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Moulin Daudens dit Moulin Longchamp puis Usine Bouvard

Dossier IA74000979 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • maison
    • hangar agricole

En 1763, le lot vendu à Monsieur Duret comprenait un moulin à grain, les bézières qui en dépendaient ainsi que le droit d´eau autorisant les prélèvements dans le ruisseau Daudens. Le moulin est alors reconnu d´utilité publique par le gouvernement provincial car il assure le ravitaillement en blé de la commune de Groisy et des paroisses alentours.

Par titre en date du 1er avril 1841, M. Jospeh Duret meunier régularise sa situation, il est autorisé par le roi de Sardaigne à établir au lieu de Longchamp, dans la commune de Groisy, le long du torrent de la Fillière, un nouveau bief sur le ruisseau de Daudens pour alimenter les artifices de son moulin. La mouture du blé se fait à l´aide d´un système des meules actionné par une roue en bois de 3 m 50 de hauteur et de 0 m 60 de largeur. Pendant plusieurs années, le Meunier Joseph Duret ne possède qu´un seul moulin actionné par les eaux du torrent de Daudens réunies à celles du torrent de Bérenger. Les deux anciens artifices ont été emportés par les eaux, c´est ce qui pousse M. Duret a demandé la reconstruction de ces deux canaux, autorisée le 5 avril 1845 par lettre patente du roi. La production annuelle du moulin ne dépasse pas 600 quintaux. Le nouveau bief secondaire qui alimente le moulin de M. Duret est creusé dans la propriété du tavernier Joseph Jacquet qui possède le Moulin Dolay situé plus en amont et dont le canal de fuite se jette dans le premier barrage des moulins Lonchamp. En 1857, le moulin appartient au meunier M. Bouvard François domicilié à Groisy, qui souhaite ajouter une scierie le long du canal d´amenée.

Avant 1889, le moulin Longchamp était alimenté par un bief formant le prolongement du canal de fuite provenant du battoir à chanvre du moulin Dolay situé en amont sur le torrent la Fillière. Le bief traversait le torrent du Daudens sur un canal en planches qui a été emporté par une crue en octobre 1888 entrainant une période de chômage sur un an. Conjointement avec M. Jean Jacques Olagnon propriétaire des moulins Dolay, les frères Claude et Jacques Bouvard, souhaitent rénover le barrage sur le Daudens qui alimente leurs moulins à Longchamp.

Le torrent de la Fillière descend des versants qui dominent la vallée de Thorens pour traverser les communes de Groisy, Charvonnex et Saint Martin pour se jeter dans la rivière du Fier au lieu d´Onnex dans la commune de Villaz. Depuis sa source jusqu´à Groisy, plusieurs moulins son déjà alimentés par les eaux de la rivière dans la commune de Thorens-les-Glières. La dérivation des moulins Dolay et du moulin Longchamp est établie sur la rive droite du torrent de la Fillière et la prise d´eau se trouve sur la commune de Groisy pour alimenter le canal qui descend suivant un axe nord-sud le long de la rive droite de la Fillière.

Parties constituantes non étudiéesmaison, hangar agricole
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Thorens-Glières
Hydrographiesla), Fier Supérieur Fillière
AdresseCommune : Groisy
Lieu-dit : au Plot
Adresse : 10 chemin des
Vernay
Cadastre : 0D 2 24, 2652, 2653, 2651

Le moulin de Dollay et le moulin Daudens dit moulin de Longchamp près du hameau du Plot rattaché à la paroisse de Groisy existent depuis longtemps, en tout cas avant la confection de la mappe de 1730. Le moulin Daudens se situe à 1 km en aval du moulin Dollay. L´usage d´une scie et d´un battoir sont attestés à partir de 1638, le noble marquis Jean-Antoine Sales de la paroisse de Thorens, percevait alors des redevances sur ces artifices. En 1667, le marquis Paul François de Sales, homme de la chambre du roi et capitaine d´infanterie, habitant Annecy continue à percevoir une rente des locataires du moulin. Les artifices de Longchamp restent dans la famille de Sales jusqu´au début du XVIIIème siècle. Par acte du 3 février 1763, M. Pierre Duret cultivateur et ancien locataire des lieux, achète les moulins de Longchamp appartenant aux frères Victor-Amedée-François et Paul-François de Sales, marquis de Thorens près du hameau du Plot. Plusieurs travaux de réfections de la prise d´eau sont entrepris en 1804 pour rectifier le lit du cours d´eau Daudens. En 1837, M. Joseph Duret cultivateur décide de rénover le bief du moulin sans aucune autorisation émanant du pouvoir central de Turin. Les travaux de terrassements et de déboisements réalisés par l´agriculteur ne sont pas sans conséquences sur les propriétés voisines. En 1889, l´usine de Longchamp se compose d´un moulin mu par deux roues en bois de diamètre variables. Afin de mettre fin aux litiges remontant à 1763, relatifs à la prise d´eau réalisée par la famille de Sales, les propriétaires des moulins Daudens dit moulin de Longchamp et Dolay décident par convention de se partager les frais d´entretien du barrage de la prise d´eau situé en amont du moulin Dolay sur la Fillière. Cette décision ne va pas sans créer de nombreux conflits entre les deux camps. Le niveau de la retenue sur le Daudens a été réglementée à 2 m 68. Après les travaux, le nouveau bief de la prise d´eau suivait la rive gauche sur une trentaine de mettre avant d´alimenter les artifices du moulin. Plus en amont, ce canal est destiné à réunir dans leur bief l´eau provenant du canal d´écoulement de la Scierie Olagnon du moulin Dolay à celle des moulins et des battoirs à chanvre. En 1885, la dérivation de la Fillière qui sert à l´alimentation de l´usine de Longchamp est d´abord utilisée par le moulin Dolay qui comprend un moulin, une scierie et un battoir à chanvre, le bief d´amenée à l´arrivée de la première usine se divise en deux parties l´une alimentant le moulin, l´autre la scierie. Autrefois, les canaux de fuite se réunissaient à l´aval de l´usine et toute l´eau dérivée se rendait vers le moulin Daudens. Depuis 1873, le torrent de la Fillière a déplacé son lit et a emporté une partie du canal de la scierie Dolay, privant par la même occasion l´usine Bouvard qui perd de la force motrice. Progressivement les roues du moulin sont remplacées par une turbine hydroélectrique. Le bâtiment du moulin Longchamp est reconverti en minoterie en 1885 et devient l'usine Bouvard. En 2010, le moulin est composé de plusieurs silos à grains destinés à l´alimentation des animaux.

Remploi
Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Dates1638, daté par source
Auteur(s)Auteur : Jean-Antoine Sales ingénieur attribution par source

La minoterie se trouve sur la rive droite de la Fillière à 200 mètres environ à l´aval du confluent des torrents de la Fillière et du Daudens. A cet endroit le dénivelé reste assez contenu et le lit du cours d´eau a su dessiner un plateau qui a permis l´essor de l´exploitation agricole et le développement de moulins. Le bief a en partie disparu en amont de l´ancien moulin mais certains massifs de la prise d´eau sont encore visibles. De l´ancien barrage, il ne reste que deux chutes situées à cinquante mètres d´intervalle. Profitant de sa position centrale à l´intersection des deux axes secondaires, le moulin se trouve à proximité d´un axe nord-sud structurant. Le bâtiment assure l´interface entre une zone industrielle et un espace beaucoup plus agraire. L´ancien moulin de plan carré se compose d´un sous sol, d´un rez-de-chaussée et d´un étage. Si l´enveloppe bâtie extérieure demeure, le bâtiment a subi quelques transformations. Composé de quatre murs gouttes, l´édifice possède un pignon donnant directement sur la rue. Les lattes de bois qui protégeaient les murs pignon sud et nord ont été comblés par des moellons ou des faitages métalliques. Les appareils en maçonnerie demeurent mais des parties des pans de mur ont été enduites par du béton afin d´assurer une étanchéité à l´ensemble. Le mur goutte de la façade est sert d´appui aux silos à grains métalliques qui laissent percevoir les anciens. S´inscrivant dans la tradition savoyarde, le nouveau toit à deux pans dessine deux croupes protégeant les murs pignons. Des silos à grains ont été ajoutés, laissant percevoir les anciennes baies. Les anciens percements se font en fonction des opportunités laissés par l´implantation des anciennes roues hydrauliques. Ainsi, qu´ils soient étroits ou doubles, les contrevents, les devantures, portes et autres agrémentent les murs gouttes sud et nord. De part ses dimensions, le bâtiment constitue un repère dans cette zone de passage.

Mursmeulière
pierre
bois
Toittuile mécanique
Plansplan régulier
Étages3 étages carrés, sous-sol
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsarbre isolé
États conservationsremanié

Le moulin a été transformé en minoterie dans les années 1980 et est encore en activité. Au PLU, le bâtiment se trouve en zone U (zone à urbaniser).

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 8 FS 150, Demande en autorisation pour la construction d'un barrage. 1845

  • AD Haute-Savoie : 10 FS 306, Demande en autorisation d'établir une scierie. 1857

  • AD Haute-Savoie : 10 FS 306, Demande en autorisation pour la construction d'un nouveau barrage. 1840-1845

  • AD Haute-Savoie : 6 S 227, Arrêté préfectoral du 23 avril 1862. 1862

  • AD Haute-Savoie : 6 S 227, Demande en autorisation de construire d'épis sur leur propriété pour rejetter le torrent de la Fillièredans son lit primitif. 1885

  • AD Haute-Savoie : 6 S 226, Demande de consctruction d'épis. 1873

  • AD Haute-Savoie : 6 S 87, Demande d'autorisation pour l'établissement d'une prise d'eau dans le Daudens pour servir au fonctionnement de l'usine de LongChamps des frères Bouvard, meuniers. 1889

Bibliographie
  • BERNARD, Félix abbé, L´abbaye de Tamié, ses granges. Grenoble : Ed. de l´imprimerie Allier, 1967, p.139

    307 p.
  • CHAPPAZ-CHENEVAL, Anne-Marie,Groisy à travers le temps. 269 p.

  • JOANNE, Paul, Dauphiné et Savoie. 1894, p 343

    511 p.
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Assemblée des Pays de Savoie © Assemblée des Pays de Savoie - Mahfoudi Samir