Vitriolerie puis fort de la Vitriolerie actuellement Quartier Général Frère
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
  • © Ville de Lyon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lyon patrimoine industriel - Lyon
  • Hydrographies Rhône
  • Commune Lyon 7e
  • Lieu-dit Gerland
  • Adresse 22 avenue Leclerc , rue Nadaud , boulevard Yves-Farge , rue des Girondins
  • Cadastre 1999 BP 1
  • Dénominations
    usine d'acide sulfurique, fort
  • Parties constituantes non étudiées
    édifice logistique, immeuble à logements, musée

La Vitriolerie fût une fabrique de Vitriol et d'acide sulfurique située sur le territoire de la commune de la Guillotière, au lieu dit les Rivières, au bord du lit naturel du Rhône. Vraisemblablement installée depuis la fin du XVIIIe siècle, il semble, aux dires de plusieurs auteurs tels que Pierre Cayez, dans "Métiers à tisser et hauts fournaux, aux origines de l´industrie lyonnaise" qu'elle fut créée par la société de l´usine du quai Javel à Paris, comme une sorte de filiale, par les entrepreneurs Peeters et Léonard Alban et le négociant lyonnais Armand, le 15 mai 1790. Elle est présente sur le plan cadastral établi en 1824, et la consultation des matrices indique que le propriétaire du terrain était un dénommé Alban. Un autre plan, daté de 1833 et réalisé par l'ingénieur du Rhône pour l'établissement d'une digue visant à canaliser le fleuve, donne une image précise de la fabrique: elle était constituée de deux ensembles, un bâtiment important à l'est, percé de deux cours intérieures et disposant d'un four à chaux, et un bâtiment plus modeste à l'ouest. Le plan général du cadastre montre que l'espace autour était principalement composé de champs, de prés et de quelques petites exploitations agricoles. Les terres voisines appartenaient à Messieurs Durand, Joseph Morel, Jacques Peroussat, Claude Charbonnier et Nicolas Berne. En 1831, une ordonnance royale déclarait d'utilité publique la construction de fortifications à Lyon, qui n'en disposait plus depuis l'époque de la Convention. Pour ce faire, le Maréchal de Fleury fut envoyé sur place. Cependant, le projet de l'Etat se heurtait aux résistances du conseil municipal de la ville et à son argument : des fortifications trop lourdes entraveraient le développement industriel et commercial de Lyon, qui était, selon eux, l'une des richesses essentielles du royaume. Cependant, cette résistance s'effondra complètement suite aux révoltes violentes des ouvriers de la soie en 1831 et 1834. Ces événements eurent un impact essentiel sur la morphologie des fortifications construites dans la décennie suivante, dans la mesure où elles ne protégeaient pas la ville d'un ennemi venant de l'extérieur, mais étaient tournées vers la ville, de manière à garantir l'intervention de l'armée en cas de nouvelles révoltes populaires. Le fort de la Vitriolerie était le dernier bastion, situé le plus à l'ouest des fortifications, qui, sur la rive gauche du Rhône, constituaient une véritable ceinture autour de Lyon. Le 27 novembre 1838, une ordonnance royale planifia sa construction sur le terrain de la Vitriolerie et il semble qu'on lui en donna naturellement le nom. Selon un plan illustrant les chemins à supprimer pour son établissement daté de 1839, où apparaît en filigrane le tracé du terrain que le fort devait occuper, la surface prévue était d'environ 4790 mètres carrés. La même année, les expropriations et les acquisitions des terrains requis commencèrent. On dispose des actes de vente des propriétaires Gacon, Lacombe et Pallandre, Buler Seguin, Morel, Monin, Baret et Blanc, complétés l'année suivante par ceux des Messieurs Couturier, Blanc et David. Vraisemblablement, la fabrique ferma à cette époque puisque les bâtiments étaient situés dans l'enceinte du fort. La date précise d'achèvement du bâtiment n'est pas connue: on sait cependant par une lettre du lieutenant colonel chargé des fortifications au maire de Lyon qu'en 1844 il était encore en construction. On situe la fin des travaux vers 1846. C'était un fort "à la Vauban" entouré de fossés d'eau qui le reliaient au fort du Colombier qui était le plus proche. Un plan de 1865, illustrant la seconde partie de la lône à combler montre que des bâtiments de l'ancienne fabrique furent, sans doute, conservés dans l'enceinte du fort. En 1840, des travaux d'endiguement du Rhône modifièrent le paysage autour du fort : la digue de la Vitriolerie donna au fleuve un tracé rectiligne du centre de la Guillotière jusqu'à la vitriolerie. L'ancien lit du Rhône resta en eaux et devient la lône de la Vitriolerie. Indice de l'augmentation de la fréquentation des lieux, un chemin de halage est construit sur la digue tant les passages, pourtant interdits, contribuaient à son affaissement. Si les travaux d'endiguement ont contribué à domestiquer le Rhône, le bras mort laissé tel quel derrière la digue souleva des problèmes de salubrité et de sécurité auprès d'une population de plus en plus nombreuse dans le quartier, à tel point qu'en 1862, l'Etat céda ce terrain à la ville de Lyon, en contrepartie de quoi la lône serait comblée à ses frais. Les travaux s'effectuèrent en trois parties, du nord au sud, sur une période allant de 1862 à 1875. La ceinture de fortifications dont faisait partie le fort présentait de nombreux inconvénients : construite trop près de la ville, elle corsetait son développement. Cette situation fut dénoncée par le général commandant du génie de Lyon dans une lettre adressée au maire de la ville en 1874 : selon lui, les fortifications étaient déjà tout simplement désuètes. Dans une ville en pleine expansion, les forts et leurs zones de servitudes représentaient de potentiels espaces à urbaniser particulièrement intéressants. Le déclassement de la ceinture de fort fut prononcé par une loi du 8 juin 1886. Seuls les forts de la Part-Dieu et de la Vitriolerie furent conservés et devinrent des lieux de casernement. Le déclassement induisit de nombreuses mutations dans le fort, et, ainsi, plusieurs bâtiments furent construits pour répondre à sa nouvelle fonction: citons, entre autres, un permis de construire déposé le 5 juillet 1913 pour une écurie et un bâtiment de casernement. Parallèlement, il fut amputé de plusieurs terrains, notamment à l'est, où la municipalité construisit le prolongement des rues de Marseille (actuel boulevard Yves Farges) et de Crépet. En 1968, la Vitriolerie devint le quartier général Frère, un poste de haut commandement pour le quart sud est de la France. Du fort de la Vitriolerie, il subsiste le bâtiment le plus au nord ouest, où un fronton sur la façade ouest porte la mention « Fort de la Vitriolerie ». Il sert de centre de commandement au GIACM (Groupement Interarmées Actions Civilo-Militaires) dont le commandement actuel est le lieutenant-colonel Thomas Toussaint depuis 2009.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Principale : 1er quart 20e siècle
    • Principale : 2e quart 20e siècle
    • Principale : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1846, daté par source, porte la date
    • 1912
    • 1913
    • 1916

Bâtiment de la Vitriolerie, deuxième moitié du XIXe siècle. Il s´agit d´un bâtiment rectangulaire en pierres calcaire de moyen appareil, orienté nord-sud, constitué d´un rez-de-chaussée et de trois étages. Les deux façades comptent chacune 11 travées de quatre ouvertures. Le fort totalise 112 ouvertures, dont 6 portes qui sont toutes en plein cintre. Entre chacune des travées se trouvent deux éléments décoratifs figurant une ouverture en forme de meurtrière. Dans la travée principale, sur la façade sud, se trouve au premier étage une porte fenêtre ouvrant sur un balcon. Symétriquement, la même structure est installée sur la façade nord. Le seul changement intervient sur le parapet du balcon, où il y a un nom porté, indiquant «fort de la Vitriolerie.» Sous les deux balcons se trouvent des portes axiales en plein cintre, dont l´encadrement est architecturé. Chaque étage est séparé, au niveau des pleins de travées, par un bandeau : le plus important se situe entre le second et le troisième étage : il est supporté par des corbeaux, et marque ainsi la différence entre le troisième étage et le reste du bâtiment, dans la mesure où il est moins haut et peint en blanc. Sur chacun des pignons (orienté à l´est et à l´ouest) on compte 3 travées. La travée principale comporte au rez-de-chaussée une porte en verre de style moderne dans une baie en plein cintre. Entre les travées, et à chaque étage se trouve un élément de décoration rappelant les meurtrières. L´intérieur du bâtiment a été réhabilité et des éléments d´origine ont été conservés. C´est le cas, par exemple, de l´escalier central desservant les étages. Il s´agit d´un escalier tournant à retour avec un jour suspendu. Les murs autour sont en pierre. Cette structure abrite aujourd´hui le GIACM, (groupement interarmées action civilo-militaire.) Sur le plan représentant du quartier général Frères, c´est le bâtiment F. Bâtiment date portée 1916 : Ce bâtiment s´inscrit dans la même diagonale que le fort de la Vitriolerie : son orientation est également nord-sud pour les deux façades principales. Ces façades sont constituées de 21 travées et le bâtiment compte un rez-de-chaussée et trois étages. Le rez-de-chaussée est décoré en brossage. Il est séparé du premier étage par un bandeau. On compte huit portes, trois sur chacune des façades et deux sur chaque pignon, dans la travée principale. (Travées 5, 10 et 15 en partant de l´est) Le premier et second étage sont décorés par la même frise en brique sous chaque fenêtre des façades principales. Sous le bandeau séparant le second et le troisième étage, les pleins de travées sont décorés par des éléments en brique reprenant le même motif (un losange beige sur un fond rouge,) qui alternent avec l´élément de décoration surplombant chaque fenêtre constitué de briques verticales en arc de cercle. Les baies des façades principales au premier et deuxième étage sont plus larges que les autres et constituent une sorte de bloc sur la façade. La travée principale de la façade nord, encadrant la place d´armes et en vis-à-vis du fort de la Vitriolerie, est surmontée par un entablement. Le pignon Est est composé de trois travées. Au premier et deuxième étages, les baies sont des portes fenêtres donnant sur des balcons couvrant les trois travées. Le pignon ouest présente sans doute les mêmes dispositions. Le motif des chaînes d´angles harpées est repris sur les cotés de fenêtres du premier, deuxième et troisième étage. Actuellement, ce bâtiment est occupé par le DIRISI (Direction interarmées des réseaux et hyper structures et des systèmes d´information.) Bâtiment J. L´ensemble des deux bâtiments qui encadrent la place d´armes (G) contribue à créer un axe structurel monumental de l´espace du quartier général Frère, puisqu´un dernier bâtiment, daté des années 80 (I) s´inscrit dans cette diagonal à son extrême sud. Il semble notamment servir de siège à des administrations. Une autre ligne structurelle du quartier général Frère suit la bordure sud-est de la parcelle et la rue Yves Farges. Elle est constituée de cinq bâtiments construits dans les années suivant la seconde guerre mondiale, autour de 1950. Au nord ouest de la place d´armes se trouve un petit bâtiment de deux étages dans lequel se trouve une chapelle. (K) Le bâtiment fut sans doute construit dans le premier quart du XXe siècle. D´autres bâtiments datent de la même époque et se trouvent plus à l´ouest : ils ont tous trois une date portée : Le premier de ces bâtiments est orienté au nord est et au sud ouest. Une date inscrite sur le linteau de la porte indique qu´il fut construit en 1912. Il dispose d´un rez-de-chaussée et de deux étages. La façade principale (nord est) compte 8 travées. Le pignon au sud est en compte 3. Le motif des chaînes d´angles harpées est repris sur les longueurs des fenêtres du rez-de-chaussée et du premier étage. Ce décor est peint en ocre et contraste avec une façade beige. Dans l´alignement des fenêtres et sous chacune d´entre elles, au premier et second étage, se trouve un décor de brique représentant un losange blanc sur fond rouge. Les étages sont séparés par des bandeaux. Dans le même alignement, un peu plus au nord-ouest, se trouve un autre bâtiment (M) dont la date de construction est la même. (Date portée indiquant 1912.) Il ne comporte qu´un rez-de-chaussée et un seul étage. Il comporte sept travées sur les façades et deux sur les pignons. Le décor du bâtiment est le même (chaîne d´angle, décor en briques sous les fenêtres) ce qui confère une certaine homogénéité à cet espace. Ce bâtiment est occupé par la Légion étrangère. En face de ces deux bâtiments, plus à l´ouest, se trouve un autre dont la date portée indique qu´il date de 1913. Il est composé d´un étage et d´un rez-de-chaussée et on compte 16 travées sur la façade principale donnant au nord-est. Sa façade est nue, le bâtiment est simplement peint en gris clair. Sur le site se trouvent de nombreux équipements : Il y a réfectoire (P) construit dans les années 70 et certainement modifié dans les années 2010 à l´extrême est de la parcelle, mais aussi d´un bâtiment abritant des bureaux et un musée au nord ouest de la parcelle, le long de l´avenue Leclerc. (L) On peut aussi remarquer sur cette partie ouest du Quartier Général Frère un grand stade qui sert également de base pour les hélicoptères. Enfin, il existe au moins deux bâtiments dédiés au logement, (O) l´un se trouvant dans le coin ouest de la parcelle, l´autre étant parallèle au réfectoire, plus au nord est. A l´est de la place d´armes se trouve un bâtiment avec un toit à longs pans et lanterneaux, dont la fonction était sans doute, à l´origine, de servir d´entrepôt, est aujourd´hui reconverti en salles de sport. (H) Il jouxte, à l´est, un bâtiment des années 70 qui abrite les services de transmissions. (D) Au nord-est, on trouve au moins six cours de tennis, puis un bâtiment daté des 70 environ servant de crèche et d´hôtel (B) ainsi qu´une infirmerie. (C) Quant à l´environnement du parc, on peut remarquer la présence de nombreux arbres certainement très anciens et le fait que le parc soit planté de fleurs et de gazon.

  • Murs
    • enduit
    • béton armé
    • pierre de taille
    • moyen appareil
  • Toits
    tuile mécanique, béton en couverture
  • Étages
    rez-de-chaussée, 4 étages carrés
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans
    • lanterneau
  • Escaliers
    • escalier intérieur
  • Jardins
    groupe d'arbres, massif de fleurs, pelouse
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Le bâtiment principal, daté de 1846, est la seule structure subsistant du fort d'origine. Bien que ne béneficiant d'aucune protection (PLU), il présente un interêt patrimonial certain. C'est un bel édifice en pierre de taille récemment rénové. A l'intérieur, de nombreux éléments d'origine ont été conservé et mis en valeurs, comme les murs de pierre ou bien encore le grand escalier central. Sur la façade nord, le parapet du balcon du premier étage de la travée centrale porte l'inscription Fort de la Viotriolerie. Zone URM dite zone péri-centrale en tissu mixte : il s'agit d'une zone située dans la périphérie immédiate de la zone centrale et donc le tissu est peu ordonné et caractérisé par l'hétérogénéité des fonctions, des volumes et des architectures. Le PLU doit permettre la restructuration progressive de ces quartiers péri-centraux dans le respect des traits dominant de cette urbanisation (mixité logements-emplois, moyennes densités, trame viaire urbaine. Remerciements à monsieur Jean-Paul Moiroud, DPF chef de la BAC, au lieutenant-colonel Thouant et au major Poggionovo pour son accueil chaleureux.