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Vitriolerie puis fort de la Vitriolerie actuellement Quartier Général Frère

Dossier IA69001328 réalisé en 2012

Fiche

Parties constituantes non étudiéesédifice logistique, immeuble à logements, musée
Dénominationsusine d'acide sulfurique, fort
Aire d'étude et cantonLyon patrimoine industriel - Lyon
HydrographiesRhône
AdresseCommune : Lyon 7e
Lieu-dit : Gerland
Adresse : 22 avenue, Leclerc , rue, Nadaud , boulevard, Yves-Farge , rue des
Girondins
Cadastre : 1999 BP 1

La Vitriolerie fût une fabrique de Vitriol et d'acide sulfurique située sur le territoire de la commune de la Guillotière, au lieu dit les Rivières, au bord du lit naturel du Rhône. Vraisemblablement installée depuis la fin du XVIIIe siècle, il semble, aux dires de plusieurs auteurs tels que Pierre Cayez, dans "Métiers à tisser et hauts fournaux, aux origines de l´industrie lyonnaise" qu'elle fut créée par la société de l´usine du quai Javel à Paris, comme une sorte de filiale, par les entrepreneurs Peeters et Léonard Alban et le négociant lyonnais Armand, le 15 mai 1790. Elle est présente sur le plan cadastral établi en 1824, et la consultation des matrices indique que le propriétaire du terrain était un dénommé Alban. Un autre plan, daté de 1833 et réalisé par l'ingénieur du Rhône pour l'établissement d'une digue visant à canaliser le fleuve, donne une image précise de la fabrique: elle était constituée de deux ensembles, un bâtiment important à l'est, percé de deux cours intérieures et disposant d'un four à chaux, et un bâtiment plus modeste à l'ouest. Le plan général du cadastre montre que l'espace autour était principalement composé de champs, de prés et de quelques petites exploitations agricoles. Les terres voisines appartenaient à Messieurs Durand, Joseph Morel, Jacques Peroussat, Claude Charbonnier et Nicolas Berne. En 1831, une ordonnance royale déclarait d'utilité publique la construction de fortifications à Lyon, qui n'en disposait plus depuis l'époque de la Convention. Pour ce faire, le Maréchal de Fleury fut envoyé sur place. Cependant, le projet de l'Etat se heurtait aux résistances du conseil municipal de la ville et à son argument : des fortifications trop lourdes entraveraient le développement industriel et commercial de Lyon, qui était, selon eux, l'une des richesses essentielles du royaume. Cependant, cette résistance s'effondra complètement suite aux révoltes violentes des ouvriers de la soie en 1831 et 1834. Ces événements eurent un impact essentiel sur la morphologie des fortifications construites dans la décennie suivante, dans la mesure où elles ne protégeaient pas la ville d'un ennemi venant de l'extérieur, mais étaient tournées vers la ville, de manière à garantir l'intervention de l'armée en cas de nouvelles révoltes populaires. Le fort de la Vitriolerie était le dernier bastion, situé le plus à l'ouest des fortifications, qui, sur la rive gauche du Rhône, constituaient une véritable ceinture autour de Lyon. Le 27 novembre 1838, une ordonnance royale planifia sa construction sur le terrain de la Vitriolerie et il semble qu'on lui en donna naturellement le nom. Selon un plan illustrant les chemins à supprimer pour son établissement daté de 1839, où apparaît en filigrane le tracé du terrain que le fort devait occuper, la surface prévue était d'environ 4790 mètres carrés. La même année, les expropriations et les acquisitions des terrains requis commencèrent. On dispose des actes de vente des propriétaires Gacon, Lacombe et Pallandre, Buler Seguin, Morel, Monin, Baret et Blanc, complétés l'année suivante par ceux des Messieurs Couturier, Blanc et David. Vraisemblablement, la fabrique ferma à cette époque puisque les bâtiments étaient situés dans l'enceinte du fort. La date précise d'achèvement du bâtiment n'est pas connue: on sait cependant par une lettre du lieutenant colonel chargé des fortifications au maire de Lyon qu'en 1844 il était encore en construction. On situe la fin des travaux vers 1846. C'était un fort "à la Vauban" entouré de fossés d'eau qui le reliaient au fort du Colombier qui était le plus proche. Un plan de 1865, illustrant la seconde partie de la lône à combler montre que des bâtiments de l'ancienne fabrique furent, sans doute, conservés dans l'enceinte du fort. En 1840, des travaux d'endiguement du Rhône modifièrent le paysage autour du fort : la digue de la Vitriolerie donna au fleuve un tracé rectiligne du centre de la Guillotière jusqu'à la vitriolerie. L'ancien lit du Rhône resta en eaux et devient la lône de la Vitriolerie. Indice de l'augmentation de la fréquentation des lieux, un chemin de halage est construit sur la digue tant les passages, pourtant interdits, contribuaient à son affaissement. Si les travaux d'endiguement ont contribué à domestiquer le Rhône, le bras mort laissé tel quel derrière la digue souleva des problèmes de salubrité et de sécurité auprès d'une population de plus en plus nombreuse dans le quartier, à tel point qu'en 1862, l'Etat céda ce terrain à la ville de Lyon, en contrepartie de quoi la lône serait comblée à ses frais. Les travaux s'effectuèrent en trois parties, du nord au sud, sur une période allant de 1862 à 1875. La ceinture de fortifications dont faisait partie le fort présentait de nombreux inconvénients : construite trop près de la ville, elle corsetait son développement. Cette situation fut dénoncée par le général commandant du génie de Lyon dans une lettre adressée au maire de la ville en 1874 : selon lui, les fortifications étaient déjà tout simplement désuètes. Dans une ville en pleine expansion, les forts et leurs zones de servitudes représentaient de potentiels espaces à urbaniser particulièrement intéressants. Le déclassement de la ceinture de fort fut prononcé par une loi du 8 juin 1886. Seuls les forts de la Part-Dieu et de la Vitriolerie furent conservés et devinrent des lieux de casernement. Le déclassement induisit de nombreuses mutations dans le fort, et, ainsi, plusieurs bâtiments furent construits pour répondre à sa nouvelle fonction: citons, entre autres, un permis de construire déposé le 5 juillet 1913 pour une écurie et un bâtiment de casernement. Parallèlement, il fut amputé de plusieurs terrains, notamment à l'est, où la municipalité construisit le prolongement des rues de Marseille (actuel boulevard Yves Farges) et de Crépet. En 1968, la Vitriolerie devint le quartier général Frère, un poste de haut commandement pour le quart sud est de la France. Du fort de la Vitriolerie, il subsiste le bâtiment le plus au nord ouest, où un fronton sur la façade ouest porte la mention « Fort de la Vitriolerie ». Il sert de centre de commandement au GIACM (Groupement Interarmées Actions Civilo-Militaires) dont le commandement actuel est le lieutenant-colonel Thomas Toussaint depuis 2009.

Période(s)Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1846, daté par source, porte la date
1912
1913
1916

Bâtiment de la Vitriolerie, deuxième moitié du XIXe siècle. Il s´agit d´un bâtiment rectangulaire en pierres calcaire de moyen appareil, orienté nord-sud, constitué d´un rez-de-chaussée et de trois étages. Les deux façades comptent chacune 11 travées de quatre ouvertures. Le fort totalise 112 ouvertures, dont 6 portes qui sont toutes en plein cintre. Entre chacune des travées se trouvent deux éléments décoratifs figurant une ouverture en forme de meurtrière. Dans la travée principale, sur la façade sud, se trouve au premier étage une porte fenêtre ouvrant sur un balcon. Symétriquement, la même structure est installée sur la façade nord. Le seul changement intervient sur le parapet du balcon, où il y a un nom porté, indiquant «fort de la Vitriolerie.» Sous les deux balcons se trouvent des portes axiales en plein cintre, dont l´encadrement est architecturé. Chaque étage est séparé, au niveau des pleins de travées, par un bandeau : le plus important se situe entre le second et le troisième étage : il est supporté par des corbeaux, et marque ainsi la différence entre le troisième étage et le reste du bâtiment, dans la mesure où il est moins haut et peint en blanc. Sur chacun des pignons (orienté à l´est et à l´ouest) on compte 3 travées. La travée principale comporte au rez-de-chaussée une porte en verre de style moderne dans une baie en plein cintre. Entre les travées, et à chaque étage se trouve un élément de décoration rappelant les meurtrières. L´intérieur du bâtiment a été réhabilité et des éléments d´origine ont été conservés. C´est le cas, par exemple, de l´escalier central desservant les étages. Il s´agit d´un escalier tournant à retour avec un jour suspendu. Les murs autour sont en pierre. Cette structure abrite aujourd´hui le GIACM, (groupement interarmées action civilo-militaire.) Sur le plan représentant du quartier général Frères, c´est le bâtiment F. Bâtiment date portée 1916 : Ce bâtiment s´inscrit dans la même diagonale que le fort de la Vitriolerie : son orientation est également nord-sud pour les deux façades principales. Ces façades sont constituées de 21 travées et le bâtiment compte un rez-de-chaussée et trois étages. Le rez-de-chaussée est décoré en brossage. Il est séparé du premier étage par un bandeau. On compte huit portes, trois sur chacune des façades et deux sur chaque pignon, dans la travée principale. (Travées 5, 10 et 15 en partant de l´est) Le premier et second étage sont décorés par la même frise en brique sous chaque fenêtre des façades principales. Sous le bandeau séparant le second et le troisième étage, les pleins de travées sont décorés par des éléments en brique reprenant le même motif (un losange beige sur un fond rouge,) qui alternent avec l´élément de décoration surplombant chaque fenêtre constitué de briques verticales en arc de cercle. Les baies des façades principales au premier et deuxième étage sont plus larges que les autres et constituent une sorte de bloc sur la façade. La travée principale de la façade nord, encadrant la place d´armes et en vis-à-vis du fort de la Vitriolerie, est surmontée par un entablement. Le pignon Est est composé de trois travées. Au premier et deuxième étages, les baies sont des portes fenêtres donnant sur des balcons couvrant les trois travées. Le pignon ouest présente sans doute les mêmes dispositions. Le motif des chaînes d´angles harpées est repris sur les cotés de fenêtres du premier, deuxième et troisième étage. Actuellement, ce bâtiment est occupé par le DIRISI (Direction interarmées des réseaux et hyper structures et des systèmes d´information.) Bâtiment J. L´ensemble des deux bâtiments qui encadrent la place d´armes (G) contribue à créer un axe structurel monumental de l´espace du quartier général Frère, puisqu´un dernier bâtiment, daté des années 80 (I) s´inscrit dans cette diagonal à son extrême sud. Il semble notamment servir de siège à des administrations. Une autre ligne structurelle du quartier général Frère suit la bordure sud-est de la parcelle et la rue Yves Farges. Elle est constituée de cinq bâtiments construits dans les années suivant la seconde guerre mondiale, autour de 1950. Au nord ouest de la place d´armes se trouve un petit bâtiment de deux étages dans lequel se trouve une chapelle. (K) Le bâtiment fut sans doute construit dans le premier quart du XXe siècle. D´autres bâtiments datent de la même époque et se trouvent plus à l´ouest : ils ont tous trois une date portée : Le premier de ces bâtiments est orienté au nord est et au sud ouest. Une date inscrite sur le linteau de la porte indique qu´il fut construit en 1912. Il dispose d´un rez-de-chaussée et de deux étages. La façade principale (nord est) compte 8 travées. Le pignon au sud est en compte 3. Le motif des chaînes d´angles harpées est repris sur les longueurs des fenêtres du rez-de-chaussée et du premier étage. Ce décor est peint en ocre et contraste avec une façade beige. Dans l´alignement des fenêtres et sous chacune d´entre elles, au premier et second étage, se trouve un décor de brique représentant un losange blanc sur fond rouge. Les étages sont séparés par des bandeaux. Dans le même alignement, un peu plus au nord-ouest, se trouve un autre bâtiment (M) dont la date de construction est la même. (Date portée indiquant 1912.) Il ne comporte qu´un rez-de-chaussée et un seul étage. Il comporte sept travées sur les façades et deux sur les pignons. Le décor du bâtiment est le même (chaîne d´angle, décor en briques sous les fenêtres) ce qui confère une certaine homogénéité à cet espace. Ce bâtiment est occupé par la Légion étrangère. En face de ces deux bâtiments, plus à l´ouest, se trouve un autre dont la date portée indique qu´il date de 1913. Il est composé d´un étage et d´un rez-de-chaussée et on compte 16 travées sur la façade principale donnant au nord-est. Sa façade est nue, le bâtiment est simplement peint en gris clair. Sur le site se trouvent de nombreux équipements : Il y a réfectoire (P) construit dans les années 70 et certainement modifié dans les années 2010 à l´extrême est de la parcelle, mais aussi d´un bâtiment abritant des bureaux et un musée au nord ouest de la parcelle, le long de l´avenue Leclerc. (L) On peut aussi remarquer sur cette partie ouest du Quartier Général Frère un grand stade qui sert également de base pour les hélicoptères. Enfin, il existe au moins deux bâtiments dédiés au logement, (O) l´un se trouvant dans le coin ouest de la parcelle, l´autre étant parallèle au réfectoire, plus au nord est. A l´est de la place d´armes se trouve un bâtiment avec un toit à longs pans et lanterneaux, dont la fonction était sans doute, à l´origine, de servir d´entrepôt, est aujourd´hui reconverti en salles de sport. (H) Il jouxte, à l´est, un bâtiment des années 70 qui abrite les services de transmissions. (D) Au nord-est, on trouve au moins six cours de tennis, puis un bâtiment daté des 70 environ servant de crèche et d´hôtel (B) ainsi qu´une infirmerie. (C) Quant à l´environnement du parc, on peut remarquer la présence de nombreux arbres certainement très anciens et le fait que le parc soit planté de fleurs et de gazon.

Mursenduit
béton armé
pierre de taille
moyen appareil
Toittuile mécanique, béton en couverture
Étagesrez-de-chaussée, 4 étages carrés
Couverturesterrasse
toit à longs pans
lanterneau
Escaliersescalier intérieur
Jardinsgroupe d'arbres, massif de fleurs, pelouse
États conservationsbon état
Techniquesmaçonnerie

Le bâtiment principal, daté de 1846, est la seule structure subsistant du fort d'origine. Bien que ne béneficiant d'aucune protection (PLU), il présente un interêt patrimonial certain. C'est un bel édifice en pierre de taille récemment rénové. A l'intérieur, de nombreux éléments d'origine ont été conservé et mis en valeurs, comme les murs de pierre ou bien encore le grand escalier central. Sur la façade nord, le parapet du balcon du premier étage de la travée centrale porte l'inscription Fort de la Viotriolerie. Zone URM dite zone péri-centrale en tissu mixte : il s'agit d'une zone située dans la périphérie immédiate de la zone centrale et donc le tissu est peu ordonné et caractérisé par l'hétérogénéité des fonctions, des volumes et des architectures. Le PLU doit permettre la restructuration progressive de ces quartiers péri-centraux dans le respect des traits dominant de cette urbanisation (mixité logements-emplois, moyennes densités, trame viaire urbaine. Remerciements à monsieur Jean-Paul Moiroud, DPF chef de la BAC, au lieutenant-colonel Thouant et au major Poggionovo.

Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Fort de vitriolerie AM Lyon : documents relatifs à l'édification du fort, et à ses mutations aux XIXe et XXe siècles.

    Cote : 3 S 00065

    Un plan de 1839 (1) représentant « Les chemins à supprimer pour l'établissement du fort de la Vitriolerie indiquant ceux propices en remplacement » du 8 mai 1838 fut exécuté par un membre du génie de Lyon. Un tracé, sans doute rouge à l´origine, indique la future limite du fort. Il est intéressant de constater qu´il exclut les installations de la fabrique de vitriol qui apparaissent au nord ouest de la carte, en bordure de la lône, et qui est apparemment constitué de trois bâtiments. On peut évaluer l´aire prévue pour le fort à environ 4790 mètres carrés On constate que le site est alors peu urbanisé : on compte quelques maisons en bordure d´un chemin traversant le centre de l´emplacement.A l´est et au sud de la Vitriolerie, les noms des propriétaires de deux terrains sont mentionnés : « Terre Péret » à l´est et « maison, jardins Béarn » au sud.

    Cote : 2 S 00142

    Le plan, daté de 1865 (21) est issu du cadastre.On voit la mention de la fabrique de Vitriol (plein nord), le tracé du fort et les propriétés.S´il date vraiment de 1865, le fort n´apparaît pas, alors que celui-ci est achevé en 1849 au plus tard Donc, il est possible que ce soit une carte plus vieille (antérieure à 1839, date du début des expropriations pour la construction) et remployée plus tard.

    Cote : 1612 WP 68

    Plan (22) général du troisième arrondissement, (taille :0,964 / 0,478 mètres, à l´échelle 1/1000e ) des rues projetées par la ville dans les terrains de l'île Béchevelin et de la lône de la Vitriolerie, de la rue des Trois pierres à la rue des ponts Napoléon. C´est un plan en damiers où apparaissent les activités (exemple de la cristallerie dans la rue du même nom) ainsi que les propriétaires des bâtiments. Il fut dessiné par l'ingénieur en chef soussigné (aucun nom n´apparaît) et dans la décennie 1860-1870.

    Boite 2H4 à 2H8

    Dossier 2H5 fortifications.

    Sous dossier « généralités »

    1900- 2002

    Dans ce sous dossier, on trouve deux articles relatifs au fort de la Vitriolerie :

    L´un de 2002-2003 tiré du journal "Centre presqu'île" de Madeleine Bunevod, docteur en Histoire, sur les remparts de Lyon : en dernière partie, elle explique que la construction d'une ceinture de forts est rendue nécessaire par l'expansion des faubourgs sur la rive gauche du Rhône: Guillotière, Brotteaux... Ses propos sont illustrés par la reproduction d´une carte figurant la ceinture de forts construits au XIXe dont fait partie celui de la Vitriolerie, qui semble appartenir au génie de Lyon. (Plan 2) Ces illustrations sont tirées de sa thèse sur les fortifications de Lyon.

    L´autre est une coupure tirée du Nouvelliste du 22 août 1892 (le nom de l'auteur n'apparaît pas.) évoquant les fortifications déclassées de la ceinture depuis 1887. Le texte nous apprend que seuls les forts de la Vitriolerie et de Villeurbanne furent conservés, servant à la fois de casernes et de magasins militaires. Il souligne bien les enjeux liés à ces nouveaux terrains gagnés par la ville et mis en valeur par des projets urbanistiques

    Sous dossier « Fort de la Vitriolerie »

    On trouve dans ce dossier trois documents :

    Un article du Progrès datant du 7 janvier 1912, titré « l´agrandissement et l´aplanissement du fort de la Vitriolerie ». Qui présente sommairement les travaux effectués pour agrandir le fort, et invite les promeneurs à se rendre sur place pour observer les travaux. Le texte insiste également sur le caractère désuet du fort : « Voici les travaux en cours pour agrandir la fort : on rase les bastions, on éventre les casemates, on recoupe les talus, rien n´est plus pittoresque que cette sorte de démontage du gros joujou militaire démodé. »

    Un autre article tiré du BMO (Bulletin Municipal officiel) du 13 juillet 1986 qui est la suite d'un article du 13 juin 1986 (qui n´apparaît pas dans la boite) dresse un rapide bilan de la situation du fort, de son occupation et des travaux entrepris pour sa modernisation, sous le Second Empire et la Troisième République. Il situe la construction du fort en 1843 par l´entrepreneur Favro. Sous la Troisième République, le 54e régiment d'artillerie s'y installe. Le fort devient en 1968 le « Quartier Général Frère ». L'article produit une liste de documents à consulter : aux archives départementales, la série R (affaires militaires) et aux archives municipales, plusieurs cartes de la Guillotière et des plans de Lyon.

    Et enfin, une chronologie tapée à la machine qui s´arrête au Second Empire. Elle n´est ni annotée ni datée. En voici la trame :

    - Sous l'Ancien Régime, une légende voudrait que ce soit un vieux fort type Vauban. C´est une hypothèse peu probable selon l'auteur, dans la mesure où Lyon ne faisait pas partie du "pré carré" imaginé par Vauban. De fait, s'il avait des fortifications, celles-ci étaient destinées à calmer ou réprimer des révoltes intestines.

    - Avant la Révolution, le texte évoque l´existence d'une manufacture "la plus moderne d'Europe" de vitriol, d'eaux fortes (couperose, alun sel ammoniaque) et de salpêtre. On y distillait du vinaigre, des ateliers s'occupaient de la fonderie de plomb, d´autres de la fabrication d´acides sulfuriques, nitriques, de sulfate de cuivre et de vitriol bleu.

    -Lors de Première République, le 1 frimaire an IV la commune de la Guillotière fut rattachée à Lyon. La Révolution serait responsable de la faillite de cette manufacture. Les représentants de la société Vincent et Janvier demandèrent réparation car l'armée révolutionnaire, passant par Lyon, pilla la manufacture, et incorpora de force les ouvriers.

    - Sous L'Empire, la manufacture reprit. Jusqu´à la création du fort, elle continua à fonctionner.

    - Pendant la Monarchie de Juillet, la général baron de Fleury fut envoyé à Lyon pour planifier la construction de fortifications, contre des révoltes, notamment celles des canuts en 1831 et 1834. Le texte cite une ordonnance du 27 novembre 1838 de Louis Philippe déclarant d'utilité publique de nombreuses expropriations pour l'établissement du fort de la Vitriolerie. Les expropriations donnèrent lieu à de nombreux procès entre l´Etat et les particuliers. En 1843 les travaux commencèrent, ils furent confiés à Monsieur Favro. Le fort contenait 800 hommes et 14 canons.

    -Durant le Second Empire, afin d´agrandir le fort, des terrains appartenant à la PLM firent l´objet d´une expropriation le 20 janvier 1860. Leur situation exacte n´est pas mentionnée.

    Sous dossier « Casernes » contient deux articles:

    L´un tiré de Lyon Quartier en décembre 2010 fait mention du fort de la Vitriolerie dans le quartier général Frère. C'est une interview du colonel Patrice Vivien, adjoint au chef du bureau de stationnement et infrastructures à l'Etat major de la région terre Sud Est. Selon lui, l'armée fut présente sur ce territoire bien avant la construction du fort de la Vitriolerie au XIXe. Il évoque une annexe datant de la première guerre mondiale et qui fut une usine de munitions, sans plus de détails.

    Le second article est tiré du Progrès du 9 octobre 1913 et est titré « En attendant les casernements neufs on aménage les vieux locaux. » Il met en exergue les problèmes de logement liés à l´arrivée des nouvelles classes. La Vitriolerie abritait la principale portion du 54e régiment d´artillerie de campagne, soit quatre batteries. Des constructions avaient été entreprises mais n´étaient pas finies : mention faite, par exemple, de nouvelles écuries. (Voir le permis de construire du 5 juillet 1913, à la cote 344 W 278) Le texte insiste sur les mauvaises conditions de couchage et de logement des nouveaux arrivés alors que les locaux n´étaient pas prêts.

    Des articles qui permettent d´avoir un petit aperçu de l´histoire du fort, et indirectement de l´histoire de France (article du Progrès de 1913 évoque les nouveaux locaux construits qui sont bien l´expression de l´ébullition militaire d´avant 1914). Le Fort semble a priori être construit en 1843 sur l´emplacement d´une usine chimique qui produisait, entre autres, du vitriol, et répondre à une volonté de défense intérieure, contre les mouvements de population. Occupé sous la Troisième République par le 54e régiment d´infanterie, il est englobé en 1968 dans le quartier général Frère, qui commande aujourd´hui le quart sud est de la France.

    Permis de construire 344 W 278

    Le permis de construire est constitué de plusieurs documents : tout d´abord, un rapport relatif aux constructions entreprises par génie militaire, réalisé par l'ingénieur voyer de la ville le 5 juillet 1913, et qui souligne le problème du chevauchement entre le bâtiment B, dont les fondations sont déjà en place, et le projet de prolongement de la rue de Marseille. Un plan (3) au 1 / 2000e joint à ce rapport montre la disposition des bâtiments A et B tels qu'ils étaient prévus initialement, mais aussi les projetés des futures rues envisagées par les projets d'urbanisme sur le terrain remblayé de la lône : on constate que le prolongement de la rue de Marseille et le bâtiment B se chevauchent. De fait, l´ingénieur propose avec un figuré en pointillé un autre lieu de construction pour ce bâtiment B. Les traits bleus indiquent les alignements approuvés, les traits rouges ponctués les projets de voirie non approuvés, les hachures rouges les nouvelles constructions militaires.

    Une lettre du chef de bataillon Devenne adressée au maire de Lyon du 14 octobre 1913 indique la nature des bâtiments:

    - Le bâtiment A est une écurie de 24,40 par 31,35 mètres. Il n'a qu'un rez-de-chaussée.

    - Le bâtiment B est affecté au logement des troupes, mesure 55,85 mètres de long par 15, 95 de large. "Il est construit en mâchefer et est composé d'un rez-de-chaussée et d'un étage.".

    Par une pétition datée 14 octobre 1913 par laquelle le chef de bataillon Devenne du génie demande l'autorisation de construire deux bâtiments, A et B au quartier de la Vitriolerie autorisé aux fins de sa demande conformément aux conditions indiquées pans le rapport. Autorisé le 15 décembre 1913 à condition que le bâtiment B n'occupe pas l'emplacement indiqué sur le plan indexé du 5 juillet 1913 mais soit contigu à un autre bâtiment à l'intérieur du fort de la Vitriolerie.

    Il s´agit d´un permis de construire problématique, où l´autorisation est donnée après le commencement des travaux, et qui apporte des modifications. On peut y voir l´illustration de conflits d´intérêts qui ponctuent l´histoire du fort au XIXe et XXe entre l´autorité militaire, d´une part, la ville et les riverains, de l´autre.

    Cote : 348 W 030

    Demande de permis de construire déposée par la direction régionale du génie qui sollicite l'autorisation d´édifier un stand de tir sur le terrain de la Vitriolerie, le 16 octobre 1953. Le pétitionnaire est le lieutenant colonel Forgues, directeur des travaux du génie. La demande est accompagnée d'un plan (14) d'ensemble (échelle 1/ 2000e) qui date du 14 octobre 1953, signé par le lieutenant colonel Forgues, qui montre l'emplacement du stand au sud du fort, parallèle à la rue des Girondins. Le dossier de demande contient les pièces suivantes :

    - Le 23 octobre 1953, le directeur du service immobilier de la mairie émet un avis défavorable à la réalisation du projet, car celui-ci se trouverait "sur l'emprise d'une future voie de 32 mètres de large prévue dans le prolongement du pont projeté au droit du cours Bayard et reliant cette artère à la rue de Marseille prolongée." Le texte indique en outre que "toute l'emprise du fort de la Vitriolerie est réservée à un plan d'urbanisme de la ville à la création d'une cité universitaire, mais cette opération intéresse plus particulièrement le ministère de la reconstruction et de l'urbanisme et celui de l'éducation nationale »

    - Dans le dossier, un autre plan réalisé sur une feuille volante (il n´est ni daté, ni légendé) mais tamponné par la préfecture du Rhône illustre le fort, le futur emplacement du stand de tir et les rues projetées par la mairie. On voit bien le chevauchement entre les différents projets.

    - Un document déclare que la ville permettrait cette construction si les militaires prennent l'engagement de démolir le stand de tir en cas de demande de la mairie. Celui-ci est signé par le lieutenant colonel Forgues et daté du 7 décembre 1953. Cet engagement doit être tenu dans deux cas :

    - Si la ville souhaite l'ouverture d'une voie à travers le quartier militaire de la Vitriolerie sur l'emplacement du stand de tir.

    - Dans le cas de la création d'une cité universitaire, si une partie des bâtiments devraient être implantés là.

    Suite à cela, le projet est validé par l'arrêté préfectoral du 7 janvier 1954 sous réserve qu'il soit détruit en cas de nécessité.

    Permis de construire: rapport des constructions neuves à l'alignement sur les voies municipales déposée le 16 octobre 1953, déposé par la direction régionale du génie demande l'autorisation de construire un hangar métallique sur la rue de Marseille prolongée.

    - La demande est autorisée par un arrêté du préfet le 7 décembre 1953.

    - La demande est accompagnée d'un plan (14) qui montre où se situe le hangar (mais le reste du fort n'apparaît pas) entre la rue de Marseille prolongée et le chemin des Culattes.

    Cote : 350 W 035

    Demande d'autorisation d'un permis de construire déposée le 15 juillet 1954 par la direction régionale du génie, pour l´édification de trente garages dans le fort de la Vitriolerie. Ils seront destinés aux voitures particulières des officiers et sous-officiers sur le terrain militaire. Il indique que l'emplacement prévu se trouve sous le numéro 386 de la section C. Mais il n´y a pas dans le dossier de plan reproduisant cette nomenclature.

    L'autorisation est arrêtée le 7 mai 1955 par le préfet du Rhône sous réserve que le génie s'engage à détruire les constructions lorsque le plan d'aménagement de la ville de Lyon pourra être réalisé. Il semble donc que l'emplacement soit destiné à un autre projet à terme. Une copie de l'engagement de démolir les constructions au cas où la ville aurait besoin de la parcelle est pris par le lieutenant colonel Forgues, directeur des travaux du génie.

    La notice descriptive des travaux, signée le 12 juillet 1954 par le lieutenant colonel Forgues estime le montant de la dépense à environ 1500000 francs.

    La demande est accompagnée de deux plans:

    - Le plan A (19) présente la disposition des bâtiments dans l'enceinte du fort avec précision ainsi que les canalisations d'eau (C´est sans doute d'ailleurs une reproduction d'un plan destiné à cette étude, fait pour l'occasion, car l'image n'est pas de très bonne qualité.) Les futurs garages sont représentés par deux rectangles rouges allongés au sud est du fort, parallèlement à la rue des Girondins.

    - Le plan B (20) est un plan en coupe et à plus grande échelle, (1/100e) qui permet de voir la façade des garages.

    La demande est acceptée le 30 juillet 1954. Sur la couverture, il est stipulé que seuls 23 garages seront construits, mais il n'est pas dit pourquoi.

    Cote 68 PH 1- 21

    Il s´agit d´un dossier photo, contenant 21 prises du quartier général Frère, faites en noir en blanc. Ni le photographe ni la date où les photos furent prises ne sont mentionnés. Les bâtiments pris en photos permettent d´évaluer l´époque où elles furent prises, dans les années 70 environ.

    Photo 1 : Bâtiment de la 51e division militaire.

    Photo 2 : Résidence des officiers généraux.

    Photo 3 : Bâtiment du foyer du soldat. (Aujourd´hui occupé par la chapelle.)

    Photo 4 : 51e division militaire. Date portée 1916 sur le bâtiment.

    Photo 5 : Bâtiment du 51e groupement divisionnaire.

    Photo 6 : Bâtiment du 51e groupement divisionnaire.

    Photo 7 : Garages. (Aujourd´hui salles de sport.)

    Photo 8 : Sécurité militaire.

    Photo 9 : Maison du tailleur.

    Photo 10 : Bâtiment de la 51e division militaire.

    Le dossier contient également trois reproductions de plans dont les originaux se trouvent aux cotes 1541WP070 (plan26) 2S00423 (plan 21) et1419WP040 (plan15).

  • Fort de Vitriolerie AM Lyon : Assainissement de la lône de la Vitriolerie.

    Les travaux d´endiguement du Rhône, qui donnèrent au fleuve un tracé rectiligne, enfermèrent l´ancien lit derrière la digue de la Vitriolerie. Ce bras mort posa rapidement des problèmes de salubrité à cause de l´eau stagnante.

    Boite 342 WP 013 QUAIS RIVE GAUCHE DU RHôNE : LÔNE DE LA VITRIOLERIE

    Sous dossier délimitation des propriétés domaniales situées sur la rive gauche du Rhône entre le pont de la Guillotière et la Vitriolerie. 1818-1857

    Le sous-dossier traite des territoires gagnés sur le Rhône suite à son endiguement au niveau de la Vitriolerie, et surtout de leur appartenance. Pour ce faire, une correspondance entre le préfet du Rhône et l´ingénieur en chef du département du Rhône est mise en place, afin de déterminer le plan cadastral des terres gagnées sur le fleuve suite à la construction de la digue de la Vitriolerie entre les particuliers et l´Etat entre 1827 et 1828.

    Monsieur Terra, géomètre du cadastre est chargé de procéder sur le terrain au relevé pour la délimitation des propriétés, avec l´aide de l´ingénieur en chef des ponts et chaussés et Monsieur le maire de la Guillotière, selon un arrêté tiré des extraits des registres des arrêtés du Préfet, 13 octobre 1827, signé le secrétaire général du Rhône, De Laverihère, remplaçant le préfet du Rhône empêché. Il devra tirer de ses travaux un plan précis des relevés. (Malheureusement, il ne figure pas dans le dossier.) « À cet effet il dressera un plan général en parcellaire des dites propriétés ».

    Sous dossier Assainissement de la première section de la Lône de la Vitriolerie. 1858-1866

    L´assainissement de la première section de la lône (celle qui est le plus au nord) est rendue nécessaire par l´insalubrité du lieu, sur laquelle insiste le maire de la Guillotière dans une lettre adressée au sénateur de Lyon le 18 mai 1858.

    Afin d´y remédier, la décision d´établir un aqueduc de manière à renouveler l´eau sous la digue de la Vitriolerie est prise par le sénateur le 29 juillet 1858. L´entrepreneur choisi est Monsieur Perret. Sa soumission et son devis sont acceptés par le sénateur dans un acte du 23 juillet 1858.

    Malgré tout, un rapport du conseil d´hygiène et de santé daté du 5 mai 1859 adressé au Sénateur de Lyon qui en prend acte le 5 mai 1862 montre que ces mesures sont insuffisantes : elles ne permettent le renouvellement que d´une partie des eaux. Le rapport se fait l´écho de nombreuses plaintes issues du voisinage.

    C´est alors que l´idée de remblayer purement et simplement la lône intervient : la poldérisation permettrait de gagner de nouveaux terrains urbanisables pour la ville de Lyon. Le budget voté lors du conseil municipal (extrait du registre des délibérations du conseil municipal le 26 mars 1860) est de 16000 francs pour les travaux.

    Dans le cadre d´une enquête préalable aux travaux, le directeur colonel des fortifications établit un rapport (le 18 novembre 1861) sur les projets de comblement. Selon lui, les troupes encasernées dans le fort de la Vitriolerie sont également sujettes aux fièvres dûes aux eaux stagnantes de la lône, et de fait il ne peut qu´être d´accord pour son remblaiement d´un point de vue sanitaire. Pourtant, le comblement ne lui parait pas être sans conséquences au point de vue des fortifications du fort, pour lesquelles la lône constitue « une véritable enceinte infranchissable ». La logique impose donc que le comblement donne lieu à des garanties équivalentes. Il souhaite « le remplacement de la fermeture de la place que ferment les eaux de la troisième section entre le fort et le chemin de fer, par le prolongement de l´enceinte sur la rue des remparts » Et sous condition que les travaux soient financés par la mairie.

    Il critique également la cession faite par l´Etat des terres gagnées à la ville, arguant du besoin de l´institution militaire et du fort en particulier d´avoir plus de terrain, afin de construire « de vastes établissements pour l´habillement, les harnachements et le campement, (..) » ainsi que « la construction préalable de casernes d´infanterie, puisque aujourd´hui on est obligé d´occuper dans ces quartiers par un bataillon de 600 hommes une maison particulière.» Il insiste sur le besoin de créer une prison et un hôpital militaire plus grand.

    Il est joint à ce rapport deux plans, l´un (4) datant de 1856 et illustrant le projet, abandonné depuis, de la création d´une gare d´eau dans la troisième section de la lône, mettant en avant les aménagements en termes de fortifications que le projet aurait suscité. Il est fait sur un papier très fin et troué au milieu. Le second (plan 5) est un croquis annexé à l´avis du chef du génie, datant du 4 novembre 1861. Il montre notamment l´espace dont les militaires souhaitent disposer si le comblement de la lône se concrétise. Dans les deux cas nous n´avons pas les noms des exécutants.

    L´avis du colonel en chef du génie donne lieu à une délibération en présence de Monsieur Charton, colonel en chef du génie, et de Monsieur Gobin, ingénieur des ponts et chaussées le 30 décembre 1861 : ils choisissent de restreindre, dans un premier temps, le projet de comblement de la lône à sa première section, en amont du pont Napoléon.

    L´ingénieur en chef Kleitz établit les propositions définitives pour le comblement le 31 janvier 1861. Il y joint un plan (6) réalisé par l´ingénieur ordinaire Gobin. Il représente la lône dans sa totalité, jusqu´au sud où apparaît une partie du fort ainsi que les quartiers alentour, les activités (exemple de la cristallerie au nord de la lône). Il définit les trois sections de la lône, marquant en rose la première destinée à être comblée. Il permet également de voir où exactement se situent les futurs projets de travaux pour le prolongement du quai du prince impérial dans le but de défendre la ville des inondations. (Extrême sud-est de la première section de la lône) dont fait état les délibérations du conseil municipal du 7 mars 1862 (extrait du registre de délibérations du conseil municipal.) Le préfet du Rhône Vaisse ratifie la décision du comblement de la première partie de la lône le 5 mai 1862. (Extrait des registres et arrêtés du préfet du département du Rhône).

    La ville de Lyon accepte la cession par l´état des terres gagnées sur les remblais de la lône de la Vitriolerie, comme nous l´apprend un extrait du registre des délibérations du conseil municipal le 11 avril 1862. Le 22 mai 1863, le même conseil consent également à prendre en charge le paiement des indemnités qui seraient la conséquence des travaux exécutés pour elle. Le cahier des charges pour la cession par l´état à la ville de Lyon de la première section de la lône de la Vitriolerie émis par l´administration de l´enregistrement des domaines est accepté par le conseil municipal le 12 février 1864 (extrait du registre des délibérations) et par le sénateur Vaisse le 22 mars de la même année. Le territoire est officiellement cédé à la ville par un décret signé le 18 mai 1864, signé par les ministres secrétaires d´Etat des finances Achille Foulé et par l´empereur.

    Enfin, le 2 mars 1868, l´ingénieur adjoint du service municipal de la ville de Lyon certifie que les travaux de remblais de la première section de la lône sont effectivement finis.

    Le comblement de lône répond à une nécessité de salubrité. Les premières mesures (prises en 1858 pour la construction d´un aqueduc sous la digue de la Vitriolerie) pour renouveler l´eau sont insuffisantes et conduisent la mairie à envisager le remblaiement de la lône. Ces travaux revêtent également un intérêt foncier dans une ville qui se développe et où les grands projets d´urbanisme sont en vogue. De fait, les terrains gagnés sur les remblais sont cédés par l´Etat à la ville. Ce projet est d´abord réservé à la première section de la lône suite aux réserves émises par les autorités militaires. Le comblement effectif de la lône est acté en 1868. Les travaux et négociations ont donc pris dix ans.

    Sous dossier assainissement de la seconde section de la lône de la vitriollerie 1865 -1871

    Cette deuxième section de la lône comprend l´espace situé entre l´avenue des ponts Napoléon et le chemin de fer de la Méditerranée.

    Le sous dossier contient avant tout deux plans: le premier (plan 7) offre une vue de tout le quartier et particulièrement du fort presque entièrement représenté. La seconde section est marquée en rouge. Il s´agit du plan annexé au procès verbal (du conseil municipal de Lyon, à la date 8 décembre 1865) réalisé 20 octobre 1865 au 1/50000e. Il couvre un large ensemble du quartier, s´étend à l´est jusqu´au fort du Colombier (qui n´est pas entièrement représenté). Le second (plan 8) est un plan général des rues projetées par la ville de Lyon sur ce deuxième tronçon. Son intérêt repose sur le fait qu´en filigrane apparaît l´ancien lit de la lône, et qu´il offre une vue projetée des futures rues, selon un plan en damiers. On remarque que les différentes installations industrielles (comme la cristallerie ou des fours à chaux) seront contraints de s´adapter dans la mesure où elles empiètent largement sur les nouvelles rues. Il fut dressé par l´ingénieur adjoint sur les indications de l´ingénieur en chef le 28 septembre 1861 pour compléter le procès verbal du même jour.

    La seconde section de la lône est également cédée par l´Etat à la ville de Lyon pour la somme de 50 francs. Elle est autorisée par le conseil municipal le 26 octobre 1866, et ratifiée par le sénateur préfet du Rhône, Henri Chevreau. (Extrait du registre de délibération du conseil.) Les conditions d´échange sont énoncées dans le cahier des charges rédigé par la direction générale de l´enregistrement des domaines le 7 avril 1866 par le directeur de l´enregistrement des domaines et du timbre. Le 2 octobre 1867, un décret du conseil d´Etat du ministère des finances ratifie la cession. Il est signé par le ministre Rouché et l´empereur. Le mandat de paiement de la ville de Lyon à l´Etat (50 francs) est daté du 6 décembre 1867.

    Un document émanant de la préfecture du Rhône, le 10 septembre 1867, estime les charges qui seront imposées à la ville pour le remblaiement de la lône sont de 230 883 francs et 50 centimes. Le document est signé par l´ingénieur en chef des ponts et chaussées chargé du service de la navigation du Rhône et l´ingénieur en chef directeur au service municipal de Lyon.

    Un document émanant de la délibération du conseil de salubrité le 26 septembre 1867 insiste sur l´urgence du comblement de la lône eut égard aux conditions sanitaires déplorables que le maintien dans l´état actuel de la lône suscite. Il proteste contre l´intention du service militaire de laisser en eaux une partie de la troisième section. Tout, pour des mesures sanitaires, doit être remblayé. On perçoit une tension entre les infrastructures militaires, la volonté de les conserver en l´état et l´urbanisation et l´augmentation de la fréquentation des lieux.

    Les travaux sont de nouveau confiés à Monsieur Roux, entrepreneur qui a assuré les travaux de comblement de la première partie. Il atteste de l'exécution du projet dans une lettre adressée au sénateur de Lyon le 20 janvier 1868. Le mandat de paiement de la ville de Lyon le 13 mai 1870 atteste que l´entrepreneur est payé 98386 francs.

    Le comblement de la deuxième section de la lône répond aux mêmes nécessités que les travaux relatifs à la première section. La ville établit des projets d´urbanisme précis, comme le prouvent les plans cités au début.

    Sous dossier Assainissement de la troisième section de la lône de la Vitriolerie 1875.

    Dans un lettre de Mr Gobin, ingénieur en chef directeur de la voirie, le 23 avril 1875 adressée à un autre ingénieur, (Il n´y a pas de nom) mention faite d'un décret daté du 18 juillet 1865 (Il n´y a pas dans la boite d'exemplaires de ce document) qui affecte au département de la guerre la troisième section de la lône, située «en aval du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée» Il stipule que le génie militaire doit assurer le comblement, dans un délais de trois ans, des terrains cédés, assurer l'exécution de l'enceinte de la place dans la traversée de la lône et doit construire un égout jusqu´au Rhône pour évacuer les eaux du ruisseau de la Rize, ainsi qu´assurer l'exhaussement du chemin de Culattes dans le passage à travers l'enceinte pour éviter l'entrée dans la ville des eaux d'inondation.

    Le 4 juin 1875, une lettre adressée au préfet de l'ingénieur directeur explique que les trois derniers travaux ont déjà été exécutés. Le premier (c'est-à-dire le comblement de la dernière section) ne l'est pas encore par insuffisance de crédits. Le fait que ces travaux ne soient pas exécutés suscite une correspondance entre Monsieur le ministre de la guerre, l'ingénieur en chef du service spécial du Rhône Monsieur Jacquet, et le colonel directeur du génie de Lyon entre mai et juillet 1875. Cet échange est suscité par un voeu émis par le conseil général du Rhône lors de la séance du 13 avril 1875 pour l'exécution du décret du 18 juillet 1865 par les militaires. Le remblaiement de la troisième partie de la lône génère encore des tractations entre les pouvoirs militaires et municipaux. Dans une note du 3 juin 1875, le chef du génie s´explique sur les mesures d'assainissements demandées par le conseil général pour la lône de la Vitriolerie. Il explique que les eaux de la Rize ne s'écoulent plus, ni dans la lône de la Vitriolerie ni dans les fossés de fortification, suite à la construction d'un égout en 1867. Selon lui, c'est d'un fossé qui longe le chemin de Culattes qui est devenu un foyer d'infection, à cause des riverains qui y jettent leurs déchets ménagers. Pour y suppléer, le ministre de la guerre aurait donné l'autorisation à la mairie d'y construire un égout. Enfin, il juge les eaux de la lône d'une propreté parfaite, bien que le service militaire ne perde pas de vue son prochain remblaiement.

    Un rapport de l'ingénieur ordinaire sur le comblement de cette dernière partie de la lône du 19 juin 1875 fait le parallèle entre ce que devait faire le génie militaire et ce qui a réellement été fait. Le génie devait remblayer les terrains, assurer l'écoulement des eaux de la Rize par un égout et il montre que les travaux n´ont pas été effectués. Joint à son rapport, un plan (9, cote 0342 WP 013 P /007) fait par lui le 19 juin 1875 où figure en rose l'égout qui écoule les eaux du fossé de fortifications du chemin de Culattes ainsi que celui évacuant les eaux de la Rize en bleu. Ce plan est en mauvais état, difficile à prendre en photo à cause de la protection en plastique qui est intouchable. Un second plan (10, cote 0342 WP 013 P / 008) dont la légende stipule qu'il date de 1857, fait par l'architecte soussigné pour être joint à la demande d'assainissement par les locataires et propriétaires riverains. Y est visible le fort, ses fossés d'enceinte ainsi que la deuxième et troisième section de la lône.

    Selon un rapport du chef de génie, le lieutenant colonel Pleuvier sur les mesures proposées par l'assainissement de la lône de la Vitriolerie le 20 juillet 1875, c´est un fossé qui est le sujet des plaintes, mais qui ne peut être comblé parce qu'il est partie intégrante des fortifications. Il rejette la faute sur les riverains qui s'en servent comme d'un égout. Il ajoute que la ville se charge actuellement de la construction d'un égout pour l'écoulement des eaux souillées. Enfin, les eaux de la lône n'étant pas souillées, elle sera remblayée en temps voulu, en fonction du budget et des remblais à disposition.

    Néanmoins, le préfet presse le colonel d'exécuter les travaux relatifs au décret du 18 juillet 1865 dans une correspondance datée du 30 août 1875. Une réponse du 3 septembre annonce que le comblement est compris dans les projets présentés à l'inspection générale.

    Remarque : Il n´y a aucun document qui atteste de ce comblement, des modalités de réalisations et du prix.

    Cote : 944WP41 414

    Dans le programme général, classement par ordre d´influence des travaux publics de la ville de Lyon de 1886, partie 2, (d´importance seconde) il est fait mention du Fort de la Vitriolerie et de remblaiement, certainement de la lône, suite au déclassement d´une partie du terrain militaire.

    Dans la partie création de voies nouvelles, est évoqué l´élargissement de la rue de la Vitriolerie, accompagné du commentaire suivant ; « des arrangements à prendre avec l´Etat pour les terrains militaires.»

    Sous dossier 1903, comblement de la lône du fort de la Vitriolerie.

    Le comblement de la lône (certainement la troisième partie, la plus au sud) est le sujet de l´extrait du procès verbal de la séance municipale du 10 mars 1903, qui l´estime nécessaire. Cette estimation repose sur trois arguments : la dangerosité du lieu, (mention faite de la mort de trois enfants) son insalubrité, et le fait qu´elle n´ait plus aucune utilité militaire. Le texte insiste également sur le fait que la lône est l´objet de nombreuses plaintes de la part des riverains.

    Cependant, la concrétisation du projet passe par de dures négociations entre le génie et la mairie de Lyon, comme en attestent les lettres du maire de Lyon adressées à Monsieur le chef de bataillon Pons, chef du génie. (Le 2 Février 1907 par exemple.) Echange de correspondance entre les deux à propos du sujet suivant : le militaire veut que la mairie aide au remblaiement de la lône pour « répondre aux voeux des riverains». On devine un intérêt financier sous jacent.

    Un avis de la mairie de Lyon, qui n´est ni daté ni signé, officialise cette aide : la lône est déclarée décharge, les particuliers peuvent y déposer des ordures pour faciliter les remblais.

    Le comblement de la troisième partie de la lône génère plus de conflits car c´est l´espace qui concerne directement le fort et ses dépendances. Un décret de 1865 cédait aux autorités militaires cet espace à condition qu´il soit remblayé dans les trois ans. La non exécution du décret suscite un échange de correspondance administrative entre les militaires et la mairie, réactivés également des plaintes des riverains à cause des mauvaises odeurs de l´eau stagnante. L´argument des militaires est que ces odeurs ne proviennent pas de la lône elle même, dont l´eau est pure, mais d´un fossé de fortification servant de décharge aux riverains, et dont le drain est mis en place par la construction d´un égout. On sent une tension évidente entre les trois parties impliquées.

  • Fort de Vitriolerie AD Rhône :Construction du fort de la Vitriolerie.

    Cote : R 545

    Une lettre du préfet provisoire du Rhône, préfet de l'Isère, au maire de Lyon le 19 décembre 1831 indique qu´une ordonnance du roi publiée le 13 avril 1831 déclare d'utilité publique et d'urgence l´édification de fortifications à Lyon et "dans les communes suburbaines" (donc Villeurbanne, la Guillotière...)

    Un compte rendu de conseil municipal de la ville de Lyon le 20 janvier 1832 indique que le général Fleury est chargé des travaux défensifs à Lyon. Le rapport souligne que la construction de fortifications est essentielle, mais que le maintien de l'industrie lyonnaise l'est aussi, dans la mesure où c´est "une des principales sources de richesses nationales". Le Conseil arrête ses délibérations: celui-ci consent à permettre au département de la guerre de faire tous les travaux nécessaires à la défense de la ville sur d'anciennes fortifications (" de la barrière de Saint Clair à la barrière du Serin, et du rocher de Pierre-Scite à la barrière de Saint Georges.") Les exigences sont les suivantes : les portes sont conservées, les voies de circulation ne doivent pas être entravées, les fortifications doivent être entretenues par le département de la guerre, et les chemins qui les lient doivent rester libres d'accès aux agents de la ville. (visiblement, ils servent de barrière d'octroi).Il est clair que l´idée que Lyon soit convertie en place de guerre effraie les notables siégeant au conseil municipal, qui y voient un frein à la prospérité lyonnaise en termes d´industrie et de commerce, ce qui explique les réticences.

    Cette position change totalement en 1831 : une lettre non datée précisément (1831) et non signée, sans doute rédigée par le maire de Lyon et adressée au conseil municipal, fait état de "graves désordres ", "d'événements funestes" qui rendent nécessaires l'acceptation par la ville des propositions du ministère de la guerre, relatifs à la cession des anciennes fortifications de la rive droite de la Saône". La lettre fait, sans aucun doute, référence à la première révolte des canuts contre la municipalité de Lyon et qui contraint la mairie à accepter les propositions de l'état. Pour l´instant, ces propositions se cantonnent seulement aux fortifications pre-existantes de la rive droite de la Saône.

    De même, un rapport sur la demande faite par le ministère de la guerre, lors de la séance du 19 octobre 1831, plaide en faveur de l'acceptation: "nous devons veiller à la conservation des biens que nous possédons et de placer nos fortunes sous l'abris des remparts que l'administration supérieure de la guerre veut élever." "Une insurrection a eu lieu, la loi a été violée, la voix des magistrats méconnue, le sang a coulé et l'autorité militaire a été forcée d'abandonner la ville." "Le prétexte de l'insurrection a été la misère des ouvriers de la soie mais toutes les autres classes ouvrières y ont pris part." "Ce fait révèle deux grandes vérités: que les masses populeuses ont malheureusement acquis le sentiment de leur force, il existe en fermentation un mouvement qui menace l'ordre social, et la seconde que nous n'aurions point une force suffisante pour résister à l'ébranlement communiqué à ces masses populeuses, si nous étions réduits à nos propres sources." "L´administration doit accepter les moyens de défense que le gouvernement veut lui offrir et contre les ennemis de l'extérieur et contre les ennemis de l'intérieur."

    Le projet de délibérations indique que la ville céderait à l'instance militaire toutes fortifications bastionnées de la rive droite de la Saône à condition qu'elle continue à jouir des chemins d'octroi.

    Une lettre du ministre d'Etat à la guerre au Préfet du Rhône le 4 décembre 1838 à laquelle est jointe une ordonnance royale qui déclare d'utilité publique pour le service militaire "l'acquisition de diverses propriétés particulières nécessaires à l'établissement du fort de la Vitriolerie, (...) pour assurer la grande tête de pont de la Rive gauche du Rhône."

    Un exemplaire de l´ordonnance Royale relative à la construction du fort de la Vitriolerie le 27 novembre 1838. Le texte cite un plan qui malheureusement n'apparaît nul part dans la boite, mais qui indique par une couleur jaune les propriétaires à expulser pour l'exécution de l'ordonnance. L'acquisition des terrains chez les propriétaires est déclarée d'utilité publique.

    Une lettre du lieutenant colonel chargé des fortifications adressée au maire de Lyon le 9 février 1844 semble être une réponse à une demande du maire relative à l'enlèvement de bancs de graviers qui ferment la gare (le texte ne mentionne pas laquelle.) Il explique que c'est impossible par la description des travaux de terrassement faits sur le fort: "Ils (les travaux) ont pour but de créer des remparts et des parapets, mais aussi de procurer en avant un fossé large et profond qui rende le fort tout à fait imprenable. Pour arriver à ce résultat, il est tout à fait indispensable que les remblais soient faits avec les déblais du fossé." Ceci explique selon lui son refus à la demande du maire. L'intérêt est évidement de savoir qu'en 1844 la construction du fort a commencé, et grâce à quelle technique de construction et de gestion se suppléent les talus et les fossés.

    Avis administratif du préfet du Rhône indique quels prix seront nécessaires au complément de travaux de fortification autour de Lyon, dont l'expropriation a été prononcée par jugement du tribunal civil de Lyon le 16 octobre 1843. La nature de ces travaux n´est pas explicitée, mais l'avis est daté du 16 septembre 1844 et une partie est consacrée à la commune de la Guillotière. Voici la liste faite des propriétaires à exproprier : Alexandre de Guille: 1293 francs. Jean-Jacques de Chardonnet, 980 francs. Guérin Hugues, 1083 francs. Jérôme Chadebet, 1995 francs. Louis Fourmeaux, 1864 francs. Jérôme Gacon 1247 francs. Jacques Barret 4442 francs. Barret, François, 303 francs. Blanc Claude 4436 francs. Blanc Françoise 6189 francs. Blanc Jean Antoine 2612 francs.

    Cette liste est suivie d´une déclaration d'utilité publique de l'acquisition de terrains supplémentaires pour les fortifications de la place de Lyon par ordonnance royale le 21 juillet 1843.

    Avis du maire de Lyon le 11 septembre 1843 qui fait savoir que, conformément à la loi, un procès verbal d'enquête a été ouvert de manière à recueillir les réclamations des intéressés. Il est fait mention de deux feuilles illustrant des plans parcellaires, mais elles n´apparaissent pas dans le dossier.

    Le 27 novembre 1838, la construction du fort de la Vitriolerie est déclarée d´utilité publique par une ordonnance royale. Le dossier montre bien combien la municipalité n´était pas favorable au projet du Maréchal de Fleury concernant Lyon avant les insurrections ouvrières de 1831 et 1834. Cela aurait, selon eux, constitué une entrave au développement du commerce et de l´industrie lyonnais. Très clairement, la peur résultant de ces révoltes fait accepter toutes les propositions de l´Etat en termes de défense et de fortifications : il en résulte que la ceinture de forts n´est pas tournée vers un ennemi extérieur, mais bien vers la ville et surtout la colline de la Croix Rousse. Les constructions donnent lieu à plusieurs expropriations, sur la commune de la Guillotière. Des travaux de fortification complémentaires sont encore en cours en 1843.

    Cote : R 512 Fortifications, actes d'acquisition de terrains (1833- 1840)

    Ce dossier regroupe les actes de vente des particuliers expropriés pour la construction de la ceinture de forts dont fait partie celui de la Vitriolerie.

    Acte de vente de terrains de Monsieur et Madame Gacon au gouvernement militaire sur la commune de la Guillotière, le 23 janvier 1839, établit chez Monsieur Casati, notaire à Lyon, pour la somme de 23 00 francs. L'acte est fait en présence des époux et de Monsieur Million, chef de bataillon du génie. La désignation décrit une propriété située à la Guillotière, faubourg de Lyon au territoire dit « les Rivières, » composée d'une maison, dont la façade principale est sur le chemin de Culattes, et d'un jardin. Le tout fait 7514 mètres carrés. Elle est confinée à l'est par un pré appartenant à Monsieur Robert, au sud par une terre appartenant à Monsieur Jean-Louis Guignon, à l'ouest par le chemin de Culattes (ou de la rivière), au nord par une propriété de Monsieur Thomas Mathieu. Au plan de la localité joint à l'ordonnance des propriétaires, le terrain est coté N°14 (ou 11°44). Celui-ci n´apparaît nulle part dans le dossier. On remarque qu´il n'est pas dit explicitement que cette acquisition a pour but de construire un fort, contrairement à d'autres actes de vente de terrains, comme c´est par exemple le cas pour l'édification de celui de Villeurbanne.

    Acte de vente de Monsieur Lacombe et Monsieur Pallandre au gouvernement militaire de terrains situés faubourg de la Guillotière, au lieu dit « les Rivières. » L'acte a lieu devant le notaire Casati le 18 mai 1839, en présence des deux propriétaires et de Monsieur Million, chef du génie militaire et ingénieur en chef des travaux extraordinaires. Sur le plan de la localité, ces parcelles portaient les numéros 9, 27, 27 bis et 32.

    Acte notarial du 2 novembre 1839, établi par maître Coste en présence de Monsieur Buler-Seguin, ingénieur civil, à propos de la liquidation d'une entreprise du même nom et de son expropriation pour "l'établissement du fort de la Vitriolerie". Ce terrain est situé sur le territoire « des Rivières » ou « des Ferratières ». Monsieur Jean Bonin fait partie de la société en tant qu'ingénieur, et c'était sa décision de vendre ce pré à l'état, ce qui est dans ce document contesté par Buler-Seguin. Il prend acte néanmoins de cette vente s'il en récupère les bénéfices. Cependant, il n'y a pas d'acte de vente, par exemple, au nom de Monsieur Bonin dans le dossier.

    Quittances de Monsieur Blanc Claude qui atteste du fait que le génie militaire lui ait payé les terres (13300 francs) dont il avait été exproprié sur le territoire de la Guillotière les 13 juin 1839 et 1 janvier 1841. Il semble qu´il s´agisse bien d´un terrain pour l´établissement du fort de la Vitriolerie, dans la mesure où les consorts Blanc sont souvent cités dans les documents relatifs au fort, ou au quartier alentour (par exemple lors d´enquêtes publiques.).

    Quittance de Monsieur Morel du 13 juin 1839 qui atteste du paiement du génie pour l'achat de la terre dont il fut exproprié à la Guillotière, pour la somme de 21264 francs. Même date, mêmes raisons, quittance de Monsieur Henry pour la somme de 30375 francs. Il n´est pas dit si ces terrains acquis étaient destinés à appartenir au fort de la Vitriolerie. Etant donnée la proximité, on peut aussi estimer qu´elles étaient destinées au fort du Colombier.

    Acte de vente de terrains de Monsieur Couturier au génie le 7 mai 1840. Il s´agit d´une "portion de terrain à vendre (...) ledit terrain formant un triangle d'une surface de d'un are soixante, entre les propriétés, acquises depuis par le génie, de Monsieur Combalot et de Monsieur Lacombe, au lieu dit de « la Vitriolerie », pour 400 francs.

    Acte de vente de terrains de Monsieur et Madame David le 18 juin 1840 au génie militaire d'un terrain de 3900 m2 à la Guillotière, lieu dit de la Ferratière, (bord du Rhône) qui jouxte le terrain de Monsieur Claude Blanc pour 3434 francs et 76 centimes. Quittance qui atteste du paiement le 27 octobre 1840.

    Acte de vente d'une propriété de Monsieur Monin, au Génie militaire le 5 juillet 1839, située "quartier des rivières, à la Guillotière, composée d'une maison construite en pisé et d'une parcelle de terrain de 27 ares sise entre les terres de Monsieur Combalot au midi, de Monsieur Couturier à l'est et par le chemin de Culattes à l'ouest." Cet espace de terrain est désigné sur le plan joint à l'ordonnance d'expropriation sous le numéro 7, mais il ne figure pas dans le dossier.

    Acte de vente d'une propriété des époux Barret le 5 juillet 1839 au génie militaire située quartier des Rivières, d'une surface de 37 ares, bordée au nord par la terre de Monsieur Blanc, à l'est par la terre de Monsieur Couturier, au midi par la terre de Monsieur Dorieux et à l'ouest par le chemin de Culattes. Elle porte le numéro 3 sur le plan.

    Acte de vente d'une propriété le 5 juillet 1839 de Monsieur François Blanc située quartier des Rivières de 45 ares, confinée au nord par les terres de Monsieur Dorieux, à l'est par Couturier, au sud par Combalot et à l'ouest par le chemin de Culattes. Numéro 5 sur le plan joint à l'ordonnance d'expropriation

    Lors de ces ventes il n´est dit qu´une fois que les terrains récupérés par l´Etat par voie d´expropriation pour le génie militaire sont destinés à la construction d´un fort sur les terrains au sud ouest de la Guillotière. (Acte notarial du 2 novembre 1839). La Vitriolerie en tant que manufacture n´est pas mentionnée, mais un lieu dit éponyme est cité (acte de vente de Mr Couturier le 7 mai 1840.)

    Cote : R 514 fortifications 1833-1880.

    Sous dossier Fortifications, la Guillotière, établissement d'un pénitencier militaire 1844 expropriation de Mrs Blanc, Peret et Berne.

    Lettre du maire de la Guillotière au préfet du Rhône le 12 mars 1844 l'informant que l'ordonnance royale du 31 juillet 1844 a été placardée pendant 15 jours dans sa commune.

    Un acte pour l'établissement sur une propriété entre les mains des héritiers Blanc d'un immeuble exproprié par suite de l'ordonnance royale du 31 janvier 1843, le 29 janvier 1846. Le terrain qu'occupe l'immeuble a été déclaré d'utilité publique par ordonnance royale pour la construction d'un pénitencier militaire. L´immeuble en question est "aux Rivières, près de la Vitriolerie, territoire de la Ferratiètre" Il jouxte au nord et à l'ouest le Rhône, au sud et a l'est le territoire de Monsieur Perret acquis depuis par l'Etat. Un croquis illustre la situation. (27) En rouge apparaît l'espace nécessaire pour le pénitencier prévu sur les terrains des héritiers Blanc. D´est en ouest, les propriétaires mentionnés sont : Jeanne Blanc, Laurence Blanc, François Blanc, puis Doirieux, Etienne Blanc et enfin Pierre Blanc.

    La lettre du ministre secrétaire d'Etat à la guerre adressée au préfet du Rhône le 18 mars 1845 souligne, entre autres, que pour l'exécution de l'ordonnance royale, il fait prévoir un budget supplémentaire pour le déplacement et la reconstruction d'une fabrique d'acide sulfurique sur le terrain de Monsieur Perret. (Il n'est pas sûr qu´il s´agisse de la Vitriolerie, mais c'est au moins une illustration des activités menées dans le secteur.) Il souligne également que le chef du génie craint que ce genre d'usine à proximité du fort indispose les soldats qui "occuperont le fort de la Vitriolerie vers la fin 1846."

    Note du préfet du Rhône adressé au chef du génie de la place de Lyon stipulant que la famille Blanc n'accepte pas la somme proposée pour l'expropriation des terrains leur appartenant. Il n´y a pas d´autres documents dans le dossier précisant l´aboutissement de l´affaire.

    Lors de cette affaire datant de 1844, le fort vient d´être construit ou est en cours de construction. Le dossier ne fait qu´état des expropriations sur les terrains envisagés pour le pénitencier et on ne peut pas savoir s´il sera construit par la suite. Il semble que les consorts Blanc, possessionnés à proximité du fort soient souvent en conflit avec l´autorité militaire.

    R 507 Fortifications, indemnités, terrains (de 1826 à 1835)

    Une lettre du général commandant du génie à Lyon au préfet du Rhône datée de 1874 indique que la ceinture de forts dont fait partie la Vitriolerie est satisfaisante d'un point de vue militaire, mais elle est trop proche du centre de la ville et n'assure pas suffisamment la protection des civils. Cette lacune explique la construction d'une enceinte plus grande (Bron, Vaulx en Vélin, Corbas, Feyzin.) Il souligne que cette ceinture sert également de barrière d'octroi, mais qu'elle corsète la ville et jugule son développement. De fait, il propose qu´elle soit agrandie et déplacée, et que ces mouvements soient financés par l'aliénation des terrains à la ville "qui y trouverait un grand intérêt".

    La ceinture des forts devient rapidement désuète et entrave le développement de la ville.

    R525 Fortifications, service du génie, affaires diverses 1848-1880

    Lettre du ministre de la Guerre au colonel directeur du génie à Lyon le 25 mai 1878. Elle indique que, suite à une conférence mixte entre le Génie et le service des ponts et chaussées à Versailles ayant pour sujet la construction d´un égout dans les zones de servitudes de la Vitriolerie et du fort du Colombier, le ministre donne son accord au projet à condition que la construction soit immédiatement détruite en cas de guerre « qu´elle sera rendue impraticable » et qu´une redevance annuelle soit payée par le département à l´Etat ». (Remarque : on est donc dans la deuxième zone, ou troisième zone de servitude des terrains militaires) Cette redevance symbolique vise à conserver les droits de propriété de l´Etat sur le terrain.

    Un procès verbal d´expertise le 20 juin 1878 pour l´affermage d´une partie du sous sol nécessaire à la construction de l´égout sous la chaussée de l´avenue des ponts du midi à la traversée de l´enceinte de la rive gauche du Rhône, faite par Henry Perrin, adjoint du génie. La redevance est fixée à un franc par an.

    Le système d´affermage et son traitement par le ministre de la guerre, celui des ponts et chaussées et le génie militaire montre que les systèmes de défense de Lyon doivent se plier à certaines exigences de la municipalité. Ici, par exemple, en termes de politique hygiéniste. C´est sans doute un indice sur le développement de l´aire urbaine autour du fort de la Vitriolerie.

  • Fort de Vitriolerie AD Rhône : Travaux d'endiguement du Rhône.

    Cote : S 1361

    Sous dossier Achèvement de la digue de la Vitriolerie, 1833, 1840.

    Le rapport sur les travaux à faire pour terminer la digue dite de la Vitriolerie fut établi le 18 mars 1833 par l'ingénieur ordinaire. La digue répond à trois nécessites: salubrité (que les eaux sales rejetées dans le Rhône ne débordent pas) sécurité (endiguer les crues) et domestiquer le fleuve en lui faisant garder un lit régulier pour faciliter la navigation. Cette digue s'étendra "du bas port de la Guillotière jusqu'à la Vitriolerie du Sieur Arbon (ou Albon, Alban.) Les travaux prévoient de barrer le lit du fleuve (et donc constituer la lône) et de le rejeter sur la rive droite. Les remblais de ce barrage seront transportés par bateaux. Ce rapport est accompagné d'un plan, (29) daté du 25 mars 1855, particulièrement intéressant puisqu'il illustre le tracé du Rhône avant que la digue ne soit construite, mais fait aussi état des activités sises sur la rive droite du Rhône: on relève deux vitrioleries, dont celle étudiée ici, et un four à chaux. .

    Un rapport de l'ingénieur en chef daté du 12 Avril 1833 nous apprend que le lit régulier du Rhône fut adjugé le 18 décembre 1826.

    Le devis dressé le 26 juillet 1837 par l'ingénieur en chef informe sur la nature exacte des ouvrages ; les digues seront élevées à 6 mètres au dessus de l'étiage et constituées en deux parties: une digue défensive et une digue barrage.

    Une lettre du directeur général des ponts et chaussés et de la mine au préfet du Rhône le 1 juin 1837 explique que les frais sont répartis entre la ville de Lyon, le département et l'Etat. Il semble que la ville de la Guillotière fasse des difficultés pour payer la partie qui lui incombe.

    Adjudication de procès verbal le 29 septembre 1837des travaux à effectuer pour la constitution de la digue de la Vitriolerie signé par le préfet et les conseilles de préfecture.

    Le procès verbal de réception le 30 juin 1840 indique que les travaux de la digue sont achevés. (Ils avaient été confiés à Mr Belleville) il fut rédigé par l'ingénieur ordinaire.

    La construction de la digue de la Vitriolerie vise à domestiquer le Rhône pour plus de sécurité et d´exploitation. Dans l´espace, un de ces points d´appui essentiels est « la vitriolerie du sieur Arbon. » C´est pour l´instant la seule mention dont on dispose en termes de nom du propriétaire de l´établissement.

    Sous dossier réparation des avaries causées à la digue de la Vitriolerie par la crue de 1840

    Devis et cahier des charges dressé le 28 décembre 1840 et signé par le préfet du Rhône: les travaux consistent en la réparation d'une partie de la digue de la Vitriolerie, en lui redonnant une hauteur de 6 mètres au dessus de l'Etiage. Les remblais dont dragués dans le lit du Rhône, et les enrochements viennent de carrières du lyonnais. Ces travaux seront garantis 6 mois. Ils sont accompagnés d'un détail estimatif des travaux ainsi que d'une analyse des prix. Le budget est de 30000 francs.

    Le procès verbal d'adjudication est signé par le préfet et les conseillers de préfecture le 30 mars 1841. L´exécution des travaux est confiée à l´entrepreneur Sognu.

    Procès verbal de réception définitive le 21 mars 1842. Les travaux s´élevèrent à 26366 francs, signé par l´ingénieur ordinaire.

    Malgré la construction de la digue dès 1833 le Rhône n´est pas totalement canalisé. L´inventaire des dégâts causés par la crue n´est pas fait.

    Cote : S 1363

    Sous dossier rechargement de la Digue de la Vitriolerie entre la rampe du bas port de la Guillotière et l'avenue du pont Napoléon.

    Un rapport de l'ingénieur du second arrondissement de Lyon le 17 Avril 1841 indique que fréquentation de la digue par les piétons, les troupeaux mais aussi les voitures a affaissé la hauteur de la digue à 4 mètres au lieu de 6. Cette fréquentation contribue à fragiliser la digue qui risque de céder sous la pression des eaux.

    Avant métré des travaux à faire pour recharger les remblais de la digue de la Vitriolerie établit par l'ingénieur en chef le 14 Avril 1851 indique que les graviers seront dragués dans le lit du Rhône. Il estime les cubes nécessaires de remblais à 6967,36. (l´unité n´est pas mentionnée, sans doute en mètres cubes.) Les travaux sont estimés à 9000 francs.

    Adjudication du conseil de préfecture en 1853 le deux avril pour les travaux.

    Extrait des registres et arrêtés du Préfet du Rhône arrête que l'entrepreneur Chabasier est choisi pour assumer les travaux le 22 juillet 1853.

    Procès verbal de réception définitive signé par l'ingénieur des ponts et chaussés chargé du service spécial du Rhône qui atteste de la réalisation des travaux le 16 mai 1855.

    En 1841, alors que le fort est en passe d´être achevé, une fréquentation qui n´était visiblement pas prévue abîme la digue de la Vitriolerie. c´est un signe d´urbanisation du territoire.

    Cote : S 1362

    Sous dossier chemin de halage entre la gare de la Vitriolerie et la limite du terrain militaire. 1847-1855

    Avant métré des travaux, devis et cahier des charges, de détails estimatifs des travaux établis le 9 août 1847. Les travaux de construction sont estimés à 17861 francs. Les dépenses sont mises, à un tiers au génie militaire, et deux tiers au département des travaux publics. Le cahier des charges précise les travaux à exécuter: la construction d'un remblai en gravier pour faire un chemin de halage, de perrés à pierre sèche d'une rampe et d'une cale d'abordage, et d'un pont en bois sur le fossé du fort. Le chemin de hallage longera tout le terrain acquis par le militaire pour le fort, c'est à dire 744,35 mètres.

    Le projet est accompagné d'un plan (30) qui est curieux car, s'il montre le fort de la Vitriolerie, celui-ci n'a pas du tout la même morphologie. Il est daté du 5 mars 1847, (soit un an après les travaux) et montre que certains terrains qui jouxtent le fort sont encore à des particuliers. D'autre part, le chemin de halage projette les futurs quais. Enfin, la gare de la Vitriolerie est un projet qui devrait s'établir quelques vingt ans plus tard, lors des propositions de comblement : de fait, le plan présente beaucoup de paradoxes.

    Procès verbal d'adjudication du département du Rhône daté du 16 septembre 1847 pour la construction de la digue de halage.

    Procès verbal de réception définitive de la digue signée par l'ingénieur ordinaire le 26 décembre 1851 par monsieur Vergniette Martin, l'entrepreneur.

    L´espace où est installé le fort est petit à petit rendu viable, voir urbanisé, ce qui semble être un indice de l´expansion de la ville : l´établissement du chemin de hallage vient sans doute d´un besoin et de demande.

    Sous dossier prolongement de la digue de la Vitriolerie et pont sur l'entrée de la Gare.

    Un rapport de l'ingénieur en chef du second arrondissement, le 4 avril 1848, plaide en faveur du projet qui, selon lui, permettra un accès facile au fort de la Vitriolerie au pénitencier en construction, ainsi que de faciliter le trajet des chevaux de halage. Il signal également que la gare de la Vitriolerie est un excellent lieu de construction pour les bateaux à vapeur. Il propose donc que la digue de la Vitriolerie ainsi que celle du fort qui est en construction soient reliées par un pont haut. (Dit "pont américain", une nomination peut être due à une technique particulière). Il estime les travaux à 60000 francs.

    Dans une lettre du 8 juin 1848 le ministre de l'agriculture et des travaux se dit favorable aux travaux.

    Extrait des registres et arrêtés du Rhône le 30 août 1848 qui arrête la décision suivante: les travaux sont confiés à l'entrepreneur Riffat, pour la construction d'un pont américain entre les deux digues.

    Acceptation par le génie de Lyon des travaux le 25 juillet 1848, considérant qu'ils ne feront pas obstacle au bon fonctionnement du fort. L´interlocuteur rappelle qu'en cas de guerre les constructions seront détruites selon les lois de la servitude militaire.

    Procès verbal de réception définitive daté du 4 juin 1851 signé par l'ingénieur ordinaire et qui atteste de la bonne exécution des travaux par l'entrepreneur Riffat.

    La troisième section de la lône semble avoir été un moment une gare fluviale et un lieu de construction navale. L´allongement de la digue et la construction du pont répondent à des contraintes de circulations induites par les fossés du fort.

    Sous dossier prolongement de la digue de la Vitriolerie et pont sur l'entrée de la Gare.

    Un rapport de l'ingénieur en chef du second arrondissement, le 4 avril 1848, plaide en faveur du projet qui, selon lui, permettra un accès facile au fort de la Vitriolerie au pénitencier en construction, ainsi que de faciliter le trajet des chevaux de halage. Il signal également que la gare de la Vitriolerie est un excellent lieu de construction pour les bateaux à vapeur. Il propose donc que la digue de la Vitriolerie ainsi que celle du fort qui est en construction soient reliées par un pont haut. (Dit "pont américain", une nomination peut être due à une technique particulière). Il estime les travaux à 60000 francs.

    Dans une lettre du 8 juin 1848 le ministre de l'agriculture et des travaux se dit favorable aux travaux.

    Extrait des registres et arrêtés du Rhône le 30 août 1848 qui arrête la décision suivante: les travaux sont confiés à l'entrepreneur Riffat, pour la construction d'un pont américain entre les deux digues.

    Acceptation par le génie de Lyon des travaux le 25 juillet 1848, considérant qu'ils ne feront pas obstacle au bon fonctionnement du fort. L´interlocuteur rappelle qu'en cas de guerre les constructions seront détruites selon les lois de la servitude militaire.

    Procès verbal de réception définitive daté du 4 juin 1851 signé par l'ingénieur ordinaire et qui atteste de la bonne exécution des travaux par l'entrepreneur Riffat.

    La troisième section de la lône semble avoir été un moment une gare fluviale et un lieu de construction navale. L´allongement de la digue et la construction du pont répondent à des contraintes de circulations induites par les fossés du fort.

    Sous dossier assainissement de la lône de la Vitriolerie. 1859 1861 travaux urgents en aval du chemin de fer.

    Une lettre du secrétaire général de l'administration du département du Rhône à l'ingénieur en chef de la navigation, Monsieur Kleitz, le 3 janvier 1859 fait état d'une plainte de monsieur Pierre Mesmer, directeur de la verrerie de la gare, au sujet de l'insalubrité de la lône qui gêne la performance de ses employés.

    Le rapport du conseil d'hygiène publique et de salubrité qui insiste sur le caractère dangereux de la lône, qui participe selon l´auteur à l'éclatement de fièvres typhoïdiques dans le voisinage.

    Plan de détail au 1/500e dressé par l'ingénieur soussigné le 19 mai 1860 (31) des travaux d'urgence à exécuter en aval du chemin de fer. Il est intéressant car il nomme les différents fossés de fortification dépendants du fort de la vitriolerie et les distingue de la lône elle même.

    Lettre adressée à l'ingénieur en chef par le 22 mars 1860. Le sénateur indique que les propositions de l'ingénieur ont été adressées au ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux concernant la lône. Cependant, il donne son autorisation au commencement des travaux avec le budget de 16000 francs voté par le conseil municipal afin de rassurer les populations du voisinage et donner un signe concret d´action.

    Lettre du Ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux adressé au Préfet du Rhône le 15 mai 1860 qui autorise les travaux d'urgence et indique qu'il convient que le préfet soumette les propositions de comblement des ingénieurs à une enquête publique ouverte sur 20 jours.

    Affiche annonçant l'ouverture de l'enquête sur le comblement de la lône de la Vitriolerie et portant la signature de Vaisse, datée du 3 août 1860.

    S 1366

    Sous dossier assainissement d'un fossé bordant le chemin de Culattes 1863

    Le rapport de l'ingénieur ordinaire du 7 août 1863 fait état de plaintes des voisins du chemin de Culattes, dans le quartier de la Mouche, relatives à un fossé de fortification du fort qui serait pollué et souillé. Pour limiter les odeurs, l'ingénieur propose d'isoler le fossé en faisant un remblai en gravier au point où il est en communication avec la Rize. Les travaux s'élèveraient à 1800 francs, que l'ingénieur propose de répartir entre la ville et l'Etat.

    Lettre du sénateur à l'ingénieur ordinaire le 14 août 1863 expose que le génie n'est pas opposé à ces travaux qu'il convient dès lors de faire au plus vite.

    Lettre du Ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux accepte la proposition des ingénieurs datée du 5 septembre 1863.

    Le dossier souligne les problèmes sanitaires liés au fortifications : le terrain autour s´urbanise et les fossés deviennent gênants.

    S 1372

    Sous dossier exhaussement de la digue de la vitriolerie et prolongement de l'endiguement de la rive gauche en aval du pont Napoléon. Projet définitif, 1865

    Un Plan (32) général au 1/2000e dressé par l'ingénieur ordinaire Gobin le 27 septembre 1865 pour l´exhaussement de la digue de la Vitriolerie donne à voir la digue, la lône, le fort en entier, ainsi que le fortifications qui le lient avec le fort du Colombier, et les installations industrielles autour.

    Le dossier de proposition est complété par un plan (33) des profils en long et en travers dressés par l'ingénieur ordinaire le 27 septembre 1865. Très intéressant, il offre une vue originale, notamment de la morphologie du pont de chemin de fer qui enjambe la lône et les divers fossés.

    Devis des travaux établi par l'ingénieur en chef le 27 septembre 1865, qui commence par une description des ouvrages à faire: exhaussement de la digue de la Vitriolerie, fermeture de la brèche qui existe sous le pont américain et reconstruction d'un aqueduc sous ce pont, et exhaussement du chemin de Gerland.

    Le détail estimatif des travaux monté par l'ingénieur en chef du service spécial du Rhône le 29 septembre 1865 à 85000 francs.

    En 1865 la digue est encore améliorée par des travaux. La lône est rendue encore plus viable via la construction de ponts qui l´enjambent.

  • Fort de la Vitriolerie : AD Rhône

    Cote 3P 138 / 78 et Cote 3P 138 / 79.

    Liste des noms des propriétaires des terres expropriées pour la construction du fort d´après la consultation des cadastres et des matrices.

    Monsieur Durand (moine à Lyon) possèdait un pré au lieu dit les Rivières, parcelle numéro 408. Elle est cédée au génie militaire en 1841. Il possédait également les terres numéro 407 (pré) et 412 (saussaire) cédée au génie en 1841.

    Joseph Morel possédait la parcelle 409 au lieu dit les Rivières, elle est cédée au génie en 1840.

    Jacques Peroussat possédait la parcelle numéro 406 au lieu dit les Rivières, (indication « terres ») elle fut cédée au génie en 1840. Les parcelles 402 (indiqué « saussaire ») cédée en 1841 et 411 (pré) cédée en 1840 lui appartenait également.

    Nicolas Berne possédait les terres 414 (terre) 415 (jardin) 416 (maison) 417 (société rurale). La date de cession au génie n´est pas indiquée.

    Alban Michel (ou Allan) possédait les terres indiquées sous le cadastre aux numéros 418 (jardin) 419 (jardin 420 (jardin) 421 (maison et cours) et 422 (fabrique). Cette dernière parcelle est celle où se trouve la fabrique de vitriol qui donna son nom au site et au futur fort. L´année de cession n´est pas mentionnée.

    Charbonnier Claude détenait la terre numéro 426. Elle fut vendue à Monsieur Rémi Blaise en 1837 et acquise par le génie en 1840. Sa nature n´est pas précisée.

    Enfin, les terres numéro 426, 425 et 424 ne sont pas mentionnés dans les matrices cadastrales.

  • Fort de la Vitriolerie : AM Lyon

    Description du fort tel qu´il fut construit à partir de 1840, tiré de « les défenses de Lyon, enceintes et fortifications. » de François Dallemagne.

    « Ce fort d´attaque en forme d´un grand V aplati comprenait, à sa pointe, une grosse caponnière incorporée dans un premier fossé et, aux extrémités, deux demi bastions. A l´intérieur de ces trois ouvrages, des casemates sur deux niveaux prenaient en enfilade les deux courtines démesurément longues qui les joignaient. Celles-ci étaient formées d´un talus de terre à redans, sous lequel courrait une longue galerie de fusillade servant à relier les ouvrages d´extrémité et à prendre en écharpe le fossé profond qui la longe.

    Le dessus des talus, accessibles par des rampes, recevait à l´air libre les 66 pièces d´artillerie de la défense, tournées vers le sud et vers l´est.

    A l´arrière, le front de gorge avait également la forme d´un V mais de pointe très aplatie. Il formait le volume intérieur du fort, composé selon un axe de symétrie parfait, échelonnant la caponnière, le magasin à poudre et, tout à l´arrière, incorporé dans le mur de gorge haut de huit mètres, la caserne défensive traversée par le passage de l´entrée. La caserne comportait à l´origine deux étages voûtés à l´épreuve pouvant accueillir 800 hommes. Une toiture terrasse la couronnait, bordée d´un parapet crénelé pour la défense rapprochée. Le troisième étage et le toit en pente, que l´on voit aujourd´hui et qui modifient l´allure du bâtiment on été rajoutés vers 1860.

    Au-delà du fossé bordant le fossé d´attaque, s´étendait un chemin ouvert coupé de traverses, puis le glacis descendait en pente douce vers un nouveau fossé en eau de 100 mètres de large, dont le niveau était régulé en amont et en aval par des écluses. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • AM Lyon : 3S00065, Plan des chemins à supprimer pour l'établissement du fort de la Vitriolerie, 1839

  • AM Lyon : 2H4-2H8, Plan du génie de Lyon, Sans date

  • AM Lyon : 344W278, Permis de construire, morphologie du fort et du quartier alentour, 1913

  • AM Lyon : 342WP013, Projet abandonné de création d'une gare d'eau dans la lône, 1856

  • AM Lyon : 342WP013, Illustration des terrains dont veulent disposer les militaires en cas de comblement de la lône, 1861

  • AM Lyon : 342WP013, Plan illustrant la totalité de la lône, la configuration du quartier alentour ainsi que certaines activités industrielles, 1861

  • AM Lyon : 342WP013, Plan illsutrant la totalité de la lône pour le comblement de la seconde partie, 1865

  • AM Lyon :342WP013, Plan illsutrant les projets d'urbanisme sur les deux preimères sections comblées de la lône, 1861

  • AM Lyon : 034WPO13P/009, Plan illsutrant l'urbanisation en damiers sur les deux premières sections comblées de la lône, et un égout évacuant les eaux de la Rize, 1875

  • AM Lyon : 034WPO13P/008, Plan indiquant le pourtour de la lône joint à la demande des locataires du quartier pour son assainissement, 1857

  • AM Lyon : 66WP014, Plan illustrant le prolongement de la rue de Marseille sur les terrains du fort de la Vitriolerie, 1926

  • AM Lyon : 66WP014, Plan d'ensemble du quartier de la Vitriolerie, 1936

  • AM Lyon : 348WP030, Plan d'ensemble du quartier de la vitriolerie avec indication d'un stand de tir, 1953

  • AM Lyon : 348WP030, Plan de nivellement et de réseaux d'égouts pour la construction d'un hangar métallique à la Vitriolerie, 1953

  • AM Lyon : 1419WP040, Plan d'une partie de la presqu'île et de la rive gauche du Rhône où apparait l'ancienne ceinture de forts, 1861

  • AM Lyon : 1419WP040, Extrait du plan terrier compris entre l'avenue des Ponts du Midi et le fort de la Vitriolerie, où figurent les terrains déclassés, 1886

  • AM Lyon : 1419WP040, Extrait du plan terrier compris entre l'avenue des Ponts du Midi et le fort de la Vitriolerie, où figurent les terrains militaires à aliéner, 1886

  • AM Lyon : 1419WP040, Plan parcellaire indiquant les terrains à acquérir pour les travaux d'embellissement de la ville, 1899

  • AM Lyon : 350W035, Plan d'ensemble du quartier de la Vitriolerie où est indiqué l'emplacement de garages pour sous officiers, 1954

  • AM Lyon : 350W035, Plan en coupe figurant la façade de garages pour sous officiers dans le quartier de la Vitriolerie, 1954

  • AM Lyon : 2S00142, Plan cadastral du lieu dit "les Rivières" où apparaît la fabrique de vitriol, 1865

  • AM Lyon : 1612WP68, Plan du troisième arrondissement figurant le futur tracé des rues sur les deux premières sections remblayées de la lône de la Vitriolerie ainsi que les activités préexistantes, vers 1865

  • AM Lyon : 923WP284, Plan parcellaire d'alignement du chemin de la Vitriolerie à Saint Fons, 1907

  • AM Lyon : 923WP284, Plan parcellaire d'alignement du chemin de Culattes, 1907

  • AM Lyon : 923WP284, Plan parcellaire d'alignement de la rue de la lône et de l'embranchement du chemin de la Colombière, 1907

  • AM Lyon : 1541WP070, Plan représentant les deux premières parties de la lône remblayées et urbanisées, 1876

  • AD Rhône : R514, Croquis annexé à l'acte pour l'établissement d'un pénitencier militaire sur une propriété aux mains des héritiers Blanc, 1846

  • AD Rhône fond ancien : 2PL201, Plan indiquant la position du pont suspendu projeté sur le Rhône vis à vis du cours du Midi, 1829

  • AD Rhône : S1361, Plan du cours du Rhône entre le pont de la Guillotière et la vitriolerie, 1855

  • AD Rhône : S1362, Plan général pour la construction d'un chemin de halage le long du fort de la Vitriolerie, 1847

  • AD Rhône : S1363, Plan de détail pour l'assainissement de la lône de la Vitriolerie insistant sur les travaux à éxecuter d'urgence en aval du chemin de fer, 1860

  • AD Rhône : S1372, Plan général pour l'exhaussement de la digue de la Vitriolerie et l'achèvement de l'endiguement insubmersible sur la rive gauche du Rhône en aval du pont Napoléon, 1865

  • AD Rhône : S1372, Profils en long et profils en travers pour l'exhaussement de la digue de la Vitriolerie et l'achèvement de l'endiguement insubmersible sur la rive gauche du Rhône en aval du pont Napoléon, 1865

Bibliographie
  • Cayez P., Métiers jacquard et hauts fourneaux, aux origines de l'industrie lyonnaise1978

  • DALLEMAGNE, François. Les défenses de Lyon, enceintes et fortifications. Lyon : Éditions lyonnaises d'art et d'histoire ; Association des amis du Musée d'histoire militaire de Lyon et sa région, 2006, 255 p.

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