Pour la décoration du lycée hôtelier de Chamalières au titre du 1% artistique, le sculpteur Paul Chériau présente à la commission départementale du 16 mars 1979 un projet (voir Annexe) pour lequel il reçoit un avis favorable. Cependant en mai 1979, le maire de Chamalières s'oppose à sa réalisation, arguant du fait que le matériau choisi (du granit de Bretagne) n'est pas une pierre locale.
Le projet est présenté sans remaniement à la commission nationale des travaux d'art du 13 juin 1979. L'architecte maître d'œuvre, Bernard Schoebel, indique que le parti adopté par la décoration a été dicté par les caractéristiques du site et de l’environnement : un terrain étendu et plat bordé de hautes collines, une voie ferrée proche et dans le lointain la vue sur les tours de la cathédrale de Clermont-Ferrand. Il rappelle que M. Chériau a été associé dès le début des études afférentes à la construction à toutes les recherches concernant le modelage de l’espace en tenant compte de la végétation existante. L'intervention de Chériau est ainsi conçue comme un cheminement ponctué de points riches sculptés. Les masses de granit, d’abord de simples blocs seraient de plus en plus taillées et affinées marquant ainsi la main de l’homme. Les éléments seraient à la fois perçus de l’entrée de l’établissement, de la salle polyvalente, du restaurant d’application et de l’extérieur.
La commission ne remet pas en cause ce programme, mais demande que soit revue la forme finale : elle s’interroge sur la qualité plastique des éléments sculptés, certains manquant d’invention formelle, tel le cadran solaire, qui pourrait être supprimé. Elle invite l’artiste à procéder à une nouvelle étude plus convaincante de ces éléments.
Le deuxième projet, présenté en commission nationale le 6 février 1980, reçoit un avis favorable. Il n'est modifié qu'à la marge : le dallage en pierre de Volvic a été supprimé, ainsi que le cadran solaire. L’espace terminant l’intervention d’ensemble a été repensé et doit consister en une sculpture de conception différente, qui formerait une composition unitaire avec un socle et des gradins de même matériau (voir ill. 1 et 2).
Chercheuse au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel d'Auvergne-Rhône-Alpes (2006-...)