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Grotte de la source de soufre

Dossier IA73001345 inclus dans Secteur urbain, Centre historique réalisé en 2004

Fiche

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AppellationsSource de soufre
Dénominationsgrotte
Aire d'étude et cantonCentre historique
AdresseCommune : Aix-les-Bains
Lieu-dit : Centre historique
Adresse : rue
Victor Amédée III
Cadastre : 1728 318 ; 1879 D 572 ; 2004 CD 31

Cette source, captée dès l'époque romaine, se présentait en 1623, comme une grotte à laquelle on accédait par des degrés. Elle a été aménagée en 1677-1678, par l'ingénieur Cuénot. Les travaux ont été réalisés par un maçon de la Val-Saisia, Pierre Minoya, qui a divisé la grotte en deux parties, accessibles par deux galeries. En 1751, l'ingénieur Garella a fait doubler la voûte en brique et a élevé un appentis en bois, entre la grotte et l'auberge de la Croix-Blanche. En 1757, un appentis symétrique a été construit au sud, pour servir de vestiaire pour les femmes. Ces aménagements ont été détruits pour la construction du bâtiment royal à partir de 1776 ; seul le bassin a été conservé.

Période(s)Principale : Antiquité
Principale : 17e siècle
Principale : 3e quart 17e siècle
Dates1677, daté par source
1751
Auteur(s)Auteur : Cuénot ingénieur attribution par source

Edicule voûté servant d'abri à la source de soufre. L'eau se déversait dans un bassin divisé en deux parties et accessible par deux galeries bordées de mains-courantes en métal.

Murspierre
bois
Toittuile plate, bardeau
Couvrementscul-de-four
Couverturesappentis
États conservationsdétruit
Statut de la propriétépropriété de l'Etat

Annexes

  • ANNEXE 1

    Verbal du seigneur, conseiller, maistre et auditeur Capre pour la visite et réglement des réparations des bains d'Aix, 29 août 1678. (AD Savoie : SA 5845)

    Nous, François Capré, conseiller de S.A.R., maistre auditeur en sa souverainne chambre des comptes de Savoye et seigneur de Bonport, à tous qu'il appartiendra savoir faisons ; qu'ayant plu à la dite chambre de nous commettre verbalement, le samedi treizième du présent mois pour aller à la ville d'Aix visiter le travail des réparations des bains, sur l'avis de l'ingénieur Cuenot qui nous avait dressé sur ce [....], et pour ordonner ce qu'il reste à faire aux parties du contrat des entrepreneurs ; nous sommes parti de la présente ville pour effectuer ce que dessus le mercredi dix septième du dit mois sur le matin suivi d'un homme monté à cheval et ayant pris logis audit Aix chez l'hoste Champagne.

    Nous nous sommes transportez en premier lieu avec ledit ingénieur Cuenot, au bain de souffre que nous avons trouvé réparé suivant le contrat de prixfait et en conformité des ordres par nous donnés ci devant aux dits entrepreneurs touchant les autres choses faites aux parties dudit contrat : et comme il ne reste audit bain qu'a y adjouster aux parties du prixfait quatre barraux soit montants de fer aux gardefous des deux galeries, et à voir si l'on peut faire un soupirail au milieu de la grotte pour diminuer les vapeurs d'exhalaisons des eaux de souffre selon l'avis des dits médecins et chirurgiens. Nous avons considéré en l'assistance dudit ingénieur Cuenot si l'estoit plus expédiant d'entreprendre à faire le dit soupirail eu égard à l'épaisseur du rocher, ou de rehausser l'arcade du bain, en prenant encore l'avis pour ce faire de maistre Pierre Minoya, masson et prifacteur fort expert en son art. Lesquels Cuenot et Minoya nous ont représenté que ladite arcade ne se peut hausser en dedans que d'un pied eu égard au rocher qui contrevente ladite voute et au danger qu'il y aurait de le rompre pour n'ébranler pas le reste qui ne semble pas si ferme ; et qui est entrouvert et que ainsy l'on ne donnerait pas grand air de plus dans le bain susdit.

    Quand au soupirail, qu'en le faisant perser on y pourrait pas donner grand air, et qu'en le fesant bien grand il y aurait aussi à craindre que l'on ne fit ébranler les rochers de la mesme voute, notamment du costé droit dudit bain : et qu'ils estimoient plus à propos de faire perser du costé gauche dans le coing de ladite voute à un endroit qui est déja entrecoupé en façon de soupirail ; puique cela estoit plus facile ; plus scure, et de moindre persé et moins chargé de terre au dessus.

    Et c'est à quoy ledit ingenieur Cuenot s'est chargé de prendre garde de le faire sonder et de le faire executer au plutot, encore que la chose soit plus commode comme l'on a projeté.

    De là nous sommes allés avec qui dessus au bain d'Alun, où nous avons (trouvé] l'arc de pierre de roc construit à forme de devis et contrat, les banquettes posées et non garnies, l'arcade de tuf posée au dessus des deux sources et des pierres du passage prêtes à poser. Comme aussi deux grandes pierres de roc de la longueur du bain, entaillées et réservées pour recevoir les eaux des sources, les séparer en deux et les faire [...] par deux mascarons pour prendre commodémment des deux costés des dittes banquettes ; lesquels deux mascarons nous avons [vu] taillez [en] pierre de roc en deux testes ; et les avons fait présenter en oeuvre sur les dites deux grandes pierres bien cramponez par derriere, et qui feront assurémment un bon effet étant mis en oeuvre.

    Cependant comme pour la conservation des bains, pour l'embellissement et commodité, on a jugé à propos de faire une voute au dessus dudit bain et de la couvrir en agrandissant le couvert d'ardoise ordonné pour le couvert susdit, nous avons suivant l'avis dudit ingénieur Cuenot et pour un plus grand effet dudit travail et commodité chargé ledit prifacteur minoia de construire au plus tôt la dite voûte avec du tuf, en conformité de ce que nous en avons participé cy devant à la chambre, pour estre ladite besogne et couvert payée [ad.te] d'exposez au susdit Mre prifacteur.

    Et pour ce que la Veuve Bigeonnet qui a sa maison tous joignant au bain du costé de bise ; et qu'elle a permis qu'on luy ait bouché une porte dans la face dudit bain du costé de bize et que le couvert de l'arc et voûte dudit bain luy bouche la moitié d'une fenestre de sa maison, nous a requis de luy permettre sous le bon plaisir de nos seigneurs de la chambre de se pouvoir servir du vide soit dessus de ladite voute à faire sur ledit bain pour avoir en propriété les murailles du levant et de bise où doit reposer ladite voûte ; nous luy avions accordé la demande sous le bon plaisir de la chambre et d'en charger notre présent verbal pourvu que ce soit sans causé aucun dommage au couvert ni à ladite voûte, et qu'elle ferait à ses fraix le rehaussement nécessaire à sa muraille du costé du levant.

    Cefait nous avons remontré auxdits préfacteurs qu'ils avaient tort d'avoir prêté leur travail à si longs jours après le terme de leur contrat, et d'avoir pris d'autres travaux à faire au lieu d'Aix-les-Bains dans le temps qu'ils estaient obliger de servir son S.A.R. selon leur contrat. Qu'on a pas manqué de leur fournir de l'argent pour leur travail et même qu'on ne leur restait plus (devoir) que deux cent cinquante florins de leur prixfait sans y comprendre pourtant les choses qu'ils ont faites au par[..] d'iceluy, et que pourtant il fallait finir le tout au plus tôt, pour faire recevoir leur besogne avant les grandes foires : dequoy [bons] nous avons chargé [de plus fois] le sir Cuenot ; et le lendemain dix huitième suivant après tous ce que dessus nous sommes party dudit lieu pour nous en revenir en la présente Ville où nous sommes arrivés du mesme jour, ayant vaqué pour ce deux jours, en foy de quoy nous avons dressé de nostre main le présent verbal et iceluy signé et scellé à Chambéry ce dix neufviesme d'aoust mil six cens septente huit.

    Capré

  • ANNEXE 2

    Description de la source de soufre (CABIAS Jean-Baptiste de, 1702, p. 24-25)

    La forme et figure des Bains d'Aix en Savoie :

    Pour la situation des Bains qu'on void en ce lieu, celui de souphre est fait en mode de portique, auquel on descend par des degrez et prend de l'eau autant qu'il est nécessaire. Il est près les murs de la ville, joignant le logis de la Croix blanche, lieux fort commode à qui veut prendre les bains tant pour y être bien traitez que pour sa proximité.

  • ANNEXE 3

    Procès verbal d´une visite faite aux bains d´Aix par l´ingénieur Garella pour leur réparation, 21 février 1757. (Mouxy de Loche. , 1898-1900, p. 386-387)

    L´endroit des dits bains est tout ouvert, et toutes sortes de gens y entrent sans que personne s´en aperçoivent, et notamment les enfants et les pauvres qui font toutes sortes d´ordures, tandis que cet endroit devrait être tenu avec toute la propreté possible. Il convient de fermer l´entrée des dits bains d´une palissade et un râteau en deux parties, le tout de bois de chêne, placés à trois pieds de l´angle de la maison du sieur Escoffier, en droite ligne contre le mur de la maison du sieur Pocquel...

    Contre le mur du dit sieur Excoffier (autrefois logis de la Croix-Blanche), il y a un toit de tavaillons fait pour mettre à couvert les chaises des malades que l´on porte aux bains, qui est indispensables attendu qu´il faut souvent que les malades s´y mettent quelques temps pour attendre que ceux qui se trouvent dans les bains sortent. Il convient de le reconstruire en tuiles plates et d´en faire un autre semblable contre la maison du sieur Pocquel, pour les femmes, qui, faute de ce, sont contraintes de rester à la pluie pour attendre la sortie de celles qui se trouvent aux bains.

  • ANNEXE 4

    De aquis Gratianis libellus, 1738. Des eaux Gratiennes, traduction S.G.D.G.[?], XIXe siècle, extraits (FANTONI, Johannis, p. 213-260)

    Chapitre I : Brève description des sources et des bains.

    On y trouve deux sources, différente entres elles par leur nature et leurs propriétés, distantes d´environ 150 pas : l´une appelée sulfureuse et l´autre aluneuse.

    - Les eaux sulfureuses remplissent un vaste bassin, sous une voûte divisée par un mur en deux parties, l´une pour les hommes, l´autre pour les femmes. Sur le côté, près de la chute se trouve un réservoir ingénieusement conçu, dans lequel arrivent et se rassemblent les eaux avant de traverser le mur de la voûte, pour arriver dans les bains. Là où les hommes se baignent à l´abri, arrivent de petites fontaines d´eaux chaudes, qui sortent de terre plus loin que l´endroit où nous avons dit que sortent les sources principales. Ceux qui recherchent un remède à leurs maux ont coutume de s´y immerger. De là les eaux se rendent dans un autre bassin découvert et plus grand, où je n´ai jamais vu personne se baigner.

    - Les eaux appelées aluneuses coulant tout d´abord dans un réservoir latéral, parcourt ensuite sous une arcade de noble allure et sont reçues par un double motif recourbé, dans un bassin proche et de là dans un bain à ciel ouvert, distant de 20 pas environ. Ce bain est appelé Royal, soit en raison de ses grandes dimensions et de son élégance, soit de ce que, dans l´antiquité, les plus grands de la maison de Savoie venaient s´y baigner. [...]

    Les eaux aluneuses elles-mêmes sont conduites par un canal ouvert, d´un premier bassin dans le bain royal. De plus on dit qu´une fosse a existé pour le bain des chevaux dans laquelle l´eau venant du bain royal, était conduite plus loin par un canal souterrain.

    Quelques personnes boivent de l´eau aluneuse mais on se sert de ces eaux complètement abandonnées comme nous l´avons dit pour les usages domestiques.

    Chapitre XIV : Les bains d´eau sulfureuse ; leur emploi dans les maladies.

    Nous avons dit au commencement de ce livre, que les hommes et les femmes se baignent dans le bassin partagé en deux parties par un mur. Auparavant, dit Cabias, dans son livre V, les malades après s´être purgés, boivent pendant trois jours de l´eau pure ou additionnée de sel commun ; ensuite ils se baignent pendant quinze, vingt et même plus de jours. Le Dr Dubois disait, il est vrai, que de son temps beaucoup y mettaient moins de temps.

    Les malades restent dans l´eau pendant une demi-heure environ, la plupart ne pourraient y séjourner plus longtemps sans en être gravement incommodés. Au sortir du bain ils sont emportés dans une chaise couverte dans les maisons voisines où, mis au lit, ils provoquent la transpiration par l´absorbation abondante de cette eau chaude qu´on appelle aluneuse [...] il est permis aux malades faibles de l´estomac ou atteints de langueur et de maladie du coeur, de prendre avant d´entrer dans le bain, soit un peu de nourriture liquide, soit une bouchée de pain, trempée d´un vin généreux [...] il est rare de rester dans le bain plus de quatre heures ; les gens valides ont plutôt coutume de se baigner matin et soir, mais il est hors de question de rester la plus grande partie de la journée dans le bain quand on a atteint la durée maximum.

    Chapitre XV : De l´usage de la douche sulfureuse, les sédiments utiles.

    Par des tubes adaptés à la chute des eaux et dont la dimension varie avec la nature des parties atteintes, les malades reçoivent la douche. Traitement qui en raison de son activité doit être appliqué graduellement et avec prudence pour éviter qu´il n´en résulte de graves inconvénients. [...]

    C´est en vain que vous chercheriez une utilité quelconque dans le limon dont nous avons dit dans notre chapitre II que le dépôt qu´il laisse a peu de propriété et d´emploi. Parfois on l´applique sur les membres enflés et endoloris, il les soulage un peu, soit qu´il calme la douleur ou qu´il diminue l´enflure, mais l´espoir d´une guérison complète par un tel traitement serait absolument vain.

    Chapitre XVI : Des qualités qu´on rencontre dans la seconde source appelée aluneuse, elle est parfois imprégnée de vapeur de soufre.

    Par un double motif recourbé, ainsi que nous l´avons dit au chapitre Ier, s´échappent abondantes, les eaux que des temps les plus reculés jusqu'à nos jours, on appelle : aluneuses.

    Chapitre XX : De l´usage de cette eau en bains.

    Le premier bassin sous la voûte dans lequel les eaux se précipitent très chaudes est impropre pour le bain, bien que, parfois, des hommes robustes ne craignent pas d´y plonger. Toutefois les anciens disent que le bain royal était jadis couramment fréquenté et que quelques princes de Savoie y venaient se baigner de même Henri IV. [...] Dans l´antiquité d´après ce que m´ont dit les anciens de la ville, les directeurs des bains avaient pris soin d´amener dans ce bain par un canal souterrain, de l´eau froide provenant d´un torrent voisin, de cette façon les eaux chaudes tempérées par cette eau froide devenaient non seulement utilisables mais agréable. Le canal est bouché depuis longtemps et le bain royal est aujourd´hui délaissé, car l´eau de la source aluneuse est transportée à domicile où les malades peuvent se baigner d´une façon plus sûre et plus agréable. Ceux à qui la source sulfureuse trop active ou trop chaude ne convient pas usent pendant deux, parfois trois semaines de ce bain domestique et doux. Toutefois on peut user du même procédé avec l´eau sulfureuse tiédie, et se baigner chez soi comme certain l´ont fait et s´en sont bien trouvés.

Références documentaires

Documents figurés
  • Intérieur de la grotte où sourdent les eaux de soufre / Courtois. Chambéry : Courtois et Aubert, [1838]. 1 est. : lithograph. ; 21 x 13 cm Dans : Analyse chimique des eaux minérales de la Savoie / Bonjean Joseph, p. 28

  • [Forage pour l´eau thermale dans le parc des thermes] / anonyme. Aix-les-Bains, [199 ?]. 1 photogr. : coul. ; 9 x 13 cm (AC Aix-les-Bains. 12Fi 22/471)

Bibliographie
  • BONJEAN, Joseph. Analyse chimique des eaux minérales d'Aix-en-Savoie. Chambéry : 1838. 287 p. : ill. ; 21 cm (AC Aix-les-Bains. A 688)

    p. 28
  • CABIAS, Jean-Baptiste de. Les vertus merveilleuses des bains d'Aix-les-Bains, en Savoie. Annecy : Humbert Fontaine, 1702, dernière éd. revue et corrigée. 157-8 p. ; 14 cm.

    p. 24-25
  • FANTONI, Johannis. Opuscula medica et physiologica [par] Johannis Fantoni medici regii et in Taurinensi Academia professoris emeriti. Genève : Sumptibus Pellissari et Soc., 1738. 322 p. ; 22 cm (AC Aix-les-Bains : LDA 8)

    p. 213-260
  • MOUXY DE LOCHE Jules de Histoire d´Aix-les-Bains. Chambéry : Imprimerie savoisienne, 1898. 2 vol. : ill. ; 21 cm

    p. 384-388
  • PAGOTTO, Nicole. Le thermalisme à Aix-les-Bains-les-Bains au XIXe siècle. 1783-1914. Chambéry : Institut d'Etudes savoisiennes. Centre universitaire de Savoie ; Société savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, 1975. 118 p. multigr. : ill. ; 29 cm [Institut d'études savoisiennes n° 2, 1975]

    p. 1-10, 14-22
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