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Usine textile de Tronchine dite Ancienne filature puis usine des frères Agnellet et usine de Chapellerie

Dossier IA74001035 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

En 1843, le site comprend un batteur de neuf cordes avec étirages, lanternes et sept métiers permettant de filer ou de mouliner. L´enterprise prend alors le nom de fabrique. Malgré une activité florissante, la Société Anonyme dite Manufacture de coton de Thônes connaît la faillite suite à un incendie en 1853. Pour pallier à ce manque d´activité, M. Barthélémy André fait tourner une seconde usine qu´il possède aussi à Thônes. C´est l´intervention de la Manufacture Royale d´Annecy qui permet de maintenir sous perfusion cette seconde usine qui fermera ses portes en 1849. Calquant son modèle économique sur la Fabrique Lyonnaise, la grande entreprise commence à sous traiter une partie de sa production profitant ainsi du chapelet des producteurs à façon, qui jalonnent les cours d´eau des Préalpes. Entre 1853 et 1864, l´ancienne filature appartient à M. Avet Joseph. Il utilise en amont de l´usine un battoir à écorses.

Dénominationsusine textile
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Thônes
Hydrographiesle), Fier Supérieur Fier
AdresseCommune : Thônes
Lieu-dit : Tronchine
Adresse : Tronchine Dessus
Cadastre : 0J 9 6, 938, 834, 974, 972, 971, 973, 975, 893, 894, 838, 956, 952, 957, 877, 917, 658, 935, 561, 949, 946, 944

Dans l´ouvrage Métiers d´Autrefois, concernant l´article dédié à la Chapellerie et Bonneterie de Thônes, l´auteur indique que, dans un rapport adressé en 1822 à l´intendant du Genevois, le syndic de Thônes décrit l´activité textile dans le Val de Thônes. Au début du XIXème siècle, deux importants ateliers de tissage s´installent dans le village de Thônes. Certaines sources indiquent que la fabrique de soie à Thônes commence au XVIIème siècle sous l´impulsion de l´industrie lyonnaise. Plusieurs moulinages à soie sont mentionnés rue de la Saône à Thônes. Dans le hameau de Tronchine, le Sieur Missilier établit un moulinage à soie à Tronchine. En 1813, l´établissement est transformé en martinet par M. Bernard Bally. Sur l´emplacement des moulins à soie de Tronchine, Monsieur Jh. François Robert demeurant à Argonay installe en 1828, une nouvelle filature de coton. Une quarantaine d´ouvriers sont alors employés dans cette unité de production. Grâce à la matière première achetée à Genève ou dans le Piemont, les usiniers parviennent à produire en 1830, 140 quintaux de filés de coton. En 1840, la Manufacture Robert commence à se développer. En 1843, l´affaire est vendue au Sieur Bernard Bally. A Tronchine, les frères Agnellet de Saint-Jean-de-Sixt relancent l´activité textile. Les revenus de leur entreprise leur permettent de créer une seconde usine à Tronchine en 1865. Ils rachètent le bâtiment de l´ancienne filature Bally. Par arrêté préfectoral du 15 novembre 1864, les frères Agnellet sont autorisés à construire un nouveau barrage sur le Fier afin d´en dériver les eaux pour alimenter leur usine. Il est demandé aux pétitionnaires de construire un barrage mobile en pierres roulantes. Dans son ouvrage, la Savoie industrielle, V. Barbier indique que MM. Agnellet possède une importante usine textile à Paris. A côté de l´activité de filage et tissage de coton, l´entreprise parisienne fait installer une fabrique de chapeau. V. Barbier indique que les ateliers n´occupaient pas moins de 60 ouvriers, les tissus fabriqués peuvent être estimés à 500 000 mètres, destinés en majorité à la maison de Paris. La broderie sur tulle et la confection de chapeaux de paille occupent une grande partie des ouvriers. A partir de 1875, l´outil de production s´adapte à la fabrication de chapeaux de feutre. En 1893, la Fabrique de Chapeaux et tissage de coton de Monsieur Agnellet Julien dispose d´une chute d´eau d´une hauteur de huit mètres pour un débit de 360 litres par seconde. Cette dérivation permettait de produire 28 chevaux-vapeur. Entre 1865 et le début du XXème siècle, la Manufacture emploie une soixantaine de personnes. La manufacture maintient un cap important jusqu´en 1910. En 1916, l´activité de bonneterie cesse. Par pétition du 14 décembre 1922, les frères Agnellet sollicitent l´autorisation de reconstruire le barrage de l´usine. Entre1923-1924, un second souffle permet de relancer une partie du site mais en 1929, le site ferme et un incendie endommage la charpente en bois du bâtiment principal. Dans les années 2000, le site de Tronchine est reconverti en logements d´habitation et le canal de dérivation constitue le point d´ancrage d´un développement urbain et paysage qui tend à densifier le hameau.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle
Dates1822, daté par source

La dérivation des usines de Tronchine est établie sur la rive gauche du Fier. Elle prend son origine au lieu dit les Iles à 1700 mètres en aval des usines et rejoint le torrent au lieu de Tronchine. A 130 mètres environ, en amont des usines, le bief est aussi alimenté par la résurgence d´une source la Fontaine noire qui se divise en deux bras. Près de cette source, une seconde prise d´eau équipée d´un déversoir et de plusieurs vannes de régulation, grossit le débit des eaux dérivées du torrent du Fier. Le cours d´eau prend sa source sur un point où le Fier dessine une courbe avant d´être rejoint par le torrent du Nom. Au milieu du XIXème siècle, la production se répartissait dans plusieurs ateliers articulés autour du bâtiment principal qui comportait les métiers à tisser. En 1875, cet atelier est complété par la fabrique à chapeaux. A côté, le bâtiment de la teinture occupait plusieurs salariés. Cette usine pensionnat comprend un programme industriel complet allant des unités de production aux logements ouvriers. La dérivation qui alimente l´ancienne chapellerie s´appuie sur la rive gauche du Fier, à 1820 mètres en aval du lieu de Tronchine. L´ancien tènement du site industriel constitue avec le moulin situé plus en amont, le coeur historique et géographique du hameau de Tronchine. Desservi directement par une voie intérieure qui fait la jonction avec la route de Tronchine, le hameau reste en écart par rapport à l´axe principal. Avant d´arriver à l´ancien site industriel, cet axe secondaire dispose de part et d´autre, d´un parcellaire organique progressivement loti par les logements ouvriers ou plus récemment par des logements pavillonnaire ou du collectif. La propriété originelle a fait l´objet d´un projet urbain qui a permis de densifier le terrain pastoral. Depuis toujours, ce site est encerclé par le canal de dérivation et le ruisseau de Fontaine Noire qui constitue une clôture naturelle. Des pans de murs de la clôture en pierre permettent de délimiter le site originel. Sur un tènement de 6531 m², les anciens bâtiments de l´usine textile se déploient sur une plate forme relativement plate comprenant pas moins de six bâtiments. A cet endroit, le canal de dérivation se scinde en deux : un canal souterrain traverse le tènement alors que l´autre canal contourne le site. Composé de plusieurs extensions en appentis, le bâtiment central de production de plan en L dispose d´un bâtiment côté sud qui dessine un retour d´aile autour et clos la cours intérieure. Construits au gré de l´affectation de production, cinq édifices de taille et de hauteur variable complètent le bâtiment d´origine, formant un atelier compact. Dans le prolongement de cet édifice, côté est, un autre bâtiment complète le dispositif de plan en L. Il dispose comme le premier de nombreuses travées. Ces deux bâtiments sont précédés dans leur partie sud par une maison de plan carré, protégée par un toit à quatre pans. En fond de parcelle, plus au nord, et bordé par la confluence des trois canaux, le site ouvre sur un espace plus intime avec un jardin et plusieurs potagers. Une remise d´une longueur importante clôt le site tout en s´appuyant sur les massifs du canal. A ce domaine, il faut ajouter quelques parcelles qui se trouvent de l´autre côté du canal, plus à l´est et qui entourent un bâtiment en forme de L. L´ancien battoir à écorce de la famille Avet demeure mais avec l´accroissement du site, il a été agrandi et a changé plusieurs fois de fonction.

Mursciment
bois
béton
enduit
pierre de taille
Toittuile plate mécanique
Plansplan régulier en L
Étages3 étages carrés
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à deux pans
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsbois de jardin, bosquet
États conservationsremanié

Desservi directement par une voie intérieure qui fait la jonction avec la route de Tronchine, le hameau reste à l'écart par rapport à l´axe principal. Avant d´arriver à l´ancien site industriel, cet axe secondaire dispose de part et d´autre, d´un parcellaire organique progressivement loti par les logements ouvriers ou plus récemment par des logements pavillonnaires ou collectifs. La propriété originelle a fait l´objet d´un projet urbain qui a permis de densifier le terrain pastoral.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 6S180, Barrage de prise d´eau sur la rivière du Fier pour l´alimentation d´une dérivation nécessaire à la mise en mouvement des usines dites de Tronchine (moulins et scierie) de MM. Arthux François et Hyacinthe. 1863

  • AD Haute-Savoie : 6S180, Demande en autorisation pour la reconstruction d'un barrage par les frères Agnellet. 1864

  • AD Haute-Savoie : 36 W 22, aménagements, curage, endiguement, règlement, prise d´eau, barrages : marchés, travaux, rapports des Ponts-et-Chaussées, correspondance (classement par noms de rivières) 1940-1941

Bibliographie
  • Les Amis du Val de Thônes, Chalets, maisons, monuments, villages de la vallée de Thônes : d´hier à aujourd´hui. Thônes : Amis du Val de Thônes. 1981.104 p.

  • Les Amis du Val de Thônes, Métiers d´autrefois dans la vallée de Thônes. Thônes : Amis du Val de Thônes. 1987. 110 p

  • LANTERNIER Pierre, Annecy et son lac. La Balme de Sillingy : Rossat-Mignod. 2000. 48p

  • Les Amis du Val de Thônes, Métiers d´autrefois dans la vallée de Thônes. Thônes : Amis du Val de Thônes. 1987. 110 p

  • Les Amis du Val de Thônes, Histoire locale et traditions : si la vallée de Thônes m´était contée. Thônes : Les Amis du Val de Thônes. 1983. 100 p.

  • CHAPLET Michel, Etude géologique du massif subalpin des Bornes (Haute-Savoie) : relations structurales entre unité des Aravis et Bornes externes dans le synclinal de nappes de Thônes. Chambery : Université de Savoie. 1989. 220 p.

  • Les Amis du Val de Thônes., La vie agricole dans la vallée de Thônes : des origines à nos jours. Thônes : Les Amis du Val de Thônes. 1992. 176 p.

  • POCHAT-BARON François, Histoire de Thônes : depuis les origines les plus lointaines jusqu´à nos jours. Paris : Res Universis. 1992. 435 p.

  • Les Amis du Val de Thônes, Val de Thônes et Aravis : en cartes postales et photos anciennes.Thônes : Les Amis du Val de Thônes. 1998. 199 p.

  • GERMAIN Michel, Thônes et les Aravis autrefois. Montélian : La Fontaine de Siloé, 2001. 184 p.

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