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Moulins Cartier puis Moulins Cartier Frères et Soeurs dit Scierie de la Bardette et Scierie de M. Jean-François Cartier

Dossier IA74001072 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéesscierie, remise, logement
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Faverges
HydrographiesTorrent de l'Ire le), Lac d'Annecy
AdresseCommune : Doussard
Lieu-dit : Chevaline Sud
Adresse : 848 route du
Moulin
Cadastre : 0A 1 42, 848, 1082, 0B 1247, 1248, 1249, 3381, 1250, 3382, 1252, 1253, 3380, 1254, 3377, 3375, 1257, 1256, 3379, 1259, 3376, 3378, 1261, 1262, 1263, 1265

A la Cote de l´Ire ou Combe de l´Ire, une reisse (un bief) actionnant deux artifices sont déjà représentés sur la mappe sarde de la commune de Doussard dressée en 1728. Ces deux édifices distants de 230 mètres sont établis sur un canal de dérivation situé en rive droite du torrent de l´Ire. Une dynastie de meuniers domiciliée au hameau de Marceau à l´est de la commune de Doussard va donner le nom contemporain de ce site : les Moulins Cartier. Progressivement ces installations seront partagées entre trois propriétaires et seront dénommées en 1880 de la façon suivante : l´Usine Corbaz Claude et Cie dite Scierie de la Bardette, les Moulin Cartier et la Scierie de Jean-François Cartier. Domicilié au hameau de Marceau, il semblerait que la famille Cartier possède déjà une scierie dans ce bourg. Plusieurs ingénieurs ordinaires signalent la présence de cette famille au sud du hameau d´Armand comme occupant ces artifices que l´on appellera les Moulins Cartier. A cette époque la rivière de l´Ire a la particularité d´être richement dotée en artifices, on dénombre au moins quatre biefs depuis l´aval du pont de l´Ile avec la Scierie Chambaz, jusqu´au sud du hameau d´Armand avec l´ancienne usine Farque. Les moulins Cartier se trouvent à l´aval de la Scierie Chambaz. Par pétition du 31 décembre 1865, M. Jean-François Cartier demande l´autorisation d´établir une scierie sur la rive droite du torrent de l´Ire au lieu dit de la Combe d´Armand. Cette demande a été soumise à l´Administration des forêts qui a donné un avis favorable le 27 avril 1866. En 1866, cette scierie projetée par M. Jean-François Cartier se trouve immédiatement à l´amont du moulin à blé (dit Moulins Cartier) de son frère Claude. Pour alimenter cette nouvelle scierie, les eaux du canal de fuite du Moulin de M. Cartier Claude sont amenées sur la roue motrice de l´usine projetée au moyen d´un canal en bois supporté par des tréteaux. Après avoir attaqué la roue, les eaux sont rendues à leur cours naturel à 70 mètres en amont du barrage à la tête de la dérivation de l´usine de M. Laperrière située en amont. Pierre Cartier laisse la gestion des son moulin à ses deux fils, Claude est propriétaire du moulin, de huilerie de la scierie attenante, Jean-François conserve les terres attenantes au moulin sur les deux rives de l´Ire ainsi que les murs de l´ancien battoir à chanvre qu´il transformera en scierie. La cohabitation entre Jean-François Cartier et ses neveux Gustave-Joseph et Jules - Frédéric à partir de 1875 est moins aisée et des conflits opposeront les propriétaires de la Scierie Jean-François Cartier, du Moulin Cartier et de la Scierie de la Bardette. En 1866, la dérivation des Moulins Cartier est équipé de la scierie de la Bardette située à 110 mètres en aval du seuil de la prise d´eau, le canal de fuite de cette dernière va alimenter la roue du moulin à blé et la roue du bâtiment abritant le pressoir à huile et la scierie. L´ancien battoir à chanvre ferme le canal de dérivation, c´est à cet emplacement que la scierie de Jean-François Cartier est installée en 1866, elle est actionnée par une roue. En 1880, le site a quelque peu évolué, le bâtiment du moulin des frères et soeurs Cartier est agrandi et la scierie de Jean-François Cartier enjambe le lit du torrent grâce une extension montée sur un pont. En 1885, les usines des frères et soeurs Cartier comprennent un moulin, une scierie et une huilerie mus par les eaux dérivées du torrent de l´Ire sur la commune de Doussard. Le barrage de prise d´eau de ces usines, construit en pieux madriers et pierres est établis à environ 250 mètres des moulins. Les eaux retenues par le barrage suivent avant 1880 un canal d´amenée qui les conduisait sur des roues à palmes qui ont été remplacées par une turbine Girard. A la sortie de laquelle, les eaux regagnent l´ancien canal de fuite qui les conduit dans le bâtiment abritant la scierie et l´huilerie. Au début du XXème siècle, l´activité du site décline. En 2011, des vestiges de la scierie Bardette sont encore visibles. De la Scierie de Jean-François Bardette, seul l´ambrasse du pont témoigne de la présence du site de production. Le bâtiment des Moulins Cartier ainsi que l´huilerie ont été reconverti en logements.

Période(s)Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1728
1866
1875
1880
1885

Le torrent de l´Ire descend le massif des Bauges qui domine la plaine de Doussard, son cours très rapide a été utilisé pour la mise en mouvement de nombreux moulins. Ce torrent dessine un frontière naturelle entre les commune de Chevaline à l´ouest et de Doussard à l´ouest. Sur plus de 9 km, le torrent descend le long de la vallée boisée orientée surdnord avant d´arriver au lieu Les Mollards qui ouvre sur la plaine agricole de Doussard. En ce lieu, une halle témoigne de la présence de l´ancienne Scierie Chambaz. C´est le premier artifice qui dérivait les eaux de l´Ire. Les Moulin Cartier, situés 500 mètres en aval constituent le second palier anciennement aménagé. Depuis le bâtiment désaffecté de la Scierie Chambaz situé sur la commune de Chevaline, en rive droite de l´Ire, il faut emprunter la route du Moulin, puis passer sur le pont de l´Ile, à cet endroit le seuil de la dérivation des Moulins Cartier coupaient la rivière sur sa largeur. En continuant plus nord, les vestiges de l´ancienne scierie Bardette dessinent des sillons dans la végétation, le tracé de l´ancien bief apparaît de façon épisodique sur le parcours. Le chemin fini par débouché 250 mètres plus au sud, sur le hameau de Chevaline Sud. Cinq édifices et autant de remises longent la route du moulin. Il s´agit du bourg des anciens Moulins Cartiers. Suivan un axe sud-ouest, nord-est, le bâtiment du moulin assure un lien entre la route le torrent de l´Ire. Depuis le XIXème siècle, cet édifice se développait sur toute la largeur de la parcelle mais son extension sud a été démolie. Il en reste que la bâtiment du moulin à blé adossé à l´ancienne maison du meunier dont les différentes travées laissent deviner la nouvelle affectation : il s´agit de logements. Contiguë à la route du moulin, le mur pignon nord signale au visiteur la présence d´une maison de tradition. Une date est portée sur un linteau de la façade antérieur avec la date 1880. Cet édifice dispose du nord au sud de deux jardins avec coures intérieures. La cour intérieure nord donne accès à l´ancien bâtiment de l´huilerie. De facture plus austère, cet édifice long la cour du torrent pour conduire au tablier d´un pont. Il s´agit en fait du plancher de la halle de la scierie de Jean-François Cartier qui a été démonté. Au-delà de ce pont, en rive gauche, l´ancienne maison de M. Cartier de part ses dimensions importantes témoignent du dynamise de cette ancienne installation.

Murspierre
bois
enduit
Toittuile plate mécanique
Plansplan régulier
Étages3 étages carrés
Énergiesénergie hydraulique

Il s'agit du second palier aménagé sur les abords du torrent de l'Ire et le premier palier d'artifices de la commune de Doussard. Situé à l'extrémité nord de la commune de Doussard, en rive droite du torrent de l'Ire, cet ensemble a gardé une certaine cohérence et démontre une nouvelle fois l'importance du moulin dans les sociétés agricoles de l'Epoque Moderne. Le moulin rejetté en bordure des rivières devient un point de développement économique et sociale et constitue le point de départ d'une urbanisation diffuse. Ce moulin se perçoit comme un point d'ancrage fort du hameau d'Armand, il justifie de part son ancienneté la présence de ce hameau et s'intégre dans un réseau d'ancien aartifices qui jalonnent les abords de la rivière jusqu'au centre du village de Doussard. Ce moulin est donc un marqueur fort du territoire.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Par pétition du 31 décembre 1865, M. Jean-François Cartier demande l´autorisation d´établir une scierie sur la rive droite du torrent de l´Ire au lieu dit de la Combe d´Armand. Cette demande a été soumise à l´Administration des forêts qui a donné un avis favorable le 27 avril 1866. En 1866, cette scierie projetée par M. Jean-François Cartier se trouve immédiatement à l´amont du moulin à blé de son frère Claude et à environ 500 mètres à l´aval de la scierie de M. Jacques-Louis Laperrière et consort Armand. Pour alimenter cette nouvelle scierie, les eaux du canal de fuite du Moulin de M. Cartier Claude sont amenées sur la roue motrice de l´usine projetée au moyen d´un canal en bois supporté par des tréteaux. Après avoir attaqué la roue, les eaux sont rendues à leur cours naturel à 70 mètres en amont du barrage à la tête de la dérivation de l´usine de M. Laperrière située en amont.

    L´usine du pétitionnaire est installée sur la rive droite du ruisseau de l´Ire au lieu dit à la Combe d´Armand sur le même emplacement que le battoir à Chanvre construite à trente mètres en aval du moulin à blé de M. Claude Cartier et à 70 mètres à l´amont du barrage du moulin. La pente du torrent de l´Ire et du canal de fuite du moulin étant très considérable, elle peut avoir une influence sur le moulin à blé et l´usine de M. Laperrière. Cette usine est construite sur le prolongement du canal de fuite du moulin de M. Claude Cartier, le long du chemin d´Armand. Le canal d´amenée dispose d´une longueur de 30 mètres.

    Dans sa pétition du 31 mai 1875 adressée au préfet de la Haute-Savoie, M. Cartier Claude émet le souhait de reconstruire son moulin à huile.

    Par pétition en date du 19 janvier 1885, M. Jean-François Cartier demande l´autorisation de construire sur le torrent de l´Ire deux barrages pour dériver les eaux du torrent et les amener sur les artifices de son usine dont il désire augmenter la motricité. Le torrent de l´Ire sépare en ce territoire les communes de Doussard et de Chevaline. Cette demande entraine l´opposition de ces neveux.

    Par arrêté préfectoral du 21 mars 1885, les usines de la Barbette, Cartier frères sont à nouveau réglementées.

    En 1885, l´usinier Corbaz Claude et Cie propriétaire d´une scierie de la Bardette à Doussard, se plaint des modifications apportées en 1880 au canal de fuite des usines des Sieurs Cartier Gustave-Joseph et Jules Frédéric. En 1880, les frères Cartier ont remplacé les roues de leurs moulins par un e turbine destinée à augmenter la force hydraulique. L´ancien canal d´amenée a été remplacé par une partie supérieure à faible pente amenant l´eau de la dérivation dans un réservoir de charge suivi d´un conduit cylindrique en bois partant du réservoir pour alimenter la turbine. La partie supérieure de la dérivation sert de canal de fuite à la Scierie Carbaz et Cie qui est munie d´un déversoir. En 1885, la propriété se compose de la scierie de la Bardette dont le barrage de prise d´eau est situé à 50 mètres en amont du pont du chemin vicinal n°17 sur l´Ire et dont le canal de fuite vient déboucher dans le canal d´amenée de l´usine des frères Cartier. A l´aval de l´usine Corbaz Claude et Cie, la scierie de leur oncle : M. Jean-François Cartier se trouve entre le pont de l´Ire et les usines Cartier le long du chemin ordinaire n°17 de Doussard en rive droite du torrent de l´Ire. A l´aval des usines Cartier se trouve la prise d´eau de la scierie des frères Coppier. Pour régler ce problème, les frères Joseph, Frédéric, ainsi que Jean-François Cartier acceptent la fixation du niveau du déversoir se trouvant à l´entrée de leurs installations équipé d´un trop plein. MM. Cartier Germain et Théophile, fil de Jean-François Cartier demandent que les eaux soient amenées à la sortie des moulins où elles doivent être partagées sans de frais à leur charge.

    En 1885, les usines des frères et sœurs Cartier comprennent un moulin, une scierie et une huilerie mus par les eaux dérivées du torrent de l´Ire sur la commune de Doussard. Le barrage de prise d´eau de ces usines, construit en pieux madriers et pierres est établis à environ 250 mètres des moulins. Les eaux retenues par le barrage suivent avant 1880 un canal d´amenée qui les conduisait sur des roues à palmes qui ont été remplacées par une turbine Girard. A la sortie de laquelle, les eaux regagnent l´ancien canal de fuite qui les conduit dans le bâtiment abritant la scierie et l´huilerie. La scierie de la Bardette est située à 250 m à l´amont des moulins, à peu près en face du barrage des prises d´eau des frères Cartier, à l´origine le barrage de la pise d´eau de la scierie est établi à 60 mètres en amont de l´ancien point. A cause de la surélévation du canal d´amenée des moulins Cartier, les eaux n´ont turbinées créent des remous et attaquent le canal de fuite de la scierie Bardette.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Maintien de la scierie de M. Cartier Pierre au hameau Marceau. 1861

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Acte de soumission passé par le Sieur Pierre Cartier propriétaire à Doussard pour l´établissement sur la propriété d´une scierie à bois pour son usage particulier. 24 mai 1861

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Doussard et Chevaline, prise d´eau Cartier. 1866

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Arrêté préfectoral du 31 mai 1871 autorisant M. Cartier Claude à reconstruire son moulin à Huile. 31 mai 1871

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Partage d´eau de la prise d´eau sur le torrent de l´Ire pour servir au fonctionnement des usines des frères Cartier Claude et Jean François. 1875

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Reconstruction du moulin à huile sur le torrent de l´Ire de M. Cartier Claude. 1875

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Etablissement d´une scierie au hameau d´Armand avec une prise d´eau sur le torrent de l´Ire par MM. Cartier Frédéric et Joseph. 1882

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Construction de deux barrages sur le torrent de l´Ire pour la prise d´eau de l´usine Cartier Jean François. 1885

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Doussard et Chevaline, prise d´eau Cartier. 1885

  • AD Haute-Savoie : 6 S 64, Arrêté préfectoral du 19 janvier 1885 autorisant les frères Cartier à construire deux barrages sur le torrent de l´Ire. 19 janvier 1885

Documents figurés
  • Cadastre 2011, Conseil général de la Haute-Savoie/ Direction des Affaires Culturelles/ SIG/ BDORTHO® - BDCARTO® - © IGN - copie et reproduction interditesPlan

    CAH Haute-Savoie
Bibliographie
  • TISSOT R. La houille blanche à Faverges. In Bulletin d'Histoire et d'Archéologie, Les Amis de Viuz Faverges. Lyon : CCF, 1973, n°14, 4ème trimestre, 37 p.

    p.25 - 27.
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Assemblée des Pays de Savoie © Assemblée des Pays de Savoie - Mahfoudi Samir