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Grenier à sel et halle à blé et farine

Dossier IA69004492 réalisé en 2010

Fiche

  • Impression

Á rapprocher de

HISTORIQUE du grenier à Sel, quai Tilsitt

En France, le commerce du sel est régi par une loi du 22 août 1791 puis par un décret du 11 juin 1806. Cette même année, une circulaire annonce que « le commerce de Lyon a été instruit que par une faveur particulière accordée aux entrepôts de Paris, Orléans et Cambrai, l´impôt sur les sels livrés à la consommation (...) (est de) 15 francs le quintal métrique ». Dans une lettre du 4 juillet 1806, le préfet du département écrit au maire de la Ville de Lyon, le Baron Rambaud, que « cet entrepôt ne pourra être organisé que lorsque la Ville aura fourni des magasins propres à recevoir les sels que les négociants voudront faire venir (...) le prix du loyer sera acquitté sur les frais de magasinage auxquels seront soumis les propriétaires des sels qui y sont entreposés (...) le bâtiment de l´Arsenal conviendrait à la destination proposée ». En 1819, on envisage donc de faire construire un bâtiment spécialement conçu pour entreposer le sel. En effet, il existait déjà des magasins au nombre de 74 disséminés dans la ville et éloigné du « bâtiment de l´arsenal consacré par l´article 40 de la loi du 30 avril 1806 au service des entrepôts de la ville de Lyon laisse un espace suffisant pour la construction dont il s´agit. Il conviendra d´examiner si on peut adosser le magasin de sels à ceux actuels des denrées coloniales ou si il ne serait pas préférable de les faire dans la partie opposée du côté de la rue Martin ». En 1821, le projet est confié à l´architecte de la Ville, Louis Cécile Flacheron. Mais avant la construction, il convient d´avoir l´aval du ministre de l´Intérieur via le Conseil des Bâtiments Civils qui accueille plutôt mal le projet de l´architecte lyonnais et lui transmet les plans de Louis-Pierre Baltard qui a réalisé le grenier de Paris afin que ceux-ci lui soient donnés « non comme un modèle à imposer mais comme programme aux données duquel il aurait à satisfaire dans le cas où il croirait devoir proposer une disposition qui lui paraîtrait plus convenable ou plus avantageuse » (rapport Gourlier du 24 mai 1821). Le projet révisé repasse au Conseil des Bâtiment Civils le 2 septembre 1822 où il est de nouveau examiné par Gourlier sans donner davantage de satisfaction. Ce dernier fait appel à l´architecte parisien qui de plus est choisi dans les rangs du Conseil : Louis-Pierre Baltard qui est invité à « donner communication tant par dessins que par notes explicatives écrites les divers détails de construction et moyens d´exécution qu´il a employé avec succès à la composition de l´édifice [grenier à sel] dont il est chargé [à Paris] ». En janvier 1823, Baltard remet au Conseil des Bâtiments Civils le résultat de son travail, lequel est plébiscité par le Conseil et entériné par le ministre de l´Intérieur, Jean-Jacques de Corbière. Ce dernier annonce « qu´il est d´avis que ce système et les combinaisons exprimées par les dessins de M. Baltard soient suivis et appliqués à la construction de l´entrepôt des sels de Lyon ».

Selon l´article 3 du cahier des charges, clauses et conditions émis par la Ville de Lyon, « l´exécution aura lieu sous la direction et la surveillance de l´Architecte de la mairie. », il est chargé d´établir le devis descriptif et estimatif ainsi que de diriger les travaux mais celui-ci refuse « toute espèce de garantie et de responsabilité quelconque ». C´est l´architecte Dumont qui est finalement chargé de la direction des travaux de l´entrepôt des sels de Lyon. En 1824, les nouveaux plans sont achevés et la construction commence la même année pour s´achever en 1831.

Au moment de la concrétisation du projet, un conflit s´amorce entre la mairie et le receveur des douanes qui refuse de laisser construire le grenier à sel sur l´emplacement de l´ancien arsenal que les douanes réservaient à l´agrandissement de ses magasins des denrées coloniales et qui en formait jusqu´à présent la cour. En réponse, le rapport du Conseil des Bâtiments Civils avance que l´emplacement sur la Saône est approprié car c´est là qu´accostent tous les arrivages de sels venant du Midi. L´entrepôt des sels est finalement établi dans la partie septentrionale de l´ancienne enceinte de l´arsenal.

Le financement des travaux se fait en partie par la mise en place d´une société d´action pour la construction des magasins nécessaires à l´entrepôt des sels. (La Ville met en vente 10 actions de 10 000 francs pour un capital de 30 000 francs remboursé par intérêt à hauteur de 6 % par an.).

Dans plusieurs lettres envoyées au début de l´année 1824 au maire de Lyon, Baltard propose de « redresser par un angle droit les deux encoignures la rue Sala à son débouchement sur le quai de la Saône » afin de redresser la façade, ceci autant dans l´intérêt de l´art que nécessaire au libre accès du quai, de la rue et de l´entrepôt. L´avis de l´ingénieur en chef rejoint celui de l´architecte mais le premier ne donne son approbation qu´à la condition que les façades des édifices au sud et au nord de la rue Sala soient semblables par la hauteur et par la forme principale de l´architecture (dont un marché couvert suggéré par Baltard qui ne voit finalement jamais le jour). Ainsi, le nouvel alignement est tracé par deux lignes dont l´une est le prolongement du quai d´occident et l´autre, qui part du pont de l´Archevêché, est parallèle à la masse des maisons qui bordent la rivière jusqu´au terre plein de l´arsenal. Cet alignement réserve au quai une largeur de 15 mètres.

La construction de l´édifice démarre dans le courant de l´année 1824. Les entrepreneurs Couvert et Cotton sont chargés de la démolition des masses préexistantes sauf la partie du mur comprise entre le bâtiment des denrées coloniales et la clôture qui doit être gardée intacte car elle est un appui indispensable pour ce bâtiment. L´article 10 du cahier des charges précise que « toutes les terres qui proviendront du creusement des fondations, tous les déblais et décombres qui proviendront de la construction seront nécessairement transportés dans les endroits indiqués par les ordonnances de police pour le remblaiement des rues et places de la ville, dans le nouveau quartier de Perrache et non autre part ». Les fondations sont coulées en béton sauf aux angles où elles sont en pierres. Les élévations posent la question fondamentale de la solidité. Flacheron avait déjà insisté sur l´importance de l´édifice à construire pour le dépôt des sels à Lyon aussi bien du point de vue de l´utilité et de la dépense. Il faut donc assurer la durée de ce monument, c´est pourquoi l´architecte souhaite « qu´une commission de chimistes et de physiciens soit consultée » pour savoir quelle est la pierre de taille habituellement employée à Lyon qui soit le moins susceptible d´être détériorée par l´action du sel. Mais pour protéger la pierre du sel, Baltard a d´abord l´idée de revêtir l´intérieur des cases des sels de planches de chênes ou de sapin, comme pour l´entrepôt de Paris ; elle est finalement abandonnée au profit d´un enduit. En effet, si elles sont très efficaces contre l´action du sel, les planches pèsent trop sur le budget et occupent une grande surface prévue pour le dépôt du sel. On badigeonne donc les murs avec un enduit de chaux hydraulique de Pouilly et de sable afin que le sel n´entre pas en contact avec les murs sans perdre la place que nécessitaient des revêtements de planches. L´enduit doit être posé bien avant la mise en activité de l´entrepôt afin qu´il ait le temps de sécher.

Le bâtiment semble quasiment achevé en 1828 mais au moment de la réception du bâtiment, des protestations s´élèvent : les douanes, chargées de la surveillance et du prélèvement de l´impôt, refuse de recevoir les clés du grenier à sel tant que plusieurs dispositions ne seront prises pour le bon usage du bâtiment. Le receveur des douanes constate d´abord que la double fermeture estimée indispensable n´a pas été posée sur toutes les portes des magasins, à quoi on lui répond que les cadenas sont à fournir par le locataire. Il déplore ensuite que les ouvertures n´aient été garnies d´un grillage et que les fermetures aux deux croisées latérales n´aient pas encore été posées ni grillées, ce à quoi on remédie rapidement. Il ajoute que les croisées des deux magasins donnant sur le quai n´ont pas été garanties par des barres de fer et que les balustres n´étant pas terminés, le dépôt ne peut entrer en service sans prendre des risques de sécurité. Il estime enfin que la porte extérieure manquant de solidité, elle doit être changée au plus vite et déplore que le bâtiment ne prévoit pas encore de loge pour un concierge ou autre personnel de surveillance. Il lui semble également que les magasins sont d´une capacité bien supérieure aux besoins des marchands mais qu´au contraire, les espaces de distribution ne permettent pas aux négociants de séparer leurs masses de sel ainsi que l´exige le règlement et leurs intérêts. Le receveur des douanes accuse la Ville d´avoir fait construire un édifice qui sacrifie l´utilité à l´apparence extérieure. Des travaux sont effectués à la suite de cette réclamation, les baies et la circulation sont sécurisées, un logement de gardien est bâti mais les volumes ne peuvent être modifiés.

En 1837, l´inspecteur des douanes suggère de construire un étage destiné à recevoir farines et blé que les boulangers déposent à titre de caution, la place devenant insuffisante dans la halle à blé existante. Le projet consiste en la réalisation d´un escalier menant à un espace de minimum 30 mètres carrés auxquels il faut ajouter un espace pour le déplacement, l´arrivée des sacs, le passage. Les magasins des sels doivent donc être voûtés afin d´éviter toute extraction des sels par l´étage supérieur et faire en sorte qu´il n´y ait aucune communication entre les deux entrepôts. Le sol de ce nouvel étage est en planches sur lambourdes. Dumont et Baltard proposent comme variante à ce projet de réduire de moitié la volée des voûtes en doublant leur nombre et de substituer au toit en charpente demandé par le Conseil des Bâtiment Civils, une terrasse recouverte de dalles. Les travaux sont confiés aux mêmes entrepreneurs Couvert et Cotton. Le délai de construction prend fin le 31 décembre 1830 et les travaux sont complètement terminés au mois de janvier 1831.

En1831 on démolit la cloison de plâtre et de brique qui avait été érigée pour séparer le dépôt de farine au sud du dépôt de blé au nord, et donner ainsi plus d´espace au stockage et à la circulation. Cet aménagement donne la possibilité aux marchands de blé, dont le nombre devient de plus en plus considérable, d´entrer par une barrière et de sortir par une autre située à l´opposé, facilitant le chargement et déchargement des marchandises des voitures à l´abri des intempéries. En 1832, le pavage indispensable à la bonne utilisation du grenier dans la partie du quai et une barrière de métal qui doit fermer l´entrepôt du côté de la rue de l´Arsenal sont posés. En 1834, Antoine Morand, syndic à l´entrepôt des sels rapporte les difficultés des porteurs de sacs qui sont contraints de parcourir les nombreuses volées d´escaliers de l´entrepôt des sels pour desservir les magasins. Selon lui, établir une montée d´escalier volant pouvant s´élever à volonté vis-à-vis de la grande porte d´entrée donnant sur la Saône où se déroule le débarquement des sels serait un moyen de faciliter ce pénible travail. Cet escalier serait placé à l´intérieur du magasin et formerait une communication directe avec ceux du premier étage. Dardel, alors architecte de la Ville, consent à cette modification dans les conditions suivantes : la construction de l´escalier ne doit nuire ni à la construction ni à la décoration du bâtiment. L´escalier doit être fait sous la direction de l´architecte de la Ville. Celui-ci aura la libre surveillance des matériaux utilisés pour cette construction. Comme suite à l´inondation de 1840 qui fait perdre plus de 800 000 kilogrammes de sel, l´eau s´étant retirée en passant à travers le carrelage dont la sous-couche n´avait pas été bétonnée, l´inspecteur des douanes demande le coulage d´une dalle de béton en gravier du Rhône et de chaux hydraulique sous les carreaux. En 1842 par suite de l´exhaussement du quai, l´entrée ouest de l´entrepôt des sels se trouve être en contrebas du pavé actuel et les eaux fluviales stagnent devant cette entrée et gênent le service. Afin d´y remédier, on relève les barrières et les quatre chasse-roues en pierre de Villebois, et on pose des allèges. En 1846, les ciels ouverts sont bouchés. On élabore une charpente en petit bois composée de petites fermes à chevron et lattes en planches et on couvre le toit de tuiles creuses. En 1853, des travaux sont réalisés dans le grenier à sel afin de transformer une partie du grand passage en halle aux grains sur une surface de 54 mètres de long et 20 mètres de large pouvant contenir, selon une estimation, 8000 sacs.

Puis la législation réglant le commerce du sel change et suivant les recommandations de la délibération du 17 janvier 1860, un arrêté du Conseil municipal en date du 18 avril de la même année consent à ce que le grenier à sel et les douanes soient transférés à Perrache dans le voisinage du chemin de fer. A la suite de ce déplacement, les bâtiments restent sans destination et leur démolition permet l´élargissement des voies publiques voisines. Par arrêté du 8 septembre, la rue est élargie de 348 m carrés. Les terrains sont vendus et la rue Sala ouverte à son emplacement pour déboucher sur la Saône. En 1864, les terrains sont adjugés et de nouveau bâtis entre 1866 et 1871.

Une boîte en plomb est trouvée dans le soubassement du grenier à sel au moment de sa démolition. Elle aurait été placée là lors de la pose de la première pierre de l´édifice. Scellée et recouverte d´un enduit cimenté, elle mesure 40 cm de longueur, 30 cm de largeur et 8 cm d´épaisseur et contenait une pièce de monnaie portant d´un côté l´effigie du roi Charles X et de l´autre le millésime de 1826, deux planches de cuivre portant sur la première l´inscription : Sous le règne du très haut, très puissant et très excellent prince Charles X, roi de France et de Navarre, Son Excellence Monseigneur le comte de Corbière étant ministre secrétaire d´Etat au département de l´intérieur, Monsieur René, Comte de Brosses, conseiller d´Etat etc. étant préfet du Rhône, la première pierre du soubassement de cet édifice, lequel est destiné à servir d´entrepôt des sels et se construit aux frais de la Ville de Lyon, sur les plans, dessins et devis de Messieurs Baltard et Aubert Dumont, architectes, a été posé ce jourd´hui, vingt cinquième jour de juillet 1827, par les soins et sous l´administration de Monsieur Jean de Lacroix-Laval, maire de la Ville de Lyon et étant Ses adjoints Messieurs Jean-Marie de Verna Etienne Evesque. ». Sur la deuxième plaque sont gravés les plans, élévations et coupes du bâtiment de l´entrepôt des sels (d´après le document, ces plaques ont été remises aux archives de la ville de Lyon. P.V. dressé par l´archiviste adjoint de la Ville : F. Rolle certifié par l´archiviste en chef Gauthier).

Genrecommunal
Appellationsgrenier à sel
Dénominationsgrenier à sel, halle
Aire d'étude et cantonLyon Urgences
HydrographiesSaône
AdresseCommune : Lyon 2e
Adresse : actuels numéros 13, 14, 15, 16 quai Tilsitt

En 1819, la Ville de Lyon envisage de faire construire un bâtiment spécialement conçu pour entreposer le sel sur l´emplacement de l´ancien arsenal. En 1821, le projet est confié à l´architecte de la Ville, Louis Cécile Flacheron, mais le Conseil des Bâtiments civils rend un avis défavorable à sa réalisation et désigne un de ses membres, Louis-Pierre Baltard, pour élaborer un grenier à sel sur le modèle de celui qu´il a construit pour Paris. En janvier 1823, le projet de Baltard est plébiscité par le Conseil des Bâtiments civils et les travaux commencent en 1824 pour s´achever au tout début de l´année 1831. Sa construction donne lieu à l´alignement à angle droit de la parcelle sur le quai et la rue Sala. Les entrepreneurs Couvert et Cotton sont chargés de la démolition des masses préexistantes et de la construction du grenier. Le bâtiment semble achevé en 1828, mais au moment de la réception du bâtiment, des protestations s´élèvent. Des travaux sont effectués : les baies et la circulation sont sécurisées, un logement de gardien est bâti. En 1837, un étage destiné à recevoir le dépôt de farine et de blé des boulangers à titre de caution est ajouté. C´est également l´occasion de réaliser des modifications à la toiture. Le délai de construction prend fin le 31 décembre 1830 et les travaux sont achevés au mois de janvier suivant. En 1834, un escalier volant pouvant s´élever à volonté vis-à-vis de la grande porte d´entrée donnant sur la Saône où se déroule le débarquement des sels est placé à l´intérieur du magasin et forme une communication directe avec le premier étage. Comme suite à l´inondation de 1840, une dalle de béton est coulée au sol et, en 1842, par suite de l´exhaussement du quai, l´entrée ouest de l´entrepôt des sels se trouve être en contrebas du pavé actuel : l'entrée est donc rehaussée. En 1846, les ciels ouverts sont bouchés et la charpente remaniée. Le bâtiment n´est plus transformé jusqu´à sa démolition en 1860.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle
Dates1824, daté par source
Auteur(s)Auteur : Baltard Louis-Pierre architecte des Bâtiments civils attribution par source

L´établissement des sels de Lyon est construit sur un emplacement bordé à l´ouest par la rue de l´Arsenal, au sud par la nouvelle rue de l´Arsenal ou prolongement de la rue Sala, à l´ouest par le quai de la Saône, au nord par la douane royale. Le bâtiment est long de 78 mètres et large de 52 mètres environ, sa surface utilisable avec l'étage est de 3982 m carrés. Le grenier est un imposant édifice de granite dont les deux façades orientale et occidentale sont identiques et dotées chacune d´un immense portique en plein cintre. L´intérieur est fait d´un passage central couvert et voûté, avec de part et d´autre, des galeries ouvrant sur les magasins ou le sel est stocké. L´entrepôt se compose de 28 magasins, dont 20 grands et 8 petits. Il peut contenir 15 millions de kilogrammes. Les magasins de sels sont au rez-de-chaussée et de vastes combles sont aménagés au-dessus afin de permettre la circulation des porte-faix pouvant verser par trois ouvertures les sels dans chacun des magasins. Les combles sont desservis par deux rampes d´escalier spacieux en pente très douce. Le mortier des fondations est fait avec de la chaux de pierre de Saint-Germain et du sable du Rhône. Quant aux élévations, elles sont également faites avec du sable du Rhône et de la chaux de pierre de Choin. Les pierres de parement sont disposées de manière à laisser apparaître alternativement carreaux et boutisses. Le fer n'est pas utilisé de peur que le sel ne l'altère.

États conservationsdétruit
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Etat des lieux de l´entrepôt général des sels de la Ville de Lyon pour être annexé au procès-verbal de mise en possession à l´administration des douanes. Archives municipales de Lyon, 470 WP 38.

    « L´entrepôt général des sels tel qu´il a été remis à l´administration des douanes se compose d´un passage central tendant d´orient en occident ou de la rue de l´Arsenal au quai sur la rive gauche de la Saône, desservi par deux grandes ouvertures cintrées fermées provisoirement chacune par une clôture en planches de quatre mètres soixante dix centimètres de hauteur, clouées sur poteaux et entre toises, dans lesquelles il a été pratiqué deux portes à savoir : une dans celle de l´orient, une dans celle de l´occident.

    Deux portes à plein cintre et repos sphérique forment le dessus de ce passage, dans trois de ces dernières il a été pratiqué des ciels ouverts à châssis conique dont le pourtour est en pierre de taille.

    Ces voûtes sont en moellons supportées par des piliers et des arcs doubleaux en pierre de taille.

    L´aire du dit passage est en cailloux posés sous forme de graviers et recouvert par une légère couche de gros sable.

    Des galeries à plusieurs étages (ont été pratiquées) de chaque côté du passage central et dans la même direction sur toute la longueur. Des voûtes en plein cintre sont pénétrées par des lunettes construites en moellons et supportées par des arcs et des arcs doubleaux en pierre de taille de Villebois formant le dessus des galeries.

    Les deux galeries supérieures formant les paliers d´arrivée des deux escaliers dont il sera ci-après parlé, sont composées de plafond et de plate bandes en pierre de taille de Villebois, les dits plafonds sont en prise dans les murs des cases de sels et reposent en outre sur les arcs transversaux et sur lesdites plates bandes.

    Sur les plates bandes, il existe des balustres dont les encadrements sont en fer forgé et les remplissages en fonte ou en fer coulé.

    Enfin l´aire des galeries inférieures est en pierre de taille de Villebois.

    Vingt-quatre cases de magasins séparées par des murs de refends tendant du midi au nord et aboutissant des galeries au mur des façades latérales.

    Tous ces magasins sont voûtés en maçonnerie et dans chacun il existe des dosserets et des arcs boutant en pierre de taille, établis pour que les murs puissent résister à la poussée des sels et pour faciliter l´emmagasinage ; ils sont enduits en ciment de Pouilly (ou ciment romain) et carrelés en carreaux de terre cuite de Verdun posés sur un massif de béton de trente centimètres d´épaisseur. Chaque magasin est éclairé par un larmier prenant jour du côté des façades latérales, ces larmiers sont barreaudés en fer carré et grillé entièrement en fil de fer. Ils sont fermés par trois portes dont une au rez-de-chaussée, une sur la première galerie et une troisième sur la seconde. Ces portes sont en chêne doublé en sapin, leur ferrure se composent de deux gonds, deux pentures droites, une serrure à deux tours avec deux clefs plus une charnière scellée d´un côté dans la pierre de taille et ayant à son autre extrémité une entaille dans laquelle entre un piton fixé avec écrous sur la porte et destiné à recevoir un cadenas.

    En outre, des portes ci-dessus décrites, et dans chaque baye au rez-de-chaussée, et à hauteur des premières galeries, il existe une porte busquée composée de madriers en sapin de huit centimètres d´épaisseur ; placée verticalement et retenue dans des rainures pratiquées dans les jambages et linteaux pour une traverse placée horizontalement. Quatre de ces magasins, ceux qui longent les deux cages d´escalier, sont divisés chacun en deux par un mur de refend tendant dorient à occident, dans lequel a été pratiqué deux ouvertures cintrées placées l´une sur l´autre et bouchées avec des madriers en sapin.

    La partie de chacun de ces magasin du côté des façades latérales est desservie par trois portes établies de la même manière que celles donnant sur les galeries ; celles au rez-de-chaussée sont placées sous les voûtes supportant les secondes rampes des escaliers et les autres à la hauteur des paliers de repos des dits escaliers.

    Enfin, il existe dans chacun des magasins des madriers en sapin. Ceux qui sont dans les magasins qui n´ont pas été divisés sont de 14 mètres pour l´un et de 8,50 mètres pour l´autre. Tandis que ceux qui sont dans les huit petits magasins auprès des cages d´escalier sont de 5,90 mètres.

    Deux escaliers placés de chaque côté du passage central et au milieu de sa longueur, composé chacun de six rampes, séparées par des noyaux plein en maçonnerie avec dosseret en tête et bahuts en pierre de taille.

    Ces rampes sont établies sur voûtes et construites en cailloux sous forme de gravier, avec des retenues en pierre de taille, les paliers de repos sont en dalle de pierre de Choin et chacune des cages des dits escaliers est fermée par une voûte à plein cintre en maçonnerie.

    La première rampe de chaque escalier est fermée au niveau des galeries inférieures par une grille de fer dont la partie au-dessus de l´imposte à deux vantaux, les bâtis de cette partie sont en fer carré et les remplissages en fer rond, chacune de ces grilles ferment avec une espagnolette, une serrure à eux tours ; et sa gâche : la partie au-dessus de l´imposte est en fer carré et forme un éventail.

    Chacun de ces escaliers est éclairé. Une fenêtre cintrée pratiquée dans le mur de la façade latérale au niveau du premier repos. Elle est fermée par une croisée en bois de chêne à trois vantaux avec imposte dans la partie cintrée ; ces croisées sont peintes et vitrées et ferrées avec fiches et espagnolette dont la poignée est évidée. Plus avec quatre targettes ; il existe en outre à chacune d´elle un barreaudage dont les traverses et la partie cintrée sont en fer carré et les barreaux en fer rond. La fenêtre prenant jour sur la rue Sala est en outre garnie à l´intérieur d´un grillage en fil de fer sur cadre en fer plat arrivant seulement à la hauteur de l´imposte.

    Au niveau inférieur des planchers du magasin à blés et farines, établis sur les caves de sels, par une grande ouverture formant un demi-cercle, pratiqué dans le mur au dessus des dosserets de l´escalier et divisé en trois parties par des piliers en pierre de taille ; chaque partie est fermée par un barreaudage dont les traverses sont en fer carré et les barreaux en fer rond et encore par un grillage en fil de fer plat.

    Une pièce est prévue au rez-de-chaussée pour un corps de garde. Elle est voûtée en maçonnerie, enduite au pourtour de plâtre et l´aire est en carreaux de terre cuite de Verdun.

    Elle est desservie par une ouverture cintrée à l´extrémité occidentale de la galerie, au nord du passage central, fermée par une porte vitrée en bois de chêne à deux vantaux avec imposte cintrée au-dessus. Elle peut être close par des volets à masques. Cette porte est peinte et ferrée sur cadre avec fiches et espagnolettes dont la poignée est évidée. Les volets sont ferrés avec gonds, pentures, boulons et clavettes et elle ferme avec une serrure à deux tours et sa gâche.

    Elle est éclairée par une fenêtre cintrée pratiquée dans le mur de la façade occidentale de l´entrepôt, fermée par une croisée avec volets en bois de chêne. Cette croisée est peinte, vitrée et ferrée sur cadre avec fiches et espagnolettes dont la poignée est évidée. Il existe en outre dans la baie de cette fenêtre un barreaudage dont les traverses de la partie cintrée sont en fer carré et les barreaux en fer rond. Il a été posé à partir de la porte de cette pièce jusque sur le toit, des cornets en fonte destinés à figurer l´usage d´un poêle.

    Au rez-de-chaussée est prévue une autre pièce desservie par une ouverture cintrée à l´extrémité occidentale de la galerie au midi du passage central et éclairé par une fenêtre cintrée pratiquée dans le mur de la façade occidentale de l´entrepôt. La dite ouverture et la dite fenêtre sont fermées par une porte, une croisée et un barreaudage en tout semblables à la pièce à l´usage du corps de garde. Contre le mur au midi de cette pièce il existe une cheminée en pierre blanche de Tournus. Le contre-coeur de cette cheminée est garni d´une plaque en fonte. Dans ce même mur, à son extrémité orientale, il a été pratiqué une baie de porte pour communiquer à un cabinet d´aisance dont le siège n´est qu´une maçonnerie et a été bouché provisoirement. Cette baie est fermée par une porte en chêne avec imposte, peinte et ferrée sur cadre avec trois fiches à broches et un loquet à olive.

    Le plancher supérieur de cette pièce est plafonné, les murs au pourtour sont enduits et ornés d´une corniche, le tout en plâtre et l´aire est en carreaux de terre cuite de Verdun.

    Il a été aménagé une autre pièce au dessus de celle-ci et faisant partie de l´entresol desservi par une porte palière à hauteur du premier palier de l´escalier conduisant au grenier à blé. Cette porte est en chêne et à double parement. Elle est ferrée sur taille avec deux gonds, deux pentures à équerres et une serrure à deux tours.

    Cette pièce est éclairée par une fenêtre carrée pratiquée dans le mur de la façade occidentale de l´entrepôt, fermée par une fenêtre avec volets en chêne, peinte, vitrée et ferrée avec des fiches et espagnolettes dont la poignée est évidée. Dans le mur au nord de cette pièce, il existe une ouverture cintrée dans laquelle il a été placé une porte pour communiquer sur la galerie au midi du passage central. Cette porte est en chêne et à un seul vantail posé sur cadre et ferré avec des fiches et une serrure à deux tours. Le cadre de cette porte ainsi que l´imposte cintrée à un panneau qui est au-dessus sont en chêne. La dite porte, son cadre et l´imposte sont peints des deux côtés.

    Contre le mur, au midi de cette pièce, il existe une cheminée semblable au rez-de-chaussée. Il existe également un cabinet d´aisance au-dessus de celui qui est au rez-de-chaussée, fermé de la même manière mais la planche et son bouchon sont placés au-dessus du siège en maçonnerie. Ce cabinet est aéré par un larmier pratiqué dans le mur de la cage de l´escalier ; lequel larmier est fermé par un châssis de bois de chêne peint, vitré et ferré avec fiches et une gargette (?), ce larmier est encore garni d´un barreau en fer carré scellé dans le tableau de la taille.

    La pièce est plafonnée et les murs sont enduits et ornés d´une corniche, le tour est en plâtre et l´aire est en carreaux de terre cuite de Verdun.

    Enfin deux ouvertures cintrées ont été pratiquées dans les murs séparant les galeries et les rez-de-chaussée. Prenant jour dans l´arsenal, ces ouvertures ont d´abord été formées par des portes en chêne à deux vantaux avec imposte cintrée au-dessus et des volets à masques. Ces portes sont peintes et les volets sont seulement ferrés avec peintures, boulons et clavettes.

    Ces ouvertures cintrées sont en outre bouchées en maçonnerie appuyées contre les dites portes et en affleurement avec les panneaux des murs du côté des pièces prenant jour dans la rue de l´arsenal.

    Fait à Lyon le 19 août 1831.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Arch. mun. Lyon : 470 WP 38. Le grenier à sel de Lyon

  • Arch. mun. Lyon : 470 WP 39. Le grenier à sel de Lyon

  • Arch. mun. Lyon : 470 WP 40. Le grenier à sel de Lyon

  • Arch. mun. Lyon : 470 WP 42. Le grenier à sel de Lyon

Documents figurés
  • Plan de la parcelle de l'ancienne douane et du grenier à sel . Lyon. (Arch. mun. Lyon : 1541 WP 138)

  • Dessin à la plume et lavis, élévations de deux façades du grenier à sel et plan, 1821 par CH. Gourlier. (Arch. mun. Lyon : 470 WP 39)

  • Plans, élévations et coupe de l´Entrepôt des Sels de la Ville de Lyon. Lyon, 1828 par Sampierdarena, graveur d´après Louis Pierre Baltard. Papier 0.380 x 0, 275 cm gravure sur cuivre. (Arch. mun. Lyon : 3 S 00687)

  • Façade principale et coupe transversale de l´Entrepôt des Sels de la Ville de Lyon . Lyon, 1828 par Louis Pierre Baltard. Papier 0,625 x 0,480 manuscrit 2 couleurs. (Arch. mun. Lyon : 3 S 00686/2)

  • Plan des terrains de la douane et du grenier à sel par l'ingénieur en chef, Lyon, 1859, échelle de 0,002 pour 1 mètre. (Arch. mun. Lyon : 470 WP 39)

  • Elévation de la façade ouest du grenier à sel depuis la rive droite de la Saône . Lyon. (Arch. mun. Lyon : 001 PH 00096/a)

  • Vue de situation du grenier à sel depuis la rive droite de la Saône . Lyon. (Arch. mun. Lyon : 001 PH 00097/a)

  • Vue du quai Tilsitt . Lyon. (Arch. mun. Lyon : 003 PH 625)

Bibliographie
  • Dictionnaire des architectes. Ed Albin Michel : Encyclopedia Universalis. Paris, 1999, 782p. Rabreau Daniel Baltard

    p. 69
  • BEGHAIN, Patrice, BENOIT, Bruno, CORNELOUP, Gérard, THEVENON, Bruno. Dictionnaire historique de Lyon. Ed. Stéphane Bachès. Lyon, 2009. 1503 p.

    p. 583
  • FELICI, Lucio (dir.). Encyclopédie de l´art. La Photothèque. Paris, 1986.1250 p.

    p. 60
  • HOURS, Henri, VANARIO, Maurice. Les rues de Lyon à travers les siècles (XIVe au Xxe) . Lyon, Editions lyonnaises d'art et d'histoire, 1990, 283 p. ; 24 cm

    p. 293
  • PINON, Pierre. Louis-Pierre et Victor Baltard. Monum, édition du patrimoine. Paris, 2005. 216 p.

    p. 41
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