En un siècle, la ville de Saint-Priest est passée de 2500 à 48 000 habitants. Retour sur un siècle d’industrialisation. Au début du XXème siècle, Saint-Priest est un petit bourg rural d’environ 2000 habitants. Une majorité de San-Priots vit de l’agriculture. Ils cultivent le blé, l’avoine, le seigle, pratiquent le maraîchage, la vigne un peu et l’élevage. Une activité qui permet à Saint-Priest de fournir en lait la ville de Lyon. Quelques commerces animent le village. Les professions liées aux tissages lyonnais, pour la plupart établies à Manissieux et à Mi-Plaine, restent des activités complémentaires au travail agricole. L’activité industrielle tourne autour de trois usines : l’entreprise « Giroudière », la maison « Dufour » et l’entreprise familiale « Maret ».
A l'origine, Saint-Priest est un village dauphinois à l’habitat dispersé. C'est au lendemain de la Première Guerre mondiale que la ville entre dans l’ère industrielle.
Une industrialisation en une décennie qui voit le doublement de la population : de 2704 habitants en 1921, elle atteint presque le chiffre de 6000 habitants en 1931. Deux hommes, industriels de renom, vont marquer particulièrement la Ville dès le début du XXème siècle : Marius Berliet et Henri Maréchal qui créeront des cités ouvrières. Saint-Priest accueillait également de nombreux pépiniéristes dont des rosiéristes célèbrent. Lyon et sa région sont reconnues pour la production de roses mondialement connues. Pernet-Ducher, Guillot, Schwartz, Croibier, Meilland, Laperrière ou encore Bernaix. De 1860 à 1914, les grands maîtres lyonnais de cet âge d’or se distinguent par la qualité et l’audace de leurs recherches, ainsi que par les techniques innovantes qu’ils développent. Près des deux tiers des nouvelles roses créées alors dans le monde le sont dans l’agglomération lyonnaise, et notamment à Saint-Priest et Vénissieux. Jean-Baptiste Guillot est né le 10 décembre 1803 à Grenoble et s’installe à Lyon, dans le quartier de la Guillotière, en 1829. Il est le premier, dès 1834, à consacrer entièrement son activité à la création et à la vente de roses. Il est à l’origine de la grande tradition lyonnaise de cette culture, détrônant ainsi la région parisienne. La famille donne naissance à 138 variétés, dont la première en 1842, un hybride de bourbon baptisé Lamartine. Son petit-fils, Marc, prend la tête des roseraies en 1926. Il décide de l’implantation des pépinières à Saint-Priest suite à son expropriation pour cause d’extension urbaine de la ville de Lyon. Son établissement situé au 238, route de Grenoble, prend le nom évocateur de La Terre des Roses.
C’est avec l’arrivée d’une population ouvrière, venant des régions environnantes, mais aussi d’Italie ou d’Espagne que la ville de Saint-Priest connaîtra le début d’une croissance exponentielle.
Une évolution démographique qui va également favoriser les changements politiques et culturels. A la libération, ce mouvement va se confirmer et s’amplifier : doublement du nombre d’habitants tous les dix ans pour arriver à plus de 40 000 à la fin des années soixante dix.
Saint-Priest prend le statut de ville avec le mandature de Théophile Argence maire à l’époque du Front Populaire, qui dote la ville d’équipements collectifs (Maison du Peuple, stades, groupes scolaires, rachat du château…) assurant ainsi son développement. Aux Habitations Bon Marché (HBM) de Théo Argence, place Salengro, suivirent les HLM du centre, les Alpes et Bellevue (début des années 60), Bel-Air I et II (années 70), Bel-Air III (années 80), quartier Porte-Joie (années 90).
sources : Commune de Saint-Priest : https://ville-saint-priest.fr/decouvrir/histoire-et-patrimoine/