Dossier d’œuvre architecture IA69004080 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, Eglises paroissiales du 20e siècle
Église paroissiale Sainte-Anne de Ménival
Œuvre monographiée
Auteur
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
  • © Ville de Lyon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lyon - Lyon
  • Commune Lyon 5e Arrondissement
  • Adresse avenue de Ménival
  • Cadastre 1999 BC 16
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Sainte-Anne
  • Appellations
    Sainte-Anne de Ménival
  • Parties constituantes non étudiées
    presbytère, parc de stationnement

HISTORIQUE

Le quartier de Ménival est créé dans un environnement rural dans les années 1950. L'érection de la paroisse (fig. 2) accompagne l´urbanisation du quartier. Les aménagements urbains comprenaient un stade encore en fonction aujourd´hui, un centre commercial, une Maison des Jeunes et de la Culture. Le plan masse a été réalisé par l´urbaniste Chrétien et son équipe d´architecte. Charles Delfante, architecte et urbaniste de la Ville de Lyon, a été consulté.

Du fait du contexte économique difficile de l´après-guerre, les premiers plans ont dû être modifiés et diminués pour correspondre aux capacités financières de la nouvelle paroisse. Des annexes ont été supprimées et le presbytère extrêmement simplifié.

Le concours ouvert aux architectes a lieu en 1961, et les constructions commencent par le presbytère édifié dès 1963. La construction de l´église a dû attendre le regroupement des fonds nécessaires. En 1966, les plans sont réalisés et l'édifice érigé à partir de 1967. L'église est consacrée en mai 1968.

DESCRIPTION

Situation et composition d´ensemble

L´église Sainte-Anne est située sur l´avenue de Ménival, au carrefour avec l´avenue du Général-Eisenhower, à la limite de la commune de Tassin-La-Demi-Lune (des. 1). L´église n´est pas orientée, le chevet est au sud. Elle est construite sur un terrain en forte déclivité du nord-ouest au sud-est (fig. 8), accessible par un emmarchement de six marches (fig. 15). Un parking la borde à l´est et au sud.

L´ensemble paroissial, de plan massé, se compose de l´église édifiée sur un plan polygonal à 12 côtés, précédée au nord par un parvis surmonté d´un auvent, et du presbytère, construit à l´ouest, sur un plan en U ouvert vers l´église et séparé de celle-ci par une cour fermée par une grille au nord et au sud (fig. 3, 13). L´accès au presbytère depuis le parvis est dessiné au sol par un cheminement pavé surmonté d´un portique (fig. 17).

Elévations

Du fait du plan à 12 côtés, l´église est presque circulaire et les élévations peu marquées. L´ensemble est couvert d´un toit débordant qui accentue l´impression d´écrasement au sol vers l´avant, alors qu´à l´arrière se dresse une élévation pratiquement aveugle (fig. 11) ; seule l´élévation postérieure de la chapelle de semaine présente un dessin architecturé tant par le travail du béton que par la composition de la baie (fig. 12). Chaque angle du polygone est conforté au sud par des contreforts (fig. 14) et sur les autres côtés par des arcs-boutants (fig. 19) qui contrebutent la charpente. L´entrée principale, constituée de trois portes vitrées séparées par des piliers trapézoïdaux dont la base est formée par le petit côté du trapèze (fig. 22), est surmontée d´un auvent, portant une croix et l´inscription EGLISE SAINTE-ANNE DE MENIVAL (fig. 16).

Le presbytère, d´un étage carré, est principalement ouvert sur l´avenue du Général-Eisenhower (fig. 8).

Matériaux et couvertures

L´église est construite en béton armé dont le coffrage a été particulièrement soigné pour imprimer son relief au béton, tant à l´extérieur qu´à l´intérieur (fig. 21, 25). De plus, contreforts, arcs-boutants et élévation postérieure de la chapelle sont gravés de lignes obliques dessinant des chevrons ou soulignant l´architecture (fig. 14, 19).

Le toit polygonal, couvert de bardeaux d´asphalte, est couronné d´un lanternon en fibre de plastique. La toiture est bordée d´une corniche décorative faisant office de chéneau et de contre-poussée de la charpente (fig. 20).

Intérieur

L´entrée dans l´église se fait par un vaste vestibule vitré, communiquant au sud à l´église et à l´ouest avec la chapelle des fonts baptismaux. Ce vestibule est fermé à l´est par un mur se prolongeant à l´extérieur, orné d´un décor abstrait, dessiné en creux, jouant à la fois sur le graphisme du béton (impression bois et gravures en biais) et sur la couleur (réserves peintes en vert foncé) ; le décor est l´oeuvre de Georges Faure, élève de l´école des Beaux-Arts de Lyon (fig. 22, 24).

L´église, d´une capacité de 550 places, conserve à l´intérieur le plan dodécagonal, rayonnant vers l´autel décentré au sud-ouest (fig. 26, 27). Les bancs convergent vers l´autel, l´entourant sur trois côtés : il est nécessaire de décentrer l'autel, afin que les célébrants aient la majeure partie de l´assemblée en face, tout en restant entourés (Paul Curtelin). Le sol de la nef, en déclivité vers le choeur, et le jeu du couvrement accentuent cette convergence, alors que l´autel n´est surélevé que par un simple emmarchement : Les différentes pentes du sol, qui convergent toutes vers l´autel, matérialisent cette volonté de célébration active et incitent à ce dialogue constant qui caractérise, depuis toujours, la liturgie de la messe (Id.).

La charpente en bois, recouverte d´un lambris, est composée de fermes triangulaires, en lamellé collé, soutenant la couronne de bois supportant le lanternon. L´ensemble dessine une étoile en volume au-dessus de la nef et concentre le regard vers la lumière dorée diffusée par le lanternon (fig. 28 à 31).

Dans cette composition, les chapelles, insérées dans les branches du polygone et de plan irrégulier, occupent une place secondaire. La chapelle de semaine ouvre à l´est par une large cloison vitrée. De faibles dimensions, elle est marquée par la composition architecturale qui enserre le vitrail derrière l´autel (fig. 32, 33; sous-dossier). La chapelle des fonts baptismaux, largement vitrée, est située à l´ouest de l´entrée.

Les fondations de l'église doivent rattraper la déclivité du terrain et le sous-sol reste fonctionnel : il n´est pas utilisé comme salle de réunion ; aucune baie n´en perce les murs, la structure rayonne vers le centre «décentré» de la salle haute et les volumes intérieurs se soumettent à l´élévation principale.

L'église Sainte-Anne est construite en lien avec la création du quartier de Ménival, situé à la limite de la commune de Tassin. En octobre 1961, un concours avec un programme bien défini est organisé par l'Office diocésain des Paroisses Nouvelles. Le presbytère est érigé à partir de 1963 et l'église en 1967, sur les plans de l'architecte Paul Curtelin. En 1968, elle est mise en service et consacrée en mai.

Le parti de plan est un polygone à douze côtés dont le sanctuaire a été décentré vers le sud-ouest. Chapelle, sacristie, baptistère et entrée du presbytère s´insèrent dans les branches du polygone, et sont par conséquent de plan irrégulier. Le presbytère est un bâtiment isolé à l´ouest de l´église, avec un accès communicant entre les deux corps de bâtiment. Bien que le terrain soit en dénivelé (nord-est haut / sud-ouest bas), le narthex est de plain-pied sur la façade nord, tandis que le sol de la nef est en déclivité vers l'autel. Les bancs de l´assemblée des fidèles entourent complètement l´autel, matérialisé par une plate-forme de forme irrégulière accessible par un emmarchement. L´éclairage est principalement assuré par le lanternon situé au faîte du couvrement. Celui-ci est constitué d´une charpente en bois dissimulée par des volumes lambrissés, pénétrant dans le volume de la nef : les fermes de forme triangulaire sur pointe soutiennent une couronne de bois surmontée d´un lanternon en fibre de plastique.

  • Murs
    • béton
    • béton armé
  • Toits
    bitume
  • Plans
    plan centré
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré
  • Couvrements
    • lambris de couvrement
  • Couvertures
    • toit polygonal
    • lanterneau
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • vitrail
    • sculpture
  • Précision représentations

    Le vitrail de la chapelle latérale, de style abstrait, enchâsse le tabernacle.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une association cultuelle

Etude réalisée dans le cadre du repérage des églises du 20e siècle de l'agglomération lyonnaise.

Documents d'archives

  • Arch. dép. Rhône. 2007 W 119. Projets d'urbanisme du quartier de Ménival. Demande de permis de construire. 20 juin 1963

  • Arch. dép. Rhône. 2007 W 119. Projets d'urbanisme du quartier de Ménival. Correspondances. 29 août 1962-24 février 1964

  • Arch. dép. Rhône. 2007 W 119. Projets d'urbanisme du quartier de Ménival. Cahier des charges, Ville de Lyon. Juillet 1963

  • Arch. mun. Lyon. 4M 3CP 134. Dossier de presse. 1964-1979

  • AP Paul Curtelin. Programme de l'église. Office diocésain des Paroisses nouvelles.

  • AP Paul Curtelin.Construire une église pour un nouveau quartier / Paul Curtelin

  • AP Paul Curtelin. Allocution prononcée par l'architecte lors de la consécration de l'église par le cardinal Renard. 11 mai 1968.

  • AP Paul Curtelin. Ste Anne de Ménival. Son symbolisme par ses éléments architecturaux. Interprétation d'un paroissien.

  • AP Paul Curtelin. La symbolique de l'église de Sainte Anne de Ménival / Emile Tabouillot. Bulletin paroissial, septembre 1999, n°54.

Documents figurés

  • AC Lyon. 4 S 191. Plan parcellaire de la ville de Lyon. 1943-1963.

    AC Lyon : 4 S 191
Date(s) d'enquête : 2006; Date(s) de rédaction : 2006
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
© Ville de Lyon