement des sous-sols, ouverture de l´entrepôt rue Tupin dont l´étage est transformé en dortoirs pour le personnel, l´ancien dortoir au-dessus du magasin étant devenu trop exigu. La direction crée une caisse de secours et de retraite.

La société est en pleine expansion. En 1906, le Grand Bazar utilise les services de la Société Lucain Frères pour ses livraisons en automobile, avec un véhicule marqué Grand Bazar. En 1912, le magasin présente une salle de bains en démonstration, organise des « ventes réclame », fait imprimer un timbre publicité à l´occasion de l´exposition internationale de Lyon.

Le directeur Fernand Pariset fait surélever le magasin, par les architectes Joseph Bissuel et Joseph Chantres : la surélévation de 4 m est acceptée par la Ville, car la nouvelle hauteur du bâtiment (18 m et 21 m 50 avec les combles) reste inférieure au maxima (22m 85 pour les façades et 26m 85 avec les combles) fixé par le traité de 15 février 1854 sur la construction de la rue Impériale (AC Lyon. 344 WP 052).

La même année, la direction fait construire un monte-charge électrique au 38 rue Tupin (AC Lyon. 344 WP 056).

Pendant la Première Guerre mondiale, la direction crée un service de camion-bazar sur le front de l´Est et à Saint-Nazaire pour les bases américaines ; elle ouvre, en juillet 1916, un comptoir à Salonique (Macédoine), puis un autre à Corfou ; ils fermeront respectivement en septembre et avril 1920.

Après la guerre, F. Pariset poursuit l´expansion du magasin : le Grand Bazar s´étend sur pratiquement tout l´îlot voisin, 41, 43, puis 39-37 rue de la République, 25-29 rue Ferrandière, 35 rue Tupin. Des galeries souterraines, la plupart consacrée à la vente, relient le magasin principal à ses annexes. En 1921, Pariset projette de construire une passerelle au-dessus de la rue Tupin et en confie le projet aux architectes Joseph Bissuel et Henri Joulie (AC Lyon. 922 WP 1097) qui prévoient un corps de passage en ciment armé, fer et dalles de verre de 18 m de large (doc. ). La municipalité refuse le permis de construire. En 1926, le magasin est de nouveau surélevé : J. Bissuel le dote d´une nouvelle toiture, ce qui fait avec les sous-sols, le rez-de-chaussée et les quatre étages, six niveaux de vente qui accueillent également un salon de thé, puis un bar et un restaurant.

Dès 1919, des représentations et des expositions étaient organisées au 4e étage ; à partir de janvier 1925, le 3e étage est consacré aux appareils ménagers, et les nouveautés sont présentées en démonstration durant 15 jours tous les ans.

Mais le magasin souffre de son gigantisme. Les locaux, trop importants, nécessitent un personnel nombreux ; la comptabilité occupe le quart de ce personnel, et le chiffre d´affaires reste au niveau des années 1910-1914.

Les premières mesures adoptées par Pariset sont d´abord la restriction du personnel et la réduction des dons aux oeuvres. En 1935, il propose de diversifier les sociétés : la Société lyonnaise d´Entrepôts et de Manutention, installée à Vaise, rue du Bourbonnais, concentre la gestion de tous les dépôts du Grand Bazar ; la Société anonyme de Gérance des Magasins Ferrandière-Tupin exploite les comptoirs situés au sud du magasin principal. Mais le déclin se poursuit, les dépôts et comptoirs sont progressivement fermés, les entrepôts sont réduits à ceux de la rue Tupin et les deux sociétés nouvellement créées sont dissoutes. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le Grand Bazar a retrouvé sa taille d´origine, avec un magasin 31 rue de la République et des entrepôts, rue Tupin, communiquant par une galerie sous la rue.

Dans les années 50, le Grand Bazar est affilié à la centrale d´achat Prisunic du groupe Printemps. En 1997, il est racheté par Monoprix.

Le bâtiment vieillit mal et ne peut s´adapter ni aux normes de sécurité, ni aux normes d´exploitation. Sa démolition, arrêtée en 2004, commence en juillet 2005. Après les fouilles réalisées pendant l´hiver, la construction du nouveau bâtiment, selon le programme de l´architecte Jean-Pierre Buffi et du cabinet P. de Fouchier, a commencé : immeuble, en verre et métal, de 5 niveaux sur 5 niveaux de parking.

AppellationsGrand bazar
Dénominationsmagasin de commerce
Aire d'étude et cantonLyon Urgences
AdresseCommune : Lyon 2e
Adresse : 31 rue de la, République , 38 rue
Tupin
Cadastre : 1999 AD 82, 79, 80, 107 partie est, 106

Le magasin A la Ville de Lyon est ouvert en 1860 par Jean Dabonneau. C'est un édifice d'un étage carré sur sous-sol. En 1885, le magasin est racheté par Henry Perrot qui fonde la SA du Grand Bazar de Lyon. Il rénove l'intérieur, transforme les réserves du sous-sol en espace de vente et installe l'éclairage électrique. A la fin du siècle, l'entrepôt de la rue Tupin est ouvert et des dortoirs pour le personnel sont aménagés au-dessus. Jusqu'à la guerre de 1914, le magasin est en pleine expansion, aménageant des espaces de ventes dans l'îlot voisin au nord. En 1912, les architectes Bissuel et Chantres surélèvent le bâtiment d'un étage ; en 1926, J. Bissuel ajoute un nouvel étage et transforme la toiture. L'activité déclinant, les comptoirs de vente de l'îlot, ainsi que ceux du sous-sol, sont abandonnés. Dans les années 1950, le Grand Bazar est affilié aux magasins Prisunic, puis en 1997 racheté par Monoprix. La démolition du magasin, qui ne répondait plus aux normes de vente et de sécurité, est effective en août 2005. Un nouveau bâtiment de bureaux et commerce (dont l'enseigne Monoprix) est en cours d'après le projet de l'architecte Jean-Pierre Buffi et du cabinet P. de Fouchier.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1856, daté par source, daté par travaux historiques
1912
1926
Auteur(s)Personnalité : Dabonneau Jean commanditaire
Personnalité : Perrot Henri propriétaire
Personnalité : Pariset Fernand propriétaire
Auteur : Bissuel Joseph architecte

Le magasin est édifié sur un îlot délimité par les rues de la République, Tupin, Grolée et la place des Cordeiliers au nord. Il est construit sur un sous-sol qui s'étend en-dessous de la rue Tupin sous l'îlot voisin au nord. Les anciennes communications vers les rues de la République, Ferrandière et Grolée sont condamnées. Le sous-sol est plafonné sous le magasin et sous la partie orientale le long de la rue Grolée et voûté en berceau à lunettes le long de la rue de la République. Le magasin est construit sur une structure métallique avec des planchers en dalles de verre. Rez-de-chaussée et 1er étage sont occupés par les espaces de vente, 2e et 3e étages par des bureaux et réserves. Le 3e étage (charpente métallique) forme lanterneau au-dessus de la toiture.

Murscalcaire
béton
métal
enduit
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toitciment en couverture, verre en couverture
Étagessous-sol, 2 étages carrés
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier en équerre en maçonnerie
Autres organes de circulationsmonte-charge
États conservationsdétruit après inventaire
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Les équipements techniques du Grand Bazar

    Les équipements techniques du Grand Bazar

    Ensemble situé dans la salle des machines du sous-sol :

    - Compresseur et alternateur des Ets Aubry et Simonin, type 710/4, couplés avec un moteur Berliet diesel système 'M', type MS 640 / A et une pompe Robert Bosch (fig. 50)

    - Machine Sprinkler (lutte contre les incendies) de l'entreprise Danto Rogeat, 26 rue Victor-Lagrange, 69007 Lyon (fig. 51)

    - Deux climatiseurs-compresseurs A et B, par Carrier / France. Modèle SRQ 022 A 203 EE, année 1993. Origine : 01 120 Montluel sous licence Carrier Corporation Etats-Unis d'Amérique (fig. 52, 53)

    - Pompe à eau glacée par Carrier (fig. 54)

    - Monte-charge Otis, 1912 (AC Lyon. 0344 WP 056)

  • Chariot de manutention

    Chariot de manutention

    Plaque rapportée : Chariot H. C. Slingsby / Chariots, diables, brouettes / Lyon, pl. Ed. Quinet / Paris 22 rue Chabrol / Lille / Marseille / Bobigny / 75 rue Jacques-Giflée 96 rue d'Italie av. P. Vaillant-Couturier.

    Chariot en bois, métal et fer forgé, à quatre roues, 2 fixes sur les côtés, et une mobile à l'avant et à l'arrière fixée sur un axe transversal.

    H=90, 5 cm ; L=113 ; la = 64, 5 cm (fig. 67, 68)

  • ANDRE, Gaspard. L´oeuvre de Gaspard André. Lyon : A. Storck et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1898,

    ANDRE, Gaspard. L´oeuvre de Gaspard André. Lyon : A. Storck et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1898, Fontaine de la place des Jacobins, pp. 15-44, pl. 18-20.

    Extraits d´une notice écrite par G. André lui-même, et qui contient, sous la forme pittoresque qui lui était propre, l´historique et la critique du monument. André faisait partie, sous le pseudonyme de Joannès Mollasson, de l´Académie du Gourguillon, qui réunit quelques personnalités particulièrement attachées aux choses locales. Joannès Mollasson y constituait la section archéologie. Ce titre, il suppose l´avoir légué à son petit-fils, et, dans les pages qui suivent, il lui fait faire une étude humoristique de tout ce qui a trait à sa fontaine, à l´occasion du centenaire de son inauguration.

    p. 35, note 1 : Une maison de crédit, voulant son hôtel en face du Palais du commerce, avait cru devoir, pour faire honneur à ce voisinage, projeter une construction d´aspect monumental. Les façades proposées avaient obtenu le meilleur accueil de l´administration municipale ; mais lorsque le projet fut soumis à la voirie, celle-ci imposa l´abaissement des parties qui dépassaient la hauteur réglementaire, et le voyer-chef exigea de plus le relèvement de celles restées au-dessous de cette hauteur (absolument historique) ! Le projet de construction de cet hôtel ayant été abandonné, il ne fut pas réclamé contre cette injonction, qui nous laisse rêveur (Il s´agit, dans cette note, du projet qui fut demandé à G. André, par le Crédit lyonnais pour l´installation de ses bureaux dans les bâtiments où se trouve actuellement le Grand Bazar de Lyon).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon. 0344 WP 047. Voirie urbaine. Permis de construire administratif : construction d'un dallage dans un immeuble rue Tupin et rue Grolée pour la Société du Grand Bazar de Lyon. 1911

    AC Lyon : 0344 WP 047
  • Arch. mun. Lyon. 0344 WP 052. Voirie urbaine. Permis de construire administratif : exhaussement d'un immeuble rue de la République, place des Cordeliers et rue Tupin pour la Société Anonyme du Grand Bazar de Lyon, par Bissuel, architecte. 1912

  • Arch. mun. Lyon. 0344 WP 056. Voirie urbaine. Permis de construire administratif : construction d'un monte-charge, 38 rue Tupin, pour le Grand Bazar de Lyon. 1912

  • Arch. mun. Lyon. 922 WP 1097. Projet d'établissement d'une passerelle au-dessus de la rue Tupin par la sté anonyme du Grand Bazar, pour relier les magasins. 1921

Documents figurés
  • Grand Bazar de Lyon. Passerelle rue Tupin. Avant-Projet / J. Bissuel, H. Joulie, [1921]. Plan de situation, plan du 1er étage. Pap., impr. 1 : 500. 30,4 x -62,5 cm (Arch. mun. Lyon. 922 WP 1097)

  • Grand Bazar de Lyon. Passerelle sur la rue Tupin. Avant-Projet. Vue de la rue de la République / J. Bissuel, H. Joulie, 15 février 1921. Pap., impr. 1 : 100. 41 x 42 cm (Arch. mun. Lyon. 922 WP 1097)

  • Grand Bazar de Lyon. Passerelle rue Tupin. Coupe / J. Bissuel, H. Joulie, [1921]. Pap., impr. 1 : 100. 40,2 x 35 cm (Arch. mun. Lyon. 922 WP 1097)

  • Grand Bazar de Lyon. Vue perspective de la passerelle / J. Bissuel et H. Joulie, 1921. Pap., mine de plomb. 23 x 16,8 cm (Arch. mun. Lyon. 922 WP 1097)

  • Lyon. Grand Bazar de Lyon. Carte postale / B. F., Paris, [fin 19e siècle] (BM Lyon. Vidéralp 1483)

  • Lyon. La place des Cordeliers. Vue d´ensemble. Carte postale / LL, [fin 19e siècle] (BM Lyon. Vidéralp 1451)

  • Le Grand Bazar, en 1921. Vue depuis le sud-ouest. Photogr. (Arch. mun. Lyon. 922 WP 1097)

  • Lyon. Le Grand Bazar. Carte postale, [3e quart 20e siècle] (BM Lyon. Vidéralp 1484)

Bibliographie
  • Le Grand Bazar de Lyon de 1886 à nos jours / Françoise Loisel, Christophe Matrat, Sophie Lacour. Lyon : Charvet impr., 1990. 60 p. : ill. ; 24 x 25 cm

  • BEAU, Anne-Sophie. Histoire de la "non-qualification" des salariées du grand commerce français du 19e siècle aux années 1970. http://www.printemps.uvsq.fr/Com_beau.htm

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