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Maison forte (?), puis château dit de Montfalcon du Cengle, actuellement hôtel de voyageurs (Relais château)

Dossier IA73003757 inclus dans Village de Saint-Offenge-Dessous réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénominationrelais châteaux
Appellationschâteau de Montfalcon du Cengle
Dénominationsmaison forte, château, hôtel de voyageurs
Aire d'étude et cantonHauts de l'Albanais
AdresseCommune : Saint-Offenge-Dessous
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : route
Sainte-Euphémie
Cadastre : 1730 Su 1896 à 1903 ; 1804 216 à 219 ; 1880 D2 93 à 99 ; 1880 B3 368 ; 2013 D2 221 à 224 ; 2013 B3 1004

La mappe sarde de 1730 montre l’emprise du château et des différents bâtiments situés à ses abords ; Paul Guichonnet parle de maison forte, voir annexe 1). Celle-ci est identique à l’actuelle, moins l’aile ouest, construite plus tardivement, vers la fin du 18e siècle ; elle est présente sur le plan masse de culture de 1804. L’emprise de cette aile est néanmoins représentée sur la mappe sarde, mais occupée par des hachures rouges (elles signalent les agrandissements postérieurs à 1730)

D’autres éléments, aujourd’hui disparus, apparaissent sur la mappe, comme une construction rectangulaire sur l’angle nord-est du château, non identifiée, encore présente sur le cadastre de 1804. Idem pour l’élément de forme hexagonale, placé à l’est et au droit de l’entrée de la demeure, qui représente vraisemblablement une tour (de pigeonnier, ou défensive ?).

Un dernier ensemble de deux constructions, placées dans l’angle sud-est de la cour située au-devant du château, existe en 1730, puis seule la plus petite des deux demeure en place en 1804, pour disparaître à son tour du cadastre de 1880. A cette dernière date, l’actuel four à pain est cadastré. Un dernier bâtiment, situé au sud-ouest de la cour, était déjà présent sur la mappe sarde, mais plus étroit qu’il n’apparaît ensuite sur le plan de 1804 et aujourd’hui encore. Cette construction, ancienne dépendance (hangar à voitures hippomobiles et écuries à chevaux ?), a vraisemblablement été reconstruite à la fin du 19e siècle, ou au début du 20e siècle et récemment transformée en salle de réception.

La mappe sarde nous apprend également que l’actuelle route de Cusy passait au pied du château avant d’être par la suite, comme indiqué sur le plan de 1804, dirigée sur le côté nord de l’église. Un autre chemin donnait accès au côté est de la cour (encadré par la tour hexagonale et les deux constructions ci-dessus présentées) ; il se raccordait, plus à l’est, à un chemin vicinal se dirigeant vers les alpages de la commune.

Les différentes phases de construction de l’édifice sont difficilement identifiables. Beaucoup d’éléments architectoniques ont un style pouvant remonter aux 15e ou 16e siècle (portes à linteau en accolade, piédroits chanfreinés, à congés, avec cavet…). Ces éléments ont ici un type de taille spécifique : bouchardage, arêtes planes, plutôt propre au 19e siècle ; cependant quelques exemples semblables, notamment suisses et datant du 16e siècle, démontrent l'utilisation locale de ces techniques au 16e siècle. L’édifice, entièrement crépi, ne laisse entrevoir aucune trace de remaniements.

Aux vues de l’emprise du bâtiment au 18e siècle, et des différents éléments anciens encore en place, l’édifice du 15e siècle était vraisemblablement constitué d’un corps de bâtiment rectangulaire sur quatre niveaux distribués par un escalier en vis situé à son extrémité nord. Quelles étaient les fonctions des différentes tours de plan rectangulaire situées au nord de l’édifice ? La tour nord-ouest semble plus ancienne que celle située au nord-est, d’une part parce que la façade ouest de la première comporte un fruit assez important et que les baies ouvertes dans la même façade, du 15e siècle (?), semblent être en place ; d’autre part la chaîne d’angle de la tour nord-est comporte des pierres en remploi.

Vraisemblablement à la fin du 18e siècle, l’aile ouest du château est construite, et au 19e siècle plusieurs aménagements et percements sont réalisés. D’importants remaniements, difficilement identifiables, ont dû être réalisés durant ces deux derniers siècles : les façades sont harmonisées, et la distribution des différents niveaux est repensée.

Au-devant du château, au nord, la cour principale était en forme de T, avec vraisemblablement son accès principal à l’ouest, et peut-être une seconde entrée au sud. Le portail actuel, situé au sud, et en arc plein-cintre, a vraisemblablement été déplacé car à cet emplacement, en 1730, se trouvait un espace vert (un jardin ?). Une seconde cour se trouvait, comme c’est encore le cas, mais plus étroite, à l’est du bâtiment. Enfin, la cour principale, a été raccourcie au nord-ouest, du fait de la construction de l’aile ouest du château.

Période(s)Principale : 15e siècle, 16e siècle
Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : milieu 19e siècle , (?)

Le château, situé dans l’angle nord-est d’un espace clos, a un plan en L. L’accès principal à cet espace, constitué d’une cour à l’est, et d’un jardin en contrebas, à l’ouest, s’effectue par un large et haut portail situé au droit du bâtiment placé dans l’angle sud-ouest de la cour. L’encadrement de cette double porte en arc plein-cintre est en pierre de taille, avec chanfrein et congés. Une large corniche (en brique enduite ?) surmonte le portail, le tout couvert par un petit toit à débords, à longs pans et croupes, recouvert d’ardoises. Deux autres accès, secondaires, sont aménagés au nord (donnant dans le jardin, et au droit de l’ancien tracé d’accès à la cour du cadastre de 1730), et à l’est, à l’emplacement de l’ancien accès principal figurant sur le même document.

La construction actuelle, située au sud de la cour, et ayant vraisemblablement servi de remise et d’écurie, comporte, en façade sur cour, deux larges portails avec arc plein-cintre en brique, et deux baies rectangulaires avec un linteau également en brique ; à l’étage les baies du fenil ont été remaniées.

En face de l’actuelle salle de réception, se trouve un four à pain (voir IA73003758). La cour est séparée du jardin situé en contrebas par un muret en pierre dans lequel deux passages avec degrés ont été aménagés pour passer de l’un à l’autre.

Au nord du château se trouve un large pré, et à l’est de sa cour, une pelouse en pente conduit à une petite habitation (voir IA73003759), seul vestige de la ferme qui devait anciennement appartenir au château.

Le château comprend deux corps de bâtiments principaux : le premier, d’orientation nord-sud, est le plus ancien ; le second, d’orientation est-ouest est réalisé postérieurement. La construction possède aujourd’hui quatre niveaux : un rez-de-chaussée, deux étages carrés et un étage de comble. Les élévations sont irrégulières, hormis celles de l’aile ouest, plus récente, qui sont à travées régulières. Le matériau de construction du gros-œuvre est en moellon de calcaire, avec quelques blocs de tuf, et l’ensemble des murs sont recouverts d’un enduit couvrant à la chaux. L’encadrement des baies et les chaînes d’angles sont en pierre de taille et en calcaire. Enfin, les toitures sont à longs pans avec croupes, ou en appentis, recouvertes d’ardoises.

Le plan au sol du château relevé en 2014 (voir illustrations) permet d'analyser la distribution du rez-de-chaussée. Un escalier en vis tournant d’est en ouest, accessible depuis la façade principale, se trouve derrière la porte d’entrée ; plusieurs petites fenêtres à cavet l’éclairent. Le noyau est en pierre, tout comme les marches, recouvertes de bois jusqu’au 1er étage, puis recouvertes de ciment. La terminaison de l’escalier possède un noyau de diamètre supérieur à celui des parties inférieures. L’escalier distribue alternativement les ailes nord/sud et est/ouest de la façon suivante : les 17 premières marches conduisent au premier étage de l’aile nord, accessible par une porte homogène avec chanfrein, congés et coussinets à ressauts. Les cinq marches suivantes mènent au premier étage de l’aile ouest ; la cage d’escalier, jusqu’alors circulaire, forme un angle droit pour permettre la réalisation de la porte d’entrée encadrée de bois. 12 marches plus haut, une nouvelle porte avec chanfrein, congés, et linteau à double accolade donne sur le deuxième étage de l’aile ouest. Il reste 12 marches pour parvenir aux combles par le biais d’une porte située dans l’angle nord-est de la cage d’escalier.

Le rez-de-chaussée du plus ancien corps de bâtiment comporte une série d’espaces fermés par une porte, desservis par un couloir d’orientation sud/nord placé sur le côté gauche de l’aile en entrant. La première salle, située en face de l’escalier, est plafonnée ; deux placards de dimensions différentes sont aménagés dans le mur nord ; la porte d’entrée, avec linteau à accolade, piédroits chanfreinés et congés, est en pierre de taille bouchardée et semble en place. La deuxième salle abrite les sanitaires ; la porte d’accès, en pierre de taille, chanfreinée et avec congés semble avoir un linteau sur coussinets remonté. Le troisième espace est un étroit dégagement, sans fonction particulière, et ouvert sur le couloir, sans porte. Enfin, le couloir ouvre, à son extrémité, dans la plus grande pièce, servant aujourd’hui de cuisine ; la porte d’accès, en pierre de taille, a son linteau en accolade et des encadrements chanfreinés avec congés ; elle semble avoir été remontée. Depuis la cuisine, deux portes communiquent avec deux caves, placées dans les tours en saillie situées au nord du château. La première cave au nord-ouest, voûtée en berceau, est accessible par une porte à encadrement en pierre chanfreiné, avec congés, a priori remontée ; le sol est en terre battu légèrement surélevé par rapport au sol de la cuisine. La seconde cave au nord-est, plus étroite, est voûtée en berceau brisé, et accessible par un escalier étroit de quatre degrés ; la porte d’entrée, remontée, a son encadrement en pierre de taille au linteau chanfreiné. Plusieurs jours, dont deux murés dans le mur sud, ouvrent sur cet espace.

Un dernier espace, aveugle, et de l’importance de la première cave, est inaccessible. Accolé à celle-ci, contient-il du remblai ?

Le premier étage de ce premier corps de bâtiment n’a pas été visité, à la différence du second qui abrite des chambres, actuellement proposées à la location. Ce troisième niveau comprend une pièce centrale, un salon, sur lequel donnent un ensemble de pièces servant aujourd’hui de chambre, adossées à des salles de bain. Plusieurs portes anciennes, remontées, avec chanfrein, congés, feuillures, linteau à accolade, ferment, ou donnent accès aux chambres. A la lecture du plan de distribution de ce niveau, et de l’emprise des plafonds à la française, il semblerait qu’il n’y ait eu, avant réalisation du cloisonnement du 19e siècle, que cinq pièces environ.

Le corps de bâtiment d’orientation est-ouest est accolé au précédent, en retour d’équerre. Au rez-de-chaussée, les deux espaces ont été considérablement remaniées. Les fenêtres ont leur encadrement à feuillure pour les volets bois, mais la majorité des baies ont été modifiées. Il est à noter la présence, sur le mur pignon ouest de l’aile, un escalier à double volée droite convergente en pierre de taille permettant d’accéder à ne porte-fenêtre, et la présence d’un escalier droit en bois pour accéder à l’étage, à l’angle nord-ouest du rez-de-chaussée, masqué par une cloison en bois. Le premier étage de ce premier corps de bâtiment n’a pas été visité, il possède cependant, sur le mur pignon ouest, un balcon en bois, supporté par des équerres en fer forgé, avec un garde-corps en fonte (motif de volutes) ; ce balcon est protégé par un avant-toit à lambrequins. Le second étage, a contrario, a été aménagé en logement. Il possède cinq pièces aménagées au 19e siècle.

Le comble à surcroît a quasiment la même emprise que le plan au sol. Cinq espaces sont délimités : le corps de bâtiment ouest, la tour nord-ouest, l’espace attenant, la tour nord-est, et le restant du corps de bâtiment nord-sud. Notons la présence d’une baie chanfreinée remontée, et celle d’un pigeonnier dans la tour nord-ouest : présence de trous carrés aménagés dans les murs, enduits de ciment, sur toute leur hauteur.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise
Plansplan régulier en L
Étagesrez-de-chaussée, 2 étages carrés, comble à surcroît
Couvrementsvoûte en berceau brisé
voûte en berceau segmentaire
Couverturestoit à longs pans croupe
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier droit en charpente
escalier de distribution extérieur : escalier symétrique en maçonnerie
États conservationsrestauré
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Les pages d'histoire de Paul Guichonnet. Les seigneurs de Saint-Offenge

    Transcription du texte dactylographié de Paul Guichonnet :

    « A la fin du XIe et au début du XIIe siècle, notre contrée est évangélisée et défrichée par des moines bénédictins venus du prieuré de Saint-Robert sous Cornillon, près de Grenoble. Les chapelles rurales des religieux sont, vers 1250, à l’origine des églises et des paroisses du Montcel, de Saint-Ours et des deux Saint-Offenge. Le prieuré du Montcel entre en décadence dès le XVe siècle et ses droits féodaux passèrent ensuite à l’évêché et aux jésuite de Chambéry.

    Parallèlement apparaissent des familles de seigneurs locaux dont on sait peu de choses. On trouve ainsi mention, entre 1279 et 1420, des de Loës (Loëx) du nom d’une très ancienne maison forte, aujourd’hui disparue, située sur le territoire de Saint-Offenge-Dessus.

    Notre secteur est situé à un point névralgique, au contact des deux états : le comté de Savoie et le Comté de Genève. D’Annecy à la Chautagne, la frontière est défendue par une série de châteaux et de maisons-fortes, à Viuz, Gruffy, Cusy, Saint-Offenge-Dessus (Loëx), Grésy, Saint-Innocent, Sallière, Cessens, La Biolle. Au grès de leurs luttes ou de leurs rapprochements, les Savoie et les Genève se disputent ces places qui changent de possesseurs, ce qui rend leur histoire complexe.

    Le point fort du système est, au Montcel, le puissant château de la Bâthie d’Albanais (bastita, « la bastide ») dont les vestiges abritent l’actuelle fruitière. Il est au centre du fief de la Bâthie d’Albanais qui comprend les paroisses et terres de la Bâthie, Leschaud6Arnaud, le Montcel, les deux Saint-Offenge, L’Oye (Loëx) et Saint-Ours.

    A la fin du XIIIe siècle, le comte de Genève (ou de Genevois, comme on dit alors) Amédée II et le Dauphin Humbert II attaquent le comte de Savoie Amédée V. Les savoyards ont le dessus et, au traité d’Annemasse, en novembre 1287, le comte de Savoie garde le château de Cessens et obtient l’hommage pour celui de la Bâthie, qui reste dans les mains d’Amédée II. Le de la Bâthie, famille du lieu, ne garderont que la fonction de métral, office du bailli, commandant la milice. Saint-Offenge et ses alentours, à cause de ce rôle stratégique, resteront toujours aux mains de puissantes lignées de l’ancienne noblesse d’épée.

    En 1327, Amédée II de Genevois inféode la Bâthie d’Albanais à Antoine de Clermont, appartenant à une des plus illustres maisons du Dauphiné. Les seigneurs de Clermont étaient, dit un historien dauphinois « sans contredit les plus grands et illustres de la province, tant par leur ancienneté que par les hommes distingués qu’ile ont produits » Leur blason, de gueules (rouge) à deux croix d’argent en sautoir était surmonté de la tiare pontificale, par concession du pape Calixte II auquel les troupes d’un Clermont avaient permis de retrouver son trône, en 1120. Les Clermont prennent pied en Savoie sans doute grâce à l’un des leurs, Anthelme, évêque de Maurienne. Très vite ils y possèdent de biens et des terres importants, à Chambéry, à Sainte-Hélène-du-Lac, Saint-Pierre-de-Soucy, Villard-d’héry, Brison-Saint-Innocent, Arbin, La Thuile et ils s’allient aux plus prestigieuses familles, comme les Montmayeur ou les Miolans.

    La prolifique lignée des Clermont se divise en quatre branches. Les trois premières deviennent françaises après l’acquisition du Dauphiné par le Roi de France, en 1349. L’une d’elles, les Clermont-Tonnerre, va tenir le haut du pavé dans le royaume pas ses très nombreux hommes de guerre, magistrats et prélat, et elle figure toujours au premier rang de l’aristocratie actuelle.En 1330 le comte de Savoie Aimon le Pacifique, qui a désormais le patronage de la Bâthie, investit le fief à Antoine de Clermont. La famille prendra chez nous, au début du XVIe siècle, venue d’une de ses terres, le nom de Clermont-Mont-Saint-Jean.

    Les Clermont possédèrent la Bâthie d’Albanais jusqu’à la fin du XVe siècle, recevant régulièrement l’hommage de leurs « hommes taillables » consigné dans les volumes de reconnaissances féodales, faisant percevoir leurs droits par leurs agents et rendre la justice par leur juge. Gabriel de Clermont laissa une succession difficile, pour le règlement de laquelle son fils Jacques dut écorner le patrimoine. En deux étapes (1501 et 1517), il vendit la Bâthie à René de Savoie, bâtard reconnu de Philippe II et souche d’un rameau cadet de la dynastie, les Savoie-Tende. Son fils Honoré revend le fief en 1540 à Philibert de La Forest, comte de Dullin et de Vérel, appartenant à une grande maison, originaire des environs d’Yenne et détenant de biens dans tout le duché. En 1559, comme le duc Emmanuel-Philibert devait à Philibert de la Forest la somme de 100 écus d’or « pour bons et loyaux services à luy rendus » mais que ses finances étaient à sec, il s’acquitta en lui donnant, à Saint-Offenge-Dessus, le fief de Loëx, passé en 1473 à une autre maison de Genevois, issue de sa maison-forte de Cusy, les d’Orlier.

    En 1604, la Bâthie fut enlevée à Charles de La Forest, homme de guerre, conseillé d’état et chambellan du duc, qui reçut en compensation la baronnie d’Apremont, et réinféodée à Alexandre de Clermont-Mont-Saint-Jean dont la famille récupérait ainsi son ancien fief. Les de La Forest, puis leurs héritiers, les Allinges, marquis de Coudrée, sans doute les seigneurs les plus riches de toute la Savoie, gardèrent des droits féodaux à la Bâthie. Certaines redevances furent également cédées à d’autres nobles. En 1681, la Bâthie fut érigée en marquisat pour Jean-Claude de Clermont-Mont-Saint-Jean.

    Le XVIIIe siècle voit l’apogée de cette maison qui détient 25 seigneuries en Savoie-propre, Genevois, Bresse, Bugey, Valromey et Faucigny. A Saint-Offenge-Dessous, les d’Orlier avaient gardé le château qui passa, par héritage à une lignée elle aussi fort à son aise, les de Montfalcon du Cengle qui possédaient leur sépulture familiale dans l’église paroissiale, en la chapelle de Saint Michel et Sainte Barbe. C’est dans ce château que naîtra en 1732, Joseph de Montfalcon du Cengle, futur archevêque de Tarentaise. A la fin du XVIIIe siècle, au moment de l’affranchissement général, la situation féodale était la suivante. Saint-Offenge-Dessous n’avait qu’un seul seigneur, le marquis de Clermont-Mont-Saint-Jean qui percevait des droits dont le rachat était estimé à 15 790 livres, dont 1861 seulement avaient été payées, en 1792. A Saint-Offenge-Dessus : le marquis d’Allinges-Coudrée (6 000 livres), la baronne de Cusy (600 livres), la cathédrale de Chambéry (1 500 livres), la collégiale d’Aix (7 livres) pour un capital de 12 107 livres dont 6 885 avaient été soldées lors de l’arrivée des Français.Les Clermont, personnages opulents, conservèrent jusqu’à la Révolution le château de la Bâthie qui fut vendu comme bien national et acquis avec ses dépendances par Jean-Pierre Cartelin, un notable du Montcel. Joseph-Henri de Clermont-Mont-Saint-Jean fut le dernier seigneur de Saint-Offenge. Colonel au service du roi de France dans le régiment de Champagne, il résidait habituellement dans son domaine de Flaxieu en Bugey, mais il avait décidé de s’établir à Chambéry où il fit construire, vers 1784, un magnifique hôtel dans le plus pur style Louis XVI, aujourd’hui siège de la Direction régionale des douanes, en bordure de la place de la République. En 1789, Joseph de Clermont fut élu député de la noblesse du Bugey aux États Généraux de Versailles, où il se signala comme un partisan farouche de la monarchie absolue si bien qu’il dut regagner le Piémont. Il servit le roi de Sardaigne comme aide de camps dans les campagnes contre la France et fut nommé, en 1817, général-major et Grand-Croix de l’Ordre des Saint-Maurice et Lazare. Il n’avait jamais pu habiter sa demeure chambérienne où son blason aux clés en sautoir fut martelé par les Jacobins en 1793. La résidence fut achetée en 1799 par un nommé Louis Pollingue pour le prix dérisoire de 9 000 livres. Joseph de Clermont mourut à Vichy, en 1827. Son dernier descendant s’éteignit en 1868, sans postérité masculine et les biens des Clermont savoyards passèrent à a branche française des Clermont-Tonnerre.

    Le Château de Saint-Offenge-Dessous, vendu lui aussi sous la Révolution, parvint aux propriétaires actuels par la famille Usannaz-Joris. »

    Paul Guichonnet

Références documentaires

Bibliographie
  • GUICHONNET, Paul. Les pages d'histoire de Paul Guichonnet. Les seigneurs de Saint-Offenge. Dactylographié. Mairie de Saint-Offenge-Dessous (lieu de conservation). S.d. [fin 20e siècle]. Lien internet : http://domaine-de-saint-offenge.e-monsite.com/pages/historique-du-chateau-de-montfalcon.html.

    AC Saint-Offenge-Dessous
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