HISTORIQUE
Le quartier de Ménival est créé dans un environnement rural dans les années 1950. L'érection de la paroisse (fig. 2) accompagne l´urbanisation du quartier. Les aménagements urbains comprenaient un stade encore en fonction aujourd´hui, un centre commercial, une Maison des Jeunes et de la Culture. Le plan masse a été réalisé par l´urbaniste Chrétien et son équipe d´architecte. Charles Delfante, architecte et urbaniste de la Ville de Lyon, a été consulté.
Du fait du contexte économique difficile de l´après-guerre, les premiers plans ont dû être modifiés et diminués pour correspondre aux capacités financières de la nouvelle paroisse. Des annexes ont été supprimées et le presbytère extrêmement simplifié.
Le concours ouvert aux architectes a lieu en 1961, et les constructions commencent par le presbytère édifié dès 1963. La construction de l´église a dû attendre le regroupement des fonds nécessaires. En 1966, les plans sont réalisés et l'édifice érigé à partir de 1967. L'église est consacrée en mai 1968.
DESCRIPTION
Situation et composition d´ensemble
L´église Sainte-Anne est située sur l´avenue de Ménival, au carrefour avec l´avenue du Général-Eisenhower, à la limite de la commune de Tassin-La-Demi-Lune (des. 1). L´église n´est pas orientée, le chevet est au sud. Elle est construite sur un terrain en forte déclivité du nord-ouest au sud-est (fig. 8), accessible par un emmarchement de six marches (fig. 15). Un parking la borde à l´est et au sud.
L´ensemble paroissial, de plan massé, se compose de l´église édifiée sur un plan polygonal à 12 côtés, précédée au nord par un parvis surmonté d´un auvent, et du presbytère, construit à l´ouest, sur un plan en U ouvert vers l´église et séparé de celle-ci par une cour fermée par une grille au nord et au sud (fig. 3, 13). L´accès au presbytère depuis le parvis est dessiné au sol par un cheminement pavé surmonté d´un portique (fig. 17).
Elévations
Du fait du plan à 12 côtés, l´église est presque circulaire et les élévations peu marquées. L´ensemble est couvert d´un toit débordant qui accentue l´impression d´écrasement au sol vers l´avant, alors qu´à l´arrière se dresse une élévation pratiquement aveugle (fig. 11) ; seule l´élévation postérieure de la chapelle de semaine présente un dessin architecturé tant par le travail du béton que par la composition de la baie (fig. 12). Chaque angle du polygone est conforté au sud par des contreforts (fig. 14) et sur les autres côtés par des arcs-boutants (fig. 19) qui contrebutent la charpente. L´entrée principale, constituée de trois portes vitrées séparées par des piliers trapézoïdaux dont la base est formée par le petit côté du trapèze (fig. 22), est surmontée d´un auvent, portant une croix et l´inscription EGLISE SAINTE-ANNE DE MENIVAL (fig. 16).
Le presbytère, d´un étage carré, est principalement ouvert sur l´avenue du Général-Eisenhower (fig. 8).
Matériaux et couvertures
L´église est construite en béton armé dont le coffrage a été particulièrement soigné pour imprimer son relief au béton, tant à l´extérieur qu´à l´intérieur (fig. 21, 25). De plus, contreforts, arcs-boutants et élévation postérieure de la chapelle sont gravés de lignes obliques dessinant des chevrons ou soulignant l´architecture (fig. 14, 19).
Le toit polygonal, couvert de bardeaux d´asphalte, est couronné d´un lanternon en fibre de plastique. La toiture est bordée d´une corniche décorative faisant office de chéneau et de contre-poussée de la charpente (fig. 20).
Intérieur
L´entrée dans l´église se fait par un vaste vestibule vitré, communiquant au sud à l´église et à l´ouest avec la chapelle des fonts baptismaux. Ce vestibule est fermé à l´est par un mur se prolongeant à l´extérieur, orné d´un décor abstrait, dessiné en creux, jouant à la fois sur le graphisme du béton (impression bois et gravures en biais) et sur la couleur (réserves peintes en vert foncé) ; le décor est l´oeuvre de Georges Faure, élève de l´école des Beaux-Arts de Lyon (fig. 22, 24).
L´église, d´une capacité de 550 places, conserve à l´intérieur le plan dodécagonal, rayonnant vers l´autel décentré au sud-ouest (fig. 26, 27). Les bancs convergent vers l´autel, l´entourant sur trois côtés : il est nécessaire de décentrer l'autel, afin que les célébrants aient la majeure partie de l´assemblée en face, tout en restant entourés (Paul Curtelin). Le sol de la nef, en déclivité vers le choeur, et le jeu du couvrement accentuent cette convergence, alors que l´autel n´est surélevé que par un simple emmarchement : Les différentes pentes du sol, qui convergent toutes vers l´autel, matérialisent cette volonté de célébration active et incitent à ce dialogue constant qui caractérise, depuis toujours, la liturgie de la messe (Id.).
La charpente en bois, recouverte d´un lambris, est composée de fermes triangulaires, en lamellé collé, soutenant la couronne de bois supportant le lanternon. L´ensemble dessine une étoile en volume au-dessus de la nef et concentre le regard vers la lumière dorée diffusée par le lanternon (fig. 28 à 31).
Dans cette composition, les chapelles, insérées dans les branches du polygone et de plan irrégulier, occupent une place secondaire. La chapelle de semaine ouvre à l´est par une large cloison vitrée. De faibles dimensions, elle est marquée par la composition architecturale qui enserre le vitrail derrière l´autel (fig. 32, 33; sous-dossier). La chapelle des fonts baptismaux, largement vitrée, est située à l´ouest de l´entrée.
Les fondations de l'église doivent rattraper la déclivité du terrain et le sous-sol reste fonctionnel : il n´est pas utilisé comme salle de réunion ; aucune baie n´en perce les murs, la structure rayonne vers le centre «décentré» de la salle haute et les volumes intérieurs se soumettent à l´élévation principale.
Chercheuse au service de l'Inventaire