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Maison du Grand-Thunes, puis bâtiment central du couvent des carmes déchaussés

Dossier IA69007204 réalisé en 2014
Destinationschoeur, bibliothèque, bureau
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonLyon Urgences
AdresseCommune : Lyon 5e
Adresse : 2 chemin de
Montauban
Cadastre : 2012 AB 30 ; 1831 R 236

Le bâtiment central du couvent des carmes déchaussés parait s'être élevé sur l'emplacement de la maison dite du Grand Thunes, antérieure au couvent, si l'on en juge par le dessin du plan scénographique de Simon Maupin en 1659 qui montre la nef de l'église construite dans le prolongement de la maison. Les Annales des carmes déchaussés de France de Louis de Sainte-Thérèse rapportent au sujet de cette maison que "dans les fenêtres du second étage, où on fit l’église, le chœur, l’oratoire et la sacristie, l’histoire de la Vierge et de saint Joseph était peinte aux vitres et que dans icelle il y avait deux personnages vêtus à la manière de nos religieux qui cheminent, vu que derrière leur capuce qu’ils avaient en tête, ils avaient un chapeau qui tombait derrière leurs épaules". La maison comptant au moins deux étages possédait deux escaliers en vis, dont l'un a été réemployé en 1650 pour desservir l'étage du logement du portier.

Le grand escalier droit rampe-sur-rampe ("le degré du cueur servant à laditte sale, cour et au cloistre pour monter aux dortoirs") est élevé au cours de la campagne de construction des bâtiments conventuels de l'aile nord en 1650-1651 par les frères Pierre, Françoys et Sébastien Baillond, maîtres-maçons et par Jean Allemand, maître-charpentier. Les portes, marches et plate-formes de l'escalier ainsi que le décor de pilastres des portes et du noyau, en pierre dure de Saint-Cyr, sont fournis par François Buy, tailleur de pierre de Saint-Didier et Saint-Cyr au Mont d'Or. Entre l'ancienne maison de Thunes et le corps de bâtiment neuf accueillant l'escalier, couvert d'un toit à quatre pans en tuiles creuses, vient s'intercaler un étroit corridor, couvert d'un plancher à la française sur deux niveaux ("une allée le long de la muraille du cœur de la largeur de quatre piedz dans œuvre et de longueur vingt cinq à vingt six pieds"). Le rez-de-chaussée, immédiatement adossé au chevet de l'église avec lequel il communique par deux portes, devient le chœur des religieux, où les frères s'assemblent pendant les célébrations pour chanter la messe (dit aussi "chœur d'en-bas"). Le premier étage, appelé "chœur d'en-haut", est déjà doté de boiseries en 1679. Nicolas Blanchard dit Carpentras, maître menuisier, qui avait précédemment réalisé les boiseries des Augustins, est alors chargé de boiser le chœur d'en bas sur le modèle des boiseries du chœur d'en haut. Par la suite, le bâtiment est surélevé à plusieurs reprises au 17e siècle. En 1664, Sébastien Baillond et Estienne Symon dit Terman sont chargés de l'achèvement de la bibliothèque au deuxième étage ("Oultre quoy ils désirent faire la bibliothèque ja commencée sur le grand degré en sus le chœur de leur eglize"). Plus tard, la bibliothèque est transférée au troisième étage après une nouvelle surélévation (campagne de travaux non identifiée de 1679 ?). Le grand escalier ne comptant que deux révolutions, une volée d'escalier courbe desservant uniquement la bibliothèque à partir du couloir du deuxième étage doit être aménagée dans l'épaisseur du mur au moment de la construction de l'aile sud du cloître en 1684 par Claude Bonnet maître maçon, qui est également chargé du carrelage de la bibliothèque. Le plancher intermédiaire entre le premier et le deuxième étage est ensuite supprimé, vraisemblablement au 18e siècle, pour donner plus de hauteur au chœur d'en-haut où d'importants travaux de décoration sont conduits en 1742-1743 (plafond en fausse voûte décoré de stuc exécuté par Jacques Rollet, entrepreneur, confection d'un placard et de deux croisées par Claude Ray, maître menuisier, boiseries et sièges sur trois murs accueillant 10 tableaux de Sarrabat). De ce fait, le couloir du deuxième étage reliant le grand escalier et l'escalier de la bibliothèque ne dessert plus aucune pièce de plain pied. La grande bibliothèque est dotée au milieu du 18e siècle de boiseries remarquables, transférées au Palais Saint-Jean entre 1800 et 1803. Vers 1860, dans le cadre de la campagne de réhabilitation accompagnant la restauration des carmes déchaussés, la bibliothèque est agrandie par extension au-dessus du corridor d'accès au clocher et du grand escalier. L'ensemble du bâtiment agrandi est alors couvert par une toiture à quatre pans.

Ce corps de bâtiment connaît peu de modifications d'usage en 1907-1912 au moment de l'installation des archives départementales : le rez-de-chaussée est affecté à la salle de reliure, la grande pièce du premier étage devient le bureau de l'archiviste, et celle du deuxième étage la bibliothèque. La démolition de l'église, adossée au mur est, permet l'ouverture de croisées sur cette façade et améliore la luminosité des pièces. Dans le bureau de l'archiviste, le plafond du 18e siècle et les boiseries du 19e siècle sont conservées, à l'exception de celles qui couvraient le mur est percé de deux nouvelles croisées ; le parquet en revanche doit être refait à neuf en bois de chêne. Mais les travaux font apparaître l'incohérence des structures du bâtiment, dues à son agrandissement progressif. Louis Rogniat indique ainsi dans son mémoire justificatif de 1911 que les "murs étaient ouverts en deux parties dans le sens de leur épaisseur et sur divers points d’inégale épaisseur et en faux aplomb les uns sur les autres" et signale le manque de cohérence entre le troisième étage, surélevé pour partie au 17e siècle et pour partie au 19e siècle, avec les étages inférieurs : "il a fallu en outre relier la partie supérieure de ce bâtiment, qui s’élève à plus de vingt mètres de hauteur et repose sur des bases formées de vieilles maçonneries de très mauvaise nature par une double rangée de ceintures métalliques et différents blindages". De ce fait, la charpente en bois a été remplacée par un comble métallique afin de limiter les poussées sur les murs fragilisés. La bibliothèque fait l'objet d'un aménagement à neuf, conçu par Louis Rogniat en 1907 : revêtement de sol en pavés de ciment coloré (losanges en damier jaunes et rouges), boiseries de la bibliothèque créées sur modèle spécial ("tablettes au pourtour de cette pièce, moulure de couronnement sur rive de tablette haute, plinthe dans le bas avec supports en dessous de la tablette, 21 600 supports de tablette en bronze, modèle spécial"), dont l'exécution est reportée à 1910. Le chœur des religieux est dégagé et mis en valeur comme espace de circulation et de détente en 1977, dans le cadre de la réhabilitation du cloître.

Période(s)Principale : limite 16e siècle 17e siècle , (?)
Principale : 3e quart 17e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 17e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 18e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates1650, daté par source
1684, daté par source
1742, daté par source
1907, daté par source
Auteur(s)Auteur : Baillond Pierre
Pierre Baillond

Frère de Sébastien et François Baillond, ou Bailloud


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maître maçon attribution par source
Auteur : Baillond Françoys
Françoys Baillond

Frère de Sébastien et Pierre Baillond ou Bailloud


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maître maçon attribution par source
Auteur : Baillond Sébastien
Sébastien Baillond

Frère de Pierre et François Baillond ou Bailloud


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maître maçon attribution par source
Auteur : Allemand Jean maître charpentier attribution par source
Auteur : Buy François tailleur de pierre attribution par source
Auteur : Bonnet Claude maître maçon attribution par source
Auteur : Rollet Jacques maçon, stucateur attribution par source
Auteur : Rogniat Louis architecte départemental attribution par source

L'édifice se présente comme un corps de bâtiment de plan rectangulaire, couvert d'une toiture à longs pans et croupes, mais sa distribution intérieure très irrégulière témoigne de l'hétérogénéité des différentes parties qui le composent. Au nord, un imposant escalier rampe-sur-rampe en pierre, à deux volées droites, distribue trois niveaux du couvent. En soubassement, il rejoint les galeries inférieures de l'aile nord du cloître et dessert une petite cour intérieure ; il ouvre sur la galerie est du cloître au rez-de-chaussée, au premier et au deuxième étages. Le mur-noyau est décoré de pilastres toscans à chaque niveau, et couronné par une boule de départ en pierre au deuxième étage. La cage d'escalier est couverte par un plafond à solives apparentes au deuxième étage, lequel se prolonge au-dessus du corridor adjacent (ancien corridor d'accès au clocher, prolongé en 1907) qui a également conservé un pavement en tomettes au deuxième étage. La partie sud du bâtiment est occupée par une pièce unique de plan rectangulaire. Au rez-de-chaussée, cette pièce couverte d'une voûte d'arêtes correspond à l'ancien chœur des religieux. Au premier étage, le bureau du directeur des archives, anciennement "chœur d'en haut", se développe en hauteur sur l'équivalent de deux niveaux : la pièce est couverte d'une fausse voûte ornée d'une rosace en stuc, et dotée de rayonnages et placards en boiseries de bois clair sur trois pans de murs, avec une mezzanine desservie par un escalier en vis en charpente. De ce fait, le deuxième palier de l'escalier rampe-sur-rampe ne donne accès qu'à la galerie dominant le cloître, à l'extrémité de laquelle un escalier droit à une seule volée courbe entre-murs permet d'accéder au troisième étage. Au troisième étage, la bibliothèque s'étend sur l'ensemble du bâtiment, au-dessus du corridor et de l'escalier. Elle est pavée de carreaux jaunes et rouges, et dotée de deux niveaux de rayonnages sur ses quatre faces. La mezzanine reposant sur des consoles en fonte est desservie par deux escaliers en vis en fonte, identiques aux escaliers de magasinage des dépôts d'archives, son garde-corps est également en fonte. Entièrement enserré au cœur des autres constructions du couvent, ce bâtiment ne possède que deux façades : au nord, seul le dernier niveau, percé de deux fenêtres à meneau et traverse dépasse les constructions adjacentes ; à l'est, la façade dégagée par la démolition de l'église en 1907 est percée de deux portes piétonnes au rez-de-chaussée, et de deux grandes fenêtres à meneaux et traverses sur deux niveaux. La limite de toiture est soulignée par une corniche à modillons.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile mécanique
Étagesrez-de-chaussée, 2 étages carrés
Couvrementsvoûte d'arêtes
fausse voûte en arc-de-cloître

Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
États conservationsbon état
Techniquesdécor stuqué
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesescalier, plafond

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône : 12 H 28. Carmes déchaussés de Lyon : construction des locaux du couvent et de ses dépendances, de l'église et de la muraille ; réparations aux locaux. 1650-1712.

    22 janvier 1651 : Priffait pour la fourniture des portes et marches pour le degré du batiment que les carmes déchaussés font construire du coté du panchant de la rivière de Saone - 22 avril 1651 : Priffait pour tous les ouvrages de charpente pour le corps de logis que les Carmes déchaussés font construire sur le panchant de la rivière de Saone - 3 mars 1679 : Priffait pour le boisage du chœur des Carmes déchaussés au rez de chaussée de leur églize. - [v. 1650] : Thoisage du batiment neuf pour les RR. PP. Carmes deschausser à Lyon. - 1684 : toisage de la massonerie faite par Claude Bonnet dans le couvent des RRPP Carmes déchaussés de la diteville de Lyon AD Rhône : 12 H 28
  • AD Rhône : 12 H 29. Carmes déchaussés de Lyon : décoration et mobilier de l'église, 1650-1712.

    3 septembre 1742 : priffait pour la confection d'un placard et de deux croisées au choeur d'en haut, par Claude Ray maître menuisier. Juin 1743 : estat des ouvrages faits et fournis par Jacques Rollet entrepreneur dans le choeur du premier étage
  • AC Lyon : 310 WP 1281. Contributions directes, biens nationaux, 1791-1815.

    Lettre de l'administration centrale du Département à l'administration municipale du canton de Lyon, division de l'Ouest, du 12 brumaire an V (2/11/1796) demandant la mise en réserve des "boiseries de bibliothèque et marbres précieux qui pourraient être utiles à la Bibliothèque générale" et "le grand marchepied de la bibliothèque des carmes déchaussés"
  • AD Rhône 1 L 889 : Casernement des troupes. Logement des conscrits au claustral des Carmes-déchaussés (an VIII).

    Février 1800 : mise à disposition de la bibliothèque comme appartement pour le commandant du dépôt ; demandes de l'administration du département en vue de préserver les boiseries remarquables.
  • AD Rhône : 4 N 381. Propriétés départementales : Archives départementales. Acquisition et aménagement de l'immeuble sis 2, 4 et 6 chemin de Montauban. 1904-1908.

    24/07/1907 : Nouvelles archives départementales - Devis estimatif des travaux dressé par Louis Rogniat. AD Rhône : 4 N 381
  • AD Rhône : 4 N 382. Propriétés départementales : Archives départementales, travaux d'aménagement, 1908-1934.

    19/08/1911 : réglement définitif des dépenses. Mémoire de Louis Rogniat justifiant les dépassements de devis et imprévus du chantier. AD Rhône : 4 N 382
Documents figurés
  • Plans des bâtiments claustraux des ci-devant carmes déchaussés et des ci-devant capucins du Grand-Forest, destinés à servir de dépôt de mendicité pour le département du Rhône, dressés par le sieur Forobert architecte à Lyon / Forobert. 1792 ?. 4 dess. (plans). (AD Rhône, 1 Pl. 50-53)

    1 Pl. 53 : Plan du troisième étage du bâtiment claustral - montrant la disposition de la bibliothèque avant son extension au-dessus du grand escalier AD Rhône : 1 Pl. 50-53
  • Monastère des carmes déchaussés, état actuel, 24 juillet 1875 / A. Louvier (architecte du département), A. Hirsch (architecte de la ville). 1875. 4 dess. (plans) : crayon, aquarelle. (AD Rhône, 3 PL 536)

    3 Pl. 536p4 : plan du troisième étage - montrant la disposition de la bibliothèque après son extension au-dessus du grand escalier. AD Rhône : 3 PL 536
  • Archives départementales du Rhône, 11 vues extérieures et intérieures / Jules Sylvestre. 1920. 11 photogr. : noir et blanc, 18 X 24. (AC Lyon 1 PH 0419/1-11)

    N° 7 : Vue de la bibliothèque des carmes. AC Lyon : 1 PH 0019/1-11
Bibliographie
  • [Exposition. Lyon, Palais Saint-Jean. 1992-1993]. Le palais Saint-Jean : urbanisme, architecture, ameublement, collections. Catalogue d'exposition : Lyon, Palais Saint-Jean, 1992-1993. Préf. Marie-Félicie Pérez. Lyon : Archives municipales, 1992, 325 p.

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