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Bac puis bac à traille de Champagne (disparu) ; pile (vestiges)

Dossier IA07000175 inclus dans Présentation de l'étude des points de franchissement du Rhône en région Rhône-Alpes réalisé en 2010

HISTORIQUE

La traille de Champagne reliait Champagne, côté Ardèche, en rive droite, à la limite actuelle entre Andancette et Saint-Rambert d'Albon, côté Drôme, en rive gauche.

Sur le cadastre napoléonien, la traille de Champagne figure au lieu-dit "Port de Champagne", côté Saint-Rambert (il subsiste d'ailleurs toujours une rue parallèle au fleuve portant le nom de Rue du Port de Champagne) et au débouché du Chemin du Port (actuelle rue du Port), côté Champagne, lieu-dit le Port ; un autre chemin de Saint-Désirat au bac menait à la traille.

L´importance de Champagne s´explique par la présence d´un port sur le Rhône. Ce port est cité dans un acte de 1255, mais son existence est certainement plus ancienne. Par ailleurs, Champagne se situait sur une importante route médiévale reliant Grenoble (38) au Puy-en-Velay (43) (PANCARTE sur site, annexe n° 1).

Selon Cogoluènhe, le passage à Champagne est établi dans la deuxième moitié du 12e siècle.

En 1329, la traversée du Rhône par bac est attestée à Champagne (COGOLUENHE, livre 1, p. 46 et livre 2, p. 79).

Ladet nous apprend qu'une carte sur tissu estimée du début du 18e siècle signale le bac de Champagne-Saint-Rambert, parmi quinze autres bacs qualifiés de "barques de passage à traille", entre Vivarais et Dauphiné ; ce que confirme un "Estat des droits de péage", dressé à partir du 8 juin 1716, à la demande de Fagon, Intendant général des Finances, qui cite le bac (LADET, p. 50-51).

Le bac de Champagne apparaît également sur la carte de Cassini établie à partir de 1747.

En 1791, le Conseil municipal de Champagne propose l'achat par la commune des deux piles de la traille, devenues bien national par la Loi du 2 décembre 1789 (COGOLUENHE, livre 1, p. 92).

Des baux d'affermage sont conservés pour le bac de Champagne pour la période 1871-1906 (AD Rhône, S 1510).

En août 1896, la pile de la rive gauche (côté Saint-Rambert) est endommagée au passage d'un remorqueur dont la cheminée ébranle la traille (PANCARTE sur site, annexe n° 1).

A la fin du 19 siècle, on envisage de déplacer le bac à traille vers l'amont.

Le 3 octobre 1896, les habitants de Champagne se prononcent pour le maintien du bac au même endroit car il est le mieux situé dans le village et il n´y aurait pas de chemin pour conduire au nouveau bac projeté. Un plan est établi en janvier 1904 mais le projet n'aboutit pas (AD Rhône, S 1510).

La pile restante en rive droite, côté Champagne, datée de la charnière des 14e et 15e siècles, a été inscrite au Monument historique le 23 mai 2006 (base MERIMEE, PA07000010).

Précision dénominationbac à traille
Appellationsbac de Champagne
Dénominationsbac
Aire d'étude et cantonRhône-Alpes - Serrières
HydrographiesRhône
AdresseCommune : Champagne
Lieu-dit : 07 Champagne, le Port, 26 Saint-Rambert-d'Albon
Adresse : ancien chemin du, actuelle rue du Port, Port , rue du Port de Champagne
Précisionsoeuvre située en partie sur le département 26
oeuvre située en partie sur la commune Saint-Rambert-d'Albon

L'importance de Champagne apparaît établie dès le Moyen Age. Le village est pourvu d'un port et le passage, qui semble fixé dans le courant du 12e siècle, se trouve sur la route de Grenoble au Puy-en-Velay. Le bac est attesté en 1329, puis c'est une traille qui est implantée, dont la pile subsistante est datée à la limite des 14e 15e siècles. Cette dernière est mentionnée à l'époque moderne, figurant notamment sur une carte du début du 18e siècle ou encore sur la Carte de Cassini (démontrant sans doute son importance). A la fin du 19 siècle, on projette de déplacer le bac mais les habitants de Champagne s'y opposent. Il ne reste pas de vestige de la pile de la rive gauche, qui s'est partiellement écroulée en août 1896. Quant à la pile de la rive droite, côté Champagne, encore en place, elle est inscrite aux Monuments historiques depuis mai 2006.

Période(s)Principale : 2e moitié 12e siècle
Principale : Fin du Moyen Age , (?)
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le passage à bac de Champagne, établi au débouché de l'actuelle rue du Port, côté Champagne, en rive droite, rejoignait le Port de Champagne, côté Saint-Rambert d'Albon, en rive gauche. Le bac était voiturier, de grande capacité, de 14 m de long et 3,60 m de large. La traille était élevée à 8,50 m au-dessus du fleuve (cf annexe n° 1). La pile subsistante en rive droite, est une structure maçonnée (moellons joints au mortier) de forme pyramidale. Les pierres en boutisses traversantes, toujours visibles autour de la pile, faisaient office d'escalier.

Murspierre
moellon
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier tournant en maçonnerie
Typologiesbac, bac à traille
États conservationsdétruit, vestiges

Repérage carte de Cassini. Repérage cadastre napoléonien (au débouché du "Chemin du Port" sur le cadastre, actuelle rue du Port). D'après la thèse de Cogoluènhe. Bac à traille détruit sur la commune de Champagne ; entre les bacs de Peyraud et d'Andance.

Statut de la propriétépropriété de l'Etat
propriété publique (?)
Protectionsinscrit MH partiellement, 2006/05/23

Annexes

  • L´histoire du Bac-Voiturier de Champagne (texte extr. d'un panneau historique sur site, élaboré par la Commission Communication de Champagne, janvier 2006) :

    "L´importance de Champagne s´explique par la présence d´un port sur le Rhône. Celui-ci est cité dans un acte de 1255, entre le Dauphin comte d´Albon et le Prieur de Champagne, interdisant la création d´un autre port, mais son existence est certainement plus ancienne. Champagne se trouvait sur le domaine des Comtes d´Albon et sur un important itinéraire médiéval qui reliait Grenoble au Puy par la dépression Bièvre-Valloire.

    Ceci explique la présence du Bac-Voiturier de Champagne. D´une longueur de 14 m et d´une largeur de 3,60 m, il pouvait contenir 60 individus ou douze à quinze chevaux, boeufs...

    La traille était élevée à 8,50 m au-dessus du fleuve.

    Le 24 août 1896, le remorqueur ''Le Pilat'' oublia de baisser sa cheminée au passage du bac et, à la suite du choc de cette dernière contre la traille, renversa la pile de la rive gauche qui se brisa en plusieurs morceaux."

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône. S 1510. Passages d'eau de l'Ardèche, bacs. 1870-1902

Documents figurés
  • Section B1 d´Andance et Bancel / 1:5000. 1826. 1 plan : en coul. (AD Drôme, 3 P 3259/2)

  • Section B2 d´Andance et Bancel / 1:2500. 1826. 1 plan : en coul. (AD Drôme, 3 P 3259/3)

  • Commune de Champagne. Section unique en deux Feuilles. 2ème Feuille / 1:2500. [1832]. 1 plan : en coul. (AD Ardèche, 3 P 2770-3)

  • Tableau d´assemblage du plan parcellaire de la Commune de Champagne / 1:10000. [1832]. 1 plan : en coul. (AD Ardèche, 3 P 2770-1)

  • Tableau d´assemblage du plan cadastral de la commune d´Andancette / 1:20000. 1873. 1 plan : en coul. (AD Drôme, 3 P 3259/1)

  • [Carte de France] / César-François Cassini de Thury ; Institut géographique national. Reprod. numérique. 1:86400. [2e moitié du 18e siècle]. 1 carte : en coul. La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale et particulière du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au XVIIIe siècle. Mort en 1784, César-François Cassini ne verra jamais l'achèvement des levés. Son fils, Jean-Dominique finit les travaux de son père. L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86 400 (une toise vaut 864 lignes). Les levés ont été effectués entre 1756 et 1789 et les 181 feuilles composant la carte ont été publiées entre 1756 et 1815.

  • Plan à joindre au rapport de l´ingénieur ordinaire. 30 janvier 1904. 1:5 000 (extr. de AD Rhône, S 1510)

  • [Plan de situation de la traille de Champagne, 1857-1866] (extr. de : COGOLUENHE, Henri. Histoire des bacs pour traverser le Rhône. Recherches historiques et sociologiques. Thèse de doctorat, Institut de Recherche et d'Enseignement Philosophiques, Département Sociologie. Lyon : Facultés catholiques de Lyon, 1980, livre 2, p. 51)

Bibliographie
  • COGOLUENHE, Henri. Histoire des bacs pour traverser le Rhône. Recherches historiques et sociologiques. Thèse de doctorat, Institut de Recherche et d'Enseignement Philosophiques, Département Sociologie. Lyon : Facultés catholiques de Lyon, 1980. 3 volumes

    livre 1, p. 46, p. 92 ; livre 2, p. 51 (plan de situation), p. 79
  • LADET, Pierre. La vallée du Rhône : haut lieu des échanges au XVIIIe siècle. Mémoire d'Ardèche et Temps Présent, 15 mai 2002, n° 74, p. 47-58

    p. 50-51
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Havard Isabelle - Decrock Bruno