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Les alpages de la montagne de Bange (Arith)

Dossier IA73004232 réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

Évolution historique

Les prés du Mariet, du Plat et du Loret sont représentés sur la mappe sarde, sur laquelle sont dessinés trois petits édifices (chalets ?), au Mariet-dessous (n° 1350), au Mariet (n°2009) et au Mariet-dessus (n° 2033).

Un chalet porte une date antérieure au milieu du 19e siècle (IA73004226, 1825). La majorité est datable de la 2e moitié du 19e siècle.

En 1878 (premier cadastre français), on compte 26 parcelles bâties sur les trois Mariet et 30 sur les prés du Plat et du Loret. Le Tableau indicatif des propriétés foncières établi en 1881 donne 26 "maisons", quatre "maisons" barrées et remplacées par "bâtiment" et quatre "bâtiment" aux Mariet (et Sur le Cul) et 29 "bâtiments" sur les autres lieux-dits de la section D. La grande majorité de ces édifice appartient à des habitants d'un des hameaux d'Arith, Montagny ; quelques uns appartiennent à des habitats de Bourgchigny, l'autre gros hameau proche du chef-lieu, ou à des habitants "d'Arith" (sans doute entendu comme le chef-lieu). Enfin, un propriétaire est originaire de Saint-Offenge-Dessous (chalet du Creux de Lachat) et un de Saint-François-de-Sales (situé à côté du lac).

Quelques chalets présentent des inscriptions datées, certaines peut-être relatives à leur construction, mais la plupart à leur fréquentation en saison estivale ; on constate une plus forte fréquence de ces inscriptions, le plus souvent portées sur l’encadrement de la porte du logis, dans les années 1920.

Les écarts de Montorset et du Crêt portent sur la carte IGN les noms de Granges de Montorset et Granges du Crêt, révélateur du fait que ces écarts sont passés du statut d'habitat permanent à habitat temporaire (et maintenant totalement désaffecté). Les constructions sont plus des fermes que des chalets, avec une distinction plus incertaine à Montorset.

Lors de l’enquête en 2015, 17 chalets ont été repérés ou étudiés et seulement cinq granges : quatre chalets ont été remplacés par une cabane à usage d’habitat seulement à la limite des 20e et 21e siècles, et cinq ont disparu (ou n’ont pas été vus pour cause de couvert forestier et d’absence de chemin). Si les chalets montrent une certaine pérennité, les granges sont un patrimoine fragile : édifiées en bois, dans une zone plus pentue et moins accessible, elles ont massivement disparu dans le dernier quart du 20e siècle, parallèlement à l’avancée de la forêt (où il est difficile de repérer leurs ruines).

Liste des cabanes ou « chalets » d’habitat temporaire non repérés : construits à la limite des 20e et 21e siècles, en maçonnerie ou en charpente, avec un toit à longs pans en bac acier et la façade sur pignon ; ils sont soit édifiés sur l’emprise d’un chalet existant en 1878 (parcelles 1878 D4 516 puis 2013 D4 364, 365, 408, 410 (partie) ; 1878 D4 578, 581 puis 2013 D4 428, 429 ; 1878 D4 509 puis 2013 D4 358 ; 1878 D3 358 puis 2013 D3 296 bâti non cadastré), soit ex nihilo (non cadastré, vers 2013 D4 947 ; 2013 D4 438).

Liste des granges non repérées (ruines) : le Plat, non cadastré vers 2013 D2 139. Vestiges : base de construction perpendiculaire à la pente, en madrier, avec débord de toiture côté pignon ; le Plat (la Revêche), non cadastré vers 2013 D2 195. Vestiges : blocs de calcaire formant la base d’une construction en madrier ?

Description du site

La montagne de Bange occupe un gros tiers nord-ouest de la commune d’Arith. Dans ce secteur majoritairement boisé sont défrichés plusieurs vastes prés utilisés comme alpages ou prés de fauche par les habitants d’Arith. Le plateau médian du Mariet forme une grande clairière en replat, majoritairement à 1000 m d’altitude, dans laquelle sont implantés des chalets. A l’ouest, sous la ligne de crête, s'étend une bande de prés en pente aux lieux-dits la Revêche, le Plat et le Loret, situés entre 1400 et 1200 m d’altitude, et peuplés de granges ; cette zone se prolonge au sud jusqu’au Creux de Lachat. Enfin, de l’autre côté de la montagne sous la ligne de crête nord-est se trouvent les prés de la Côte de l’Epine, à une altitude d'environ 700 m, eux-aussi parsemés de granges.

La zone de chalets du Mariet (lieux-dits Mariet, Mariet-dessus, Mariet-dessous et Sur le Cul) est desservie par un large chemin empierré traversant la forêt, avec des rainures qui seraient des marques de roues de chars. L’alpage est ensuite traversé du sud-est au nord-ouest par un chemin principal sur lequel viennent se greffer des chemins bordés d’arbres ; un point d’eau alimenté par une source (appelé le "Lac" sur le Tableau des propriétés foncières, et divisé entre plusieurs propriétaires) est creusé au nord-est ; certains chalets disposaient de puits.

Le chemin qui traverse l’alpage se poursuit vers les prés du Loret et du Plat, jusqu’au chalet de la Revêche, dans l’angle nord-ouest de la commune.

La zone du Mariet, d'altitude modérée et constante, et peu éloignée des villages d'habitat permanent et du chef-lieu de la commune, peut être considérée comme une "montagnette" : les habitants pouvaient y faire des aller-retour fréquents, ou y demeurer pendant la période estivale : les chalets étaient entourés de jardins et de petites parcelles de céréales, d'où la présence d'une travée d'engrangement dans l'architecture.

Architecture

Les chalets du Mariet, appelés "maisons" dans le Tableau indicatif des propriétés foncières de 1881, sont dispersés en bâti lâche sur un plateau présentant une faible pente ouest-est ; ils sont en général parallèles et adossés à la pente, mais parfois perpendiculaires : quatre chalets du Mariet-dessous ont une habitation en rez-de-chaussée surélevé sur cave à l’étage de soubassement, avec un escalier et un pallier en bois vers le logis (le chalet IA73004231 présente un escalier en maçonnerie et une cave voutée, ce qui est exceptionnel). Un chalet a une cave semi-enterrée indépendante. Tous les chalets sont édifiés sur le modèle des fermes d’habitat permanent à juxtaposition en réduction, avec une travée d’habitation sur un seul niveau (avec peut-être des couchages dans le comble de la grange ou de l’étable), une de fenil et une d’étable, avec façade sur le mur gouttereau. On ne distingue pas de l’extérieur de pièces pour refroidir le lait. Les élévations sont en moellon de calcaire avec un enduit (de terre ou de chaux) peu couvrant, qui a souvent été refait au ciment (neuf cas). Les fenils peuvent être en bardage de planches sur ossature bois. Les encadrements sont en calcaire ou en bois, les deux matériaux pouvant coexister sur un même édifice. Les porte de grange ont des montants maçonnés qui montent jusqu’à la toiture, avec une partie fixe en bardage au-dessus des vantaux. Les toits sont majoritairement en tôle ondulée, parfois remplacée par du bac acier, et présentent généralement un large débord façade, qui peut reposer sur avancée du mur pignon (10 cas), et s’accompagne parfois d’un débord du côté du mur pignon, avec éventuellement un débord du pignon en porte à faux sur les sablières (ou parfois sur l’avancée du mur gouttereau). Le toit est généralement à croupes, ou avec une croupe et une demi-croupe.

Les parties plus pentues, autour du Mariet, étaient couvertes de granges (appelées "bâtiments" dans le Tableau indicatif des propriétés foncières de 1881), petits fenils isolés construits dans les prés de fauche afin de stocker le foin jusqu’à ce qu’il soit rapporté à la ferme principale. Une partie des granges repérées sur les prés du Loret et du Plat semble avoir eu, peut-être dès l’origine, une double fonction de fenil et d’abri temporaire. Elles sont édifiées sur des replats ou perpendiculaires à la pente. La partie fenil est construite en madrier juste équarri assemblé à mi-bois (pan-de-bois plein) posé sur une semelle maçonnée en calcaire ou parfois constitué de simples blocs sans mortier. L’entrée est côté pignon. La partie abri est en bardage de planches sur ossature bois ; en effet la construction en madrier est peu propice au percement des ouvertures nécessaires à une habitation (porte, fenêtre). Le toit est à longs pans, avec souvent une croupe, en tôle ondulée, reposant à chaque pignon sur deux arbalétriers croisés (assemblage à mi-bois). Ce type de construction, dont on trouve quelques exemplaires un peu plus au sud au Revard (commune de Saint-François-de-Salles, Savoie) est à rapprocher du groupe de granges édifiées sur les alpages de la commune voisine d'Allèves (Haute-Savoie), au nord, qui se différencient par une construction en rondins non équarris et une volumétrie plus importante. La grange édifiée au Mariet-dessus (IA73004233), dans la zone des chalets, correspond par contre au type de grange ou grangette que l'on rencontre à La Compôte (Savoie), en ossature bois et bardage de planches sciées.

Dénominationsensemble pastoral
Aire d'étude et cantonCoeur des Bauges
AdresseCommune : Arith
Lieu-dit : Mariet, Mariet-dessus, Mariet-dessous, le Plat, le Loret
Cadastre : 1878 D1, D2, D3, D4, D7, D9 ; 2013 D1, D2, D3, D4, D7, D9

Les clairières existent déjà sur la mappe sarde (1732). Elles sont divisées en plusieurs prés, avec seulement trois bâtiment, sur la zone des Mariet.

En 1878 (premier cadastre français), on compte 26 chalets et 30 grangettes. En 2015, 17 chalets et cinq grangettes ont été repérés ou étudiés.

Période(s)Principale : 2e moitié 19e siècle, 1er quart 20e siècle

Murscalcaire moellon enduit
bois pan de bois
Toittôle ondulée, tôle nervurée
Étagesrez-de-chaussée, étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé
Couvrements
Couverturestoit à longs pans croupe
toit à longs pans demi-croupe
Statut de la propriétépropriété privée
Protections

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Savoie. Série 3P : 153. Cadastre parcellaire. Tableau indicatif des propriétés foncières de leurs contenances et de leurs revenus. 1881

    AD Savoie : 3P : 153
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