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Barrage usine à tisser et Usine Duport puis Usine Duport ou Filature d'Annecy puis des Tissages de Cran

Dossier IA74001012 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • barrage
    • centrale électrique
    • bief
    • cheminée d'usine
Parties constituantes non étudiéesbarrage, centrale électrique, bief, cheminée d'usine
Dénominationsbarrage
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Annecy
Hydrographiesle), Lac d'Annecy Thiou
AdresseCommune : Cran-Gevrier
Lieu-dit : Chevennes
Adresse : 13 avenue des
Harmonies
Cadastre : AR 5 1, 503, 513, 524, 474, 451, 430, 486, 365

Les eaux limpides et claires du Lac d´Annecy et du Thiou poussent bon nombre d´industriels à implanter dans les faubourgs d´Annecy et de Cran (ou de Crans) plusieurs fabriques qui prendront progressivement le titre de Manufacture royale durant le période Sarde. En 1804, une filature de coton se développe à Annecy sous l'impulsion du négociant lyonnais Jean-Pierre Duport. En 1828, la crise économique pousse le nouveau directeur de la Société Duport et Compagnie à créer une autre usine de tissage. Profitant du débit important du Thiou en aval de la cascade de Cran, la manufacture de tissage d´Annecy installe au lieu de Chevênes sur la rive droite du Thiou, une seconde usine en 1829. Un long bâtiment de plusieurs étages est posé sur le bief du barrage, solidement accroché aux fondations. Une immense roue à aubes distribuait l´énergie cinétique à l´ensemble des installations. Entre 1853 et 1856, des turbines viennent se substituer aux anciennes roues. A cette époque, l´usine comprend une turbine du grand tissage actionnée par une chute de 1 mètre 90, une autre roue du petit tissage et une roue du tour. En 1856, les réserves foncières de l´usine sont importantes puisque l´ancien moulin des soeurs de la Petite Visitation fait partie des dépendances du site. Ce moulin comporte trois roues et trois bâtiments. Plus à l´est, à cheval sur l´île, le bâtiment principal comporte la nouvelle turbine. L´ancien moulin des dames de Sainte-Catherine comporte deux machines à vapeur et une roue. Une maison d´habitation complète le domaine. L´usine pensionnat est desservie par l´Avenue de la Manufacture percée dans les années 1820 pour desservir l´îlot. Les dimensions du bâtiment central restent conformes aux autres établissements textiles fondés en France à la même époque. Autour du système de mécanisation propre à l´industrie textile, l´édifice reprend tous les codes architecturaux offrant un ordonnancement austère mais fonctionnel. Une distribution étroite et fonctionnelle qui comporte dans plusieurs niveaux : les machines, le stockage et les logements des ouvrières. En 1879, le site comprend sept bâtiments disposés autour de l'espace de production avec le bâtiment de la turbine, le tissage mécanique, la halle des réparations. Le magasin pour les cotons filés, le retirage, la loge du portier et les lieux d´aisance complètent le dispositif. Une extension fait le lien entre le bâtiment du début du XIXe siècle et la halle en 1917. Tournée côté route, le site comporte alors plusieurs halles formant un vaste atelier de pleins pieds. Le stockage et la centrale thermique sont rejetés en périphérie. Ainsi la cheminée crache sa vapeur côté Thiou, loin des machines. Ce schéma répond aux attentes des industriels du secteur, la production textile reste préservée de toute forme de pollution. Après la Seconde Guerre mondiale, le secteur du textile est en plein effervescence. Dans cette course à la rationalisation les sites de production performants de Grenoble ou de l´agglomération lyonnaise tirent leur épingle du jeu. Ainsi en 1989, après trente quatre années d´inactivité le Tissage de Cran est en partie détruit. Un projet de conquête et de réhabilitation du Thiou est engagé par la municipalité en 1986 avec la réalisation de promenades pour les piétons qui doit relier Cran-Gevrier à Annecy. Parallèlement, une opération d´urbanisme de grande envergure doit permettre le développement de la ville. Le site Chevênes devient la nouvelle centralité de la ville car il constitue un balcon ouvert sur le Thiou. Le projet urbain prévoit un centre ville largement ouvert sur le cours d´eau et centré sur l´ancienne île du barrage. Ce projet doit reprendre la logique du tissu urbain médiéval d´Annecy organisé par rapport à l´eau. Le projet Banlieu 89 comprenait la construction d´un écomusée du tissage et l´implantation du l´hôtel de ville sur l´île remodelée du tissage. En 2010, la cheminée, les différentes prises d'eau et l´ancienne turbine témoignent encore de l´activité textile.

Remploi
Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Dates1730, daté par source

La rénovation du barrage conduit à la création du cercle de l´eau. Ce second canal circulaire qui dessine une courbe entre l´ancienne île et la rive droite du Thiou devait accueillir le nouvel hôtel de ville communal et un écomusée dans le projet de 1989. Trois passerelles relient cette île aux rues et à la place du centre-ville. Entre 1992 et 1993, le réaménagement du barrage des tissages et l´installation d´un dispositif de vannes permettent de réguler les débits de l´eau entre le cercle de l´eau, le lit naturel du Thiou et une ancienne centrale hydraulique dont les installations ainsi que la cheminée de l´ancienne station centrale ont été préservées. En 1955, la filature comporte une chute d´eau brute de quatre mètres pour un débit moyne de 5000 litres/secondes, la puissance brute développée est de 235,4 Kw.

Murspierre
brique
enduit
moellon
Énergiesénergie hydraulique
Jardinslabyrinthe de jardin
États conservationsremanié

Aucun zonage n'est porté sur le PLU 2006 de la ville de Cran-Gevrier. Cette zone est intégrée dans la limite du projet urbain commencé en 2001. Penser comme la nouvelle centralité de Cran-Gevrier avec habitats, zone commerciale et bureaux, l'ancienne emprise de l'usine des tissages comprend aussi un parc autour de la prise d'eau qui acceuille un espace culturel: La Turbine. La prèsqu'île devait aceuillir la nouvelle mairie à la fin des années 1990, début 2000 mais le projet n'a pas abouti. Le secteur subit encore une forte pression foncière puisque de nouveaux immeubles sont en construction rive droite du Thiou complétant un secteur très urbanisé par du collectif.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Généralement implantée dans des secteurs agricoles, les usines textiles peuvent profiter de l´abondance de la matière première. La construction de cette usine « pensionnat » permet de canaliser le Thiou à ce niveau par une île qui forme les contreforts solides d´un barrage régulé par deux canaux de fuite. Ainsi créée, la prise d´eau offre une chute de quatre mètres de dénivellation, soit quatre fois supérieure à celle de la Manufacture de Saint-Claire à Annecy. Pour se faire, les propriétaires décident d´ouvrir un canal sur une parcelle séparant l´ancien battoir appartenant aux révérendes soeurs de la Petite Visitation et les battoirs et moulins appartenant aux révérendes dames de Sainte-Catherine en 1730. Un canal est donc creusé séparant définitivement le bâtiment fondé par les révérendes dames de Sainte-Catherine de la rive droite du Thiou. Ce point d´appui permet l´aménagement d´un déversoir de cent mètres parallèle aux berges. L´action d´une triple vanne permet la régulation du réservoir. En période de crue ce dispositif permet d´évacuer jusqu´à quinze mètres cubes d´eau.

    La Manufacture d´Annecy et Pont décide alors de remplacer le grand tissage par une turbine partielle pour augmenter le nombre de métiers à tisser. Les nouveaux moteurs hydrauliques développent alors une puissance comparable aux trois anciennes roues. Les propriétaires paient alors une redevance annuelle de 22 livres et 50 centimes pour chaque cheval vapeur développé par les nouveaux équipements.

    Dans les années 1860, la modernisation passe par la construction d´un nouveau tissage. De plain pied et éclairé par un système de sheds, cette halle reprend les avancées développées dans les usines textiles européennes. De nouveaux bâtiments complètent le site comme le bureau, le magasin de tissu, la chaufferie, le local de la machine à vapeur, les entrepôts et la maison du directeur. En 1908, le divorce entre la Manufacture Pont de Lombardie et celle d´Annecy est consommé. Le directoire pousse alors à la modernisation des sites d´Annecy et de Cran. Mais c´est surtout l´essor des grandes usines du nord de la France qui fascinent les concepteurs du site. Répondant aux principes de production de son temps, la fabrique se développe, consommant la totalité de ses réserves foncières. Le site originel tourné autour du bâtiment central, laisse place à une grande halle de pleins pieds.

Références documentaires

Bibliographie
  • Blanville E., Chavent Y., L'industrie de l'habillement dans la région Rhône Alpes.. Université de Saint-Etienne : CRESAL, 1980.

  • Déonna H., Une industrie genevoise de jadis : les indiennes. in Genava, 1930. p. 185-246.

  • Devos R., Les maîtres mouliniers de soie d'Annecy au XVIIe siècle. Mémoires et Documents des Sociétés Savantes de la Savoie, 1976, t. XXV, p. 109-121.

  • Duparc P., L'industrie textile à Annecy avant la Révolution.Mémoires et Documents des Sociétés Savantes de la Savoie, Annecy, 1976, t. XXV, p. 123-128.

  • Granpchamp G.,La Manufacture. Annecy Municipal, 1978. p. 13-14.

  • Laeuffer P., La manufacture d´Annecy. Bulletin de l´ESPI, 1999.

  • Molinier M., L´implantation des établissements Duport à Annecy au début du Premier Empire, 1804-1805. TER, 1979.

  • Veyret-Verner G., L´industrie textile dans les Hautes Alpes. Revue de Géographie Alpine, 1939. p. 625-646.

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