En 1856, la maison Montessuy et Chomer, spécialisée dans la fabrication de crêpes acquière la fabrique d’acier de La Guillonnière. C’est à partir de cette date, que la Grande Fabrique devient l’une des usines de tissage les plus importantes de la région. L’usine regroupe les activités dédiées à la fabrication des fils et des tissus bruts telles que le moulinage de la soie grège et son tissage. Les produits sont ensuite livrés à Lyon à l'usine Montessuy et Chomer pour être ennoblis (teinture, gaufrage, crêpage, apprêt) puis vendus.
En 1873, l’usine est choisie pour représenter l’industrie française à l’Exposition Universelle de Vienne (cf plan de 1873). Il s’agit de la première usine française à avoir utilisé des métiers mécaniques pour le tissage de la soie. Le livret de promotion de la Grande Fabrique réalisé pour l’occasion annonce la présence de plus de « 1000 ouvrières, 500 métiers mécaniques avec leurs accessoires et 150 métiers mus à la main... ». L’accent est porté sur l’organisation moderne des espaces de production et l’encadrement moral et social du personnel placé sous l’autorité des Sœurs de Saint Vincent de Paul. À côté des espaces de travail et des ateliers, le site comprend à cette date, des maisons d’habitation, des logements ouvriers, des réfectoires, une cantine, une crèche, une salle d’asile, une école accueillant les enfants pauvres de la commune de Renage et les enfants des employés, ainsi qu’une pharmacie. Le plan annexé indique également la présence d’une chapelle au centre d’un parc qui sert d’espace de liaison entre les usines de moulinage situées au nord au lieu dit la Guillonnière et les usines de tissage situées au sud du vallon non loin des logements et des espaces de vie sociale.
En 1920, le site est propriété de M. Roche de la Rigaudière qui poursuit la production textile de la Grande Fabrique et créé un orphelinat qui fonctionnera jusqu’en 1933 toujours sous la surveillance des Sœurs de Saint Vincent de Paul. Des cités ouvrières viendront compléter l’offre de logement des ouvriers à partir de 1926-1927 au-dessus du vallon de la Fure, à proximité du village.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’activité de la Grande Fabrique diminue ainsi que la paternaliste et la surveillance des ouvriers. La production industrielle perdure jusqu’en 1969, date de fin de l'activité de cette société. Le site offre un intéressant exemple d'« usine-pensionnat » : l'encadrement du personnel était assuré par les soeurs de Saint-Vincent de Paul, et les bâtiments comprennent aussi bien des espaces de travail que des espaces de vie (chapelle-pont achevée en 1866, bâtiments d'habitation, parc aménagé).
Après un siècle d’activité, la "Grande Fabrique" fermera ses portes en 1973, suite à la désindustrialisation et la crise économique mondiale.
Le bâtiment, tout comme son parc, ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du Préfet de Région en date du 16 mars 2016.
(sources dossier de protection CID- DRac AURA)
Photographe au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel, site de Lyon