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Moulin des Aimes ou moulin de la Culaz actuellement Etablissement des frères Romand

Dossier IA74000984 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

Etablis sur la rive droite du torrent de la Fillière dans la commune de Charvonnex, les moulins des Aimes remontent à 1806. Ils se situent en aval d´un moulin très ancien situé au hameau de la Pallaz et antérieur à 1730. Cet établissement, tenu par la famille Mugnier au début du XIXème siècle, se voit concurrencer activement par cette nouvelle usine. M. Joseph Morand habitant à Charvonnex et son associé Laurent Peccoud disposent en 1816 d´un moulin et d´une scierie sur la rive droite de la Fillière. M. Morand dispose alors d´un nouveau droit d´eau délivré par le pouvoir central de Turin pour alimenter ces artifices. Grâce à cette nouvelle dérivation, M. Morand, cultivateur, souhaite ajouter à son usine une nouvelle scierie en remplacement de l´ancienne. La nouvelle scie est construite en novembre 1815 pour répondre aux besoins toujours plus croissants en bois de construction des communes de Charvonnex, Argonay, les Ollières et Saint Martin de Bellevue. L´établissement de ces nouveaux équipements est alors reconnu d´utilité publique par les syndics de ces communes qui voient, dans cette concurrence, le meilleur moyen de stimuler la production locale et de satisfaire ainsi l´approvisionnement en bois et en blé. En 1816, M. Claude Marie Romand devient le nouvel associé de M. Laurent Peccoud et Jean Pierre Morand. A cette époque le canal de fuite des moulins de la Pallaz de la famille Mugnier ne communique pas encore avec cette usine située plus au sud. Le changement fréquent du lit de la rivière pousse M. Morand à changer plusieurs fois l´emplacement de sa prise d´eau. En 1818, afin de rectifier cela et prévenir les nouveaux risques, les familles Mugnier et Morand décident conjointement d´établir une nouvelle dérivation, dont le canal de fuite des artifices Mugnier servirait de canal d´amenée pour les artifices du sud. Le règlement de l´affaire entre les deux clans se fait progressivement. La principale crainte de la famille Mugnier est de gérer le surplus d´eau occasionné par cette nouvelle prise d´eau et que le lit de la rivière s´établisse dans la nouvelle dérivation dont la pente serait moindre par rapport à l´ancienne dérivation Morand. Pour se faire, l´usinier projette de faire une seconde dérivation sur le canal du moulin. Racheté par la famille Dupont, le moulin des Aimes continue son développement mais se voit rapidement concurrencer par le moulin de la Pallaz. A la mort de Pierre Mugnier en 1822, l´ancien associé de M. Morand, Pierre Romand arrive à racheter le moulin historique du clan Mugnier. Etabli au début du XVIIIème siècle, cet édifice change de propriétaire après plus de 130 années d´existence. Les frères Mugnier gardent alors le moulin qu´ils possèdent aux Tavernettes. En 1871, une crue importante déplace le battoir à chanvre de M. Romand qui se trouvait en haut des ses moulins au lieu dit de la Pallaz, la Pelle. Pour remplacer cette construction, le meunier décide d´ériger un nouvel ensemble dans la commune de Charvonnex. A cette époque, M. Romand Jacques place quatre roues hydrauliques destinées à faire mouvoir trois paires de meules pour son nouveau moulin à gain et sa scierie. L´usine de la Pallaz de M. Romand se compose en 1872, de trois paires de meules de moulin mues par trois roues et d´une scierie. Il existe à l´aval de sa propriété deux établissements appartenant à Dupont François : le premier est à une distance de 670 m, il s´agit du battoir et le second est à 130 m, et se compose de deux paires de meules et d´une scierie. L´arrêté du 31 mars 1873 autorise M. Claude Mugnier et Romand Joseph à modifier, sur leur propriété, le cours de la dérivation du torrent la Fillière qui actionne aussi les artifices des frères Romand, et de construire lui-même sur cette dérivation, une usine contenant deux moulins et un battoir. Les travaux comprennent aussi le remplacement de la roue de l´ancienne scierie du moulin de la Pallaz. M. Romand Jacques souhaite aussi construire une nouvelle minoterie plus en amont de ces anciens moulins. A partir de 1876, plusieurs tensions apparaissent dans le clan Romand entre Joseph et Jacques. Le second a vendu au premier ses droits sur la chute de l´ancienne scierie. Entre 1825 et 1896, les clans Mugnier, Romand et Dupont équipent les moulins des Tavernettes, de la Pallaz et des Aimes de tous les équipements nécessaires pour faire face à la demande toujours plus croissante. Profitant de revenus confortables, la famille Romand rachète le moulin des Aimes. En décembre 1897, les usiniers Romand Joseph-Marie, Romand Etienne, Romand Joseph meunier à Charvonnex, fils de Pierre Romand, ainsi que les frères Mugnier Joseph et Alexis demandent à l´administration des Ponts et Chaussées de vérifier la hauteur du barrage de la prise d´eau qu´ils possèdent conjointement dans le torrent de la Fillière. L´arrêté préfectoral du 30 septembre 1886 autorisait les frères Mugnier à établir un nouveau barrage sur le même torrent. En 1906, la hauteur du barrage de la prise d´eau alimentant la scierie à bois de M. Romand Jean est estimée à 3 m 65 avec un débit de 200 litres par seconde. La puissance disponible des moteurs hydrauliques est alors de 7 CV. La hauteur de la prise d´eau alimentant le moulin à blé de M. Romand Etienne est de 2 m 30 pour un débit de 315 litres par seconde, une puissance de 7C permet d´actionner les meules. La hauteur de la chute en eaux moyennes du moulin à blé de Romand Jean se limité à 2 m 60 pour alimenter le moulin à blé d´une puissance de 8 CV. Une autre scierie de Romand Joseph dispose d´une chute en eau moyenne de 1 m8 0 pour un débit de 354 litres par seconde qui délivre une puissance de 6 CV. Les frères Mugnier ne disposent plus que d´une taillanderie à cette époque.

Parties constituantes non étudiéesmaison, hangar agricole
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Thorens-Glières
Hydrographiesla), Fier Supérieur Fillière
AdresseCommune : Charvonnex
Lieu-dit : la Culaz
Adresse : 244 route de
La Passerelle
Cadastre : AD 1 37, 1138, 884, 283

Construit en 1806 pour concurrencer activement les moulins Mugnier de la Pallaz qui n´arrivent plus à répondre à la demande, toujours plus croissante en blé et en bois des habitants des paroisses alentours. Le moulin des Aimes au lieu de la Culaz s´illustre déjà par son modernisme. Etablis sur la rive droite du torrent de la Fillière dans la commune de Charvonnex, les moulins des Aimes se situent en aval d´un moulin très ancien situé au hameau de la Pallaz et antérieur à 1730, cet établissement est tenu par la famille Mugnier. Monsieur Joseph Morand habitant à Charvonnex et son associé Laurent Peccoud disposent en 1816 d´un moulin et d´une scierie sur la rive droite de la Fillière. M. Morand dispose alors d´un nouveau droit d´eau délivré par le pouvoir central de Turin pour alimenter ces artifices. Grâce à cette nouvelle dérivation, il souhaite ajouter à son usine une nouvelle scierie en remplacement de l´ancienne. La nouvelle scie est construite en novembre 1815 pour répondre aux besoins toujours plus croissants en bois de construction des communes de Charvonnex, Argonay, les Ollières et Saint-Martin de Bellevue. L´établissement de ces nouveaux équipements est alors reconnu d´utilité publique par les syndics de ces communes, qui voient dans cette concurrence le meilleur moyen de stimuler la production locale et de satisfaire ainsi l´approvisionnement en bois et en blé. En 1816, Monsieur Claude Marie Romand devient le nouvel associé de Messieurs Laurent Peccoud et Jean-Pierre Morand. Racheté par la famille Dupont, le moulin des Aimes continue son développement mais il est rapidement concurrencé par le moulin de la Pallaz qui appartient depuis 1822 à M. Romand qui avait contribué à l´essor du moulin des Aimes à la Culaz. M. Dupont François possède alors un battoir situé plus en amont et le moulin des Aimes qui se compose de deux paires de meules et d´une scierie, en 1872. En 1896, M. Romand Jean Marie et son fils Joseph, meuniers à la Pallaz rachètent l´ancien moulin. L´activité ne cesse alors de s´accroître jusqu´en 1917, date à laquelle Romand Joseph associe son fils Maurice à ses affaires. Pendant la seconde guerre mondiale, la minoterie produit de l´alimentation pour le bétail. En 1958, Romand Maurice fait installer une turbine à la scierie mais cet édifice brûle en 1979 et on reconstruit sur les ruines une maison d´habitation. En 2010, la veuve Romand est toujours propriétaire de l´ancien moulin et de la maison du meunier.

Remploi
Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle
Dates1806, daté par source

Le torrent de la Fillière prend sa source au fond de la vallée de Thorens, après un parcours de 6 km environ, il passe au chef lieu de Thorens, de là, au village du Plot et enfin il arrive dans la commune de Charvonnex. De la source jusqu´à Charvonnex, diverses usines sont alimentées par les eaux du torrent de la Fillière, le moulin le plus proche est situé à Groisy, dans le lieu de Longchamp. En 1876, la dérivation du torrent de la Fillière des familles Mugnier, Romand et Dupont est de conception très ancienne, établi sur la rive droite du torrent la Fillière, le barrage se trouvait sur la commune de Groisy à 488 m en amont du torrent des Tavernettes qui servait avant rectifiaction de limite entre les communes de Groisy et Charvonnex. La hauteur moyenne du barrage au dessus de la surface de l´eau est estimée à 0 m 20 de hauteur en cette fin de siècle. Les eaux dérivées traversent les propriétés des usiniers Mugnier Claude et arrivent après un parcours de 505 mètres dans la propriété de M Romand Joseph. Auparavant, le barrage primitif était grossièrement construit en pierres et en molasses, ce qui le rendait peu étanche, n´alimentant pas correctement la dérivation. C´est ce qui pousse les meuniers à reconstruire cette prise d´eau en 1886. A plusieurs reprises la prise d'eau est réparée, la dernière rénovation remonte à la seconde moitié du XXème siècle, les détenteurs des droits d´eau décident de rénover le barrage et la digue en injectant du béton dans les anciens massifs maçonnés. Des ruines restent encore visibles côté Fillière. Le canal serpentait la rive droite de la Fillière et passait d´abord par le moulin des Tavernettes, le moulin de la Pallaz, le moulin de la Culaz pour se jeter dans la Fillière au moulin des Aimes. Si le bief a disparu, il reste certaines traces à proximité des Tavernettes et des Aimes. La propriété se compose de l'ancien bâtiment du moulin, de la maison du meunier et de quelques remises. Un lotissement s'est greffé à l'ensemble.

Murspierre
bois
béton
enduit
Toittuile mécanique, tuile plate
Plansplan régulier
Étages2 étages carrés, sous-sol
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
toit à plusieurs pans
demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsarbre isolé
États conservationsremanié

Le moulin a été transformé en maison d'habitation et se trouve en zone Nax au regard du PLU.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà étudier

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie :10 FS 303, Demande en autorisation de l'établissement d'un moulin. 1825-1846

  • AD Haute-Savoie : 6 S 40. Règlement d'eau sur le torrent de la Fillière de 4 moulins à farine, d'un battoir à chanvre et d'une scierie de M. Romand Jospeh. 1872

  • AD Haute-Savoie : 6 S 40. Règlement de prise d'eau du moulin de M.Romand Jacques sur le torrent de la Fillière. 1876

  • AD Haute-Savoie : 6 S 226, Demande de réglementation de l'usine. 1877

  • AD Haute-Savoie : 6 S 40, Règlement d'eau autorisant M. Romand Jacques à établir des moulins à grains et une scierie sur le bord de Fillière lieu dit aux Moillex. 1878

  • AD Haute-Savoie : 6 S 226, Demande en autorisation pour la construction d'une dérivation, à l'administration pose un repère fixant la hauteur du barrage alimentant le bief de l'usine. 1880

  • AD Haute-Savoie : 6 S 40, Demande d'autorisation de construire une digue sur le Torrent de la Fillière au lieu dit à la Fely pour servir au fonctionnement des moulins et scieries des frères Romand. 1886

Bibliographie
  • Haute-Savoie. Société d´histoire et d´archéologie. Mémoires et documents. Volume 5-6. 1861, p.15

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