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  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
  • © Ville de Lyon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lyon Confluent
  • Commune Lyon 2e
  • Lieu-dit Confluent
  • Adresse 33 cours Suchet
  • Cadastre 1999 AZ 18
  • Dénominations
    prison
  • Appellations
    Saint-Paul
  • Parties constituantes non étudiées
    chapelle, tunnel, boulangerie, buanderie, atelier, logement

La construction de la prison est envisagée dès 1847 et, selon le vœu des magistrats, dans le quartier Saint-Paul à proximité du Palais de Justice, ce qui lui vaut l'appellation de prison Saint-Paul. Sur la proposition du sénateur Vaïsse, préfet du Rhône, le Conseil général, dans la session de 1859, décide de l'emplacement de la nouvelle maison d'arrêt dans le quartier Perrache, dans le voisinage de la maison de correction. Le 14 février 1860, l'architecte Antonin Louvier en dresse les plans. Le projet est approuvé par le Conseil général des bâtiments civils dans sa séance du 7 avril 1860. Louvier adopte un plan radial à 6 branches. Le programme modifié par le conseil de l'inspection générale des prisons est conçu pour 550 détenus répartis en "7 quartiers : 1 pour la pistole ou les payants (C), 1 pour les jeunes détenus de toute catégorie (G), 1 pour les détenus politiques (H), 1 pour les prévenus récidivistes ou dangereux (E), 1 pour les prévenus de délits peu importants (F), 1 pour les détenus pour dettes (K) et 1 quartier cellulaire (I) comprenant les cellules de secret, les cellules de punition, celles de sûreté pour les prisonniers les plus dangereux, et celles réservées à des prévenus honnêtes encore et qui demandent, comme une faveur, de n'être pas mêlés aux criminels. Le quartier cellulaire est établi sur le même mode que la prison Mazas à Paris [Gilbert architecte 1842-1850] avec cette différence que les cellules sont plus grandes, elles cubent 32 m 500." ; ce bâtiment est plus long et plus large que les autres et comprend 80 cellules. Les lieux d´aisance sont placés dans les demi-tours qui forment saillie à l´extrémité de chaque bâtiment. Le bâtiment central est occupé au rez-de-chaussée par la salle centrale de surveillance et les parloirs correspondant à chacun des quartiers, au premier étage la chapelle divisée en six compartiments communiquant directement avec leurs quartiers respectifs et les galeries de surveillance (D). De chaque côté de la cour d´entrée se trouvent le bâtiment affecté aux logements des employés, avec corps de garde, remise et écurie (A), et le bâtiment des services généraux avec boulangerie, buanderie, séchoirs, lingerie et bureaux pour l´entrepreneur de ces services (B). Chaque quartier est accompagné d´une cour assez vaste pour servir de promenoir, avec au fond un atelier de travail pour les prévenus. Le projet prévoit la mise en communication de la maison d'arrêt avec la maison de correction à l'aide d'un tunnel passant sous la rue Delandine. L'architecte donne deux directives fortes à son projet : "l'unité de surveillance et la division ou indépendance des sexes et des catégories parmi les prisonniers. Si l'on pensait objecter qu'en adoptant une disposition panoptique je courais le risque de tomber dans les inconvénients reprochés avec raison à quelques prisons projetées ou exécutées d'après ce système, inconvénients dont le principal était l'irrégularité dans les bâtiments, je répondrais que toutes les salles et les pièces affectées, soit à l'habitation des prévenus, soit au logement des employés, soit aux services généraux, offrent une parfaite rectangularité, et que là où il a été indispensable de former des angles aigus ou obtus, l'irrégularité ne porte que sur des dépendances, où elle n'offre aucun inconvénient, c'est-à-dire des cages d'escalier, des cours, des lieux d'aisance, des dépôts et quelques cachots". La prison est mise en service en 1865. En 1882, la maison d´arrêt peut contenir environ cinq cents détenus. En janvier 1885, l'architecte du département du Rhône, Henri Moncorger, présente les plans de transformation de la maison d'arrêt et de justice de Lyon en prison cellulaire en application de la loi du 5 juin 1875 prescrivant le régime cellulaire aux prisons départementales pour les détenus condamnés au plus à un an et un jour d'emprisonnement. La transformation est l'objet de la délibération du Conseil général du Rhône le 11 octobre 1889. Elle débute par les bâtiments F et K. Le transfert de la buanderie de la maison d'arrêt et de justice de Lyon dans le quartier des femmes de la maison de correction, autorisé par décision ministérielle du 2 juin 1892 et approuvé par le Conseil général le 7 septembre est motivé par le fait que "les travaux de lessivage, de vestiaire et d'entretien convenant plutôt aux femmes, seront mieux assurés par elles que par les hommes qui en sont actuellement chargés. Elle permettra d'autre part d'établir dans la nouvelle prison un dépôt pour les morts et une salle de désinfection." L'étude de l'architecte du département concernant la chapelle préconise, en 1894, la création de 104 places ou cases au rez-de-chaussée et 87 au premier étage, où se trouve l'autel, la chapelle devenant ainsi chapelle-école alvéolaire. Il est expliqué en nota du plan n°1 que la surveillance de cette chapelle-école pourra se faire, entre autres, par un poste d'observation placé dans la galerie des combles directement au-dessus du "maître hôtel" ; par ailleurs, "l'ouverture dans laquelle est encastré le maître-autel pourra pendant les heures de leçons être entièrement fermée par 2 portes [formées de panneaux peints à l'intérieur], lesquelles fermées pourront par une disposition spéciale des panneaux servir de tableau noir pour les démonstrations" de l'instituteur. Toutes les cases sont prévues avec 0,60 x 0,80 m de côté et 2 m de hauteur. Les travaux sont adjugés le 26 mars 1890 ; l'entrepreneur Christian Nann, 30 cours de la Liberté, est chargé des terrassements, de la maçonnerie, de la pierre de taille et des ciments, Philippe Debat, 6 rue Germain, est chargé des travaux de charpente, Louis Pardon, 18 rue Childebert, de la menuiserie, Antoine Marzo, 1 rue Martin, de la plâtrerie-peinture-vitrerie, Joseph Molliard, 10 cours Vitton (qui décède en cours de travaux) de la serrurerie-quincaillerie, et Marius Petavit, 5 rue Godefroy de la zinguerie-plomberie pour eau et gaz. Fin mars 1896, la transformation de cet établissement en prison cellulaire est complètement terminée. Elle a coûté la somme totale de 479 310,87 francs pour 219 cellules, chaque cellule revenant donc à 2188,60 francs, les trois-quarts étant à la charge du département et le quart restant à la charge de l’État. Du 31 décembre 1910 au 31 décembre 1911, la population carcérale varie de 313 à 260 détenus, la moyenne de l'année se situant à 289 détenus. En 1912, le bâtiment comprend 301 cellules (276 de détention, 12 d'observation, 6 de punition, 7 d'infirmerie). En 1917 est installé un groupe de cabines pour douches dans le bâtiment des bains. La même année, "le poste téléphonique installé récemment à la prison Saint-Paul et relié aux postes du directeur et du concierge à Saint-Joseph, rend de très appréciables services". En 1984, le maire oppose un refus au projet d´agrandissement de la prison sur la rue Delandine.

Début mai 2009, les détenus quittent la prison Saint-Paul pour la nouvelle maison d'arrêt de Corbas (69).

La construction de la prison est envisagée dès 1847, pour une installation dans le quartier Saint-Paul à proximité du Palais de Justice, ce qui lui vaut l'appellation de prison Saint-Paul. Mais en 1859, sur la proposition du sénateur Vaïsse, préfet du Rhône, le Conseil général décide de l’installer dans le quartier Perrache, dans le voisinage de la maison de correction. C’est Antonin Louvier, architecte du département, qui en dresse les plans le 14 février 1860. Son programme, modifié par le conseil de l'inspection générale des prisons, est conçu sur un plan radial à 6 branches pour 550 détenus répartis en sept quartiers. Le Conseil général des bâtiments civils en approuve le projet dans sa séance du 7 avril 1860. La mise en service de l’établissement a lieu en 1865. En janvier 1885, Henri Moncorger, architecte du Département du Rhône, présente des plans de transformation de la maison d’arrêt et de justice de Lyon en prison cellulaire, en conformité avec la loi du 5 juin 1875. Les travaux sont adjugés le 26 mars 1890 à plusieurs entrepreneurs. Fin mars 1896, la transformation est complètement terminée. En 1984, le maire oppose un refus au projet d´agrandissement de la prison sur la rue Delandine.

Début mai 2009, les détenus quittent la prison Saint-Paul pour la nouvelle maison d'arrêt de Corbas (69).

Les murs sont en moellons provenant des roches de Couzon et de Saint-Martin. Sur les faces extérieures, les moellons, choisis (?) sont (?) smillés, piqués et disposés par assises réglées et jointoyées au fer. Sur les faces extérieures des murs de ronde, ces moellons ont été remplacés par des blocs de granit irréguliers, disposés en appareil cyclopéen relié par des chaînes et des jambes harpées en pierre de Villebois ; cette même pierre forme des linteaux, arcs, piliers et colonnes du rez-de-chaussée. Les pierres de taille de Tournus et Lucenay ont été employées dans les premier et deuxième étages. La coupole de la chapelle est formée de fermes courbes, combinées avec la charpente en fer de la toiture ; les vides sont remplis par un hourdissage en plâtre et mâchefer (scories de houilles). Cette partie des bâtiments et les ateliers sont couverts en zinc. Tous les autres bâtiments sont couverts en tuiles plates mécaniques, à crochets, système Fox. Les appareils pour la buanderie et les séchoirs ont été façonnés par MM. Bouillon et Muller de Paris. Les devis de 1886, qui concernent la transformation, préconisent pour la charpente du bois de sapin en assemblage, des portes en chêne pour les cellules, du béton en mortier de chaux hydraulique de Virieux-le-Grand (01) et du gravier de rivière, une maçonnerie à parements ordinaires pour les fondations et les élévations en pierre de Couzon ou de la Grive, de la pierre de Saint-Cyr, de Villebois ou Trept, de Tournus, une charpente en bois de sapin en assemblage pour le dessous des cases cellulaires de la chapelle-école, les cases elles-mêmes en chêne (montants et traverses) et sapin (panneaux). Une case de chapelle-école est composée d'une porte, d'un banc, de 2 gradins en chêne, d'un couvre-chef en sapin, des à-côtés et fond, chacune mesurant 2 m x 0.70 m x 0.90 m [huit ans plus tard, les cases auront perdu en volume], le parquet en pitchpin pour les cellules et galeries, 2 chaires de surveillance avec escalier d'accès en chêne pour la partie supérieure de la chapelle-école. En 1891, Moncorger propose de remplacer la pierre de Tournus prévue dans un premier temps "pour l'encadrement des portes des cellules par de la pierre de la Grive ou des Tronches plus abordables comme prix et d'une solidité équivalente".

  • Murs
    • calcaire
    • moellon
  • Toits
    tuile plate mécanique, zinc en couverture
  • Plans
    plan rayonnant
  • Étages
    2 étages carrés
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit polygonal
    • pignon couvert
    • croupe ronde
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
  • État de conservation
    inégal suivant les parties
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • bouclier
    • glaive
    • balance
    • oiseau
    • symbole de la justice
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

La salle centrale du rez-de-chaussée, point névralgique s'il en est d'une prison construite sur un plan radial, ainsi que le tunnel reliant Saint-Joseph à Saint-Paul n'ont pu être photographiés pour des raisons de sécurité au moment de la campagne de prise de vues en 2001