conservation départementale de Savoie depuis 2012
- enquête thématique départementale, Patrimoine hydraulique des Pays de Savoie
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Pays de Savoie - Bozel
-
Hydrographies
Le Doron ; bassin-versant de la vallée des Dorons
-
Commune
Brides-les-Bains
-
Lieu-dit
Vignotan La Parade
-
Cadastre
2017
C
1181, 1182, 1184, 1185, 1187, 1188, 1189, 1191, 1192, 1193, 1194 (bâtiments), 1167, 1171, 1187, 1182 (chambre de mise en charge et conduite)
-
Dénominationscentrale hydroélectrique
En 1898, la Compagnie générale d’Électrochimie de Bozel envisage de créer un aménagement hydroélectrique pour alimenter son usine de Château-Feuillet située à Petit-Coeur (IA73003928). Pour cela, elle achète des droits de riveraineté et de dérivation sur le Doron ainsi que des terrains appartenant aux communes de Bozel, de Montagny, de La Perrière et de Brides-les-Bains.
En 1899 et 1900, la Compagnie acquiert aussi les droits et les terrains de nombreux particuliers sur ces mêmes communes (FR.AD073, 4Q10823). En 1906 et 1907, des jaugeages quotidiens du torrent sont effectués en vue de l'aménagement appelé "la chute du grand Doron" (hauteur de chute envisagée : 188 mètres).
Le 27 novembre 1913, la Compagnie générale d’Électrochimie de Bozel demande officiellement l'autorisation de dériver les eaux du Doron. Le projet prévoit un barrage mobile un peu en aval du Pont du Fey appelé le Grand Pont. Par délibération du 2 septembre 1917, le conseil municipal de Brides-les-Bains se montre favorable à la construction de la centrale "à l'exclusion formelle de toute autre usine de produits chimiques ou à fumées nuisibles à l'agriculture et à la station thermale". L'autorisation de dériver le Doron est accordée par arrêté préfectoral du 15 avril 1818 avec une échéance de deux ans pour réaliser les travaux. Dans une lettre du 28 juin 1818, la Compagnie sollicite un délai de quatre ans en raison de la difficulté de trouver des matériaux et de la main-d’œuvre dans le contexte d'après-guerre. Le 4 novembre 1919, la Compagnie demande un nouveau délai. A cette date, les travaux n'ont toujours pas commencés. Entre temps, est parue la loi du 16 octobre 1919 sur l'énergie hydraulique dont l'article 2 place sous le régime de la concession les centrales dont la puissance est supérieure à 500 kilowatts, ce qui est le cas de la chute de la Perrière (FR.AD073, S153). Le 24 avril 1924, M.Seynes administrateur délégué de la Société industrielle de produits électrochimiques Bozel-Lamotte (siège : 9 rue de Milan à Paris) demande au ministre des Travaux Publics de transformer en concession l'autorisation accordée le 16 octobre 1919 pour la chute de la Perrière. Dans le mémoire descriptif du projet, il indique que "L'emplacement de l'usine a été choisi en amont de Brides et assez loin de façon à ne pas nuire à la beauté du site et à ne pas gêner la clientèle de cette station thermale." La centrale doit être équipée de 6 groupes de 4000 kW chacun composés de une ou deux turbines Pelton à axe horizontal (FR.AD073, S92). Dans une délibération de séance du 17 mai 1925, la Chambre de commerce affirme "Ce projet fait partie du plan général d'aménagement des chutes d'eau des Alpes françaises, il ne peut donc à ce titre, que recevoir un avis très favorable de la Chambre de commerce, Mais il convient de rappeler une fois de plus, que si notre département est l'un des plus riche de France par la puissance de ses installations hydroélectriques, il est loin d'occuper le rang auquel il a droit pour l'utilisation de l'énergie électrique d'usinage et de transformation" (FR.AD073, S153).
En 1925 la Société Bozel-Malétra et la Société Force et Lumière fondent la Société du Grand Doron (capital : 10 millions de francs, siège social : 5 rue de la Poste à Chambéry, siège administratif : 9 rue de Milan à Paris, président : Louis de Seynes). Bozel-Malétra, apporte à la nouvelle société les études, les plans, les travaux, les devis etc. de la chute de la Perrière (FR.AD073, 4Q10823). L'objectif est de partager l'électricité produite par la centrale entre les usines Bozel-Malétra (Château-Feuillet et le Villard) et le réseau de distribution de Force et Lumière (FR.AD073, S92). La concession de la centrale est accordée à la Société du Grand Doron le 8 septembre 1926 (Journal officiel de la République française, 1926). La centrale est mise en service en 1927. Deux groupes produisent de l'énergie pour la Société Force et Lumière et quatre groupes sont destinés aux usines Bozel-Malétra.
En 1946, la centrale est nationalisée par EDF. A partir de 1976, le service de la production hydraulique lance une vaste campagne de chantier de rénovation de centrales. Dans le cadre de ce programme, la galerie d'amenée et la conduite forcée de la centrale de Vignotan sont remplacées. En 1985, l'usine est entièrement reconstruite au même emplacement. Elle est équipée de deux groupes Francis horizontaux de 18 MVA.
-
Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
- Principale : 4e quart 20e siècle , daté par source
-
Dates
- 1927, daté par source
- 1985, daté par source
La centrale se trouve en rive droite du Doron, juste en aval du Pont des Charmes. Elle a été entièrement reconstruite en 1985. De plan rectangulaire sur un niveau, elle possède une structure métallique avec des murs en tôle. Le toit est en tôle. Le poste de transformation situé à proximité immédiate est construit dans le même style architectural que la centrale.
La prise d'eau qui alimente le site est située au Grand Pont (commune de Bozel). Elle prend la forme d'un barrage en béton de six mètres de haut. Celui-ci est suivi d'une chambre de décantation et d'une galerie d'amenée creusée dans la roche. Elle débouche sur une chambre de mise en charge d'où part la conduite forcée. Cette chambre de mise en charge date de 1928. C'est le seul élément architectural de la centrale d'origine qui est toujours visible.
-
Murs
- métal
-
Toitsmétal en couverture
-
Plansplan rectangulaire régulier
-
Étagesrez-de-chaussée
-
Énergies
- énergie électrique produite sur place
-
État de conservationbon état
-
Statut de la propriétépropriété privée
La centrale se trouve en contrebas du hameau de Vignotan, non loin de l’emplacement d'un ancien moulin (IA73004068).
Jusqu'à la nationalisation de l’électricité, la centrale de Vignotan avait une originalité : celle d'être exploitée par deux sociétés ayant deux types de consommation différentes. En effet, la Société Bozel-Malétra utilisait l'énergie pour les besoins de ses usines tandis que la Société Force et Lumière l'envoyait sur son réseau.
- © Archives départementales de la Savoie
- © Archives départementales de la Savoie
- © Archives départementales de la Savoie
- © Archives départementales de la Savoie
- © Ministère des finances, CIDF, Service du cadastre
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
- © Conseil Savoie Mont Blanc
Documents d'archives
-
AD Savoie : 83S27
FR.AD073, 83S27, Fonds de la Préfecture, Service hydraulique, La Perrière. Affaires diverses (1869-1938). Usines : scierie Chedal-Bornu, et moulin (1861-1866), scierie Chevalier et Chedal B. (Doron, 1869-1870), Chevalier (1879), 1861-1938.
-
AD Savoie : S153
FR.AD073, S153, Fonds de la Préfecture : Transports, Énergie, Service hydraulique. Énergie. Production électrique. Chutes. Concessions : affaires diverses (usine de Feissons-sur-Isère ; chute du Grand-Doron, etc.), 1909-1949.
-
AD Savoie : FR.AD073, S92
FR.AD073, S92, Fonds de la Préfecture : Transports, Énergie, Service hydraulique, Chutes - Perrière (la) - (Aménagement du Doron de Bozel) - Dossier d'enquête, 1919-1948.
-
AD Savoie : 4Q10823
FR.AD073, 4Q10823, Conservation des Hypothèques de Moûtiers, Transcription des actes, Transcription des actes translatifs de propriété d'immeubles, Volume 404, 22 janvier-11 mars 1925.
Article 65. -
AD Savoie : S1383
FR.AD073, S1383, Service des Ponts et chaussées : personnel, entretien du réseau routier, lacs et cours d'eau, service hydraulique et voies ferrées, service hydroélectrique, Demandes et attributions de concessions pour la construction des lignes H.T. : Concession d'une ligne électrique de l'usine de la Perrière à l'usine de Château-Feuillet 1906, 1926-1931.
-
Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 16 novembre 1926.
Bibliographie
-
G.Maurin (dir.), Histoire du service de la production hydraulique 1946-1992, Association pour l'histoire de l'électricité en France, 1995.
conservation départementale de Savoie depuis 2012
conservation départementale de Savoie depuis 2012