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Moulin de Bourbonge dit usine d'asphalte de Bourgbonge

Dossier IA74001005 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • maison
    • bief
    • bassin
    • remise

Par un acte de société entre M. Montanier Louis de Billac et Chambaz Jacques de Lovagny du 20 juillet 1838, M. Montanier peut réaliser toutes les recherches pour trouver un gisement d´asphalte. M. Le Chevalier Despines, au nom de M. Montanier, s´engage à solliciter à ses frais, auprès du gouvernement Sarde, la concession d´exploiter les-dits minerais. Cette concession est demandée aux noms de Monsieur Montanier et M. Chambaz pour toute l´étendue de la propriété de ce dernier.

Les voies de communication restent limitées dans ce secteur, aussi le gestionnaire de la mine, décide d´emprunter les méandres du Fier pour le transport du minerai jusqu´au Bac de Seyssel. Ainsi les bateaux devaient être chargés à Bourbonge et naviguer jusqu´à Copet dans la commune de Vallières, où l´asphalte était déchargée et expédiée en voitures jusqu´au port de Seyssel. Cet ambitieux projet ne voit pas le jour car les conditions techniques et financières ne permettent pas de réaliser ce réseau de transport de marchandises.

Pour l´octroi des nouvelles concessions autorisées en 1862 par la commune de Lovagny, plusieurs entrepreneurs souhaitent racheter la concession d´asphalte située au nord-est de Bourbonge. Face à ses nouveaux concurrents, M. Alexandre Comte agissant comme tuteur des enfants de M. Boimond qui possèdent un quart de la concession, demande qu´il soit procédé au bornage de la concession Bourbonge pour agrandir l´exploitation le 12 mars 1866. La famille Masse, rentiers de l´Ain, les filles Parrenin ont hérité de Claude Louis Montanier, conseiller maître honoraire à la Cours de Comptes décédé en 1871, de la moitié de la mine de calcaire asphaltique de Bourbonge. En 1860, M. Chambaz fils, héritier de l´un des concessionnaire de Bourbonge, fit un arrangement avec la maison Jouée à Paris pour l´exploitation des terrains supérieurs à l´exploitation de Bourbonge.

A partir de 1896, les autorités craignent les chevauchements de galeries et limitent donc la surface de ces carrières. Par pétition du 15 février 1899, M. Jacques Chambaz, propriétaire d´une partie de la concession d´asphalte de Bourbonge à Lovagny proteste contre l´arrêté préfectoral du 8 juin 1896 qui limite l´exploitation des trois concessions. Plusieurs litiges opposent les trois exploitants aux autorités car étant limitrophes, les trois mines restent interdépendantes en ce qui concerne la prospection et les travaux de galerie. La société anglaise the Limmer Asphalt paving Compagny United, nouveau propriétaire majoritaire de la concession de Montrottier essaye à plusieurs reprises de grignoter le terrain appartenant à la société de Bourbonge.

L´activité cesse progressivement dans la mine de Bourbonge et les galeries de la mine sont reconverties en champignonnière dans les années 1980.

Parties constituantes non étudiéesmaison, bief, bassin, remise
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Seynod
Hydrographiesle bassin-versant du Bourbonge, Fier Inférieur
AdresseCommune : Lovagny
Lieu-dit : Bourbonge
Adresse : 631 chemin rural de
Bourbonge
Cadastre : OB 8 8, 829, 770, 769, 873, 831, 830, 833, 834, 836, 838, 837

Le château de Montrottier est considéré comme l´un des châteaux les plus prestigieux de Savoie. Le premier seigneur connu est Jean qui donne des biens en albergement en 1263. En 1281, Guillaume et Richard de Montrottier vendent le moulin de Bourbonge et le château de Montrottier à Guillaume de Grésy. La famille de Grésy donne la forteresse au duc de Savoie Amédée VIII. Au XVIème siècle, le moulin de Bourbonge est mentionné comme étant la propriété de Jean de Chambouz (1543-1587), qui possède près des châteaux de Montrottier et Chavaroche, un important domaine agricole. Amédée revend la propriété à Pierre de Menthon dont les descendants entretiennent le domaine jusqu´à la Révolution française. Guillaume Chambaz propriétaire de terrains agricoles à Lovagny possède le moulin au début du XIXème siècle. Après son décès, son fils Jacques Chambaz récupère l´ensemble du domaine dont les sources de Bourbonge. La concession des mines d´asphalte Bourbonge est instituée par un billet royal du 19 janvier 1839. Pour desservir l´exploitation, les propriétaires de la mine décident de créer un chemin allant de la mine de Bourbonge à l´ancien château de Pont Vert situé sur la rive gauche du Fier. La concession accordée par le gouvernement sarde en 1839 a été exploitée de façon occasionnelle. Elle a cessé une partie de son activité depuis que la Société de la Compagnie Générale d´Asphalte de Seyssel en est devenue propriétaire pour une part; M. Montanier était aussi un actionnaire de cette compagnie. Par procuration à M. le Commandeur Joseph Marie du 8 août 1853, signée par Claude Louis Montanier, M. Despines, son beau frère, devient mandataire de la concession de Bourbonge. En 1862, la commune de Lovagny décide d´accorder de nouveaux gisements. Messieurs Chambaz et Verdun s´opposent avant 1863 dans l´exploitation d´autres gisements situés au Nord de la concession Bourbonge. Finalement, la société Buttin frères et Chambaz est constituée par acte du 20 mai 1863 et exploite la concession de Montrottier. La famille Chambaz s´appuie sur les parts qu´elle détient de la concession de Bourbonge pour créer cette exploitation concurrente. Dans le bras de fer qui l´oppose à M. Chambaz, M. Verdun décide de s´allier à un autre financeur pour exploiter un gisement voisin. Par décret impérial du 30 janvier 1889, Messieurs Eugène Verdun et René Joly sont autorisés à exploiter une nouvelle concession qui prend le nom de Garde-Bois, placée au nord-ouest de la concession de Bourbonge. Depuis le 1er janvier 1896, M. Jacques Chambaz loue la concession de Bourbonge à M. Gutig. A cette époque, il existe dans la commune de Lovagny, trois concessions contiguës de mines d´asphalte qui sont celles de Bourbonge, exploité par M. Gutig, celle de Garde Bois exploitée par la Société Française d´asphalte représentée par M. Berthod et celle de Montrottier rachetée par la société The Limmer Asphalte Paving Compagny Limited représentée à Lovagny par M. Albini. Par le jeu des alliances ou des divergences entre les très nombreux actionnaires des trois concessions, l´exploitation de Bourbonge finit par être intégrée à la concession de Garde Bois. Par pétition du 20 avril 1929, la compagnie des mines d´asphalte de Gardebois-Seyssel dont le siège social est à Annecy, demande l´autorisation de racheter la concession des mines de Montrottier. Par délibération des assemblées générales extraordinaires des 17 mars et 4 avril 1928, les deux sociétés décident de donner à la société, la nouvelle dénomination sociale de Compagnie des Mines d´Asphalte de Montrotier et de Gardebois-Seyssel. M.M Sydney George Blake et Louis Arsène Reydellet, tous deux administrateurs de la Compagnie des Mines d´Asphalte de Gardebois-Seyssel souhaitent racheter la Société des Mines d´Asphalte de Montrottier Blake et Reydellet. Les deux mines d´asphaltes concurrentes rapportèrent deux tonnes de bitume en 1930 et occupaient encore vingt personnes dans les années 1970, décennies où elles ont cessé leur activité. En 2010, seule l´exploitation de Garde Bois continue l´extraction d´asphalte sous le nom de Carrière Petelat Entreprise.

Remploi
Période(s)Principale : 3e quart 13e siècle
Secondaire : 3e quart 13e siècle
Dates1281, daté par source

En aval d´Annecy, à Lovagny, le Fier a profondément entaillé la roche calcaire pour former un défilé de failles étroites constituant des gorges escarpées. Situé sur la rive droite du torrent, l´ancien moulin Bourbonge surplombe les gorges du Fier. Profitant d´une situation stratégique, les bâtiments adossés à la source Bourbonge se trouvent à environ 1 kilomètre du château de Montrottier, situé plus à l´est rive droite, à 134 mètres de la centrale hydraulique de Chavaroche accrochée aux escarpements des gorges, de l´autre côté du Fier et à 895 mètres des ruines du château Pont Verre. Ouvrant sur un promontoire en pentes douces, le terrain qui enserre le moulin donne directement sur les rives du Fier. L´emprise du moulin et de l´ancien bassin constitue la seule rive du Fier dans le secteur. Car l´ensemble de la concession des mines de Bourbonge affleure du massif calcaire qui forme des falaises escarpées. Filtrée par la roche calcaire, la source Bourbonge alimente deux bassins dans le domaine. Un contigu à la centrale d´appoint qui alimentait la mine d´asphalte en électricité et le second bassin qui alimentait directement les roues du moulin de Bourbonge. La mine industrielle abandonnée comporte entre 7 ou 8 kilomètres de galerie. Le réseau était occupé avant le rachat du domaine par une champignonnière. Un niveau de la mine servait à la culture. Les cinq ou six entrées conduisant dans les galeries ont été murées. De l´ancienne mine, il reste le transformateur électrique, un bassin de pompage à proximité d´un tunnel fermé par une grille en fer et trois puits répartis dans le domaine. Directement desservie par le chemin vicinal de Bourbonge, l´ancienne maison du meunier ouvre sur une vaste terrasse située aux pieds d´un important massif rocheux. Le moulin Bourbonge ainsi que les équipements de la mine se répartissent sur plusieurs terrasses descendant en direction du Fier. L´ancienne grange du moulin a été transformée en maison du meunier puis en maison d´habitation. De plan carré, cette maison comporte un rez-de-chaussée, un étage et un étage sous comble. Côté bassin, la façade antérieure est, s´organise au premier étage le long d´une coursive avec garde corps métallique dessinant un retour d´angle et desservant aussi la façade latérale sud. Face au bassin, le bâtiment s´organise en fonction de sept travées qui rythment la façade principale du bâtiment. Le bâtiment est protégé par un toit à quatre pans débordant. Dans l´alignement du canal de fuite du bassin, un second bâtiment solidement ancré sur des fondations en pierre de taille se compose d´un hangar en bois. Adossé aux murs de soutènement de la terrasse, l´ancien bâtiment du moulin donne directement sur les rives du Fier.

Mursbéton
pierre
enduit
Toittuile plate
Plansplan régulier
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à deux pans
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsbois de jardin, bosquet
États conservationsremanié

L'ensemble du domaine se trouve en zone NCA, il s'agit d'une zone dans laquelle une protection particulière est instituée afin de maintenir l'activité agricole et garantir le caractère agreste actuel. D´une grande cohérence paysagère, le domaine témoigne de l´histoire industrielle et minière de la commune et s´inscrit dans un ensemble de centrales hydroélectriques qui jalonnent les abords du Fier dans ce bassin versant. Répondant d´abord aux besoins du château de Montrottier et appartenant à une famille de rentiers et de meuniers, le moulin a été rapidement transformé en usine pour l´alimentation, en énergie mécanique et électrique de la mine. De cette reconversion, le moulin a su garder son caractère d´origine qui s´intègre parfaitement dans le paysage des Gorges du Fier.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 7 S 10, Extrait du plan cadastral de la commune de Lovagny, exécuté 1732. Déposé aux archives départementales de la Haute-Savoie. 1 : 2374.1860-1884.

  • AD Haute-Savoie : 7 S 10, Plan annexé au procès verbal de bornage des concessions.1860-1884.

  • AD Haute-Savoie : 7 S 10, République française, décret concernant le rachat de la concession des mines d'asphalte de Montrottier, commune de Lovagny, département de Haute-Savoie, 1 : 10 000.1866.

  • AD Haute-Savoie : 7 S 10, Procès verbal de reconnaissance des limites et de bornages des concessions de mines de Montrottier et Garde Bois à Lovagny.1896.

  • AD Haute-Savoie : 7 S 10, Demande en concession des mines d'asphalte dans les communes de Lovagny et de Chavanod.1863.

  • AD Haute-Savoie : 7 S 10, Décret impériale de Napoléon III concédant la concession de mine à Lovagny1869.

  • AD Haute-Savoie : 11 J 622, Croquis du Moulin Bourbonge n.p.

  • AD Haute-Savoie : 11 J 622, Détail estimatif et approximatif de la dépense à faire pour l'établisssement d'un chemin de la mine de Bourbonge au Pont Vert 1853.

  • AD Haute-Savoie : 11 J 622, Acte de Société entre M. Montanier Louis de Billac et Chambaz Jacques de Lovagny.1838.

  • AD Haute-Savoie : 11 J 622, Compte rendu du voyage en bateau acheminant l'asphalte de Bourbonge à Seyssel.1838.

  • AD Haute-Savoie : 11 J 622, Procuration à M. le commandeur Joseph Marie Despine par le commandeur Claude Louis Montanier.1853.

  • AD Haute-Savoie : 11 J 622, Plan réduit au quart de la Mappe de Lovagny et une partie de Sillingy. 1:1000 1838.

Bibliographie
  • BRIQUET Edouard, Recherches sur l´origine des hydrocarbures de la région de Lovagny : détermination de la viscosité au moyen de la porosité d´une roche. Genève : Impimerie P. Richter, 1929. 51 p.

  • DESCOSTES François, Lovagny, Gorges du Fier et Lac d´Annecy : itinéraire pratique, historique et pittoresque. Chambéry : A. Pouchet, 1870. 119 p.

  • France. Administration générale des Ponts et Chaussées et des Mines, Commission des Annales de mines, Annales des mines, partie administrative : volume 8. Paris : Dunod Editeur, 1869. 336 p, p.95.

  • Gaston VARLAN, Edouard VARLAN, L´étanchéité dans la construction. Paris : Eyrolles, 1964. 676 p.

  • NICOLAS Jean, La Savoie au XVIII ème siècle : noblesse et bourgeoisie. Montmélian : Fontaine de Siloé, 2e éd., 2003.1242 p, p 731.

  • SERAND Joseph, Le Château de Montrottier : étude historique et archéologique. Annecy : Gardet et Garin, 1949. 98 p, p.103.

  • REGAT Christian, AUBERT François, Château de Haute-Savoie. Saint-Gringolph : Ed. Cabédita, 1994. 193 p.

  • MARIOTTE Jean-Yves, Histoire des communes savoyardes : Genevois et Lac d'Annecy. Roanne : Edition Horvath, 1981, 672 p.

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