Dossier d’œuvre architecture IA38001055 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, Patrimoine industriel
Tissage dit la grande Fabrique de Renage
Œuvre monographiée
Auteur
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Rhône-Alpes patrimoine industriel
  • Hydrographies la Fure
  • Commune Renage
  • Adresse route des Lacets
  • Cadastre 2004 AE 64 à 66, 158, 159, 173, 229, 232 à 248 Coordonnées géographiques 45.3317058996811, 5.49163722797643
  • Dénominations
    tissage
  • Précision dénomination
    usine pensionnat
  • Appellations
    usine-pensionnat
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement d'ouvriers, logement patronal

En 1856, la maison Montessuy et Chomer, spécialisée dans la fabrication de crêpes acquière la fabrique d’acier de La Guillonnière. C’est à partir de cette date, que la Grande Fabrique devient l’une des usines de tissage les plus importantes de la région. L’usine regroupe les activités dédiées à la fabrication des fils et des tissus bruts telles que le moulinage de la soie grège et son tissage. Les produits sont ensuite livrés à Lyon à l'usine Montessuy et Chomer pour être ennoblis (teinture, gaufrage, crêpage, apprêt) puis vendus.

En 1873, l’usine est choisie pour représenter l’industrie française à l’Exposition Universelle de Vienne (cf plan de 1873). Il s’agit de la première usine française à avoir utilisé des métiers mécaniques pour le tissage de la soie. Le livret de promotion de la Grande Fabrique réalisé pour l’occasion annonce la présence de plus de « 1000 ouvrières, 500 métiers mécaniques avec leurs accessoires et 150 métiers mus à la main... ». L’accent est porté sur l’organisation moderne des espaces de production et l’encadrement moral et social du personnel placé sous l’autorité des Sœurs de Saint Vincent de Paul. À côté des espaces de travail et des ateliers, le site comprend à cette date, des maisons d’habitation, des logements ouvriers, des réfectoires, une cantine, une crèche, une salle d’asile, une école accueillant les enfants pauvres de la commune de Renage et les enfants des employés, ainsi qu’une pharmacie. Le plan annexé indique également la présence d’une chapelle au centre d’un parc qui sert d’espace de liaison entre les usines de moulinage situées au nord au lieu dit la Guillonnière et les usines de tissage situées au sud du vallon non loin des logements et des espaces de vie sociale. 

En 1920, le site est propriété de M. Roche de la Rigaudière qui poursuit la production textile de la Grande Fabrique et créé un orphelinat qui fonctionnera jusqu’en 1933 toujours sous la surveillance des Sœurs de Saint Vincent de Paul. Des cités ouvrières viendront compléter l’offre de logement des ouvriers à partir de 1926-1927 au-dessus du vallon de la Fure, à proximité du village.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’activité de la Grande Fabrique diminue ainsi que la paternaliste et la surveillance des ouvriers. La production industrielle perdure jusqu’en 1969, date de fin de l'activité de cette société. Le site offre un intéressant exemple d'« usine-pensionnat » : l'encadrement du personnel était assuré par les soeurs de Saint-Vincent de Paul, et les bâtiments comprennent aussi bien des espaces de travail que des espaces de vie (chapelle-pont achevée en 1866, bâtiments d'habitation, parc aménagé).

Après un siècle d’activité, la "Grande Fabrique" fermera ses portes en 1973, suite à la désindustrialisation et la crise économique mondiale.

Le bâtiment, tout comme son parc, ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du Préfet de Région en date du 16 mars 2016.

 (sources dossier de protection CID- DRac AURA)

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1856, daté par source

Le site de la Grande Fabrique s’étend sur près de 5 hectares au fond de l’étroit vallon de la Fure. Ce cours d’eau prend sa source dans le lac de Paladru et parcourt une vingtaine de kilomètres avant de se jeter dans l’Isère.

Les bâtiments subsistants de l’ancienne Grande Fabrique ont conservé la même distribution que celle visible sur le plan de 1873 pour l’Exposition Universelle. Les espaces productifs au nord et les espaces de vie au sud sont séparés par un parc paysager. Au centre de ce parc, la chapelle ponctue un parcours destiné à la détente des employés.

Le moulinage d’un plan en L, avec un bâtiment principal et une aile en retour à l’ouest. L’usine s’élève sur 3 niveaux avec en plus un niveau de comble et un niveau de sous-sol. Placée perpendiculairement à la Fure, elle enjambe la rivière. Les soubassements en maçonnerie appareillée régulièrement en pierres de taille, supportent des murs en maçonnerie de pierre tout-venant couverts d’un enduit gris de type tyrolienne fine. Dix ouvertures rythment les façades principales et trois sont visibles en pignon. Les jambages peints des encadrements de fenêtres imitent un chaînage en besace. Piedroits et linteaux en arc cintré en brique surplombent des appuis en pierre taillée. La toiture à quatre pans à pente faible et couverte de plaques ondulées en fibrociment et amiante. À l’intérieur, chaque niveau supérieur est libre de cloison et présente un plateau ponctué de poteaux en fonte. Sur la façade nord, un ancien montecharge est encore en place. L’édifice est à l’abandon, ce qui accélère sa dégradation.

Une série de réaménagements et de destructions transforment dès lors l’organisation première de la Grande Fabrique qui conserve pourtant une partie de ses aménagements d’origine. La partie nord située au lieu-dit la Guillonnière réservée autrefois au moulinage nous est parvenue, ainsi que le parc et la chapelle construite au-dessus du lit de la Fure. Au sud, l’ancienne cantine accolée à l’ancienne forge construite elle aussi au-dessus de la Fure, a survécu. L’édifice avait été réinvestit dans la deuxième moitié du XXe siècle par la maison Faller, créatrice de la marque Lou. Il est aujourd’hui désaffecté. Les autres bâtiments qui refermaient la cour d’honneur face à la cantine ont été détruits tandis que plus au sud, le reste de la fabrique de tissage et les ateliers ont été transformés ou détruits au gré des utilisations et des propriétaires successifs.

L’ancien pensionnat (dit bâtiment « Faller » du nom de la dernière entreprise à s’être installée dans l’édifice) adopte un « plan rectangulaire à quatre niveaux plus 1 niveau de combles et 1 niveau de sous-sol. Son implantation parallèle à la Fure témoigne de l’utilisation de la force hydraulique. le bâtiment Faller est le seul bâtiment de l’ancienne cour d’honneur à avoir subsisté. Le bâtiment qui lui faisait face et qui clôturait la cour d’honneur à l’ouest a été détruit. Au sud l’ancienne fabrique de tissage qui adopte un plan en Z a été reconvertie en logements dans les années 1990 tandis qu’à l’arrière, plus au sud, les anciens ateliers ont été remplacés par des hangars modernes.

Le parc est un exemple assez rare de composition paysagère au sein même d’une usine et destiné au personnel. Il n’est pas privatisé comme à l’usine-pensionnat du Vernay par exemple où le jardin était relié à la propriété des dirigeants.

  • Murs
    • pierre
  • Toits
    tuile mécanique
  • Étages
    3 étages carrés
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Typologies
    usine pensionnat
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 2016/03/16
  • Précisions sur la protection

    Le bâtiment, tout comme son parc, ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du Préfet de Région en date du 16 mars 2016.

    Précision de la protection Les parties suivantes de l'ancienne Grande Fabrique et les parcelles sur lesquelles elles se trouvent : les façades et toitures de la chapelle-pont ; les façades et toitures de l'ancien réfectoire dit bâtiment Faller ; les façades et toitures des anciens bâtiments de moulinage et d'habitation ; le jardin en totalité ; l'ensemble des ponts et passerelles ; l'ensemble du réseau hydraulique avec tous les éléments qui le constituent (cad. AE 64 à 66, 158, 159, 173, 229, 232 à 248) : inscription par arrêté du 16 mars 2016

  • Référence MH

Le site bénéficie du label Patrimoine en Isère et a fait l’objet d’une étude de requalification par l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble en 2014. Aujourd’hui, seul le parc est ouvert au public. La chapelle abrite un centre culturel animé par une association qui loue l’espace à son propriétaire par un bail emphytéotique.

Documents d'archives

  • AD Isère : Série S VI S3 n°37 et n°34. rivière de la Fure, répartition des eaux entre les usines et les prairies, rapport de l’Ingénieur ordinaire du Service Hydraulique, fabrique Montessuy et Chomer,

  • POZZO Juliette :CID de la Drac Rhône-Alpes, dossier de protection, 2015.

Bibliographie

  • ALLOUA, F., NAVE, H., RUET D. Sous la direction de DUPRAT B., Architecture du tissage, usines pensionnats et internats du Dauphiné, Ecole d'Architecture de Lyon, 1982

  • Exposition Universelle de Vienne 1873, Notice sur l’usine fondée à Renage pour la fabrication des crêpes de

    soie et appartenant à MM. A. Montessuy et A. Chomer. sources : MTMAD Lyon)

  • DERVAUX, Puck, Un internat industriel au début du vingtième siècle, extrait de Chroniques Rivoises n°15,

    avril 1993.

  • CHEVALIER, Anne, VOUILLON Perrine, Projet de requalification d’un site industriel, La Grande Fabrique, ancienne soierie à Renage, Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble, juin 2014.

  • ROJON, Jérôme, L’industrialisation du bas-Dauphiné : le cas du textile (fin XVIIIe siècle à 1914), thèse sous la direction de Serge CHASSAGNE, 2007, Université Lumière Lyon 2.

Date(s) d'enquête : 2016; Date(s) de rédaction : 2016
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel