Logo ={0} - Retour à l'accueil

Demeure de Vaure

Dossier IA42003429 réalisé en 2007

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéescellier, logement, étable à chevaux, fournil
Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Savigneux
Lieu-dit : Vaure
Cadastre : [180 ] D 167, 168 ; 1999 AB 3 (partie)

Le lieu de Vaure apparaît dans la documentation dès le début du 13e siècle (Dufour). Salomon donne un historique des propriétaires à partir de cette époque, qui montre que le fief a beaucoup changé de mains (famille Salvaing puis Roussillon au 13e siècle, Barges et Flotte de Revel au 14e siècle, Marzé au 15e siècle...). Au 17e siècle, il appartient aux Talaru-Chalmazel, avant de passer aux Staron. Le site est représenté comme une simple ferme sur la carte de Cassini (2e moitié 18e siècle). Au début du 19e siècle, le domaine de Vaure appartient à la famille Roux de la Plagne : les bâtiments sont représentés sur le plan cadastral de 1809 (D 167, bâtiment rural, D 168, maison, à Sibile Ducoing veuve de Laplagne), avec une emprise un peu différente de l'actuelle (la cour n'est pas dessinée). Le Forez pittoresque... donne une description d'ensemble de la demeure à la fin du 19e siècle : "transformé aujourd'hui en ferme, conserve des restes de constructions du XVe siècle, avec des vestiges d'un mur d'enceinte, muni encore d'une échauguette". L'habitation principale présente en effet des vestiges du 15e siècle (encadrement de la porte d'entrée, à cavet) mais l'édifice a été très remanié, au 19e siècle et sans doute au début du 20e (ouvertures vers l'extérieur de l'enceinte, enduit ciment avec encadrements et angles en relief et peints en blanc, toiture ?) ; des vestiges de mur d'enceinte avec une échauguette pourvue d'une canonnière (15e-16e siècles ? Élément très remanié ; une des canonnières, murée, donne à l'intérieur du clos) subsiste au sud de l'habitation ; à l'angle sud-est de l'enceinte s'élève un pigeonnier (IA42003430) datable du 18e siècle. Le portail percé dans le mur a un encadrement difficile à dater ; les armoiries rapportées sur son agrafe ne sont pas identifiées (elles ne correspondent à aucune des familles citées par Salomon). Le logement, dans la cour de la demeure, est peut-être antérieur au 18e siècle (dans sa partie nord, agrandie au sud au début du 19e siècle). La partie est de l'étable peut être du 18e siècle, la grange, à l'ouest, de la 2e moitié du 19e siècle et l'étable entre les deux de la fin du 19e siècle. En 1894, Charles Durel (voir annexe) prend à bail le domaine de Vaure (40 ha), appartenant à Anne Marie Louise de la Plagne et son époux le baron de Brosse ; le domaine est acquis par la société Ch. Durel, Jay & Naacke en 1906. On y pratique la culture industrielle de plantes médicinales (surtout des roses). Les plantes ramassées, ainsi que celles récoltées dans les monts du Forez, étaient stockées à Montbrison dans un entrepôt rue d'Ecotay, qui brûle en janvier 1907. De nouvelles installations (entrepôt, triage, séchage, emballage, expédition) sont alors édifiés 14 boulevard Duguet à Bellevue (Montbrison ; détruit), et sans doute vers la même époque à Vaure (voir IA42003431). Cette activité a cessé dans les années 1950, le domaine étant alors réorienté vers une activité d'élevage et d'embouche. En 2007, les bâtiments étaient en cours de réfection en vue d'être loués comme habitation.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 15e siècle , (?)
Secondaire : 16e siècle , (?)
Secondaire : 17e siècle , (?)
Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle

La demeure est consituée d'une maison de maîtres adossée à l'est à un mur d'enceinte ; au nord s'étend une cour de ferme et de communs, bordée de bâtiments ; au sud, une porte permet de passer de cette cour vers un clos, par lequel on accède depuis l'extérieur par un portail (en arc en plein-cintre ; armoiries rapportées), à côté duquel se trouve une petite échauguette (vestiges) à cheval sur le mur (accès par un degré côté clos). Dans le clos se trouve un bassin rectangulaire avec un escalier de descente, et, en angle du clos, un pigeonnier (IA42003430). La maison a quatre travées (côté est) et un étage, desservi côté cour par un aître (reconstruit ; l'escalier d'origine a disparu). Le rez-de-chaussée comportait une cuisine et une salle, l'étage quatre chambres (renseignement oral). Puits devant la façade, dans la cour. À l'ouest de la maison des maîtres est édifiée celle des fermiers et des domestiques, dont la façade est tournée vers la cour, au nord. Elle comprend plusieurs logements (trois portes vers l'extérieur), avec trois pièces au rez-de-chaussée, un étage carré et deux escaliers (escalier droit, en bois, derrière la porte du sud-est, escalier quart tournant dans la pièce occidentale) ; au sud sont adossés une laiterie et un fournil. Derrière ce bâtiment, dans l'angle sud-ouest de la cour, se trouve un cellier. La cour de la ferme (cour fermée, portail à génoise) est bordée, à l'ouest, par un hangar (sur piliers en bois) et une étable (à vaches ou chevaux) avec fenil au-dessus ; au nord, par une grange-étable (grange à l'extrémité ouest, en dehors de la cour, puis deux étables avec fenil au-dessus) ; à l'est, par un bâtiment bas contenant plusieurs petites étables ou remises. Les bâtiments sont en pisé enduit (cellier en moellon de granite), avec des encadrements en granite (porte de la maison des maîtres : encadrements à cavet), en bois (maison des fermiers et domestiques) ou en brique (grange-étable). Les toits sont à longs pans, en tuile creuse. Les cheminées ont été démontées, mais des vestiges ont été déposés à proximité des bâtiments : une console à profil en doucine, en granite, provenant peut-être de l'ancien four à pain ; un linteau sculpté en pierre, style Rocaille, provenant sans doute des travaux effectués à la maison des maîtres dans la 2e moitié du 19e siècle ou au début du 20e.

Murspisé
granite
enduit
moellon
Toittuile creuse
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier intérieur : escalier droit en charpente
escalier intérieur : escalier tournant en charpente
Techniquessculpture
Précision représentations

Armoiries sculptées rapportées au-dessus du portail : un lion, une barre chargée de trois croissants (écusson a testa di cavallo).

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Complément d'historique de la Société Ch. Durel, Jay et Naacke, d'après Centenaire de la société Durel, Jay et Naacke 1894-1994, allocution prononcée par Henri Naacke, président, le 23 septembre 1994 (A. Privées).

    Charles Durel est né à Moingt en 1845, d'une famille originaire de Roche. Il vit à Paris entre 1865 et 1871, où il apprend les métiers de la banque et du négoce ; il rentre en Forez après le siège de Paris. En 1872, il créé à Montbrison, rue Martin-Bernard, un commerce d'épicerie en gros et plantes médicinales, puis une banque, boulevard Lachèze.

    En 1894, il fonde une société en nom collectif avec son gendre René Jay ; la société rassemble un établissement de commerce de denrées coloniales, épicerie, herboristerie et une banque. En 1906, Henri Naacke, second gendre de Charles Durel, rentre dans la société qui devient Ch. Durel, Jay & Naacke.

    En 1894, Charles Durel prend à bail le domaine de Vaure (40 ha), appartenant à Anne Marie Louise de la Plagne et son époux le baron de Brosse ; ce domaine est acquis par la société en 1906. On y pratique la culture industrielle de plantes médicinales (surtout des roses). Les plantes ramassées, ainsi que celles récoltées dans les monts du Forez, sont stockées dans un entrepôt rue d'Ecotay, derrière l'immeuble du boulevard Lachèze. Cet entrepôt brûle en janvier 1907. De nouvelles installations (entrepôt, triage, séchage, emballage, expédition) sont édifiés à Bellevue (Montbrison), 14 bd Duguet (propriété acquise en 1903 ; à l'emplacement du supermarché Champion).

    En juillet 1907, Charles Durel fait construire une maison de vacances pour sa famille aux Garets, à Verrières-en-Forez.

    En 1911, la société achète une féculerie à Balbigny et une centrale hydroélectrique à Chizonnet.

    En 1925, la société en nom collectif devient une société anonyme.

    En 1925 est acquis le domaine de la Bruyère (60 ha), à Savigneux, pour étendre la production de plantes médicinales.

    En plus de la culture des plantes est développé de l'élevage sélectionné, en particulier de chevaux (René Jay a favorisé le développement de l'élevage des trotteurs en Forez).

    En 1938, le décès de Charles Durel et crise des milieux financiers après la signature des accords de Munich met la banque est en difficulté ; elle se renfloue en vendant le domaine de la Bruyère (1939, vendu à Genevier, marchand de bestiaux à Savigneux) et grâce à la vente d'électricité, mais la loi de nationalisation de la ditribution de l'électricité, en 1946, la met de nouveau en difficulté. L'activité de production de plantes médicinales cesse dans les années 1950, par manque de rentabilité due aux coûts de la main d'oeuvre (les récoltes employaient à Vaure des dizaines de saisonniers ; une activité d'élevage et d'embouche est alors développée à Vaure.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A Privées. Centenaire de la société Durel, Jay et Naacke 1894-1994. Allocution prononcée par Henri Naacke, président, le 23 septembre 1994.

  • A Privées. Papier à en-tête de la société Ch. Durel, Jay et Naacke. Société Anonyme des Etablissements Ch. Durel, Jay et Naacke, au capital de 1.000.000 de francs, 12, Boulevard Lachèze, 12, Montbrison (Loire). Liste des activités de la société : - Banque du Forez - Herboristerie en gros / R.C. Montbrison 7-9 - Culture de plantes officinales / Domaines de Vaure et de la Bruyère / 100 hectares - Secteur hydro-électrique de l'Aix / Distribution de Force et Lumière - Usine hydraulique de Bernigot / Trituration, Poudres impalpables / pour Droguerie et Produits chimiques - Sècherie de semences forestières / Fournisseur du Ministère de l'agriculture - Exposition universelle de paris 1900 / médaille d'or Ministère de l'Agriculture / Concours de prime d'honneur de la Loire / 1914-1915 / Spécialité : plantes officinales / un objet d'art offert à Ch. Durel Montbrison.

Documents figurés
  • Sècherie de Bellevue à M.M. Durel et Jay. Construction de l'étuve. Plan au 1/100e / 1 dess. : tirage de plan bleu. Ech. 1:100. [s.n.], [s.d.], 1er quart 20e siècle (A. Privées).

Bibliographie
  • DUFOUR, J.-E. Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire. Mâcon : imprimerie Protat frères, 1946.

    col. 1027
  • SALOMON, Emile. Les châteaux historiques : manoirs, maisons fortes, gentilhommières, anciens fiefs du Forez et des enclaves du Lyonnais, du Beaujolais et du Macônnais qui ont formé le département de la Loire ; ill. par le Vicomte Gaston de Jourda de Vaux et Henry Gonnard. Réimpression de l'édition de Hennebont de 1916, 1922, 1926. Marseille : Laffitte, 1979. 3 Vol. (446-464-361 p.) : ill.; 30 cm

    T. I, p. 396, 397
  • Savigneux hier et aujourd'hui. LATTA, Claude (dir.). Malesherbes : Maury imprimeur SAS, 2005

    p. 77, 78
  • THIOLLIER, Félix. Le Forez pittoresque et monumental, histoire et description du département de la Loire et de ses confins, ouvrage illustré de 980 gravures ou eaux-fortes, publié sous les auspices de la Diana... Lyon : Imprimerie A. Waltener, 1889 (2 vol.)

    p. 286, 287
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Conseil général de la Loire © Conseil général de la Loire - Guibaud Caroline - Monnet Thierry