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Moulin Belleville

Dossier IA74001006 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiéesmaison, moulin, remise
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Annecy
Hydrographiesle), Fier Inférieur Ruisseau de Maraflin
AdresseCommune : Chavanod
Lieu-dit : Belleville Bas
Adresse : 230 route de
Belleville
Cadastre : 0A 1 51, 910, 239, 911, 241, 199, 198, 196, 1108, 1107, 1106

Dans une note de greffe de 1499, le moulin est encore reconnu comme appartenant au seigneur de Menthon qui abrégue le domaine pour Guillaume de Belleville qui laisse progressivement la gestion dudit bien à son fils Jean. La propriété comprend alors une pièce de terre et pré, une pièce de bois, un moulin, un foulon, un battoir alimenté par un bief qui suit le chemin qui va de Pont Verre à Marcellaz. Par acte du 19 février 1743, Monsieur de Menthon donna un bail emphytéotique à Monsieur Bonneville, un moulin bannal dit de Montrottier, avec ses dépendances, moyennant le paiement annuel de 72,15 livres de Savoie et un cens perpétuel et à jamais redevable de huit coupes de froment, dix coupes de blé de moulin, dix livres de riz et deux chapons. Cet acte fut renouvelé par un autre passé le 29 mars 1767, avec les mêmes clauses, et à la charge de payer les lords et vente en cas d´aliénation. Avec la Révolution française, Monsieur Balthazar-Louis-Bernard de Menthon est contraint d´émigré en Allemagne. Ses biens sont vendus au profit de l´état français, en conformité avec la loi du 28 ventose an 4. Le domaine de Montrottier, duquel dépendait le moulin albergé au sieur Belleville, fut vendu par acte de l´administration centrale du département du Mont-Blanc, le 12 floréal an 5, à Messieurs Gabriel Pernat et Nicolas Roze. En 1790, le domaine du château de Montrottier est exploité par Maurice Fournier. M. Gabriel Pernat revendit le fief de Montrottier à quatre horlogers genevois. Monsieur Bénédict Dufour, au nom et comme associé des acquéreurs, prit possession du domaine. Monsieur Belleville continua à servir la rente pendant plusieurs années sur les quittances de Monsieur Dufour ; mais sur le motif que cette rente était attachée à des droits féodaux, il cessa ensuite de la payer. Monsieur Dufour le cita devant le tribunal d´Annecy pour se voir condamner au paiement de la rente. L´arrêté du conseil de la préfecture du Mont Blanc est annulé par décret du 26 mars 1814 et le sieur Belleville est maintenu dans la propriété du moulin de Montrottier et de ses dépendances, conformément au bail emphytéotique, entendu que ledit moulin n´a pas été compris dans la vente faite aux auteurs des sieurs Dufour et consorts. La famille Belleville reste aux commandes du moulin depuis plusieurs générations. En 1851, le père de Louis Jean-Marie Belleville décède laissant un domaine important comprenant des terres et des maisons dans toute la commune. Les neuf enfants se partagent les biens en 1858. A cette date, le meunier décide de moderniser l´usine. En 1906, les moulins Belleville comprennent deux moulins, une huilerie et un battoir disposant chacun d´une chute d´eau allant de 3,80 à 5 mètres. Le débit moyen de l´ensemble de la chute est de 50 litres par seconde. M. Belleville Louis Jean Marie dispose alors d´un moulin à façon développant une puissance totale de 6 chevaux vapeur. Le moulin transformait essentiellement du blé et de l´huile de noix pour les communes de Chavanod, Montagny et Seynod. Le premier bâtiment abrite la maison du meunier et le premier moulin avec une roue; alors que le second moulin, plus important, comporte une roue de diamètre plus conséquent, l´huilerie comporte une roue de diamètre moins important. Edmond Belleville continue l´activité jusqu´en 1950.

Remploi
Période(s)Principale : 4e quart 15e siècle
Secondaire : 3e quart 13e siècle
Dates1499, daté par source

Pour arriver aux bâtiments du moulin, il faut laisser la route de Pont Vert et s´engager sur le chemin des Côtes qui dessine un lacet dans le fond de vallée et constitue l´unique route du secteur. Entre les plateaux de Chavanod et d´Etercy, le ruisseau de Maraflin serpente des coteaux arborés. Venant des marais de la plaine de Treige, le ruisseau animait déjà trois moulins en amont. Les trois roues étaient mues par l´eau du Maraflin dérivée trois cent mètres plus au sud par un bief comportant un aqueduc en pierre. De part et d´autre de la route, les bâtiments du moulin ouvrent sur cette vallée constituant le bourg excentré de Belleville bas. Le domaine comprend trois bâtiments. Contigu à la route, cet ancien moulin, reconverti en maison du meunier, comprend un sous-sol, un étage et un étage sous comble, le tout protégé par un toit à quatre pans avec demi-croupe coiffant chaque mur pignon. Monté sur une première terrasse confortée par des murs de soutènement, le canal s´appuie sur le mur latéral sud-ouest. Si le bief a été comblé, cet aqueduc transformé en garage continue à alimenter le canal de fuite du second moulin qui passe sous la route. Situé en contre bas, sur la troisième terrasse qui descend progressivement en direction du cours d´eau, le premier étage du second moulin est desservi par une passerelle qui conduit directement sur la route. De plan carré, cet édifice se compose d´un sous-sol, d'un rez-de-chaussée et d´un étage sous-comble. Le toit à quatre pans avec demi-croupes sur les murs pignon comporte des pans débordant servant d´abris. Les lucarnes et autres gardes corps en bois s´appuient sur l´armature en bois entièrement recouverte par des lattes de bois qui habillent les façades du dernier étage. Comprenant peu d´ouvertures, la façade latérale sud-ouest supportait l´ancienne roue du moulin. Adossées au mur de soutènement de la maison, les conduites de l´aqueduc descendent en pallier pour former un retour d´angle allant directement au dernier bâtiment. Complètement ouvert, l´ancien battoir se compose de trois murs et d´un toit à un seul pan. L´encoche de la roue est visible sur le mur latéral sud-est. Composée de trois travées, la façade antérieure du bâtiment du moulin donne directement sur le jardin. Les initiales des frères Belleville sont portées sur le linteau en bois de l´entrée principale. Dans l´axe de la porte d´entrée, le tablier de l´ancien pont de bois qui enjambait le ruisseau est encore visible en période d´étiage.

Mursbéton
pierre
bois
enduit
moellon
Toittuile plate
Plansplan régulier
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
croupe ronde
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsbois de jardin
États conservationsremanié

Le moulin et une partie du bief se trouvent en zone NC, il s'agit d'un périmètre correspondant à des zones de sauvegarde d'espaces naturels qu'il convient de protéger en raison de la qualité du site et des paysages ou en raison de risques naturels localisés repérés dans le PLU déposé en Mairie. Liés à la mémoire et à l'histoire de la commune, les bâtiments du moulin Belleville témoignent de l'implication d'une dynastie de meuniers qui a su laisser son empreinte sur l'ensemble de cette commune agricole, d'une qualité paysagère plus ou moins marquée, le moulin structure le paysage d'un fond de vallée. Point de passage obligé car un seul axe de communication dessert ce secteur, la présence de cet élément reste forte.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 11 J 60, Moulin Belleville, jugements. 1730.

Bibliographie
  • Département de la Haute-Savoie, Académie florimontane. CONSTANTIN Aimé, Revue Savoisienne, volume 140. 2000, p 120.

  • Etude sur Challes-les-Eaux, Chamoux, Faverges, Chavanod et Evires, dans l´Essor savoyard. 1960, n.p.

  • France, Société française d´archéologie, Congrès archéologique de France, 123ème Session, Volumes 123-124.Paris : P.S.F.A, 1965. 339 p, p.176.

  • GERMAIN, Michel. JOND, Gilbert. Annecy et son lac autrefois. Montmélian : Fontaine de Siloé, 2000, 256 p. (Collection les Savoisiennes).

  • Journal de Savoie, feuille politique, religieuse, littéraire, Manifeste pour la vente d´immeubles situés sur la commune de Chavanod. Chambéry : Imprimerie de F.R. Platter, 1825,1102 p., p 192

  • MARIOTTE Jean-Yves, Histoire des communes savoyardes : Genevois et Lac d'Annecy. Roanne : Edition Horvath, 1981, 672 p.

  • MAYEUR Jean-Marie, SORREL Christian, Dictionnnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Volume 8. Paris : Beauchesne. 1996, p. 62.

  • NICOLAS Jean, La Savoie au XVIII ème siècle : noblesse et bourgeoisie. Montmélian : Fontaine de Siloé, 2e éd., 2003, 1242 p.

  • SERAND Joseph, Le Château de Montrottier : étude historique et archéologique. Annecy : Gardet et Garin, 1949. 98 p, p.103.

  • SIREY Jean-Baptiste, Jurisprudence du Conseil d´Etat, depuis 1806. Epoque de l´institution de la Commission du contentieux jusqu´à la fin de septembre 1818. Paris : Cour de Harlai, 1818. 572 p, p.532.

  • Société d´Agriculture Histoire Naturelle et arts Utiles de Lyon, Annales de la Société d´agriculture et arts utiles de Lyon. Quatrième série, Tome 7.1875, n.p, p.677.

  • Suisse, Société d´Histoire et d´Archéologie de Genève, Guillaume-Henri Dufour dans son Temps 1787-1875. Actes du colloque international organisé par...Genève : R. Durand éd., 1991. 476 p, p. 30.

  • REGAT Christian, AUBERT François, Château de Haute-Savoie. Saint-Gringolph : Ed. Cabédita, 1994. 193 p.

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